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urte réunion plus nombreuse, consentit gracieusement à cette requête. Cent cinquante personnes s'assemblèrent, en conséquence, le 24 août ; la corruption et les sévices n'avaient, au bout de quatre jours, conquis au catholicisme que cette faible fraction de la population montalbanaise. Après quatre heures de délibération, l'assemblée prononça qu'il n'existait pour les réformés aucune cause légitime de séparation, et que tous « devaient s'empresser de donner satisfaction au roi, en rentrant sous son règne glorieux dans le sein de l'Eglise catholique, apostolique et romaine. »
Beaucoup persistèrent néanmoins à croire que dans les choses de la conscience il vaut mieux obéir à Dieu qu'au roi. De ce nombre fut Maussac, qui résista courageusement aux promesses et aux menaces. Désespérant do l'amener par la force à se convertir, on résolut d'employer la ruse, et Boufflers ne rougit pas de se prêter à un indigne guetapens. Averti que le marquis attendait sa visite, Maussac se rendit à l'hôtel qu'il habitait. « On le fit attendre dans l'antichambre, nous dit Benoît, jusqu'à ce que l'intendant et l'évêque, qu'on avertit, fussent arrivés. Ils entrèrent dam la chambre du marquis par une autre porte et concertèrent avec lui de quelle manière il falloit s'y prendre à catholiser le baron. Quand les mesures furent prises, on le fit entrer, et après quelques discours qui tendoientà l'amener à une conversion volontaire, l'évêque prit la parole, et dit qu'il ne falloit pas faire tant de façon avec ce gentilhomme, qu'il ne falloit "que le mettre à genoux, et qu'il alloit simplement lui donner l'absolution de l'hérésie. En môme temps, des personnes apostées saisirent, le baron et lui donnant le croc en jambe, le iirent tomber. Cette insolente hardiesse, la crainte du piège, l'étonnement, la chute firent un si grand effet sur lui qu'il s'évanouit, et que les malhonnêtes gens qui l'avoientmis dans cet état, eurent de la peine à le faire revenir. TJn commandeur de Malthe, qui trouva cette manière de convertir le monde fort nouvelle et fort peu chrétienne, le tira de leurs mains ; mais comme ils no vouloient pas avoir le dé-
menti de cette entreprise, ils ne cédèrent à l'intercession du commandeur, qu'en le rendant responsable de la conversion du baron. Ce ne fut pas lui néanmoins qui l'ébranla. Il n'y eut que les soldats qui vinrent à bout de sa patience, et qui par des veilles forcées l'ayant jeté dans une espèce de rêverie, où il étoit hors de lui-même, lui extorquèrent une signature qu'il répara peu après en abandonnant ses biens et le royaume. »
Seulement avant de toucher la terre d'exil, il fut arrêté et passa trois ans enfermé au château de Pierrecise. Ses dernières années s'écoulèrent paisiblement à Genève où il mourut le 22 novembre 1703 (voy. son épitaphe, Bull. IV, 173).
Son oncle Samuel s'était marié avec Jeanne, fille d'Élie de Bar, seigneur de Camparnaud, et en avait eu un fils, Elie de Bar, baron de La Motte et de La Garde. Ce dernier, invité au même rendez-vous que son cousin, évita le piège en ne s'y rendant pas. Il en fut puni par la ruine de deux maisons qu'il possédait. Jeté bientôt après dans un cachot, la prison et la misère lui arrachèrent enfin une signature qui suffit pour le classer parmi les fidèles sectateurs de l'Eglise catholique.
Le baron de Mauzac avait épousé, 8 nov. 1664, Isabeau fille d'un conseiller au parlem. de Toulouse, nommé de Faure baron de Monpeau; il avait d'elle, lorsqu'il fit son testament, quelques mois avant sa mort, quatre fils et six filles * L'aîné de ses fils, Gratien, et une des filles restèrent à Genève. La fille y épousa Antoine de Josseau réfugié de Castres ; le fils y obtint la bourgeoisie d'honneur en 1709 et fut même admis au grand Conseil en 1714; mais il ne laissa point de postérité. Le reste de la famille continua, sauf ceux que la persécution avait dispersés *, à vivre chéti-
« La premièce, Marie, femme de Guillermin baron de Suite; la seconde, Marguerite d'un La Garde baron d'Azens; la troisième, Marguerite-Isabeau, d'uu conseiller au pari, de Toulouse nommé d'àOMtO.
- Anne de Bar veuve de Samuel de Bonencontret réfugiée dn Languedoc en Angleterre, itis:;; - Grattai] de Carde La Sfcuiède, sieur de Monmilssn, rétagii daMootauban en Angleterre, iC87 [Tr 243, 322). l.li/abeili de Bar de Monmeillau, fille, assistée à Londres, 1702. — On a quelquefois confondu avec nos barofll de Maussac un savant boinme dont le nom se rattachait probablement à la même origine, mais qui était séparé d'eux pour tout le reste : l'helléniste Philippe-Jacques <ie Hausse, président de la Cour des comptes de Montpellier, tris-