I. Quatre sermons sur Ps. CXX11I, Lond., 1560, in
II. In, Jonam prophetam prœlectiones XXXIX ; — Thèses publiez in scholis peroraix et disputât % ; — (oncioncs très ad clerum cantibrigiensem habitat intemplo Beatx Marix; — Precationcs quibus ususest author in suis prxlectio-
BARON — BARRABAN
nibus inchoandis et finiendis, Lond., 1570, in-fol. — Les thèses ont été trad. en angl. par Ludham et publiées, la lre sous le titre : « God's purpose and decree taketh not away the liber ty of man's corruptwill; » la 2e sous celui-ci : « Our conjunction with Christ is altogether spiritual, » Lond. 1590, in-8°.
III. De fide, ejusque ortu et naturâ, plana et dilucida explicatio, Lond., 1580, in-8°. — La Biblioth. Telleriana mentionne cet ouvrage, mais sous un titre un peu différent : Explicatio de fide, ejusque ortu et naturâ, et alia opuscula théologien, Lond., 1580, in-i°.
Mais il n'est pas probable qu'il y en ait eu deux éditions dans la même année.
IY. Su77ima trium sentent iarum de prxdestinatione, imp. avec des Notes de J. Piscator, une Disquisitio de F.
Junius et une Prœlectio de Whitaker ; Hard., 1613, in-8°.
V. Spécial Treafise of God's Providence, and of comforts against ail kinds of crosses and calamities to be fetched from the same ; with an Exposition on Ps. CV1I.
VI. Sermones declamati coràm almâ universitate canlibrigiensi, Lond., in-4°, sans date.
VII. De pr,rsfantiâ et digniiate diviv.r legis libri duo, in quibus varii de lege errores refelluntur. et quomodô lex gratuitum Dei cum hominibus fœdus ac Chris tarn etiam ipsum comprehendat, fidemque jusiificantem à nobis requirat, explicatur ; eaque doctrina sacrarum literarum authoritate theologorumque veterum ac reoentiorum testimoniis confirmatur : adjectus est alius quidam Tractatus ejusdem authoris in quodocet expetitionem oblati à mente boni, et fiduciam ad fidei justificantis naturam pertinere, Lond., in-8° sans date.
5. BARON (Gilles), ancien de Nîmes, 1561 [Bull. XIX. 1-20). - (..), moine défroqué, cité par l'abbé Lebœuf(Hist.
de la prise d'Auxerre) comme s'étant mis à la tète de quelques paysans huguenots pour aider Jean de La Borde à s'emparer de la ville. 1562. — Baron, capitaine tué au combat de Jarnac, 1569 [II, 461]. — (Pierre), pasteur d'Orléans, 1567-7-2: réfugié à La Rochelle. 1571 [II, 268], puis à Londres (Bull. II, 27).
— ( ) pasteur désigné pour une église
d'Angleterre par le synode. 1594 [X, 214]. — Autres pasteurs à Châteaudun, 1572 ; à La Guerche, 1578-96. — (Jean), do Caraman (Joh. Baronius Carmagnensis), étudiant à Genève, 1663: présenté au synode provincial de Mauvesin en
: pasteur à Gijonnet en Albigeois, 1667 : à Mazamet, 1668-77 "VI. 56 a v : réfugié en Angleterre à la Révocation ; pasteur de la Nouvelle Patente à Londres. 1686 IV 187 a^ et en 1699 (Burn. p. 171). — Jean et Paul) de Caraman condamnés à la confiscation de leurs biens par le sénéchal de Toulouse, 8 juin 1622. — (Etienne) s' du Pont, opérateur du roi (voy. Aymedieu, col.
626) et Marie Guillereau sa femme, eurent sept filles baptisées au temple de Charenton, de <G7l à 1680. — (Charles) dit Saint-Martin, 45 ans. ancien de l'église de Falaise, réfugié à Jersey, 1685.
— Daniel), de Die. réfugié et assisté à Genève, 1690 : — (lsabeau) de Die, sortie de France depuis onze ans, obtient une attestation de foi irréprochable; Lausanne, 1698. — (Jean) ancien ministre réfugié et assisté à Londres a\
Glle. 170-2. —(Elisabeth et David) assistés à Londres, 1721-33.
BARONNAT (Pierre). Petrus Baronnatius Lugdunensis, étudiant à Genève, 1697. — Jacques Baronat, de Lyon, vers 1600 Galiffe).
