ADHÉMAR
auguste monarque et vous inspire, monseigneur, le charitable sentiment de me faire restituer une somme dont le payement va me ruiner entièrement. » L'intendant Guignard, c'est-à-dire Jean-Emmanuel de Guignard, vicomte de Saint- Priest etc., trouva fort mauvaise la fin de cette lettre et il répondit : « Si vous étiez aussi zélé sujet de S. M. que vous voulez le persuader, vous auriez un moyen bien simple de le prouver en obligeant ceux qui ont imité votre désobéissance à se soumettre, au lieu de vous expliquer à l'égard des mesures qu'on prend pour les ramener à leur devoir sur le ton fanatique avec lequel vous annoncez vos sentiments (14 décembre).»
— Mais il n'eut pas le dernier mot, car M. d'Azémar, en lui accusant réception de sa lettre, « avec le ressentiment convenable aux reproches et instructions qu'elle contenoit. •» ajouta : « La rigueur de MM. les curés a mis les gens au désespoir ; surtout voyant qu'on rebaptisoit leurs enfants traitant de bâtards ceux nés d'un mariage fait au Désert, en supposant malicieusement les ministres assez ignorants pour ne pas sçavoir ondoyer selon l'institution. Tout cela a si fort aliéné les esprits qu'il n'est pas possible de les ramener, préférant, disent-ils, de souffrir patiemment toutes les peines qu'il plaira ■ S. |f. de leur infliger plutôt que de satisfaire les désirs violents de MM. les curés. Voilà, Mgr, ce que j'ai cru devoir vous informer. Il ne me reste qu'à vous assurer que si porter l'amour du prince et de la patrie au point de préférer le triste état de protestant en Fran> j'avais l'alternative, à celui de feld-maréchal dans le pays étranger constitue le fanatisme, j'en suis atteint au suprême degré. J'ai l'honneur, etc. » (Ijanv. 17ôî). Divers membres de la famille d'Azémar avaient cependant pris du service à i'étranger, mais celui qui avait écrit les nobles paroles que nous avons resta fidèlement dans son pays, en sorte que ses descendants sont aujourd'hui plus que jamais de sincères protestants et, comme disait l'intendant, au premier rang dans leur pays.
Un volume imprimé en 1SGI et composé presque entièrement d'analyses d'actes authentiques aujourd'hui consar~
vées dans la branche protestante de la maison d'Adhémar ' nous permet de reprendre et de compléter la généalogie de cette branche en mettant aux places qui leur appartiennent ceux de ses membres que nous avons cités.
En 1536, deux gentilshommes verriers, Etienne et Pierre Audemards. du lieu de S.-Martin-d'Euzet, reconnurent tenirde l'église cathédrale d'Uzès. moyennant 15 s. t. de cens, leur mas de Colombiers et ses dépendances. C'est Thibaud.
l'aîné des enfants de Pierre, de qui est émané le premier acte à nous connu où apparaisse nettement dans la famille la qualité de réformés. Il s'agit du testament passé à Uzès, le 31 mars 1612, par noble Thibaud d'Azémard, déclarant dans cet acte de dernière volonté qu'il veut être inhumé « à la manière de ceux de la religion réformée, dont il fait profession. » La même clause se trouve dans le testament de son fils, noble Jacques Azémard. du lieu de S.- Maurice de Casevielhes. passé dans sa maison du dit lieu de S. -Maurice, le 14 déc. 16Î1. Le fils de Jacques, noble Guérin d'Azémar, dont nous avons parlé ci-dessus, épousa en secondes noces * le 27 avril 1680, demoiselle Françoise Dode, fille de feu Jacques Dode. docteur es -droits, seigneur de S. - Cristol d'Oleyrargues , et les époux promirent par ce contrat de faire solenniser leur mariage en la forme de la religion réformée dont ils faisaient profession. On a vu que l'abjuration forcée des époux, à la révocation de l'édit de Nantes, suivit cet acte de bien près. Cependant l'aîné des enfants de ce second lit, Melchior d'Azémar. avait eu le temps d'être inscrit (Ï0 juin 1681) sur le registre des baptêmes du consistoire de Lussan. Melchior épousa, le 14 juill. 1707, Marguerite fille de Pierre de Pellegrin, sieur de La Taillade, et il en eut deux fils : Claude d'Azémard né le 12 juin 1708 qui eut en 17M, avec l'intendant de la province.
les démêlés que nous avons racontés, et Jaeques-Guérin d'Azémard ou d' Adhé-
' Vol . in-i° intitulé Cenèalogie de la maison d'Adhémar Casecieille ; Montpellier, Gras impr., »35 pages.
