LVI. 50 h]. — Louis VU, 193 b; V1I
J. — Daniel [IX, 233 b]. — Françoise et Charlotte [VI, 19 b, 127 a.
440 al
AUMONT Pierre), avec Elisabeth et Anne, ses sœurs, réfagii 5tés à
Londres. 17 22-. .
AUNAN — AURE
AUNAN (Isaag) , de Sommières , « sorti depuis peu de France a fait réparation [d'abjuration forcée] en France même et reçoit un secours à Lausanne pour aller en Allemagne, nov. 1697. »
(Bourse fr. de Lausanne). — (Antoine), d'Uzès, porteur de chaize, réfugié à Cologne, 1698. — Jean Aunant, de Nîmes, marchand de soie, réfugié à Genève en 1688. — Jacques Aunant, assisté à Londres, 1721.
AUNAY (Ottelin d'), sieur de Bernay en Nivernoys, reçu habitant de Genève, 9 avril 1573. — Louvois à de Gourgues, intendant de Caen, 8 mars 1686 : « Le Roy ayant fait mettre à la Bastille lemarquis de TAor^etlecomte d'Aunay ; S. M. désire que vous fassiez arrêter le neveu de ce dernier. » (Voy. Archiv. de la Bastille, VIII, 397 et ci-dessus col.
AUNET, pasteur à Orange, 1693 (Bull. VI, 370).— (Françoise), d'Orange, assistée à Genève, 1707.
AUNY (veuve), de Montpellier, assistée à Genève, 1706.
AUQUIER, ministre dans le Vivarais, 1683 [III, 29 a].
AUQUOY (J.-C. d'), sieur de Gonvielle, vers 1627 [V, 360 a). — Marie et Susanne, ibid.
AURAIZE (Marie), de Saint-Hippolyte, 72 ans, assistée à Londres, 1705. AURAY (François d'), sieur de Gourzelles, 1675 [V, 340 b].
1. AURE (Antoine d' ) , baron de Grammont, vicomte d'Aster, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes, lieutenant-général de la Navarre et du Béarn en 1563. La réputation qu'il s'était acquise dans les guerres contre Charles-Quint, à la prise de Calais, à la conquête du Boulonnais, l'illustration de sa famille, son crédit auprès de Jeanne d'Albret, tout faisait de Grammont une acquisition précieuse pour les protestants. 11 embrassa de bonne heure la cause de la Réforme. Il paraîtrait même que, avant l'entreprise d'Amboise, il s'étaitdéjà prononcé d'une manière compromettante.
Nous lisons en effet les détails suivants dans les Commentaires de P. de La Place, qui rapporte au long le propos que le Vidame de Chartres tint à Gabriel
de Montmorency, un des fils du connétable, en lui offrant ses services contre la tyrannie des Guises. «Dès le mois de janvier (1560) dernier, lui dit-il entr' autres choses, monsieur de Guyse ayant proposé de châtier quelques-uns des principaux de la religion pour servir d'exemple aux autres, fut d'avis de s'adresser à mon beau-frère le baron de Grandmont, disant qu'il étoit seigneur qualifié, et la conséquence du quel en seroit moindre, d'autant que c'étoit un basque, ce que la reine empêcha en faveur et mémoire de feu son oncle le cardinal de Grandmont, qui aida à son mariage. Mais vraiment mondit beaufrère a cet honneur d'être originaire françois de nom et d'armes, ce que n'ont point ceux qui portent le nom de Lorraine, car son père était le sieur d'Asté. Et si de par sa mère il a la baronnie de Grandmont au pays des Basques, ce n'est pas si peu de chose qu'à cause de ladite baronnie, il soit chef de si grande part, qu'il a moyen de s'opposer aux forces de la maison de Guyse, si sans celles du Roi il en vouloit approcher de cinquante lieues. » Aussitôt qu'il apprit la levée de boucliers du prince de Condé, Grammont se hâta d'accourir à Orléans du fond de la Gascogne, à la tête d'un corps de 6,000 vieux soldats, «bons s'il en fut oncques, dit Brantôme, et de ceux qui avaient fait les guerres d'Espagne. » Condé l'accueillit à bras ouverts et l'admit dans son conseil avec les principaux chefs du parti. Les hostilités ayant recommencé après la rupture des conférences de Baugency, auxquelles il assista, Grammont prit part, à la tête de 1,200 arquebusiers, à la tentative infructueuse faite par les protestants pour surprendre l'armée ennemie dans ses retranchements. Sous les murs de Paris, il fut choisi de nouveau par Condé pour l'accompagner à l'entrevue que la reine mère lui avait fait demander. On en sait le résultat ; le 12 décembre, Condé dut lever le camp et prendre sa route vers la Normandie, suivi de près par les Triumvirs. A la journée de Dreux, Grammont fut chargé, avec Fonlenay, du commandement de l'infanterie ; mais il soutint mal le choc des catholiques. Après la perte de la bataille, Coligny ayant voulu
AURE — AUREILHON
lui conûer la défense d'Orléans, les habitants refusèrent obstinément de le recevoir pour gouverneur. C'est vers cette époque que Jeanne d'Albret le rappela et l'investit de l'administration de son royaume, avec le titre de lieutenant-général, pendant le voyage qu'elle fit à Paris pour défendre en personne ses droits à la souveraineté du Béarn ; il s'en acquitta fidèlement et fut assez heureux pour comprimer une révolte fomentée par les papistes.
