‹ La France protestanteChapitre 141 sur 303 · AUGIER · texte numérisé non relu

AUGIER

avoir imprimé de « faulx livres, » mais aussi comme complice de ceux qui avaient affiché les placards de 1534, qu'Augereau fut pendu, puis brûlé en la place Mauberfc {Bull. XI, 256).

2. AUGEREAU (Mclchisedec), diacre de l'église de Fontenay-le-Comte, Y. 50:} .

— (Thomas), condamné, 1569, à Bordeaux. — (Pierre) ou Augerot de Sainte- Foy-le-Grand en Gascogne , condamné aux galères pour avoir assisté à une assemblée du culte en 1691. Il était encore galérien en 1711. Voy. Bull. XVIII,

1. AUGIER (Pierre), natif de Vernonsur-Seine, reçu habitant de Genève, 1553. — (Antoine), « escollier natif de Torayneve-Haulte en Provence, id., 1559.

— (Etienne), arquebusier, condamné par le parlem. de Toulouse, 1562. — Trois huguenots de ce nom condamnés à Bordeaux, 1569. — Augier, avocat, tué à Bourges, 1572. — (Jacques), de Gonan, marchand, habit, de Genève, oct. 1572.

— (Guillaume), de Digne, apothicaire, id., 24 août 1573. — (Jean), fils de Guillaume, de Nîmes, id., 1573. — Augier, sieur de Saint-Geneix [IV, 4 49 b]. — « Petrus Augier Burdigalensis « , étudiant à Genève, 1677. — (Pierre), maître es arts, 24 ans, étudiant à Bordeaux pour devenir ministre, est arrêté sur la déposition de Michel Montagne, autre étudiant, comme prévenu d'avoir déchiré en public une thèse portant l'image de la sainte Vierge, 1681. — (Gabriel), sieur de Massilos, accusé d'avoir assisté à une assemblée religieuse, 1683 [VII, 204 a].

— (Elie), v. 1680 [V, 424 a]. — (François), de Montélimar , galérien , condamné pour s'être joint aux vaudois en 1689.

Il était encore sur les galères le 9 novembre 1711. — « M. Augier (avec sa femme, dlle Marguerite Archinard et leur famille), ci-devant régent de 5e à Die, homme de vertu qui n'a point changé et a souffert. A cause de leur pauvreté cachée, 15 s. par semaine; 6 déc. 1689 » (Bourse franc, de Lausanne). »

— (Etienne), marchand, réfugié à Lausanne, remet 0 liv. léguées aux réfugiés de cette ville par feu Jacob, son frère, de Claveau en Dauphiné, marchand, décédé <>n Piémont, 1094(/d.) — Trois sœurs Augier, de Courtaison près Orange,

1698. — (Marie), de Claveau en Dauphiné, 1699. — (Pierre), de Castres,

1699. — (Louise), de Roibon en Dauphiné, 1709; assistés en passant à Genève pour se rendre à Berne ou dans le Brandebourg. — (Jacob), fils de David, de Puilaurens, reçu habitant de Genève en 1738.— Cf. Ogier.

2. AUGIER (Pierre), fils de Samuel Augier, trésorier de la chancellerie du duc d'Orléans et d'Elisabeth du Theil, originaire de Nogent-le-Roi, était ministre de Favières lorsqu'il épousa, le 5 mai 1675 à Charenton, Marie Jullien, fille d'Isaac Jullien, bourgeois de Paris, et d'Anne Hédouin. De 1677 à 1083, nous le trouvons remplissant les fonctions pastorales à Château-Thierry d'où il fut appelé à Châlons. Par l'édit de révocation, ordre avait été donné à tous les ministres de sortir du royaume dans les quinze jours. Louis XIV espérait sans doute que la plupart d'entre eux préféreraient une abjuration auxdouleurs de l'exil ; il n'en fut rien ; aussi les agents du gouvernement eurent-ils recours à tous les moyens pour les retenir. Augier fut arrêté à Charleville avec Superville de Loudun, Du Moutier de Bélesme, Cotin de Houdan; mais on leur rendit la liberté, en leur défendant seulement d'emmener avec eux leurs femmes et leurs enfants. Le malheureux Augier ne put supporter l'idée d'abandonner quatre enfants et une femme qu'il chérissait.

