‹ La France protestanteChapitre 225 sur 303 · BARNIER · texte numérisé non relu

BARNIER

soudre. Il entendit son arrêt de mort avec la fermeté d'un homme qui sent, dans sa conscience, que la postérité ne ratifiera point la condamnation.

Barnave avait eu un frère, qui mourut officier du génie; mais sa mère vivait encore, ainsi que ses deux sœurs, Adélaïde et Julie. L'une d'elles, Mme de S'-Germain, s'occupa longtemps de rendre un pieux hommage à la mémoire du grand orateur en publiant un choix des nombreux manuscrits qu'il avait laissés.

Ce projet fut mis à exécution par un ami de la famille, M. Bérenger, en 4 vol. in-8° qui s'ajoutent aux pamphlets et autres écrits de circonstance publiés par Barnave lui-même. Les manuscrits en ont été déposés à la Bibliothèque publique de Grenoble et le reste des papiers de Barnave a été dispersé.

Barnave, par N. de Salvandy, dans le Dictionn. de la convers. 1833. — OEuvres de Barnave, mises en ordre et précédées d'une notice hist. sur Barnave par M. Bérenger (de la Drôme); Paris, 4 vol. in-8°, 1843. — Les Girondins par Lamartine, VII, G55.— Rochas, Biogr. du Dauphiné; (856. — Barnave, roman par Jules Jauin; 183(, 4 vol. in-12.

BARNAUVE (Abraham), duDauphiné, réfugié à Berlin, 1700. — Abraham Barnaval, de Die en Dauphiné, peigneur de laine, peut-être le même que le précédent, réfugié (3 pers.) à Prenzlow, 1700.

BARNAVON (Etienne), du Dauphiné, galérien, condamné en 1686, mort aux galères en 1711. — (Simon), également Dauphinois, mis à mort pour avoir assisté à une assemblée religieuse, 1689. — On écrivait indifféremment Barnavon ou Barnabon. — Barthélémy Barnavon, ou Barnabo, ou Bernabo, de Die, avec sa femme et 4 enfants, assisté à Lausanne, 1688-94. — David Barnevol et sa famille, de Die, secourus à Genève pour aller en Allemagne, 1693. — Etienne et François Barnavon, du Dauphiné, bourgeois l'un de Pully, l'autre de Lausanne en 1740.

B ARNE (P.) , ministre de Génerargues, présent au synode de Gap, 1603 [X, 272]. Il était encore en fonctions en 1626 [X, 332]. — Autre ministre Barne, délégué à l'assemblée d'Alais, 1628.

1. BARNIER, famille de magistrats duprésidial de Nîmes, qui paraît remonter à Jean Barnier, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes en 1359. = Armes ;

d'azur au chevron d'or accompagné de trois grives d'argent.

Antoine Barnier docteur es droits, avocat, conseiller du roi, fut le premier qui embrassa la Réforme. Il assistait au conseil de ville tenu à Nîmes en mars 1560, conseil qui rédigea et envoya des remontrances au roi Charles IX sur ses édits et principalement sur ce qui concernait la religion. Il épousa, 17 août 1562, Gabrielle, fille de Jean Boileau de Castelnau et d'Anne de Montcalm. Son fils Jean eut de son mariage avec Loyse de Portalier : Jean né le 14 mai 1598, Claude, né en 1601, Tiffène, Catherine, Louise née en 1606, mariée en 1636 à André de Vilar sr de Vallongue, Claude né en 1607, et Gabrielle, née en 1610, mariée en 1657 à Charles de BaudansT de Villeneuve. Jean, fils d'Antoine, testa le 30 janv. 1617, laissant un legs de 150 liv. aux pauvres de l'église réformée de Nîmes. Jean de Barnier fils aîné du précédent, suivit la carrière de ses ancêtres et fut conseiller du roi au sénéchal et présidial de Nîmes ; il siégea comme ancien du Consistoire en 1641, 42 et 43 et mourut le 28 mai 1659. Il avait épousé Marie de Faret de Fournès et de ce mariage, béni par le pr Rossellet, étaient nés : Charles, Françoise, Armand , Maximilien , Camille , Jean , Edouard et Théodore. L'aîné, Charles de Barnier sr de Caissargues, conseiller du roi, diacre de l'église de Nîmes de 1675 à 1680, fut obligé vers cette époque de se démettre de sa charge de conseiller (Tt 322). Il avait épousé, 18 déc. 1672, Jeanne de Granier, qui lui donna : Charles, né en déc. 1674, baptisé par le pr Paulhan; Jacques, oct. 1676, bapt.

