‹ La France protestanteChapitre 128 sur 303 · AL'BERY · texte numérisé non relu

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duc les meilleurs conseils, mais rarement écoutés, et excitant même sa défiance, comme s'ils eussent été suggérés par la trahison. Sa position était trèsdifficile. Aussi, après la soumission du duc, il eut hâte de renoncer à son service. Celui-ci essaya de le retenir; mais il lui répondit « qu'après l'avoir servv de si longues années et principalement en ce dernier acte, aussy fidellement et afiéctionnéement que s'il eust esté question du salut de son àme, il lui avoit esté bien dur d'aprendre et recosnoistre trop visiblement qu'il fust entré en deffiance de lui; qu'estant né franc et loyal, et n'ayant jamais extravagué du chemin de fidélité, il lui estoit insupportable que celuy qui en devoit estre le meilleur juge en voulust croire autrement. » Du Maurier reprit donc la possession de sa liberté en juin 1606, et se retira dans sa maison du Maurier. Il y vivait depuis un an dans les douceurs de la retraite, lorsque l'ambassadeur de France en Hollande. Buzanval, le proposa pour son correspondant. Cette place consistait à faire passer à La Haye le subside annuel fourni aux Provinces-Unies. Buzanval étant mortbientotaprès. son successeur, Elie de La Place, sieur de Russy. eut désiré changer de correspondant, mais Villeroy s'y opposa. Du Maurier remplissait donc ses modestes fonctions, avec son zèle et sa probité accoutumés, lorsque Sully, surintendantdes finances, comprit qu'il y aurait en lui une précieuse acquisition à faire pour son administration, et avec l'acrément du roi, il le nomma contrôleur général des Reaies des Etats du Conseil J607), avec une pension annuelle de 3,000 livres. Du Maurier s'acquitta de sa charge à la satisfaction de Henri IV, qui le lui témoigna par diverses gratifications , et notamment en 1608 (30 août) en le comprenant au nombre des vingt secrétaires de la maison de France choisis parmi les secrétaires de Navarre, avec exemption du droit de mutation. Après l'assassinat du roi, il subit le contrecoup de la disgrâce de Sully. C'est alors que d'après le conseil de ce dernier, il sollicita la protection de Villeroy, mais tout ce qu'il put obtenir, ce fut d'être maintenu dans sa charge de correspon-

dant de Hollande, avec la confirmation de sa pension par brevet du 30 août 10 111. Du Maurier comptait du moins sur l'office de président de la Chambre des comptes de Nérac, qu'il avait acheté du titulaire, M. de La Valade, 28 sept. 1610, avec l'autorisation du roi. Les gazes étaient de 300 livres, sans compter « les espices, droicts' et émolumens accoutumez. » Il avait obtenu d'être dispensé de la résidence, et de substituer à sa place M. de La Valade pendant quatre ans... Mais l'acte stipulait expressément qu'après le décès du sieur de La Valade, Du Maurier resterait, sans formalités, en possession de son office. Cependant quand il voulut faire valoir son droit, 4 fév. 1612. «une harpye de partisan, » un certain Raymond Martin, adjudicataire du domaine de Navarre, forma opposition, et le conseil d'Etat lui donna gain de cause, 21 juill. 1612. Du Maurier n'obtint en retour qu'une pension de 600 livres dont le défunt jouissait sur l'état de la maison de Navarre, et une indemnité de 7,500 livres. Le coup lui l'ut rude. Il partit pour ses terres ,« croyant qu'à un homme approchant de cinquante ans comme lui, la culture de ses jardins lui seroit plus séante que la fainéantise de la ville, joint que le premier se rapportoit fort à son naturel, ayant dès sa jeunesse aymé la vie des champs. »

Après quelques mois de séjour dans ses châteaux de la Fontaine-Dan gé, près Chàtellerault, et de Maurier. il était venu : l'hiver à Paris avec sa famille, et se trouvait à la veille de s'en retourner chez lui, lorsque M. de Villeroy lui proposa l'ambassade des Provinces-Unies.