BARONNEAU (Ch.-Benoit\ avocat à La Rochelle, 1679; obtient permission de sortir du rovaume, 1685 [III, 83 b].
BARONNIÈRE. capitaine, 1574 [VI, 288 b]. — Eugène de), d'abord régent au collège de Béarn, puis pasteur de Barretons, dans le colloque d'Oloron, 1620-37.
BARQUE (J.), du Dauphiné, 35 ans, galérien. 1691.
" BARRABAN, ancien de l'église d'Aubusson. 1617 IV, 593a]; —(François), consul d'une petite ville dans la Marche, obligé de fuir à Genève ayant tué un catholique pour sa défense, 1626 VI.
18 a]; — Jean et son fils Pierre, manufacturiers d'Aubusson réfugiés à Berlin, 1686. — Caroline , Andrienne , Judith , Catherine [LU, 184: VI, 474, 53 i; VII. 186]. — (Suzanne) femme d'un tapissier de Grenoble, assistée à Londres. 1706-17-21.
BARRABAN — BARRAN
BARRACHE, capitaine, 1586 [VII, 164 b].
BARRAGHIN (Elizabeth), 66 ans, veuve d'un pelletier d'Angers, assistée à Londres, 1702 ; — (Jean) âgé de 7 ans et sa mère, id. 1 705; le père et mari mort aux îles d'Amérique.
BARRAILLON(PiERRE),de S.-Roume de Tarn en Rouergue, apothicaire, assisté à Lausanne pour aller en Angleterre, 1698.
. 1. BARRAL (Antoine), diacre de l'église de Montdardier, 1578. — (Guillaume) , diacre surveillant de l'église d'Aulas, 1578. — Cette famille, qui fut surtout une famille de notaires, de 1582 à 1775, vécut tout ce temps à Aulas. Le premier connu d'entre eux, Jean, fut l'un des premiers d'Aulas qui embrassa la Réforme. Etienne, l'un de ses descendants, abjura en 1685 pour conserver sa charge. Jean, frère d'Etienne, après avoir été contraint aussi d'abjurer, ne tarda pas à retourner aux assemblées et à recevoir chez lui les pasteurs du désert. Depuis la Révolution la famille a repris son ancienne place de diacre de l'église d'Aulas (Teissier).
2. BARRAL, seigneurs d'Arènes, famille du Vigan', protestante depuis le milieu du XVIe siècle. = Armes : De gueules au loup passant d'or, chargé d'un croissant d'argent entre deux étoiles d'or.
Guillaume de Barrai, chevalier, reçut commission , au nom du prince de Gondé, 17 juin, 1562, pour lever 300 hommes de pied et aller secourir les villes tombées au pouvoir des catholiques. Il obtint du roi' de Navarre une lettre de félicitation pour sa vaillante conduite, 18 juillet 1578. Il avait épousé, 2't septembre 1562, Sibille de Cantoris dont il eut : 1° Salvan (ou Saulveur); c2° Po.\s-Salvan, héritier de son père, et seigneur d'Arènes, habitant le Vigan, et qui signa, 1594, le serment d'union du colloque du Vigan avec celui de Sauve ; il testa le 18 juin 1623. 11 avait épousé, 6 juin 1574 (Farrié, not.), Marthe d'Auriac qui lui donna: 1° Jean; 2° Jacques, sr de la Vialette; 3° Pierre, sr de Grissentis. Ce dernier fit partie du conseil de direction établi au Vigan par le duc de Rohan en 1627 et fut se-
cond consul de cette ville, 1650. Son aîné, Jean , sr d'Arènes et d'Issartines, épousa, 3 juin 1609, Suzanne de Causse (Ducros, not. de Sumène) et testa le 31 mai 1631 . Il eut : 1° Théodore, marié, 30 octobre 1650, à Isabeau de Lantal et mort huguenot, sans laisser de postérité ; 2° André , marié , 8 janvier 1659 (Begon, not. du Vigan) avec Françoise de Guibal, conseiller du Vigan en 1670-74 et qui laissa un fils, Théodore. Celui-ci ayant abandonné sa religion, fut fait lieutenant-colonel d'infanterie. La famille est restée catholique et a quitté le Vigan (Cazalis).
