BAGARDS (Loris de) ou Bagars
était de La Salle dans les Cévennes, avait étudié la théologie à Genève, où il est inscrit au 3 mai 1671, et il prit part aux synodes provinciaux d'Anduze, 19 juin 1675 et 19 nov. 1678, comme pasteur d'AJais et d'Aigremont, à celui du Vigan, 26 août 1681, comme pasteur de Saint-Félix de Palhière ; il était enfin pasteur de La Salle, en 1685, lorsqu'il abjura sa foi avec des circonstances particulièrement odieuses. La dernière fois qu'il était monté en chaire, il avait lancé l'anathème contre tous ceux à qui la persécution ferait renier le Seigneur, et le jour même il avait été le premier à le renier. Bien plus, il était devenu un des plus acharnés persécuteurs de ceux qui avaient refusé d'imiter sa lâcheté, et on le voyait à la tête, de détachements de soldats poursuivre partout les assemblées religieuses. Quelques jeunes gens pour venger leurs parents et leurs amis exécutés ou envoyés aux galères, allèrent l'attendre sur le pont de Vallongue, à son retour de Pommaret où il était allé prendre les eaux, et regorgèrent sans pitié IV. 7. Conf. II, 498].
5. BAGARD ou Bazar. M. de Bagard et sa famille, de La Buissière, réfugiés du Dauphiné, 1699 (Tt 314).
Bagat (le baron de), voy. Ferrières.
BAGEL (G.), ancien de l'église de Montauban. On a de lui quelques lettres au pasteur Paul Rabaut (6 lett. de ip. Rabaut ; Bibliot. du Protest.; qui peignent au naturel l'état d'écrasement moral où était alors la majorité de ce qui subsistait de protestants en France :
« Nous jouissons icy, Dieu mercy,
d'une tranquilité parfaite. La campagne s'assemble dans des lieux nies et en plein jour tous les dimanches, ce quy est au sceu de touts magistrats et autres, de même que les fauxbourgs de Montauban. Pour ce quy e>t des villes, on s'y assemble aussy, régulièrement, tous les dimanches a l'entrée de la nuit, dans des lieux loués et afectés ad hoc. Nos baptêmes et mariages ne soufrent plus d'obstacles. Point d'enlèvements d'enfans. Ainsy nous aurions mauvaise grâce de nous plaindre des procédés actuels desances et magistrats établis sur nous. Il n'y a que la captivité du pauvre Viala i Donadieu, condamnés aux galères par le parlem. de Toulouse, et la détention dans
BAGEL — BAIGNOUX
le jugement cy-joint des quels les biens sont a la Régie, vous observant que Barthélémy Coste, dit Balot, est mort aux galères et les autres y sont encore. Vous verres, par les motifs du jugement, ce quy les a fait condamner, c'est-a-dire des cas trèsle même genre de captivité des dénommés tolérés aujourd'huy. Viala fut arrêté avec le pauvre martir Rochete ; et Donadieu, pris le jour après dans la foire de Caussade, lors de l'émeute des Papistes. Vous avez sans doute ce sanglant arrest1 » (22 déc. 1763).
— Il n'est que trop vray que M. Latour, pasteur chargé du quartier dont il s'agit, ayant vers les fêtes de Noël procédé a la réception de quelques catéchumènes, l'a fait avec beaucoup trop d'éclat. Nous avions déjà été avertis que, dans les instructions trop publiques qu'il donna dans cette occasion, il s'était permis bien des traits saillants de controverse. Il n'est pas doutteux qu'il n'en soit revenu quelque chose a la conoissance du Curé, dont le caractère est très-porté a la tracasserie. L'époque de ces imprudences se rapporte a celle de la plainte et, malheureusement, M. Latour est un jeune homme quy, par sistème, tient toujours une conduite diamétralement oposée aux règles du bon sens, a la marche de ses sages collègues et aux avis des personnes bien intentionées qui gémissent de ses écarts... (10 fév. 1777).