« M. de Reffuge, dit-il, étoit alors ambassadeur en Hollande; dès qu'on sut qu'il s'en revenoit en France, plusieurs personnes très-qualifiées se jetèrent à la poursuite de cet emploi avec tant d'ardeur que pour les en écarter et m'y introduire, M. de Villeroy disposa les affaires en sorte que, sur la fin de mai de l'an 1613. la reine me commanda de partir soudainement de Fontainebleau, pour m'aller rendre près ledit sieur de Reffuge, auquel on disoit qu'on n'accor-

1 II est encore porté comme secrétaire de la Chambre sur le rôle et état de la Maison du roi en UH. 4rch. gtn. Q, UJl.l

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doit congé que pour quatre mois pour venir donner ordre à ses affaires en France : que cependant je demeurerois en sa place audit pays, à quoi j'obéis selon mon devoir; et m'étant acheminé en poste par Bruxelles, j'arrivai à La Haye- en Hollande le 2e jour de juin do ladite année : m'ayant, avant mon départ, été donné assurance que cet expédient tendoit à m'affermir plus solidement dans cette charge, de laquelle ledit sieur de Reffuge me mit en possession avant que de partir de Hollande. »

D'abord les Etats l'accueillirent d'assez mauvais œil; on le trouvait un trop petit personnage, homo novus; c'était « un ravilissement à leur Estât. » L'intrigue et la calomnie se liguèrent contre lui pour le perdre. Mais Villeroy tint bon pour son protégé, et ce qui lui fut encore plus utile pour se maintenir, ce fut la protection bien désintéressée de Louise de Coligny, quatrième et dernière femme de Guillaume de Nassau. Les principales affaires qui se présentèrent pendant son ambassade furent, outre la question toujours pendante des subsides, la révocation de l'ambassadeur Aersens qui déplaisait à la cour, les révoltes des princes en France, la succession de .Tuliers et finalement la déplorable querelle des Arminiens et des Gomaristes. Ses rapports avec les Etats étaient généralement aigris par des soupçons de duplicité avec l'Espagnol. Le gouvernement de Marie de Médicis était condamné à n'inspirer que la défiance.

Pour le récompenser de ses efforts, souvent infructueux, on le nomma conseiller d'Etat, par brevet du 3 sept. 1615, et on augmenta ses appointements. Après le meurtre de Goncini, les affaires ayant repris une apparence de calme, il demanda et obtint un congé. Il désirait sonder le terrain de la cour et se ménager des appuis. Villeroy et le président Jeannin le présentèrent au jeune monarque qui l'accueillit favorablement, en l'assurant « qu'il luy seroit bon maistre. » Fort de cette assurance, Du Maurier se rendit dans ses terres pour y régler ses affaires. De retour en Hollande, il y retrouva la question religieuse près de faire explosion. La France eut au moins l'honneur de se mettre du côté du parti

du bon sens et de la raison, l.e triomphe des Gomaristes à Dordrecht entraîna la perte de Barneveld : une sentence inique couronnait ainsi uno doctrine barbare. Du Maurier s'employa à sauver Larneveld et ses coaccusés avec tout le zèle d'un ami, zèle peut-être compromettant venant d'un représentant du gouvernement français, mais digne et honorable. Après l'événement, les Etats écrivirent à Louis XIII pour se plaindre de son ambassadeur et le prier a de voulloir faire donner commandement que doresnavant il ayt à s'abstenir de ne plus donner appuy ny abry à pareille ny autres factions en leur Estât. » La postérité plus impartiale a prononcé pour le parti vaincu, et Du Maurier est justifié. 11 sollicita, mais en vain, son rappel. A l'avenir, ses rapports no pouvaient plus être que froids et réservés. Il continua néanmoins ses fonctions jusqu'à ce qu'en il'rii les dégoûts de sa position et les changements qui avaient eu lieu dans le gouvernement de Louis XIII le décidèrent à renouveler sa demande, « frappant de bonne heure à la porte sans attendre que peut estro on le list sauter par les fenestres. » On la lui accorda. Il partit de La Haye le lî avril et vint trouver la cour à Gompièane.