par le pr Roure; Thérèse, janv. 1679, bapt. par le pr Paulhan ; Camille, avril 1680, bapt. par le pr Icard ; Emilie, déc. 1683, bapt. par le pr Cheyron ; et Louis, juill. 1687, dont le baptême, à pareille date, n'a pu laisser de trace dans des registres que la Révocation avait fermés. Un membre de cette nombreuse famille, nommé Jean et vivant dans la première moitié du XVIIe siècle, a composé un grand nombre de poésies, qui n'ont pas été imprimées, mais qu'on a conservées en manuscrit et dont Ménard dans son Histoire de Nîmes (t. V, p. 630) fait un

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honorable éloge. Il cite entre autres une pièce de vers intitulée : « Guirlande donnée aux dames de Nîmes par l'amour, » où l'auteur dédie galamment la rose à Marie du Pin, l'œillet à Marie de S.-Chaptes, l'orange à Tiphaine Rozel, féglantine à Bernardine de Nages, le souci à Jeanne Rozel ; dans d'autres vers, le poète nomme surtout Renée de Malherbe à laquelle, sous le nom de Lynda, s'adressaient plus particulièrement ses pensées.— Nous trouvons aussi dans les registres de Nimes un pasteur Barnier mentionné en ces termes : « Guillaume né à Nismes, fils à M. Anthoine Barnier ministre, et à Anne de Boyleau, présenté par M. Guill. Clavière docteur et conseiller pour le Roy >• (Sagmer). •

La Révocation foudroya cette famille comme tant de milliers d'autres. Sur les de réfugiés secourus à Londres par la charité publique on trouve : « Marie Barnier, veuve d'un conseiller au présidial de Nimes, » assistée de 1702 à 1706 et âgée de 86 ans à cette dernière date. C'était certainement Mme Marie de Fournès. — a Jacques Barnier de Nîmes, » avec sa femme et six enfants, après avoir été secouru à Genève en 1700 et 1701 pour aller à Berlin, se retrouve également, dès 1701, Iflrôtâ à Londres. — (Charlotte et Jean) de Nîid. à Londres. 1705. — Enfin les regist. duconsist. dp Nimes mentionnent un Barnier pasteur à Blanzac en 1584 et mort avant 1589: — et un « Antoine Barnier de Nîmes » (Bull. XV, 303) est condamné aux galères en 17-20.

2. BARNIER (Esther). veuve d'un horloger de Paris, âgée de 82 ans, assistée à Londres, 1706; — (Antoinette) S -Jean de Gardonenque, id. 1693. — (Paul; et son fils, du Dauphiné, reçoivent à Genève un viatique pour Magdebourg, 1700. — (David, Etienne et Jean), d'Orange, partis par la barque du lac de Genève, pour la Suisse allemande, septemb. 1703. — Un ministre Barnier, du Dauphiné, fugitif, eut en 1738 ses biens confisqués et adjugés à une nièce, Marthe Bonfils, qui sollicitait encore en 1777 la mainlevée de l'opposition formée par son oncle (Tourlet).

BARNOT, bourgeois de St-Ambroix, en Languedoc [Haag I, 259 . Une seule

circonstance de sa vie nous est connue, mais elle suffit pour lui mériter une place ici; nous voulons parler de la surprise de St-Ambroix, en 1627. L'historien des guerres civiles du \ ivarais raconte ainsi cet événement : « Mazade n'ayant qu'une faible garnison, était obligé d'employer comme sentinelles les habitants du lieu. Un individu de St-Ambroix, nommé Barnot, s'entendit avec un paysan, qui s'engagea à lui faciliter l'entrée du château lorsque son tour de garde serait arrivé. Barnot s'adjoignit deux de ses voisins, Chabert et Allègre, gendre de ce dernier. Avertis secrètement par Barnot que le paysan serait de garde la nuit prochaine, et qu'il le remplacerait à son poste, Chabert et Allègre se rendirent à Jallès avec une centaine de calvinistes de St-Ambroix. A l'heure convenue, Allègre, accompagné de dix hommes, se transporta à l'endroit que Barnot avait indiqué comme celui où il devait veiller à la place du paysan. Son complice lui ayant jeté une corde dont il fixa une des extrémités à sa guérite, Allègre, ses gens, et successivement tous ceux qui faisaient partie de l'expédition, pénétrèrent par ce moyen dans le château; ils se saisirent de Mazade, qui venait de se mettre au lit, et le firent prisonnier, ainsi que quelques soldats, qui ne songèrent pas à opposer la moindre i tance. » — Barnot, ministre de Roquecourbe, 1646.

1. BARNOUIN (Jean), protestant de Montelus, victime du fanatisme catholique, le 22 février 1704. A l'instigation d'un capucin, les catholiques de Montelus résolurent de s'ériger en o Cadets de la Croix », raconte Antoine Court, et ils voulurent faire leur apprentissage sur leurs concitoyens protestants qui étaient de beaucoup inférieurs en nombre. Jean Barnouin tomba le premier sous leurs coups ; ils regorgèrent après l'avoir cruellement mutilé. Vint ensuite le tour de Jacques Ctat, qui fut massacré avec ses deux enfants en bas âge et sa femme enceinte. Pierre et Jean Bernard, l'oncle et le neveu, le dernier âgé de dix ans, furent tués dans les champs. Louis Roudil, Antoine Caries. François Monteil, Elie dit Lhoste, Anne Sauvète et d'autres furent mis à mort, tous avec

BARNOUIN — BARON

des circonstances affreuses que la plume se refuse à retracer (Haag).

