ASTIER
Dauphiné, id. 1705. — (Jacques), chirurgien à Chalençon, apostat et dénonciateur, 1732 [IV, 492 a]. — (Etienne, fils de Jean-B.), de Nîmes, ouvrier en bas de soie, reçu hab. de Genève, 1752. 2. ASTIER (Gabriel), enthousiaste des Cévennes, du nombre de ceux qu'on appela « les petits prophètes » et qui paya son exaltation par un cruel martyre [Haag, I, 144.— III, 33 b ; IV, 511 b ; X, 406]. Il était né à Glieu en Dauphiné. Lorsqu'il eut environ 25 ans et qu'il se fût instruit par l'influence et les prédications d'un autre illuminé, Du Serre, il parut dans le Vivarais, pour soulever le peuple par ses prophéties. C'est sur la fin de 1688 que commença son apostolat. Il se rendit d'abord au village de Bressac,oùil communiqua, selonBrueys, l'historien malveillant de l'insurrection des Cévennes, le don de prophétie qu'il avait reçu, à ses parents, à son frère aîné Pierre, à une femme nommée Marie. Le nombre de ses disciples augmenta de jour en jour. On peut croire que l'affreuse misère du pays contribua plus que tout autre chose au succès de ses prédications. Les magistrats mirent aussitôt en campagne les dragons du lieutenant général de Broglie; mais Astier parvint à leur échapper, et avec quelques-uns de ses partisans, il se réfugia dans les montagnes du nord de la contrée appelées les Bouttières. Favorisé par la nature du pays, le soulèvement s'y propagea rapidement. Bientôt toutes les montagnes furent couvertes d'inspirés qui annonçaient au peuple la prochaine délivrance d'Israël. L'intendant Basville, de concert avec le commandant militaire de la province, pritles mesures lesplus promptes, sinon les plus humaines, pour étouffer la révolte. Après plusieurs rencontres sanglantes, où les révoltés, la plupart sans armes, se comportèrent avec la plus aveugle bravoure, le calme parut enfin se rétablir dans le Vivarais. « Dans moins de quinze jours, ditBrueys avec son exagération accoutumée, plus de 20,000 personnes s'étoient soulevées; dans moins de huit, tout fut tranquille et hors d'état de pouvoir remuer à l'avenir. » On sait que l'événement lui a donné le plus complet démenti. Cependant la victoire de l'intendant du Languedoc n'était pas
complète; l'auteur du soulèvement, Gabriel Astier devenu fameux, ne s'était pas trouvé parmi les morts; cette pensée troublait son repos : « La Providence ne voulut pas permettre, lit-on dansBrueys, que ce séducteur se dérobât au supplice qu'il avoit mérité, elle le livra entre les mains de ses juges dans le tems qu'ils y songeoientle moins. » Reconnu à Montpellier dans un régiment où il s'était engagé pour se soustraire aux recherches, Astier fut condamné à mort, et exécuté le 2 avril 1689. Selon M. Dourille (Histoire des Guerres civiles du "Vivarais, 1846, in-8), cet événement se serait passé un peu différemment. Astier ne s'était pas enrôlé dans l'armée royale; il avait eu « l'imprudence, un jour du mois de mars 1690, de paraître à Montpellier, dans le moment où le comte de Broglie passait en revue le régiment de Saulx, sur l'esplanade du Peyrou : reconnu et dénoncé par un soldat du Vivarais, il fut arrêté, jugé et rompu vif à Bays. » Cette dernière version est sans doute la plus vraisemblable, sauf pour la date.
3. ASTIER (Jean-Pierre), pasteur, né au hameau de Moze, commune de S.- Agrève en Vivarais, le 9 février 1757, mort le 24 déc. 1839 à Saint-Laurent du Pape. Il remplit d'abord les fonctions du ministère évangélique à S.-Didier de Crussol, Alboussières, Boffres et autres lieux, où il fut confirmé à l'époque de la réorganisation des cultes, et passa en 1807 au service des églises deTouland, Charmes, S. -Laurent du Pape, Gilhac, Bruzac, etc. riveraines du Rhône. C'était un pasteur d'un rare courage. Pendant les orages de la Révolution, l'église catholique de S.-Didier ayant été fermée, la foule en enfonça les portes pour le faire entrer, et il y annonça l'Evangile. Le tribunal révolutionnaire de Tournon le jeta en prison pour ce fait, mais il n'y demeura pas longtemps. Non moins fidèle que courageux, Astier se rendait dans les vogues de village (fêtes patronales) et représentait publiquement à ceux qui s'y trouvaient la folie de leurs divertissements. Ledimanche, il obligeait ceux qui travaillaient aux champs de venir au culte, et si la pauvreté était leur excuse, il leur envoyait un ouvrier à ses frais le lundi suivant, pour les dédom-