Louis Xïll le remercia gracieusement tle ses services. Ce fut toute la récompense qu'il en eut, sauf qu'il obtint le renouvellement de son brevet de conseiller d'Etat, ! charge qui exigeait sa présence à la cour du mois de mai au mois d'août de chaque année. Dès lors il vécut à la campagne, d'une vie conforme à ses goûts modestes, cultivant les lettres et faisant môme, à l'occasion, de petites incursions dans le domaine de la poésie. De Thou, Peiresc, les frères Dupuy, Grotius, étaient au nombre de ses correspondants. Heinsius, sous lequel il avait fait en loi 5, des études de philosophie, lui dédia le discours d'ouverture de ses leçons sur Tacite.. En même temps, il poursuivit dans la retraite le Journal de sa vie qu'il a\;i:t commencé pour ses enfants.

« C'est un modeste livre, dit M. Ouvré, qui l'a édité en partie, respirant un calme et une honnêteté rares. Le caractère, de son style est la clarté et la pro-

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priété : sa prose a comme un agrément tempéré et doux: elle est honnête, saine, et de bon lieu, ainsi que l'homme excellent dont elle offre k fidèle imairo. » L'auteur y exhorte aussi ses enfants à méditer a les singulières grâces que Dieu leur' avait départies, non-seulement en leur donnant l'estre. mais aussi le bien-estre, les ayant daigné faire naistre en son Edise. instruira en sa parole et rendre particrpans de ses promesses. » Prévoyant le cas où les édits viendraient à être abolis, il leur recommandait de faire « de nécessité: vertu, -olvans plus tost, par amour à leur patrie, d'en sortir, qu'en y demeurant aider à la ruyner : attendant» patiemment une plus favorable saison quelqu'autre part ailleurs où ils vaqueront à prier Dieu qu'il fléchisse le ereur du roy pour leur redonner la immie précédente liberté, employans cependant leur exil à toujours apprendre quelque chobon, et mesme à vivre de peu en bonne conscience. » C'étaient des conseils bien prophétiques puisque le vertueux diplomate mourut (dans sa maison de Maurier en l'année 10:30, un demi-siède avant la Révocation.

Aubery avait épousé M* Masjâelaine {Marie). Génoise d'origine, née le 7 mai 154H. Il la perdit à La Haye le P2 nov. 162Ô. Elle fut enterrée avec les plus grands honneurs : tous les principaux dignitaires de l'Etat, lo prince Mauafaç les ambassadeurs des puissances étran-?

gères, les officiers tramais au servioe ile la Hollande, assistèrent à ses funérailles. Grotius, qui était alors détenu dans la forteresse de Louvestein, et le savant Daniel Ileinsius lui composèrent chacun une épitaphe. Elle laissait à son mari neuf enfants, en ayant eu onze, dont les deux aines, Marie et Benjamin (né le lu août 1GU7'1 moururent du vivant de leur mère. Aubery se remaria, Ji sept. 1622, avec Rknék de .Iaccoom?

fille de Louis sieur m: Villarxoui. et d'Elisabeth de La Trémoille : elle ne lui donna point d'enfant mais prit un tendre soin de ceux de sa première femme. Le père, de son côté, se montra si jaloux de. la bonne éducation de ses tils, qu'il loua pour eux dans le voisinage de La Haye, une petite propriété appartenant

à Barneveld, et il les r établit pour qu'ils fussent à l'abri de toute distraction, sous la conduite d'un précepteur.

Benjamin Prioleau, qui les accompagna plus tard à l'université de Leyde. A son départ de la Hollande, en 16-24, Du Mauricr les envoya à l'université de Bâle, d'où ils passèrent aux écoles de Genève, puis de Padoue. Ce complément d'éducation leur prit environ trois années. En 1627 ils étaient de retour auprès de leur père qui conduisit les deux aines à Paris. Ces fils étaient au nombre de quatre, savoir :

Maximilibn. l'aine des enfants de Benjamin Aubery né en tOt.w et tenu *ur les fonts baptismaux par Sully et Mm« de Clermont d'Amboise, retourna en France avec son père, qui l'envoya; lorsqu'il fut en aire de porter les armes, «à M. le prince d'Orar. léric-

