BARATIER
pecteur ecclésiastique. Tant de faveurs devaient l'engager à se conformer au désir du roi; il donna à son fils les meilleurs maîtres, mais le jeune Baratier, tout en étudiant le droit, ne put se décider à renoncer aux mathématiques, et il continua à se livrer avec ardeur au calcul des longitudes, sans négliger non plus la numismatique, l'histoire, l'archéologie , qui lui offraient un vaste champ d'observations et de recherches critiques. En 1739, il envoya à l'Académie des sciences de Paris un mémoire sur un nouveau compas qu'il croyait avoir inventé. Il en reçut une réponse fort courtoise ; ce fut son dernier triomphe. Depuis l'âge de dix ans.
le malheureux jeune homme était attaqué d'un ulcère qui le faisait heaucoup souffrir, et qui le conduisit au tombeau le 5 oct. 174o, dans sa -20e année. Une mémoire extraordinaire, une érudition vaste, un esprit vif et original, de la clarté dans les idées, de la précision dans l'expression de ses pensées, toutes .alités réunies faisaient de Baratier un prodige. Il écrivait purement en prose et composait même avec facilité d'assez bons vers. Sans effort apparent, il discutait les matières les plus abstraites et savait les rendre intéressantes. Peu d'hommes avaient autant lu que lui, et quoiqu'il dévorât les livre mémoire était si heureuse qu'il retenait tout ce qu'il y avait trouvé d'essentiel. Quelque étendues que fussent ses connaissances, il avait encore plus d'intelligence que de savoir; et sa modestie rehaussait son mérite. D'un caractère gai, ouvert, plein de bienveillance, d'une conduite irréprochable, il mérita enfin, au jugement même de Voltaire, l'admiration de tous ceux qui le connurent.
Los ouvrages qu'il nous a la sont autant de monuments d cité et de son érudition. Nous en donnerons la liste d'après les bibliographes allemands.
I. Lettre sur une nouvelle édition de la Bible hébraïque, chalda'ique et rabbinique. — Cet écrit, qu'il composa à l'âge de onze ans, a été inséré dans la Bibliotb. germanique où l'on trouve plusieurs autres lettres de lui. celle, entre antres, où il revendique pour Hé-
gésippe un traité faussement attribué à Athanase, ainsi qu'une dissertation remarquable sur l'ordre observé par les Romains dans la répartition des proconsulats.
II. Voyages de Rabbi Benjamin de Tudèle, trad. de l'hébreu et enrichis dénotes et de dissertations historiques et critiques sur les voyages, Amst. 1734.
•2 vol. in-S°. avec le portrait du traducteur.— Le jeune Baratier n'avait pas encore atteint l'âge de douze ans lorsqu'il publia cet ouvrase. Dans les 9 premiers livres, la traduction est accompagnée de notes savantes ; le 10' comprend huit dissertations tendant à prouver que Benjamin de Tudèle n'a jamais visité les pays qu'il décrit, mais qu'il a composé son livre sans sortir d'Espagne. La Bibl. german., dans son XXXe vol., et les Nota acta erudiforum, dans le X° du mois de janvier 1730. en ont donné des extraits étendus.