‹ La France protestanteChapitre 220 sur 303 · BAR.TAC · texte numérisé non relu

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Chalançon; toutefois son principal exploit fut la défense du Pousin , où il commandait avec Rochegude. Il repoussa vaillamment les attaques de Montpensier qui avait 18,000 hommes et quatorze pièces de canon; mais les murailles s'étant écroulées subitement, il réussit à tromper la vigilance de l'ennemi, abandonna la ville, puis se retira à Privas avec la garnison et tous les habitants. Nos renseignements ne s'étendent pas plus loin sur cette branche de la famille de Barjac ; la seule chose que nous apprennent de plus les historiens et les généalogistes, c'est qu'Isaacde Barjac épousa, en 1592, Louise de Rochebaron, apparemment fille du. sieur de Rochebaron à qui Nemours enleva, 1591, son château de Berzé en lui permettant de se retirer où il voudrait avec sa femme et ses enfants. Il en eut un fils, Jean-Aimé de Barjac, marquis de Pierregourde. Selon toute probabilité, ce dernier embrassa le catholicisme, après s'être soumis au roi Louis XIII, en 1629.

3. Une branche cadette de cette maison, fondée par François de Barjac, frère de Bernard, mais d'un autre lit, portait le nom de La Blache. Ce François épousa, en 1547, Blanche Du Grouzet dont il eut 1° Bernard, qui commanda au Pousin en 1573, et laissa de son mariage avec Anne de Rochefort un fils nommé Claude. Ce dernier épousa, en 1617, Antoinette de Pélissac, qui le rendit père de trois fils : François, Jean, et Jacques. — 2° Antoine, seigneur du Bourg.

Il épousa, en 1575, Claude Fonbonne, qui lui donna plusieurs enfants, d'ailleurs inconnus. — 3° François, père de Charles de Barjac, seigneur du Pont.

IL Barjac-Rochegude. = Armes :

D'azur au bélier effaré d'or.

1. Charles de Barjac, sieur de Rochegude et de La Baume, s'était déjà signalé par la défense du Pousin et la reprise de Vessaux, lorsqu'il fut mis à la tête des protestants du Vivarais, en 1575, pendant l'absence du maréchal de Damville et de Saint-Romain. Informé que l'on craignait une entreprise des catholiques surAnnonay, il se rendit dans cette ville, le 21 janv. 1575, avec 6 à 700 hommes de pied et 200 chevaux, tant catholiques que protestants, qui s'entendaient à mer-

veille, dit dom Vaissète, pour ruiner les églises et massacrer les prêtres. Les Annonéens ne voulurent pas laisser échapper l'occasion de se venger des maux qu'ils avaient eu à souffrir auparavant. Sur leurs instances, et dès le lendemain de son arrivée, Rocheculc pilla et brûla "Vaucance, Maumeyre, Yiileplas, Le Claux, Poulas et plusieurs autres villages dont les habitants s'étaient signalés par leurs cruautés au sac d'Annonay. Après la prise d'Andance et de quelques autres lieux fortifiés, il résolut de réprimer les brigandages du capitaine Erard qui, sous couleur de religion, répandait la terreur dans tout le Bas-Vivarais. C'était un jeune homme du pays de Yernoux « qui, ayant quitté la basoche de Nismes, s'étoit mis à la tête de quatre-vingts hommes de son génie et de sa façon et faisoit des courses dans les villages qu'il chargeoit d'exactions et de contributions. » Rochegude parvint à se saisir adroitement de ce misérable qui, se flattant d'échapper cette fois encore, comme il avait déjà échappé deux fois, à la punition de ses crimes, lui offrit une riche rançon. Mais pour toute réponse, il donna l'ordre de le pendre aux créneaux du château de La Mastre, d'où il l'avait délogé ; après quoi, il rendit la liberté aux malheureux qu'il y tenait enfermés dans des basses-fosses pour les rançonner. Sur ces entrefaites, la captivité de La Mcausse le rappela à Annonay. Il y conclut, le 19 mars 1575, une trêve avec les catholiques pour la sûreté des laboureurs et du bétail; mais à peine cette suspension d'armes était-elle signée, qu'une troupe nombreuse vint le provoquer jusque sous les murs de la ville.

Une sortie fut à l'instant ordonnée et l'ennemi vivement repoussé jusqu'à Laprat, où s'engagea une lutte meurtrière. Rochegude « voulant rallier ses troupes, fut frappé malheureusement et par mégarde d'un coup de pistolet; * transporté à Annonay, il y mourut le 22 mars 1575. Il fut enseveli avec son neveu de Barjac 1qui expira le même jour d'une blessure reçue au siéije d'Andance. Les

» Ce neveu ne peut être que le fils de Jean de Barjac, qui mourut avant (5i)l , saus laisser d'héritier; sa leuiuie se nommait Madelaine de Catnbis.

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