Henril. en Hollande. II fut durant plu^ sieurs année- de la cour et de la maison de ce prince et le suivit dans ditions. entre autres an siège de Breda. où il fut bl - . \ i*'s la mort de son il s'en revint en France, qù il épousa, en 1640, une sa?ur de MM. de Beauratt (VÈ.spance. \ -détails qui nous sont fournis par les Mémoires ilo Louis Du Madrier, Ancillon en ajoute quelques autres. Oe M.iximilien, dit-il, a eu un fils nommé Loris, qui a l'A»

marié à une fille de feu M. de Nrt fancourt [VI FI . 18 a], et qui a été par conséquent beau frère du baron de f Echelle. » Le mariage de Louis, fils de Maximilion, dont on a l'acte, daté du 20 mai 1670, donna lieu à une dispense du roi antérieure de quelq; i l mai) et

conçue en ces termes : a ï?ur ce qui avoit été exposé par Louis A. 6. du M. et dle Françoise de Nettancourt. faisant tous deux profession de la K. P. R. que pour certaines considérations de leurs familles et a can*e de 1 amitié réciproque qu'ils se portoient l'un a l'autre, ils desiroient suivant l'avis de leurs parents se marier ensemble ; mais que comme ils se trouvoient cousins du 2a au 3« degré... ils cramnoient d'être troublés dans leur mariage s'il ne leur étoit pourveu conformément aux articles particuliers de ledit de Nantes accordés en faveur de ceux de ladite R. P. R., sa

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dite Majesté leur permet d'accomplir le dit mariage... » (Carrés d'Hozier, t. 38, p. 377.) Louis mourut en 1684, à l'âge de 40 ans, et ne laissa qu'un fils nommé comme lui. — 2° Louis, auquel nous consacrons un article spécial. — 3° Daniel, né à Paris, 9 déc. 1612, aide de camp dans l'armée du duc d'Enghien, tué à la bataille de Nordlingen, le 3 août 1645. Il passait de son temps pour exceller dans toutes les parties des mathématiques. — 4° Maurice, que le prince Maurice tint sur les fonts, né à La Haye en 1615. Il est connu sous le nom de La Ville-au-Maine. Lorsqu'il fut en état de suivre la carrière des armes, son père l'envoya au prince Frédéric-Henri, sous lequel il servit jusqu'à la mort de ce prince en 1647, puis sous le prince Guillaume II, jusqu'en 1650, et finalement il fut attaché au service du prince d'Orange Guillaume III, depuis roi d'Angleterre. Il parvint au grade de colonel et mourut à la tête de son régiment à la bataille de Sénef, en 1674. Ses biens furent confisqués en France (Arch. gèn. E. 3360). Au rapport de son frère, jamais homme n'eut plus de véritables amis que lui, et de toutes les nations. — 5° Louise, née à La Haye, le 13 fév. 1614. Elle eut pour marraine Louise de Coligny et pour parrain les Etats-Généraux représentés par Barneveld. Ces derniers lui donnèrent une pension de 500 livres, qui lui fut régulièrement payée jusqu'en 1672. Elle épousa en premières noces en 1634, Louis de Lanfernat, marquis à'Ardenay, dans le Maine. (Yoir Mercure gai.

mars 1683.) Selon Louis Du Maurier, son frère, elle n'en eut qu'une fille qui fut mariée à M. de Madaillan, de la maison de Montatère ; mais d'après d'autres renseignements, elle en aurait eu deux qui furent élevées dans la religion catholique par leur oncle le marquis de Cognée : le 10 mars 1683, l'ainée fit son abjuration entre les mains de l'évèque du Mans, Louis de Lavergne, et la cadette fut rebaptisée en attendant qu'elle fût en âge pour abjurer. Louise Aubery s'allia en seconde noces [VIII, 239 b] avec Benjamin de Pierre-Bufjière, marquis de Chambret, dont elle eut quatre fils, morts la plupart à la guerre

en Hongrie et en Flandre, et deux filles. Ce marquis de Chambret était « d'une de plus illustres maisons du Limousin, et par sa mère, la maréchale de Thémines, qui étoit de la maison de La Noue, il étoit petit-fils de ce grand François de La Noue, surnommé bras de fer. » Le frère de Louise Aubery nous apprend « qu'elle a été un prodige de mémoire et de jugement, qualités qui se rencontrent rarement ensemble. Elle eût rétabli le vieux et le nouveau Testament, s'ils eussent été perdus, les sachant par cœur. Elle avoit lu toutes les histoires et tous les romans, tant français qu'italiens et espagnols, et en savoit les moindres aventures... Sa conversation étoit aussi agréable qu'inépuisable . » — 6° Eléonore, née à La Haye en 1615.