3. BARRAL (Madeleine), jeune fille de Jaussant dans la vallée de Prajila, 17 ans, malade, allant en Allemagne, assistée à Lausanne, 1697.
BARRALIS (François), massacré à Arles, 1562.
BARRAN (Henry de), ministre et poëte [Haag I, 263]. — On sait trèspeu de chose sur sa vie. Il paraît que Barran avait été moine et avait jeté le froc pour embrasser la Réforme. « On voyait tous les jours, lit-on dans l'Histoire de Jeanne d'Albret, un plus grand nombre de Béarnais et de Basques quitter leurs montagnes pour aller étudier à Genève et à Lauzanne.... D'autres , comme Jérôme Cassebonne, se joignaient aux Vigneaux, aux Boisnormand, à David, à Barran; ils parcouraient toute la France, y prêchaient la nouvelle doctrine malgré les obstacles ; ils y élevaient même des temples. » C'est sans doute dans une de ces excursions, en 1558, que Barran fut emprisonné à Paris; mais le roi de Navarre , Antoine de Bourbon, qu'il avait peut-être suivi à la Cour de France avec son ministre David, le fit sortir du Châtelet. Nous devons dire cependant , d'après d'autres renseignements , qu'à peu près à la même époque, c'est-à-dire en 1557 pendant le voyage que Jeanne d'Albret et son époux firent à la cour de Henri II pour assister au mariage de Marie Stuart, le même ministre aurait été emprisonné dans le Béarn par ordre du cardinal d'Armagnac auquel les princes Navarrois avaient confié pendant Leur absence le soin du gouvernemeiu de leurs états, et que son emprisonnement
BARRAN
aurait duré jusqu'au retour d'Antoine. Il fut « réservé sans offence quelconque, écrit Olhagaray, pour estre présenté au roy à son retour, qui luy commanda de vacquer fidellement à l'exercice de la charge que Dieu luy avoit donnée. Y aurait-il eu deux ministres du nom de Barran et ne serait-ce pas par inadvertance que l'historien de la maison de Navarre l'appelle Antoine dans un passage de son histoire?
L'année suivante, à la suite de l'édit de Blois, Barran essuya encore de nouvelles persécutions (col. 98) ; mais la fermeté de la reine Jeanne réussit à paralyser tous les efforts du cardinal d'Armagnac, chargé par le gouvernement de François II d'apyorter dans ses états les h bienfaits » de l'Inquisition. Notre ministre continua donc à remplir ses fonctions auprès de la cour de Navarre. Toutes les autres circonstances de sa vie nous sont inconnues.
Henry de Barran était un assez estimable poète. A très-peu d'exceptions près, les meilleurs poètes français du N VIe siècle professaient la religion réformée.
Nous verrons ailleurs et plus spécialement aux articles consacrés à Jean Cousin. Claude Goudimel , Jean Goujon, Bernard Palissy , que pour être un grand artiste , peintre , sculpteur* ou autre, il n'est pas non plus nécessaire de renoncer à l'usage de la raison. Ce que nous avons dit des artistes et des poètes , on pourrait le généraliser et fappliqner aux diverses classes d'hommes lettrés du XVe siècle. Nous en avons un important témoignage dans une lettre de Catherine de Médicis, où cette princesse écrivait, en 1561, à son ambassadeur à Rome de faire entendre, entre autres choses, au Saint-Père que les Protestants français n'avaient pas « faute de conseil, ayans avec eux plus des trois parts des gens de lettres. »
Nous ne possédons de Barran qu'une moralité rimée en 5 actes ; mais elle suffit pour lui mériter une place parmi les pères de notre théâtre moderne, anciens mystères ne présentaient le plus souvent qu'une suite de tableaux où tout se passait en déclamations vulgaires ; aussi l'auteut était-il constamment en scène, tandis que ses person-
nages s'effaçaient. Dans la pièce de Barran, il y a progrès et un progrès notable, heureux fruit sans doute de l'étude des anciens. L'action marche régulièrement, la passion agit, et l'intérêt, au point de vue de l'auteur, se soutient jusqu'à la fin. Nous donnerons une courte analyse de ce drame. En voici le titre exact : Tragique Comédie françoise de l'homme justifié par Foy ; et audessous, en forme d'épieraphe : Galat.