Son courage fléchit; il promit de se convertir. Ses trois collègues firent preuve de plus de fermeté. Lorsqu'ils virent le délai fixé près d'expirer, ils se décidèrent à partir sans leur famille. Quelques jours après, cependant, on permit à la femme de Superville d'aller le joindre avec sa fille. Du Moutier eut aussi le bonheur de reprendre la sienne avec un enfant qu'elle allaitait; mais deux autres enfants qu'il avait eus d'un premier lit, furent retenus et envoyés à Paris avec la famille entière de Cotin. Quant à Augier, à peine libre, il se regarda comme dégagé d'une promesse arrachée par la violence, et ne songea plus qu'aux moyens de se sauver avec les siens. Il y réussit et se réfugia d'abord à Lausanne où il se présenta aux pasteurs le 16 juin 1688, puis à Berlin

AUGIER — jNUGRE VILLE

où, dit Benoit, a il donna des marques d'un repentir fort édifiant. » Il fut nommé pasteur à Halle en (1688) et y mourut en 1701. La liste des réfugiés de la colonie de Halle porte, en ; « M. Pierre Augier, de Nogent-le-Roi, pays Chartrain, la demoiselle sa femme et quatre enfants. » — Augier, conseiller du consistoire de Magdebourg, mort en 1737, et Jean Georges, ancien de l'Eglise française de Swaback en 1725, étaient apparemment ses fils.

3. AUGIER (Pierre), de Casteljaloux, fit ses études à l'académie de Montauhan. 11 fut un des quatre argumentateurs d'une thèse de Jean Verdier « De « Christo OîxvOpwTto) , an secunduni « utramque naturam sit mediator. Res- « pondebunt.... Petrus Augerius, cas- « tragelosiensis Albretanus, 16Ô6. »

En 1674, il desservait l'Eglise du lieu de sa naissance. A la révocation, il se réfugia en Hollande. 11 était vraisemblablement fils d' Augier, pasteur de Pellegrue, dans le Bas-A gênais, de 1626 à (Nicolas.

AltilX (David), ouvrier en soye fugié à Halberstadt, L700, — Etienne Auguin, d'Orange, cardeur, assisté à Lausanne, 1689.

AL'iilZEAl" Samuel), sa femme et

sept enfants, réfugiés et assistés à Lon-

AUGQUIN. — Louise Augouine, de

Montpellier. 66 ans, infirme, assistée à

Londres, 1705.

ALGRAIX (Jean), maître d'école, prosélyte, revenant d'Allemagne, sisté à Genève pour y retourner, 1702.

AI'GREVILLE. Nom de deux in .

Daniel, âgé de 36 ans. et Jean, de 34 ans, tous deux matelots du port de Saint-Savinien en Saintonge. arrêtés avec d'autres sur la caicbe ou barque » la Ménagère » de Rocbefort. Voici un dossier des archives de l'amirauté de Miuvnnes, en date du mois de juillet 1700, concernant ces religionnaires détenus alors dans les prisons de Brouage « pour crime d'évasion du Royaume et contravention aux édits du Roi. »

Inventaire des pièces et papiers rerais par M. de La Feuillade, prévôt de la marine au port de Rochelbrt, entre les mains de

M. Lortie Petitnef, conseiller et procureur du roi en l'amirauté de Brouage, ville et côte de Saintonge, pour servir à l'instruction du procès contre les nommés Jean Roy, Pierre Chuion, Jean Angreville ou Axgreville et Daniel Augreville frères, Jean Tallet et Pierre Gruibert, matelots, et Elisabeth Maillard, soupçonnés d'tvasion hors du royaume, arrêtés par lui au port des Barques par ordre de M. Duguay, conseiller du roi, commissaire général et ordonnateur au port de Rochefort (détenus dans les prisons royales conformément aux ordres de l'intendant Begon).

Cette pièce mentionne, à la suite, les interrogatoires des prévenus : la liste des papiers, lettres, billets et argent trouvés sur eux; les procès-verbaux de perquisitions faites dans leurs demeures : les interrogatoires et perquisitions relatifs à différentes personnes qui les avaient reçus ou avaient gardé leurs hardes; l'inventaire de tous les effets, apparaux de la caicbe « la Ménagère; » diverses lettres des nommés Daniel et Henriette Guion écrites de Dublin en Irlande, de janvier à mai 1700, à Pierre Guion. leur frère, à Saint-Savinien : des procès-verbaux de perquisitions faites chez Pierre Bouchet, maître de barque à Saint-Savinien, d'arrestation et d'interrogatoire dudit Bouchet; enfin sont jointes, en nature, au tr les pièces suivantes qui avaient i.sies: 1° Exhortation aux fidèles de sortir de Babylone : „'" Monarque souverain du ciel et de la terre : 3° Ne cherchons pas Jésus dans ces bas lieux ; 4° Qu'on guérit de tous maux : 5° J'abhorre de bon cœur; 6° Lettres de Jacques Bouchet à sa cousine Marie Bouchet, couturière à Saint-Savinien, datées d'Amsterdam, 5 mai et 15 septembre 7° Une lettre pastorale; S0 Deux prières sur l'affliction des fidèles dis- -.