» M avait été marié une première fois, le 2 nov. 1658, -mérite de Kamon, dont il avait eu Clande, résidant en la verrerie de la Calmette, Jean sieur de Colonilurr. el ïr->
ADHÉMAR — ADMYRAULD
mar, né au mois d'octobre 1709. Ce dernier passa en Prusse et devint grandmaître de la maison de la margrave de Bareith, sœur du roi Frédéric II (Voy.
Œuvres de Voltaire, éd. de Kehl, t. XV, p. 232, et LXX, p. 218). Claude avait épousé, le 9 juill. 1733, demoiselle Magdelaine de Bousquet, dont il eut entre autres enfants, Pierre-Melchior, l'aîné; né en 1740 , et Louis-Guérin , né le 3 janvier 1746. Capitaine au régiment de l'île Bourbon à l'âge de 26 ans (1772) Louis-Guérin d'Azémar se délassait du service militaire par la culture des lettres *, et de 1775 à 1787 servit d'une manière très-active aux colonies, particulièrement aux Indes où il l'ut nommé commandant du fort d'Ostembourg ; il mourut à l'Ile-de-France en 1826. Son frère aîné, Pierre-Melchior, resté dans sa province, et lieutenant au régiment de Flandres, épousa le 27 déc. 1762, Charlotte, fille de Jacq.-Phil. de Montolieu, vicomte d'Héran, et devint, à l'époque impériale sous-préfet d'Uzès, puis en 1808 préfet du Var et baron de l'empire. 11 mourut dans son château de Teillan, commune d'Aimargues (Gard), le 2 septemb. 1821, et son administration avait laissé dans le Var de si bons souvenirs qu'en 1844 le conseil municipal de Draguignan fit construire une fontaine publique ornée du buste de l'ancien préfet 2. — Jacq. -Philippe, fils du précédent, servit dans la marine depuis 1780 jusqu'à 1789, époque de son mariage avec Rose de Boisson, fille de Jean-Louis de Boisson, seigneur de Bagard, et mourut le 17 nov. 1793 à la suite d'un coup de feu qu'il reçut à l'armée des Pyrénées orientales où il commandait une compagnie de cavalerie volontaire de citoyens du Gard. — Louis- Pierre-Alexis d'Azémar, son fils, né le 21 juin 1790, prit l'épée en 1807, comme sous-lieutenant d'infanterie à l'armée d'Espagne, et se retira du service en 1 828, avec le grade de capitaine d'étatmajor, après onze compagnes et sept.
blessures. La devise héraldique jointe aux
1 On a lie lui des «'OOlédiea : lM Deux Miliciens \\';iii s, 17721, le* Souliers mordoNt (l'iiris, 177(11, el divers (.oi'iiic-.. épures i't cliaiisiwi.s.
I \<>v. mu' notice il Mm siiict (Ihiin VJ/isl. du Iaiuij'ic-
do\ | par don Vaisaète, Mit. du Mage (tsiii), i. x, p. Ml;
armes de la branche de Casevieille porte les mots : « Plus d'honneur que d'honneurs, » et il est véritable que les protestants rigides ont toujours eu la moindre part dans les faveurs du pouvoir *, moins peut-être par le fait d'un pouvoir catholique comme est celui qui presque toujours a gouverné la France, que par suite de l'esprit d'indépendance qui est le fond même de l'éducation protestante. Cependant c'est sous le régime de la Restauration qu'apparaît dans les actes des différentes branches de la maison d'Azémar-Casevieille, le titre de comte joint à leur nom. Les débats judiciaires soulevés par eux, comme nous l'avons dit, dès 1784 et repris en 1817, pour revendiquer l'identité d'origine de leur maison avec celles des anciens comtes d'Adhémar de Monteil, n'eurent leur entière solution que par un jugement du tribunal d'Alais, en date du 26 mai 184 1 , ordonnant que « le nom d'Adhémar « sera substitué à celui d'Azémar dans « toutes les actes publics et privés rela- « tifs à Louis-Pierre-Alexis, à ses au- « teurs , frères et enfants. » Le comte L. -P. -Alexis avait épousé en 1817, MUe Honorine Martin de Choisy, fille d'un conseiller à la cour royale de JSimes. De ce mariage sont nés quatre enfants, entre lesquels l'héritier du nom est le comte Roger d'Adhémar, né en 1821 et marié en 1846 à MIle Denise de Chapel. = Armes : Mi-parti de France ancien et de Toulouse, c'est-à-dire d'azur semé de fleurs de lis d'or et de gueules à la croix d'or, avec un écusson, d'or à trois bandes d'azur, sur le tout.