— « Il me tardera d'aprendre le parti
qu'aura pris votre comité au sujet des nouvelles instances qu'on fait pour faire authoriser M. Le Cointe. Nous regardons dans ce pays-cy ces authorisations comme trèsdangereuses par leurs suites, si elles ne sont pas insidieuses par leur nature ou par les motifs secrets de ceux qui les demandent; car, a bien refléchir, a quel propos créer des plénipotentiaires auprès du gouvernement, • comme si nous avions droit de traiter avec luy. Ne pourroit-il pas s'offenser de cette liberté. Je croy que notre état ne nous permet d'autre voye que des humbles suplications, lorsqu'on frape sur nous de ces coups qui semblent de tems en tems contredire l'esprit de tolérance quy paroi t être aujourd'huy le sistème de la cour. Si on nous laisse tranquiles, attendons avec patience de la bonté du Roy les améliorations quy nous sont nécessaires; une sage politique les suggère a ses ministres; quand on voudra les accorder, si on nous demande des éclaircissemens, nous les donnerons; si on les fait sans nous consulter nous les recevrons toujours avec reconoissance. Je ne vois pas
« Cette lettre qui témoigne d'abord de tant de bienêtre mélangé bientôt de regards furtifs sur les galères et les sanglants arrêts est adressée par précaution à « monsieur Théophile ». L'écrivain ménageait saus doute ses jugements en cas que la lettre s'égarât.
qu'il soit besoin pour cela d'authoriser personne, a moins que le gouvernement ne nous l'ordonne. Voila ma façon de penser et celle de tous les personnes de ce pays-cy quy s'intéressent a notre bonheur commun. Je suis persuadé que ce sera aussy le sentiment de votre V. C. » (21 août 1778).
BAGOULLB (Jean), d'Agen, réfugié, 1737 (Arch. nat. M 667).
BAGUET (d11» Anne de). A Bernis ; abjure, 1677 (Bull. XXIII, 374). — Claude Baguet, sieur de la Condamine, marchand de Marseille, emprisonné à Aix, 1690. — Mlle du Baguet mise au couvent à Anduze, 1748.
BAHUGHE (Jean), peintre du roi, 1637-1642. — (Marguerite) femme d'un dos Bunel peintres du roi, et peintre elle-même, v. 1620. — Susanne Bahus (et Baheux) , de Guyenne . fille de 50 ans, et Marie Bahux, réfugiées et assistées à Londres, 1702-1705.
BAIGNEUX (le conseiller de), du parlem. de Paris, 1562 [IV 211 a].
1 . BAIGNOUX (Timothée) , représenta la ville de Mer, comme ancien, aux synodes de Mer, en 1626 et 1643, et d'Alencon en 1637. Un autre Baignoux, Daniel, était aussi, en qualité d'ancien, au synode de Chastillon-sur-Loing du 22 fév. 1629. Un autre Timothée, ministre de Mer, prit part en la même qualité aux synodes de Chastillon, 23 mai 1636 et de Mer, 30 mai 1641. C'est probablement un lils ou un neveu de ce dernier qui, nommé encore Timothée et né vers 1633, était, en 1688, réfugié en Angleterre. Ce fut cette année que le roi Jacques II accorda à dix ministres français réfugiés, dont il était l'un, l'autorisation solennelle pour eux et pour leurs successeurs de former à Londres une église distincte, avec toute liberté dans l'exercice du saint ministère, tout pouvoir d'acheter des terrains pour y bâtir leurs églises et tout droit, en cas de mort ou de démission de quelqu'un d'entre eux, de lui choisir un successeur pour continuer en Angleterre la tradition et les coutumes de leur église française et calviniste, vulgairement appelée le système de Charenton. Cette espèce de charte constituait une innovation importante aux lois anglaises, d'après lesquelles les religionnaires ré-
BAIGNOUX — BAILE
fugiés dans le pays étaient astreints expressément jusqu'alors à suivre le rite anglican.
Les pasteurs qui obtinrent ce privivilége étaient Benjamin de Daillon , Jean-Louis Malide, Samuel Mettayer, Simon Canole, Henry Gênais. Timothée Baignoux, Ch. -Pierre Souchet, Guillaume Bardon, Jean Forent et Barthélémy Balaguier (Agnew. II, 106). L'église fut celle delà Patente, Spitalefilds.
— Timothée Baignoux exerçait encore les fonctions pastorales à Londres en 1719,àl'âgede86ans[lY, 227a].— Jean Baignoux de Dreux, avec sa femme et deux enfants, assistés à Londres, 1705.
