SIEU
BALTHASAR (Christophe), né àVilleneuve-le-Roi vers 1588 [flaagl, 219], exerçait la charge d'avocat du roi au présidial d'Auxerre, lorsque l'étude approfondie de l'histoire ecclésiastique l'amena au protestantisme, en lui ouvrant les yeux sur les abus de l'Eglise romaine. Après quelque hésitation, pressé par la voix de sa conscience, il quitta tout, parents, amis, profession, et se rendit à Charenton pour solliciter son admission dans l'Eglise réformée. Ses faibles ressources ne lui permettant pas d'habiter Paris, il se disposait à aller vivre en province, lorsque Du Faur, jeune conseiller de la chambre mi-partie de Castres, l'attira chez lui, heureux de jouir de sa société et de profiter de ses leçons. Balthasar passa quelques années auprès de lui ; mais au sein de la tranquillité et de l'abondance, il éprouvait comme un remords de son inaction. Dévoué de tout son cœur à la religion protestante, il lui semblait que c'était une lâcheté que de ne pas travailler à la défendre et à la propager. Il se décida donc à se séparer du conseiller Du Faur. Sa résolution fut hautement approuvée par le synode de Loudun qui, sous la recommandation du synode du Haut-Languedoc et de la Basse-Guyenne, lui accorda une pension annuelle de 750 livres, « afin qu'il put poursuivre ses recherches sans distraction, et continuer un grand ouvrage qu'il avoit entrepris contre le cardinal Baronius. » Bayle nous ap-