2. BARNOUIN (François) étudia en Hollande et fut reçu candidat au S. ministère au mois d'août 1723. 11 habitait Franequer. — lsaac-J., son frère, étudia, comme lui, à Franequer. Il fut admis candidat au ministère en septembre 1732. En 1736, il accepta une vocation que lui adressa l'Église française anglicane de Southarffpton (Gagnebin).

1 . BARON (Claude), sieur de Valouse, capitaine huguenot dans le Dauphiné [Haag I, 259]. Si c'est de ce chef qu'il est parlé dans les Mémoires de Vieilleville, sous le nom du capitaine Baron, il faut admettre qu'il était entré bien jeune au service, puisqu'en 1552 il avait déjà acquis assez de réputation pour que le roi Henri II lui confiât le gouvernement de Montmédy, et qu'il vivait encore au commencement du XVIIe siècle. Lorsque la première guerre de religion éclata, Baron se joignit à Des Adrets, qui l'envoya, avec les capitaines Moreau et Ver- Us, au secours de Saint-Auban, arrêté devant les murs de Villefrancbe. La ville fut forcée, et Saint-Auban put mener à Gondé les religionnaires du Languedoc. Baron rendit peu de temps après un service plus important encore, en contraignant, avec Furmeyer et d'autres capitaines protestants, les catholiques qui asségeaient Grenoble à en lever précipitamment le siège. Après cette expédition, il accompagna ce même chef dans son entreprise sur Romette, et il fut l'un des seize braves qui mirent en déroute un corps nombreux d'ennemis.

Nous ne doutons point, en effet, qu'il ne soit le même personnage que le Claude de Vallog de Bèze, et le Claude Valcoge, de Chorier. En 1572, les habitants de Villeneuve, où les réformés étaient en majorité, s'étant engagés à se protéger et à se défendre mutuellement, chaque parti élut un capitaine chargé de veiller à la sûreté commune. Le choix des protestants tomba sur Baron. Mais il paraît qu'en faisant cet accord, les catholiques n'avaient eu que l'intention d'endormir leurs adversaires; ils appelèrent le gouverneur du Vivarais et l'introduisirent secrètement dans la ville. Le capitaine Baron parvint heureusement à s'é-

chapper et se réfugia àMirebel.qu'ilmit en état de défense. De concert avec un gentilhomme nommé LaPradelle, il résolut alors de surprendre Villeneuve; cette dangereuse entreprise, exécutée au printemps de 1573, fut couronnée d'un plein succès.

Baron continua de servir avec distinction sous Lesdiguières, et acquit la réputation « d'un des plus vaillans hommes de notre nation. » Il se signala, nommément, à la bataille de Pontcharra, où il fut légèrement blessé. L'année suivante, il fut anobli en récompense de ses services. Chorier nous apprend qu'il alla combattre plus tard sous les drapeaux des Suédois et des Moscovites; mais il nous laisse ignorer le motif qui l'avait porté à s'expatrier,

De son mariage avec Marguerite de Claux, Baron eut deux fils, Jacques et Antoine, plus une fille, Olympe, qu'épousa, en 1599, Paul de Caritat, seigneur de Condorcet. L'aîné des fils prit pour femme Lucrèce de Vérone, qui le rendit père de René, seigneur de Molans. Antoine, seigneur de Lamaria, épousa, en 1621, Catherine de Bologne, il en eut un fils, nommé également René qui s'unit à Olympe de Cantal, petite-fille de Paul. Ces deux branches existaient encore vers 1670, époque où Allard écrivit son Nobiliaire du Dauphiné.

2. BARON (François), de la famille des sieurs de La Perdrilaye (Bull. VII, 330) et originaire de Piriac en Bretagne, fut le premier pasteur de l'église du Croisic [Haag I, 260]. A la faveur de l'édit de janvier 1562, les partisans delà Réforme s'étaient considérablement multipliés en Bretagne. Les protestants du Croisic, déjà assez nombreux pour s'être emparés du temple de Saint-Yves, résolurent de constituer définitivement leur église, desservie jusqu'alors par le pasteur de la Roche-Bernard. Ils envoyèrent donc à Genève Jean Boisot qui en ramena François Baron. A peine installé par Louveau, le jeune ministre fit concevoir les plus belles espérances ; son église s'accrut de jour en jour. Cependant il ne resta que quelques années au Croisic dont le dur climat détruisait sa santé. En 1566, il fut appelé à Hennebon où il exerça pendant cinq ans les fonctions du

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