— Le même nom ne fut pas rare non plus aux Etats-Unis d'Amérique. Jean Baignoux se trouvait à New- York en 1670; Henry devint freeman (bourgeois) de cette ville en 1695; Paul et Marie sa femme y demeuraient en 1692 et se transportèrent à la Nouvelle-Rochelle, où il mourut en 1708 (Baird). — Judith Bagnoux enfermée aux Ursulines de Baugency, 1729; transférée à l'hôpital d'Orléans, 1733.
2. BAIGXOUX (Pierre), pasteur à Rennes de 1666 à 1073, puisa Poitiers, 1678-85, marié à Niort, le 27 septemb.
1680, avec Anne-Marie Drelincourt [IV, 314 a], parait être passé en Hollande à la Révocation. On a de lui : « Sermon sur ces paroles du chap. XX des Actes : « Mais je ne fais cas de rien. » prononcé par M. Baignoux cy devant ministre à Poictiers; Leide, Parmentier, 1687; dédié ù M. Drelincourt, médecin du roi de France et premier professeur en médecine à Leide. »
BAILE (de), maison dauphinoise Haas* I, 215]. = Armes : D'or au chevron d'azur accompagné de 3 roses de gueules.
Jacques deBaile, sr d' Aspremont était fils de Laurent et de Françoise de Sauret. On le cite dans l'histoire des guerres religieuses du Dauphiné, pour sa défense de La Mure, en 1580. Cette place importante, considérée comme la clef des montagnes, était menacée par Mayenne à la tète de 8,000 hommes de pied, 800 chevaux et 16 pièces de canon. Aspremont, assisté des capitaines Montrond, des deux frères Chenetrières Du
Port) et La Gautière qui tous se distinguaient parmi les plus braves chefs dauphinois, se jeta dans la ville, bien décidé, ainsi que ses compagnons, à la défendre jusqu'à la dernière extrémité.
Du Villar, qui commandait dans la citadelle, n'était pas moins ferme dans sa résolution. Mayenne ne tarda pas à paraître. Il établit son quartier au Pibou. Dans 1 espoir de répandre la terreur dans la ville et de l'amener promptement à se rendre, il ouvrit le siège par une décharge de toute son artillerie: mais les assiégés ne se laissèrent pas effrayer du bruit, ils y répondirent par de vigou reuses sorties qui coûtèrent beaucoup de monde à l'ennemi. Parmi les victimes qu'ils eurent eux-mêmes à regretter, l'on cite un neveu de Lesdiguières appelé Sanijean. Cependant les travaux du siège continuèrent, bien qu'avec lenteur, la brèche fut faite et un terrible assaut repoussé. Les habitants, les femmes mêmes , rivalisèrent d'intrépidité avec la garnison ; mais aucune ne déploya autant d'audace et de courage qu'une jeune bile, surnommée la Cotte rouge de la couleur de sa jupe. Le souvenir de cette héroïne, dont le nom est resté inconnu, vit encore parmi les habitants des montagnes du Dauphiné.
Affaibli par les pertes qu'il avait faites, Aspremont demanda des renforts à Lesdiguières qui s'était posté à Saint- Jean-Derans sur les derrières de l'ennemi, pour troubler les opérations du siège. Le brave Poligny reçut, en conséquence, l'ordre de pénétrer dans la ville avec 80 soldats. Quelques jours après, Lesdiguières envoya un nouveau renfort ; mais Le Molar, qui le conduisait, ne put échapper aux catholiques; il fut fait prisonnier, et sa troupe mise en déroute. Ce revers ne découragea pas les assiégés. Ils repoussèrent un second assaut plus furieux encore que le premier, et dans une sortie, où ils perdirent Pierre BardeldeChenevières1, ils tuèrent beaucoup de monde à l'ennemi et firent plusieurs prisonniers de marque. Au nombre de ces derniers se trouvait, pour leur malheur, le sieur de Montoison qui réussit à corrompre Hercule Nègre
• Son frère, l'autre Chenevières, s'appelait Jacques de Miolans; Arnaud, flist. des pr. dn Dauphiné, I, 3SC.