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BARJAC

nombre desquels ne figurent cependant ni Genève ni Neuchâtel, les deux députés se rendirent d'abord en Hollande, où se trouvait alors le roi d'Angleterre, qui leur promit sa protection, ainsi que les États généraux. Ils passèrent ensuite en Prusse ; mais quelque temps après ils se séparèrent. Tandis que son collègue restait à Berlin pour suivre la négociation, Rochogude alla à Cassel, où les réfugiés avaient déjà formé des établissements florissants. Cette mission eut un succès complet. Plus de 3,000 réfugiés acceptèrent le nouvel asile qui leur était olï'ert. Une collecte faite en Angleterre, en Hollande et dans les autres Etats protestants, par les soins de Maillette du Buy et de Carges, produisit une somme de plus de 76,000 risdales qui fut employée, sous la surveillance d'une commission formée de Gustave de Mérian, La Grivelière, Duncan, Drouet, Maillette de Buy, et présidée par Alexandre de Dohna, au soulagement des misères et aux frais d'établissement de ces nouveaux réfugiés.

• Rochegude, heureux d'avoir si bien réussi, retourna en Suisse. A l'époque des négociations de la paix d'Utrecht, il fut chargé, avec le sieur de Miremont, de se rendre en Hollande pour tâcher d'intéresser les puissances protestantes au sort des réfugiés (1712). Tous ses efforts échouèrent contre la crainte de prolonger une guerre désastreuse. Rochegude ne se laissa pas décourager. Il se mit à parcourir les principales Cours du Nord pour exciter la commisération des souverains et les engager à intercéder pour tant d'infortunés qui gémissaient dans les cachots ou sur les galères. Ses instances ne furent pas repoussées partout. Charles XII, entre autres, ordonna à son envoyé à la Cour de France de solliciter énergiqucment la délivrance de ces victimes du fanatisme; mais tout prouve que Louis XIV n'eut pas le moindre égard aux représentations du roi de Suède.

III. Barjac-Gasques. — 8. Christophe de Barjac, destiné à l'état monastique, par la branche des Barjac à laquelle il appartenait, avait été reçu comme moine profès dans l'abbaye de Sauve; mais se sentant peu de vocation pour la vie du

cloître, et peut-être aussi pénétré déjà des idées de la Réforme, il jeta le froc, rentra dans le monde et épousa Isabeau Amalric. Toutefois il ne renonça pas entièrement à la carrière dans laquelle ses parents l'avaient poussé, probablement pour favoriser quelque frère aîné; car, bien que les Jugements de la Noblesse du Languedoc se taisent à cet égard, nous ne pouvons douter qu'il n'ait eu au moins un frère; autrement il serait impossible de s'expliquer qui était le colonel de Gasques, que cite Dom Yaissète comme un des lieutenants de Montmorency, en 1585. Il est vrai que l'historien du Languedoc le dit d'origine provençale ; mais il faut croire que c'est une erreur, puisque le Dictionnaire de la Noblesse de Provence, ouvrage si complet et si exact, ne fait aucune mention d'une famille de Gasques. Nous trouvons, d'ailleurs, parmi les députés aux synodes de Gap, en 1603, et de Vitré en 1617, un Jean de Barjac, seigneur de Gasques et ancien de l'église de Saint-Martin, qu'on ne saurait aucunement rattacher, comme on va le voir, à la généalogie de Christophe de Barjac, telle qu'elle nous est donnée dans les Pièces fugitives du marquis d'Aubaïs.

9. Après avoir embrassé la religion protestante, Christophe de Barjac se fit recevoir ministre et fut nommé pasteur au Vigan. A la suite d'un synode tenu à Nîmes au mois de fév. 156:2, il remplaça le pasteur François Félix1 comme pasteur du Vigan, et desservit, à la louange de toute la contrée, cette église en même temps que celles de Molières et Avèze, toutes trois étant restées réunies jusqu'à sa mort, 1600. En 1571, il fut député à Henri de Condé qui se trouvait alors à Strasbourg, prêt à rentrer en France, fin 1578 il représenta les églises des Cévennes au synode de Sainte-Foy. En 1582, il fut élu par la province du Languedoc pour son représentant à l'Assemblée politique de Saint- Jean-d'Angely. En 1588, il fut envoyé de nouveau, avec Aguillonnet, à celle de

1 Ce pasteur venait de mourir. Il h "était an Vigan que depuis le mois de mai 1561. Barjac s'était présenté avec trois autres proposants : Pierre de la Jonquiére, Bernard Jiogier et Antnoine Reilhan.

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