ASTORG — ASTRUC
[VIII, 299 b], et la baronne, sa femme, est notée par Elle Benoît dans sonHist. de l'édit de Nantes, comme ayant été du nombre des persécutés à l'époque de la Révocation. En effet, on la clôtura dans un couvent, à La Pomarède, puis on l'enferma à la manufacture deBordeaux, pour avoir refusé de suivre à la messe son mari qui venait de se convertir (1685) ; et sa constance n'était pas encore vaincue en 1688 (Tt, 287). Elle était alors âgée de 54 ans. (Haag.)
ASTRIEL (Antoine), du Languedoc, réfugié à Berlin, 1698.
ASTRINGHEM (Madeleine), « confesseuse, » réfugiée et assistée à Londres, 1702.
ASTRU (Jacques) et sa femme, id. 1 721 .
1. ASTRUC (Jean), baptisé dans le temple de Vendemian (Hérault), 1574 [VI, 62 b]. — (Pierre), ministre de La Gazelle, en Auvergne, 1682 ; réfugié en Angleterre, 1691 ; assisté à Londres, 1702 [VI, 96 a ; IX, 148]. — (Antoine), 70 ans, mis à la chaîne comme galérien, 1692 [X, 416]. — (Jean-Jacques), du Vivarais, passant à Genève avec sa femme et trois enfants pour se réfugier en Allemagne, 1693. — (Jean), des Gévennes, id. 1708. — (Antboine), du Languedoc, marchand; réfugié à Berlin, 1700.
2 ASTRUC (Pierre), ministre à Generargues, s'y marie en 1672 (Regist. de Generargues).
3. ASTRUC (Pierre), fils de feu François, de Sauve, et de Susanne Estienne, admis au s. ministère par le synode du Vigan, 26 août 1681, en même temps que Jacques, fils de Pierre et de Isabeau Ausselle, et aussi de Sauve [IX, 5 b]. Tous deux étudiaient la théologie à Genève en 1676 (Petrus et Jacobus Astruc, Salvienses ex Cebennis) ; Pierre fut pasteur d'Aigremont de 1681 à 1684, puis en cette dernière année, condamné par contumace au supplice de la roue et pendu en effigie [111, 32 b]. Jacques fut pasteur dans la famille de Ginestous. — Astruc, habitant de Sauve, 1721 [IX, 474 a]. — (Antoine), fils d'Antoine, de Sauve, « paresolier, » reçu habitant de Genève, 21 oct. 1707, et bourgeois, avec ses deux fils Antoine et François, 17 mars 1725. — Astruc, pasteur à Sauve en 1684, abjura le protestantisme [I, 145 b]. Si
nous le mentionnons d'une manière spéciale, c'est uniquement parce qu'il donna le jour au célèbre Astruc, 1684-1766, qui fut successivement professeur à Toulouse, à Montpellier et à Paris, médecin d'Auguste, roi de Pologne, puis de Louis XV, et que ses écrits , justement estimés, ont mis au rang des plus illustres médecins du siècle dernier.
4. ASTRUC , martyr [HaagI, 145]. Il était meunier àS.-Christol (Gard), et fut arrêté en oct. 1703, sous la prévention d'avoir pris part à l'incendie des villages de Saturargues et de S.-Ceriés, que les Camisards avaient livrés aux flammes en représailles de l'affreuse dévastation des Hautes-Cévennes exécutée par ordre de Montrével et de Basville. Brueys rapporte, dans son Histoire du fanatisme, que ce malheureux « fut convaincu, nonseulement de s'être trouvé au massacre de Saturargues, mais encore d'en avoir été le principal auteur, et d'y avoir exécuté de ses propres mains les plus grandes inhumanitez. Comme il fut jugé à Montpellier, continue-t-il, j'eus la curiosité de le voir lorsqu'il fut ouï sur la sellette ; je me souviens d'avoir vu ses juges saisis d'horreur au récit de ses barbaries, et embarrassez à pouvoir trouver un supplice qui répondit à l'énormité de ses crimes. Il fut enfin condamné à être roué et jeté tout vivant dans un bûcher allumé au pied de l'échafaud. Spectacle alfreux, mais qui ne donna au public qu'une légère image de ses cruautez. » Nous aurons plus tard l'occasion, à l'art, consacré à Brueys, d'apprécier la valeur des accusations de cet historien; qu'il nous suffise de dire par anticipation qu'à nos yeux son livre est une flétrissure pour son nom. Le témoignage de Court ne laisse aucun doute sur l'iniquité commise par les juges du tribunal de Montpellier; il aftirme avoir appris de la bouche même de plusieurs Camisards dignes de foi, qui avaient dirigé cette expédition, qu'Astruc n'y avait point pris part. Voilà le monstre pour lequel on ne pouvait inventer de supplice assez atroce. Le fils de cet infortuné, âgé de 14 à 15 ans, fut arrêté quelques jours après, et, de même que son père, il fut convaincu d'avoir assisté à ce massacre. « Il fut même vérifié, ajoute Brueys, que