‹ La France protestanteChapitre 219 sur 303 · I. Barjac-Pierregourde. = Armes · texte numérisé non relu

I. Barjac-Pierregourde. = Armes

Au bélier rampant d'or, écartelé aux 2 et 3 de gueules au lévriei rampant d'argent, contourné, parti d'azur au dauphin d'or avec le chef de gueules à trois étoiles d'or.

1. François de Barjac, seigneur de Pierregourde du chef de sa femme Claudine de La Marette, était fils de Bernard de Barjac. L'illustration de sa naissance et sans doute aussi les services qu'il avait déjà rendus, décidèrent les protestants du Midi à lui confier un commandement important dans l'armée que d Acier conduisit au secours de Condé en 1568. Après avoir traversé le Lyonnais et le Dauphiné, non sans rencontrer de nombreux obstacles qu'elle était heu-

reusement parvenue à surmonter, l'armée était parvenue jusque sur les confins de la Saintonge lorsque le duc de Montpensier résolut de l'attaquer. La division sous les ordres de Mouvans et de Pierregourde était cantonnée dans le village de Messignac, à une distance assez considérable du corps principal. Ce fut sur elle que se concentrèrent tous les efforts des catholiques. L'attaque fut vive, mais elle fut repoussée après deux heures d'un combat acharné. Les chefs catholiques ayant fait sonner la retraite, allèrent se poster derrière une colline, attendant que les protestants sortissent de leurs retranchements et s'engageassent dans la plaine où leur infanterie, dépourvue de piques, serait à la merci de la cavalerie. Pierregourde, sans se douter d'ailleurs qu'une embuscade leur était tendue, insistait pour qu'on ne se mit en route qu'à l'entrée de la nuit, tandis que Mouvans, méprisant les conseils de la prudence, donna l'ordre du départ dans l'espoir qu'avant le retour des catholiques qu'il supposait être allés chercher des renforts, il pourrait ga?nerune forêt voisine à l'abri de laquelle il comptait arriver sans encombre à Riberac et rejoindre d'Acier, a Mais, dit Davila, à peine étaient-ils au milieu de la plaine, au sortir de Messignac, que les chefs des royalistes paraissant avec toute leur cavalerie, partagée en plusieurs escadrons, les chargèrent de toutes parts. » Pierregourde combattit avec une extrême valeur, et tomba bientôt percé de coups. « C'était, dit Brantôme, un fort beau et honnête gentilhomme, et de fort bonne grâce et fort vaillant. » Les protestants, selon de Thou, perdirent dans cette affaire plus de mille hommes et dix-sept drapeaux. Au rapport de Castelnau, la perte s'éleva à plus de 3,000 hommes de pied et près de 300 chevaux. Le brave Mouvans périt aussi dans ce combat.

2. Isaac de Barjac remplaça son père à la tète des protestants du Yivarais.

Ayant conclu une trêve avec les catholiques, au mois de déc. 1573, il porta ses armes dans le Yelay. Le 12 avril 1574, il prit par composition Quintenas, ancienne abbaye de l'ordre de S.-Benoit convertie en château-fort, puis il se rendit maître par capitulation du château de

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