Nous avons parlé ailleurs col. 101- Kl.' des troubles suscités dans le Béarn par les innovations administratives tentées par la reine. Elle voulait, comme ses pasteurs béarnais, tout régler dans l'Etat selon les lois conformes à la sainte Ecriture, et publia des lettres patentes à cet effet en 1566. Aussitôt que Jeanne, alors à la cour de France, fut instruite de ces troubles, elle envoya Grammont pour calmer les esprits. A son arrivée, il jugea prudent de suspendre l'exécution de l'ordonnance ; mais Jeanne n'approuva point cette mesure timide, et elle lui commanda de la faire exécuter sans délai. Grammont obéit, et il défendit même avec chaleur ce projet de réforme dans l'assemblée des Etats :
aussi l'année suivante, pour récompenser sa fidélité et ses services, la reine donna-t-elle pour épouse à son fils aine une des plus riches héritières du Béarn, la belle Corisandre d'Andoins. Grammont continua à se montrer digne de la faveur dont l'honorait sa souveraine jusqu'en 1509, époque où, par suite du ressentiment qu'il éprouva de se voir préférer d'Arros comme lieutenant- <:énéral, il resta insensihle aux dangers que courait le pays, et se renferma dans une neutralité complète. Cependant, en 1572, il ne refusa pas de suivre la reine de Navarre à Paris. A la Saint-Barthélémy, il racheta sa vie par une abjuration. En lui faisant grâce. Charles IX exigea de lui qu'il ne portât plus les armes pour le parti de la Réforme. Mais non content de tenir fidèlement sa promesse, Grammont osa consentir en i ~> 7 -2 à la mission d'imposer parla force la religion catholique aux habitants du Béarn. Grâce à la résolution héroïque du vieux baron d'Arros (col. 393;, il
n'eut pas le temps de mettre à exécution ses projets ; après avoir vu son escorte massacrée sous ses yeux, il ne dut luimême la vie qu'aux larmes et aux prières de sa belle-fille.
Grammont mourut peu d'années après, en 1576. 11 avait épousé Hélène de Clermont, sœur utérine de François de Vendôme, vidame de Chartres, mariage qui l'avait allié aux illustres familles des Montmorency et des Châtillon.
Outre le fils dont nous avons parlé, il en eut une fille, Marguerite de Grammont, qui devint la femme de Jean de Durfort, vicomte de Duras.
Toute sa famille n'imita pas sa conversion. On trouve dans les registres de Montauban. en 1586 et 1590, le baptême de deux enfants de Bernard d'Astorg, baron de Montbartier, et Isabeau d' Aure. Le second eut pour parrain et marraine noble Antoine de Gordon et dame Helayne de Gordon.
2. Les historiens citent encore, parmi les chefs huguenots dans le Midi, un baron de Grammont qui servait, en 1562, sous les ordres de Baudiné, et qui était vraisemblablement de la famille des Grammont du Rouergue.
3. AURE S.wary d'), baron de Larboust, seigneur de Montégut et de Lombres, lieutenant de la compagnie d'hommes d'armes du seigneur de Grammont, prit vaillamment part, en 151 G
à la défense des intérêts de la Réforme en Béarn. (Voy. Bordenave.)
Al'UE Makc-Antoi.ne;, obtient la levée de l'interdiction qui pesait sur la vente île ses biens comme biens de religionnaire, 1715.
AUREILHON (Moïse;, industriel français qui établit à Berlin une fabrique de chapeaux et qui, avec un de ses parents du même nom que lui, fut placé, en 1608, à la tète des usines de Hesgermùhle, puis nommé, avec Didelot. en 1711. administrateur des manufactures de cuivre et de laiton de Neustadt-Ebertwalde. Il acquit une fortune considérable qui n'empêcha pas son fils de se vouer au saint ministère.
Ce fils, Moïse, qui épousa une d"e de Gironnet. fut pasteur de l'Eglise française de Tornow. La fondation de cette Eglise est due à une circonstance sinsu-