III. Avez- vous receu l'Esprit par les œuvres de la Lot/, ou par la prédication de la Foy!— Hébr. 10. g. Le juste vivra de foy. Composé par M. Henry de Barran. l.j"»4, sans nom de ville, pet. in-12. — Petit chef-d'œuvre de ty:
phie qui pourrait bien être sorti des presses de Robert Estienne à Genève.
L'auteur, dans un avertissement au lecteur, expose les motifs qui l'ont déterminé à composer et à publier ses vers.
« Je n'ignore pas, Chrestien lecteur, les grans abuz qui sont commiz journellement, tant en ceux qui jouent comédies, tragédies et autres semblables histoires prinses de l'Escriture sainte, que en ceux qui y assistent. — Pour ce aussi, continue-t-il, doutoye-je publier ceste
;ue comédie , tellement que l'ay gardée presque deux ans. ne délibérant jamais la manifester. Mais après considérant que tous fidelles savent user des bonnes choses à l'honneur de Dieu en telle recommandation que pour rien du inonde ne voudroyentque telles histoires prinses à l'édification servissent à destruction. — Et pourtant que l'article de justification est le fondement de toute la doctrine Chrestienue, j'ay pensé que ceste manière de parler par personnages ne seroit inutile pour nous mener à quelque cognoissance de celuy. Car pour certain je n'ay fait autre chose que prendre les sentences de la sainte Escriture [les sources de l'auteur sont citées en marge], sur les quelles ceste doctrine est fondée, et les mettre par tel ordre en vers françois, [de différentes mesu-
;e 10, de 8 et quelquefois même de 6 syllabes] sachant que «este manière de composer n'est pas indigne de l'Escriture sainte , attendu que quelque partie d'icelle y a esté composée. Bien est vray, que je n'ay eu si grand soucy de la pro-
BARRAN
prieté et perfection de ceste rithme (ce que assez monstre le bas stile de mon escriture) que de la vérité de la doctrine la quelle est Ghrestienne et non poétique , comme aussi je ne suis point poète. Or ay-je voulu monstrer en cest homme justifié les diverses opinions qu'on a de la justification, les uns par les œuvres, les autres par la foy, concluant que c'est le seul Dieu nostre Seigneur et Père qui par sa seule grâce nous Justine et nous pardonne noz péchez en son fils Jesus-Christ le quel nous appréhendons avec tous ses biens par vive foy. — Touchant la disposition et ordre que j'ay tenu en la tragique comédie, je l'ay disposée par actes et scènes, non tant pour l'imitation des poètes comiques, que pour la division des propos et des dialogues , afin aussi qu'on puisse faire pose en certains lieux, si d'aventure on la faisoit lire ou proposer par dialogues publiques ; que si ainsi se fait, je prie de rechef tous les lecteurs et auditeurs d'icelle, que ce soit en toute modestie et révérence de Dieu et de sa Parole. » L'auteur exprime ensuite le regret de n'avoir pu traiter à fond, dans un ouvrage en vers, l'importante question de la justification. « Par quoy, ajoute-t-il, j'ay délibéré, Dieu aidant, cy-après d'en faire un petit traité en prose, non comme contenant autre matière, mais pour declairer en plus grande perfection ce que en bref avoit esté touché : monstrant évidemment que c'est que justification, foy, loy, bonnes œuvres, et quel est le vray usage selon les saintes Escritures. » Nous ignorons si ce traité a jamais paru ; qu'il nous suffise de l'avoir indiqué aux recherches des bibliographes.
Les personnages de la pièce, au nombre de douze, sont : la Loy, l'Esprit de crainte, Satan, le Péché, la Mort, la Concupiscence, l'Homme, Rabby prédicateur de la loy, Paul prédicateur de l'Evangile, la Foy, la Grâce, l'Esprit d'amour. L'auteur expose d'abord dans un Prologue le sujet de sa tragique comédie :
Puisque voulez par hnnnestc désir ISc passer temps sans profit et plaisir, A voz esprit/ maintenant se présente Profit bien grand, et matière plaisante. Qui monstrera par un discours affable
Le point sur tous utile et désirable
Qui est nommé Justification,
Et le moyen d'avoir remission
De nos péchez, et aussi la faveur
Du très-bon Dieu nostre Père et Sauveur.