Ces pièces incriminées sont, comme on le voit par leurs titres, presque toutes des poésies religieuses. Elles ne méritent guère le nom de poésies; à peine ont-elles la rime: mais elles sont par cela même d'autant plus touchantes, car elles proviennent d" autant plus sûrement de l'esprit et de la main de pauvres gens. En voici une, la quatrième, qui semble

AUMELLK — AULAGNIER

par sa facture et sa bonne humeur, venir du XVIe siècle. Le Chansonnier huguenot en contient de pareilles. Nous ne nous permettons que d'en améliorer un peu l'orthographe :

Que on guérit de tous maux En leurs offrant un cierge; Que on guérit plus tôt S'il est de cire vierge.

Que s'il ne guérit pas, N'a pas assez de quoy ; Et je croy tout cela Par ce que je le doy.

Pour moy je ne veux pas Pénétrer le mistere ; Mon pasteur dit me Ta; C'est a moy de me taire.

Je croy tout ce qu'il dit.

Sy fait mal a son sang Je soufre avecq regret Que on acheté un ban.

Et que les ornements Quy servent a l'eglize C'est de pris diférants Comme la marchandize.

Si vous voulés flambos A vostre enterrement Il vous faut tant, dit-on, Pour un tel parement.

Ce qu'est de l'argenterie Un curé vous demande Sy vous voulés avoir La petite ou la grande ; Le pris est différant Et vous coûtera tant.

Ainsy l'on ne fait rien Sy l'argent n'est comptant.

Jamais aucun crédit Ne se fait a l'eglize.

N'avez-vous point d'argent La croix de bois est mise.

Taisons-nous toutefois Car il est dangereux De vous parler des prestres Et de mai parler d'eux.

Telles gens ne sont pas Des subjets de satire.

Muse, va prandre ailleurs Quelque sujet pour rire '.

En travers de ces strophes sont écrites les deux suivantes :

J'abhorre de bon cœur L'eglize de Genève.

* Les strophes Incomplètes et les rimes comme toutefois riiiiaiii avec pres(re$ montras! une cette pièce, bien composée d'abord et peut-être du Wi siècle, ^ï-tiut déflgàrëe en passant de main eh main.

Je désire malheur A Luther et à Bèze.

Je souhaite la peste A tous les huguenots.

Je hais mortellement Calvin et ses sujets.

Les autels et la messe Partout j'honoreray.

A esveques sans cesse Mes vœux j'adresseray.

A tous les catoliques Je souhaite du bien.

L'aiglize papistique Puisse vivre sant fin.

On sait que c'était un jeu des rimeurs du XVIe siècle de composer des vers brisés, c'est-à-dire dont le sens change suivant qu'on les lit comme ils sont écrits ci-dessus ou en les juxtaposant :

J'abhorre de bon cœur les autels et la tarêflse. L'eglize de Genève partout (Richemond.)

AUGUELLE (Isaiseau), des Cévennes, réfugiée et assistée à Genève, 1690.

AUGUENET (Benjamin), pasteur à Vitry, v. 1650-1670 [VII, 496, 399 1>; 402 h].

AUGUETTE (Guillaume), boulanger à Rouen, tué à la Saint-Barthélémy.

AUGUIER (Déode), marchand à Figeac en Quercy, reçu habitant de Genève, 4 avril 1558. — (Louis), assisté à Londres, 1721. — Jeanne Auguière, veuve de Jean Bastide, enfermée à la tour de Constance, 1752.

AUGUIS (François), natif de Figeac en Quercy, reçu habitant de Genève.

1559. — (Elisabeth), assistée à Londres, 1721.

AUGUSTE (César), de Mondardier en Cévennes, peigneur de laine, réfugié à Spandau, 1698.

AUGUSTIN, massacré à Pevrolles,

AUJOIN, ancien à Nîmes. 1642 (Bull. XIII, 14!).

AUGY (François d'), supplicié à Annonay, 1546 [III, 79 IV). — (Atîtoîtièttë), v. 1550 [IX, 185 h]. — (Anthoin de Lorraine, reçu habitant de Genève, 22 nov. 1557.

AUJOL (Antoine) et Paul jugés avec le ministre Royère, 1672 [IV, 895 al.