ADMYRAULD, Admirault etc. Dès le commencement du XVIIe siècle, une famille de ce nom existait à La Rochelle. Un Michel Admyrauld était marié à Françoise Charrier, dont il eut deux fils : Toussaint et Jacques; et à la même époque Denis Admyrauld était marié à Jeanne Baudouyn, d'une grande famille écbevlnaie rocheloise, qui lui donna en 1602 un fils nommé Jean.
1 i.a Généalogie que boiib avons citée en slgnaMot la nomination «in capitaine Louis-Pierre-Aleiis, le ti novembre )827, comme chevalier du î/mtc militaire, ajoute : « un sait que cette décoration lut tondes pour récompenser le» wrvicei des officiers protestants, aui- ■ini'is le «prmeut de catholicité fermait l'entrée de l'ordre Je Saini-L >uis. »
ADMYRAULT — AGARD
Mathurin Admirault. avocat à Saumur, épousa à La Rochelle, le 1er juillet 1641, Marthe de Lunneau ou Lonneau.
La famille Admyrault, actuellement existante dans la même ville, et protestante, se rattache probablement aux précédentes, mais on n'en est pas sûr. Son premier auteur certain est Gabriel Admyrault. négociant à La Rochelle en 1735, marié à Marie-Jacquette Charles, et dont le fils, Pierre-Gabriel, mourut en 1782 après avoir été syndic, puis directeur de la chambre de commerce. Ce dernier laissa entre autres fils : ["Julien- Louis, qui fut membre du corps législatif, puis député, de 1814 à 1820, m. en 1835 ; et Gabriel-Julien, député de 1831 à 1837. = Armes: D'argent au quintefeuille de gueules feuille de sinople et au chef de gueules. (Richemond.
Adrets (le baron des), voyez Beaumont.
ADRIEN (Pierre), d'Avignon, ministre à Chabeuil en Dauphiné, reçu habitant de Genève, 6 octobre ! "
ADOLPHE Françoise), jeune fille de ans, dont l'abjuration est insolite dans le recr. de l'église cathol. de Blain Loire-Inf.) au 25 nov. 1695, avec celle de son oncle Pierre Lamothe; voy. ce nom.
AFFAGAR M \del.\ine ), dame de Juisné, puis dame de Lanfernat, vers 1555-1575 VI 471 b].
AFFAITADY (Lâche;, épouse de Georges de Montmorenev de Bours, v. 1590 [VII. 493 a .
AFFANEUR, secrétaire du duc de Rohan, figurant à l'assemblée dé Pons, en Saintonge, v. IÔÎ0.— Daniel), sieur de Conteneuil abjure en l685fIV, "27 a . itte famille était florissante à Pons au milieu du XVIIe siècle. Les registres de l'état civil ' nous montrent en 1657 et années suivantes Judith Affaneur.
femme de Michel Aymier. notaire, Anne.
femme de Daniel Vaurigaud: Elisabeth, femme de Paul de Baudroux, « instructeur de la jeunesse à Pons ; » Gabriel Affaneur, sieur de La Siray, etc. — Armé» : D'azur à une fasce d'or.
1 Conservés au greffe de Saintes, et dont nous devons la connaissance à un travail de M. le comte J. df Cukvus rvlatif à l'état civil protestant de Saintes, ton», Cozes et autre? lieux de la Saintonge.
AFFET1XEAU (Jean), Orléans, 1568 VI, 531 b].
AFFIXHER ou AFFIGXER, député aux synodes de 1614 et de 1617 [II, 253 a, note: Vil, 64 a, note".
AFF1S Isabelle d'), Toulouse, 1559 [111, 106 aj.
AFFOLARE Estienne;, orfèvre, natif
de Lyon, reçu habitant de Genève, 27déc.
— On trouve le même nom écrit :
Affouard. Affaire, Afouer et Afoyr.
AFFRE Etienne .ancien de Poussan,