Dans le 1er acte, il cherche à « monstrer que Dieu a imprimé sa loy en noz entendemens et l'a manifestée à tous par vive voix » ; mais l'homme s'est follement détourné de la Loy pour suivre la Concupiscence, la fille bienaimée de Satan. Les récriminations de la Loy sont vaines; Satan triomphe.
L'homme qui voudrait se vaincre et qui a le pressentiment de sa chute prochaine, s'emporte alors contre sa misérable condition :
Qui fut jamais si très-mal fortuné Que moy qui suis d'homme conceu et nayr Qui fut jamais si muable et fragile Que moy qui suis formé de terre vile?
Qui fut jamais sulijct à plus de maux, Fut-ce le moindre entre lous animaux ?
Bref, quel vivant y a-t-il sur la terre Qui sente en soy si dangereuse guerre Que moy mortel ?
Dans le 2e acte, la Loy parvient à arracher à l'Homme le bandeau que la fille de Satan avait placé sur ses yeux ; c'est alors que reconnaissant son péché, il éprouve le désir de s'en affranchir :
Je voy que je suis dans la voye
De toute malédiction.
0 maudite condition
Que j'ay choisy n'a pas longtemps I
Pourtant certain, je me repens
De ce qu'ay prini maistresse telle,
Jamais repos n'auray souz elle.
Cependant il le trouve le repos, mais en se faisant pharisien :
C'est maintenant que je suis agile :
Je sen léger et très-facile Le plus pesant commandement :
Je les observe entièrement, Encor' fay-je plus que ne dois, Je l'ay bien conté par mes doigtz :
Car je garde aussi les Conciles :
Plus ne suis du reng des fragiles, N'aussi du nombre des pécheurs.
Au 3e acte, l'Homme, au service de la Loy, trouve la charge trop lourde; sa corruption lui apparaît sous des couleurs de plus en plus sombres; il se sent plus que jamais sous le charme de la Concupiscence. Mais il espère s'affranchir par les œuvres extérieures :
Dans le 4e acte, S. Paul fait voir à l'Homme son erreur. Déçu, le malheureux s'abandonne alors à son désespoir; mais l'apôtre le console.
BARRAX — BARR AU
Au 5e acte, S. Paul reconnaissant que le ministère de la Parole n'a de vertu que par l'assistance de l'Esprit saint, prie Dieu d'envoyer la Grâce au pécheur. Sa prière est exaucée, et Satan est facilement vaincu.
Le drame se termine par cette Conclusion qui résume en quelques vers la moralité de la pièce :
Nous faisons donc telle conclusion,
Que nons avons justification
De no* péchez par la foy et par grâce.
Il est bien vray, ainsi qu'en ceste place
Vous avez veo, qu'il est bien nécessaire
Qu'aussi la loy nons serve en cest affaire.
Pour les péchez à l'homme declairer :
Or les sentant, il ne peut espérer
D'elle, sinon les peines éternelles.
Lors il est prest rece>oir les nouvelles
De grâce et paix par le Saint Evangile,
Cest par celuy qne Dieu an cœur fragile
Donne la (oy et la remission
De tous péchez, dont la punition
Sur Jésus Christ entièrement fut prinse.
D'amour de Dieu est lame lors esprinse.
Et par la foy a saint repos et pais
Puis nous disons que la foy n'est jamais
Sans porter fruict d œuvres à Dien plaisantes,
Et détester celles qui sont mesehantes.
Que si la foy ne produit et ne porte
Fruitz de bien faitz selon Dieu, elle morte :
Aussi pourtant que noz œuvres et faitz
En cest estât sont tousjours iniparfaitz,
Ne faut en eux mettre nostre fiance :
Mais assenrer très-bien la conscience
En Jésus Christ, qui en sa grand'jnstice
A englouty toute notre injustice,
Nous donnant paix en soy et seur repos, etc.
1. BARRAS (Quentin), « natifz de Meaux en Brye. » et Claude Barras natif du Puy-Michel en Provence, reçus habitants de Genève en 1559.