AULAGNIER (André), de Manos perrolier1; reçu habitant de GhsrlaVe ,

1 Ou peyrollier; chaudronnier. Voy, bncahgi . Gloss pi/ruid, peirnla. Anlagnieresl Lbtiillier, Oleagiharié»,

AULANIS — AUMOXT

22 nov. 1572. — Louis Aulanier, d'Orpière, près Sisteron. assisté en passant à Genève, 1710.

AULANIS (Jacob), de Serres en Dauphiné, assisté en passant à Lausanne,

AULXAIS , trois demoiselles des Aulnays-Blanchard, à Alençon, 1685:

voy. Amoureux. — D'Hatilly des Au naies; vov. La Boissière.

AULXAV (René d') , 15 iT [VII.

134 a]. — (Eustache d'), conseiller au présidial de Provins. 1667* — (....) Enfermé à la Bastille. 1686 |X,434 b]. Voy. Aunay.

AULXET (Estienne), ministre à Xyons, 1667.

AUMÈDE , et sa femme . déportés, 1687 [X, 4321. — Paul Aun.

galérien. 1 !

AUMEL (Paul), malade, avec son fils, assisté ù Genève, 1(3*3. — Gonl.

Omel et Homel.

AUMELLE Ça1), ministre en Vivarais, né vers 1646. « M. d'Aumelle ou Omel, âgé d'environ 75 ans, fut d'abord exilé à Tournon où il a demeuré sept ans. Ensuite il fut mis en prison au Pont-Saint-Esprit, au fort neuf. Enfin, il a été confiné dans le fort de Br qui est un fort dans la mer, proche d'Agde en Languedoc, où il est. Et il y a environ gî à 23 ans qu'il sou; {Liste etc: 9 nov. 1711.

AUMERAS (Etienne) , menuisier, natif de Milhau en Rouergue. re<;u habitant de Genève, 1554. — (David Gévennes. Genève, 17*

Voy. Alun-ras.

À L'MESS ARGUES d"), député au synode d'Alais en 1681.

AUMnSXlER. lin religionnaire de ce nom, habitant Lusitrnan. est marqué sur les listes de persécution du Poitou en IG81 kBenoit, éd. de X. . — (Jouas . de La Mothe. âgé de 71 ans et infirme, assisté à Londres, 1701. — (Jacques femme ; un autre Jacques, sa femme et deux e:ifants, réfugiés >■■ Lon-

dres. 1721. — (André), deLezay, gagna aussi l'Angleterre vers 1708, avec sa femme, Catherine Marsault. Une branche de leurs descendants (MM. Bourchenin) existe encore à Lezay, et conserve une série de lettres écrites entre

les années 1729 et 1744, par ces réfugiés qui vivaient péniblement à Londres , et qui nomment comme leurs compagnons d'exil de nombreux parents et alliés appelés : Aumosnier, Frappier, Jlousset, Vinatier, Chargelègue, Xoquet, Pierre Guerry, Pierre Mon/raille, Pierre Poupard, enfin de simples amis : Broussard et Barillot morts tous deux en 1743. Etienne Ferru, Migauît. L'argent qu'on leur faisait passer de France devait être adressé à M. Colombier, à Saint-Maixent pour M. Pierre Poupard tenant boutique à Londres. A cette correspondance sont jointes deux lettres pieuses et touchantes écrites à André Aumosnier en 1735 et 1736, par un de ses cousins et par une autre personne qui étaient galériens à Marseille.

AULXIS (d'), ou d Attlnys et d'Aulnix, famille ancienne dans la province dont elle porte le nom et qui avait fourni jadis un commandeur de Saint-Jean de Jérusalem. Le premier de ses membres qui figure comme protestant est Charles d'Aulnis. inscrit sur les registres du temple de La Rochelle eomme parrain d'un fils de Claude de Lajourest. François d'Aulnis, sieur de Boureuille, vivait dans la même contrée en 1656. Cette branche a passé en Hollande où elle est devenue celle des barons AulnisdeBourouilh.

On connaît aussi un d'Aunix. sieur de Tasseran, el rite Merlat sa

femme, en lt'.sn. Un d'Aulnix était capitaine d'infanterie en Irlande, au service britannique, en 1692. — Isabeau d'Auni.se et sa fille assistées à Lon- 702. — Cf. Daunis.

AULTH.ll Jacques), de Gallargues.

dioc. de Ximes, reçu habitant de Genève.

AULTRV (Charlesd'), page de Coli- ■j.n\. iv.-u habitant de Genève, 29 sept. 157-, a].

Al MAI.H NicobAi d'), sieur de Haucourt, v. U - Philippe

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