Elle fut tenue sur les fonts par Frédéric- Henri, prince d'Orange, et par Eléonore de Bourbon, sœur du prince de Condé, épouse de Philippe-Guillaume de Nassau. Elle fut mariée en 1637 [V, 259 a] à René Gillier, baron de Mauzé, près de La Rochelle, et mourut sans enfants en 1660. « On dît que c'étoit la femme de France qui peignoit le mieux, qui écrivait le plus correctement et qui faisait de fort bonnes lettres, d'un style mâle et vigoureux, et dans lesquelles il n'y avoit pas un seul mot d'inutile. » — 7° Amélie-Madelaine, née à La Haye, 30 mai 1617; — 8° Emilie-Catherine, née à La Haye, 9 nov. 1620, présentée au baptême par la princesse Amélie de Nassau et par le comte de Culembourg.

Elle fut mariée en 1637 à Simon d'Ernecourt, seigneur de Montreuil, près de Sainte-Menehould en Champagne, et existait encore dans le temps où son frère Louis écrivait ses Mémoires.

Dans les Mémoires de Du Plessis- Mornay, on trouve diverses lettres adressées à un Aubery, qu'Ancillon suppose avoir été le frère de Benjamin. 11 était conseiller du roi, maître des requêtes ordinaire de son hôtel et intendant de la justice dans les provinces d'Anjou, Touraine et le Maine. « Mais il y avoit cette différence, ajoute le biographe, entre cet Aubery et le nôtre, que celuici traitoit de monseigneur Du Plessis- Mornay lorsqu'il lui écrivoit, et que le nôtre ne le traitoit que de monsieur. —

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Ils sont aussi très-bien distingués par M. Du Plessis-Mornay. L'un est appelé dans ses lettres M. Aubery, et l'autre y est nommé M. Du Maurier, en sorte qu'il n'est pas possible de s'y tromper. » Benjamin Aubery avait en outre deux beaux-frères, dont les noms sont connus : l'un, Ausson de Villarnoul, de la maison de Jaucourt, attaché au service de Frédéric, roi de Bohème, périt par accident avec Henri-Frédéric, désigné roi de Bohême avec son père, dans la mer de Harlem; et l'autre, M. de Marbaud, que Du Plessis, dans sa correspondance appelle son vrai ami, résidait à Paris pour y défendre auprès du gouvernement les intérêts des Béformés.

5. Louis Aubery, seigneur Du Maurier, le plus connu des quatre fils de Benjamin Aubery, naquit à Paris, 24 juillet 1609.

Gomme nous l'avons dit plus haut, il lit ses premières études sous la direction de Benjamin Prioleau, qui l'accompagna à l'université de Leyde. Lorsqu'il eut terminé l'étude du droit, son père qui le destinait aux affaires publiques, l'envoya dans diverses cours de l'Europe afin qu'il complétât par ses propres observations les connaissances qu'il pouvait avoir acquises dans les livres.

C'est ainsi qu'il visita successivement la Pologne, la Prusse, le Danemark, la Suède, les villes anséatiques, Rome même. On voit aussi par ses mémoires que l'Etat des Provinces-Unies et celui de l'Angleterre lui étaient parfaitement connus. Son désir de marcher sur les traces de son père, lui fit alors rechercher les bonnes grâces du cardinal de Richelieu, lequel lui promit en effet quelque faveur; mais lassé à la fin « de piquer inutilement les coffres à la Cour et de se repaître de ses vaines fumées » voyant d'ailleurs « sa fortune enterrée » avec le cardinal, il résolut de se retirer dans ses terres, adoucissant son déplaisir par cette réflexion philosophique que s'il n'avait rien fait dans le monde, c'était parce qu'il avait toujours fait profession de droiture et de sincérité, qualités incompatibles avec les défauts de la cour.

Il a publié :

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