■2. BARRAS, famille dauphinoise. = Armes : Fascé d'or et d'azur de six pièces. — Elziar de Barras, dit le cadet de Mulan, appartenait à l'une des meilleures et des plus anciennes familles de Provence. Il était peut-être fils, mais très-certainement parent de Baptiste de Barras qui paraît comme ancien de l'église de Vars dans une demande qu'elle fait d'un ministre à l'église de Genève (1562. 16 mars). Il embrassa la Réforme et commanda une des compagnies chargées de défendre la ville de Seyne, en nov. 1586, contre le duc d'Espernon. Voyant le canon en batterie et toute résistance impossible, les assiégés demandèrent à capituler. Espernon leur promit solennellement la vie sauve par l'organe de M. du Buisson. Ayant eu l'imprudence de se remettre entre les mains de leur ennemi sans demander
d'otages, celui-ci viola sa parole et fit pendre dix des plus compromis (Confér.
ce qui se passa au Pouzin, ci-dessus col. 688), parmi lesquels Elsiar de Barras. Leurs biens furent confisqués au profit d'Escalier des Aymars marquis delà Gardeet de M. de Pousan (Rc
BARRAXGER (Jean), s' de Buancé, fils de Paul, président en la chambre des comptes de Vendôme, et de Judith Festeau , épouse Anne , fille d'Isaac d'Huisseau, receveur des aides et tailles à Vendôme, et de Marguerite du Bois, avril 1644 (reg. de Charenton).
BARRAT, capitaine languedocien, 1572 [IV, 444 b].
1. BARRAU, nombreuse famille de Puylaurens. — Jean), consul en 1576 et 1585. père d'Antoine, marié avec Esther Nicolau et consul en 1624. Il .- le serment de fidélité prêté au roi par ses concitoyens en 1627 V, 203 a\ — Jacques) consul en 1587 et 1622. père de Pierre sr de Lux, consul en 1610 et 1616. Ce dernier épousa Marie dJmalty (col. 165) qui lui donna Jean sr de Lux, consul en 1653 et dont la nomination provoqua un conflit entre le maréchal de Schomberg gouverneur du Lan guedoc et le m* d'Ambres son lieutenant; l'un voulait Barrau, l'autre Jean Viala. pour premier élu des consuls protestants. On les nomma tous deux et contrairement à toutes les lois et coutumes, ils siégèrent alternativement chacun une semaine. — (Guillaume), consul en i598 et 1611, père de Pierre, consul en 1632 et qui fut père à son tour de Guillaume, consul en 166^. — (Isaac), docteur en médecine. 1656. — Olympe, fille de Paul Barrau de Lux, avocat, épousa Franc.
de Repey, pasteur de Montauban, qui devint pasteur de l'église du Werder à Berlin, 1688-1724 [VI, 454 b]. — Les membres de cette famille restés en France persistèrent dans sa foi religieuse après la Révocation, ainsi que le prouvent les registres du Désert conservés à la mairie de Puylaurens (Pradel). — Barrau-Marchal, de Puylaurens, se plaint que, contre les ordonnances du roi, l'on ait mis au couvent une de ses filles âgée de 15 ans et qu'on veuille encore lui ôter son ainée qui en a vinatcinq. 1692.
BARRAU
BARRAULD
2. BARRAU, famille de Castres. (Samuel), avocat à Castres et Gauzide de Gâches de Prades sa femme eurent :
1<> Samuel avocat; 2° Catherine (bapt. 8 fév. 1627); 3° Henri, marié avec Isabeau de Veille, 16 avril 1664; 4° Jean avocat. Ce dernier eut de sa femme, Isabeau de Brugères : Samuel, 1656; Isabeau, 1658; Pierre et Henri jumeaux, 1662. — (Pierre) et sa femme Ramonde de Bernard eurent : David, 1631 ; Guillaume, 1633; Jacques, 1635; autre Jacques, 1641. — (Guillaume), marié à Marthe Daicre, vers 1660. -1- (Paul), marié à Denise Vidalis vers 1662. (Pradel). — Pierre Barrau détenu à Castres, abjure, 1686 (Arch. n.
M. 669). — (Pierre), « du Castrais, >» condamné aux galères [X, 410], en
3. BARRAU (Antoine), de Réalmont, condamné à mort par le parlem. de Toulouse, 1562. — (Pierre), lieutenant de la judicature de Terre-Basse en Albigeois, 1566. — (Etienne), sieur de la Boutarié, 1620. — Bien longtemps après cette époque, plusieurs habitants de Réalmont furent capturés , assistant , juill. 1754, à une assemblée religieuse au bois de Mirai près des Vans. C'étaient: Pierre Vareilhes, Jean Barreau, Guillaume Le Nautonnier sr de Solmarié (venu de Castelfranc), La Chaume, Mauries et Albigès (Tt 331). Ils furent condamnés aux galères, 26 octobre.
Vareilhes parvint à s'échapper et gagna l'étranger. Le Nautonnier et Barrau furent graciés en 1757 [Bull. III, 3! 7], après avoir subi trois ans de galères ; Albigès après huit ans, 1752. — De Jean-Antoine, mis aux galères et gracié en 1757, descendent deux frères Barrau, ses petits-fils, dont l'un, Charles, a exercé les fonctions pastorales dans l'église de Calmon (Tarn) de 1854 à 1872, année de sa mort, et l'autre, M. Théophile Barrau, consacré au saint ministère en 1843, n'a jamais quitté la consistoriale de Castres et est encore aujourd'hui pasteur de cette ville.
4. BARRAU (Bernard de) seigr de Campoliès. = Armes (1650) : D'azur à quatre fasces d'or surmontées de trois étoiles d'argent ran gées . — Bernard eut de sa femme, Delphine de Montjosieu, deux
fils qui embrassèrent de bonne heure le protestantisme : Jean qui suit et Dardé seigr de Muratel. Jean, seig. de Campoliès, habitait Brusques (dioc. de Vabres) lorsqu'il fit son testament, 22 juill. 1570, « estant malade de blessures reçues en son corps aux présents troubles. » Il y déclare vouloir « estre enseveli au tombeau de ses pères en la forme de la religion réformée qu'il a tenue en sa vie... » Sa femme, Jacquette de Pasteur lui donna : Dardé II, Jean II, Bernard et Jeanne. Le premier et le troisième moururent sans postérité. Jean II, seigr de Campoliès, épousa, 1er janv. 1590, Catherine, fille de Pierre de Clermont, seigr de La Barthe et d'Alriace de Prévenquière ; il en eut Jean III, seig.
de Campoliès et de Muratel, marié, 18 août 1613, avec Jeanne de Bouvière, fille de Barthélémy sr de Blau (au dioc. de Vabres) et de Lucrèce de Poteau. La suite de cette généalogie nous échappe, mais l'on sait que dans le courant du XVIIe siècle la famille se transporta dans le Castrais où elle a, de nos jours, d'honorables représentants (Pradel).
5. BARRAUD (Le capitaine), de Mussidan, Guyenne, 1621 [III, 257 b].
— De Barraud de Monbazillac {Bull.
XXIII, 366). — (Pierre de) s' du Fournil, v. 1645 [VI, 1636]. — Un de Barraut réclamait, en 1685, le droit d'exercice dans sa seigneurie du Fournil, généralité de Bordeaux (Tt 287).
6. BARRAUD (Eue), ministre; il était né à La Rochefoucauld et fit ses études, du moins en partie, à Genève (Barraldus Rupifucaldiensis ; liv. du rect. juin 1661); il fut pasteur à Aubeterre et à Ste-Aulaye, colloque de l'Angoumois, 1674-1678. — (Georges) de S.-Maixent; sa femme bannie comme relapse, 1685, et son mariage avec elle déclaré nul [Vil, 432 a]. — (Anne) veuve de Pierre Barreau, de Marennes, et son enfant, assistés à Londres, 1705- 1710. — Trois Barraud ou Barrault, dont deux de Coutras, établis à Berlin comme perruquiers ou tanneurs, après
7. BARRAULD, famille saintongeoise. = Armes : D'azur à un écureuil grimpant d'argent armé de sabir. — (Joachim) fils de Joachim, éeuyer, sr de
BARRAULD — BARRAUD
S. -Martin et de Jacqueline de Chateaupers, baptisé au temple de La Rochelle, oct. 1574; parrain, Charles de Barrauld sr de la Rivière. — Josias, autre fils de Joachim, id., mars 1575: parrain Joachim du Bouchet sr de Villiers. — Claude, fils de Jean, écuyer sr de S.- Martin et de Magdelaine d'Angliers, id.
févr. 1589; parrain, Claude d'Angliers sr de la Saulsaye. — Guillaume de Barrauld sr de Chateaupers épousa Magdel. Papin, laquelle était veuve en 1644. — Charles deB. épousa Judith du Bellay.
Les armes ci-dessus sont spécialement les siennes et celles de Pierre Barraud sr de la Rivière, de Monzeil, de Nalliers et de Pierre Barraud sr de Longuay son oncle. — Louis Barrault, sr de la Rivière de Monzeil [VI, 226 a], abjura dès avant la Révocation (Richemond).
8. BARRAUD (Daniel;. sr de Lagèvre, fils de feu Jean et de Marie B&ytheau, épouse, janv. 1602, Jeanne, fille de Jean Hamard, sr des Landes, capitaine exemt des gardes du corps, et de Marthe Anoyaux de Tours (reg. de Charenton). — Marie Barrault et Jacq. Emard son neveu, assistés à Londres, 1702; Anne Barau et deux enfants, id., 1721.
— (Marguerite-Madelaine) enfermée aux Filles de la Providence d'Apt, 1743.
9. BARRAULD (Nicolas), étudiant à Genève, 1 564 et 67 ; ministre de Montdardier et deS.-Laurent-le-Minic:
fut un des signataires du serment d'union des églises du colloque de Sauve, 16 mars 1594. Après avoir quelque temps quitté son église de Montdardier et S.-Laurent, il y revint de lOul à J603, et en 1605 il desservait S.-Laurent seul (Teissier).
40. BARRAUT (Jean), homme de lettres, pendu à Angoulème, 1562 [V,
II. BARRAUD de la Cantixière (René], galérien et admirable martyr.
Parmi tant d'autres non moins dignes de respect, il a l'avantage de nous être connu par une biographie de quelques lignes, qu'un de ses contemporains réfugié en Suisse écrivit sur lui, et par cinq lettres : trois qui lui furent adr< par MM. de Kerveno de Laubonière, et de Lensonnière, autres forçats compagnons de son infortune, et deux de
lui-même, écrites à M. de la Place, ministre réfugié en Hollande.
Ces divers documents ont été insérés, par M. Read et M. J. Bonnet, dans le Bull. III, 293 et XV, 481, 527.
Voici la notice telle quelle et un fragment de lettre qui résumeront la partie de sa vie postérieure à son arrestation :
« M. René Barraud, sieur de la Cantinière, natif de Talmond en bas Poitou, sortant du royaume pour sa conscience, fut arresté en l'isle de Rhé et livré au gouverneur de l'isle qui l'envoya, avec d'autres, lié de cordes, au fort S.-Martin, le 26 de mars 1686.11 fut conduit àPoictiers par ordre du Roy, et le 25 avril on le condamna aux galères perpétuelles. Après cela on le transféra à Tours où il demeura encore huit mois, et depuis prit la chaîne pour venir aux galères et y arriva vers la fin de cette année. Il éprouva dans ces lieux la ce qu'il y a de plus cuisant et de plus accablant : le bâton, les doubles chaînes et la vogue, et a supporté ses maux avec une patience et une douceur qui a frappé d'étonnement ses ennemis et qui sert d'exemplaire à ceux qui sont appelés a suivre le chemin qu'il a tenu. Sa maladie fut pressante et le troubla. Les vives élévations qu'il lit à Dieu, son protecteur et son Sauveur, faisaient bien voir que l'esprit de vie qui doit ressusciter nos obsèques était en luy pour vivifier son âme, pendant qu'il laissait abattre le corps par sa maladie. Enfin le 13 juin 1693, son esprit fut mis en la liberté des enfants de Dieu. »
M. de La Cantinère à M. de La Place; 25 may 1693. « J'ay reçu vos deux lettres, mon très-cher pasteur, peu de temps l'une avant l'autre... Je vous aurois fait plus tôt s que nous avons eu plusieurs troubles qui m'en ont empêché. Le premier a été causé par une mission que nous avons eue sur notre galère à la sollicitation de notre capitaine qui est un parfaitement honnête homme, qui estant je pense dans la bonne foy et très zéié pour sa religion, souhaiteroit que tous ceux qui sont sous ses commandements fussent aussi gens de bien que lui. On nous preschoit trois fois le jour, et ces messieurs les prédicateurs ne perdirent pas un moment pour porter leurs auditeurs à faire grande confession et pénitence. Nous n'avons pas manqué d'y être attaqués et moi en particulier par un des plus illustres; mais Dieu m'a fait la grâce de résister à cette tentation, comme à beaucoup d'autres depuis que je suis dans cette cruelle servitude... L'autre trouble qui est un embarras bien plus grand, c'est l'ordre d'acomoder les galères pour la campa-