‹ La France protestanteChapitre 229 sur 303 · BARRAUD — BARRE · texte numérisé non relu

BARRAUD — BARRE

gne, qui est venu tout de suite, avec tant d'empressement qu'il n'y a eu de repos ni nuit ni jour jusques à ce qu'elles ayent été prêtes... Imaginez vous, très cher pasteur, de voir ces chers confesseurs du Seigneur enchaînés par les pieds et attachés par les mains à une rame infâme, couverts de sang et de sueur, la tête rasée et le corps nud exposés à l'ardeur du soleil, accablés des coups de corde et de bâtons, obsédés par des bourreaux qui les couvrent d'injures les plus infâmes en leur crachant au visage, comme autrefois les Juifs faisoient à notre divin Rédempteur. Ces illustres martyrs souffrent toutes ces ignominies entre des scélérats et des brigands qui souvent sont traités plus humainement qu'eux. Je ne vous en parle pas comme par ouy dire. Je l'ay vu par mes propres yeux et l'ay expérimenté dans les campagnes que j'ay faites et je suis sûr que vous ne saurez lire ceste description sans estre emû jusques au fond de votre âme, et sans verser des larmes de pitié et de compassion pour ces membres de Jésus-Christ qui souffrent tant d'opprobres. J'ay bien reçu la subvention que nostre très cher ami M. P. a envoyé, et elle est venue tout à propos pour estre distribuée à ces chers martyrs du Seigneur qui étoient prêts de partir pour la campagne. Mais je vous dirai qu'il m'est impossible de satisfaire celles de ces bonnes et charitables personnes qui souhaitent que l'on donne indifféremment à ceux qui sont debout et aux autres qui persistent dans leur apostasie. Non, mon cher pasteur, ce seroit, outre qu'ils ne le méritent pas, trop nous exposer, et elles seroient fâchées sans doute que les bonnes œuvres qu'elles font à si bonne fin nous attirassent les derniers desplaisirs. Comment pourrions-nous nous communiquer à ces misérables lâches qui profanent avec tant de scandale la vérité qu'ils détiennent en injustice, puisque même ceux qui la confessent hautement nous ont' déjà attiré des affaires par leurs indiscrétions qui tirent mettre l'année dernière le cher M. de Lensonnière à la [double] chaîne avec des menaces qui auroient été capables d'ébranler une fermeté et une patience moindre que la sienne. Et tout cela parce que l'on donna avis à nos maîtres que l'on donnoit de l'argent aux nouveaux convertis. Ainsi nous sommes obligés de nous cacher, même de ceux qui nous sont associés, pour leur faire du bien. Il y a bien longtemps que je n'ay eu des nouvelles de la province de Poitou. Le cher M. de l'Aubonière est toujours dans son sépulcre des vivants et mesme très incommodé depuis longtemps. Il se recommande à vos saintes prières. M. de Lensonnière m'a aussi prié de vous assurer de ses

obéissances. Ce sont la mes deux chers camarades et de véritables héros de la petite république chrétienne des forçats, aussi bien que trois illustres frères qui se nomment de Serre et qui sont de Montauban. Nous avons aussi un appelé M. Lefèvre * qui est un très habile homme et d'un grand zèle; il est dans le fort S. -Jean. Je n'ay eu depuis bien du temps aucunes nouvelles de mon frère de La Noue. J'en ay eu de M. des Clouseaux. Pardonnez-moi si j'écris si mal. Je suis dans une posture fort gehennée. »

A peine s'il parle de ses souffrances ; mais vingt jours après cette lettre où respire encore tant d'énergie, il était mort.

Cette correspondance est conservée à la Biblioth. de Genève, Papiers de Court; Lettres et mémoires divers, n«H3, t. I.

12. BARREAU (Jean), de Montauban, et Marguerite Tenant, son épouse, reçoivent à raison de leur mariage, que l'évèque appelle clandestin, ayant été béni par un ministre hors de la présence du curé, défense de par arrêt du parlem.

de Toulouse de cohabiter ensemble jusqu'à définition du procès intenté contre eux, 1667 (Tourlet).

13.BARREAUX(Gunzelin des) réfugié du Boulonois, 1686 (Tt 235).— David de Guisèle sieur des Barreaux, v. 1650 [VU, 60 a].

1. BARRE (Pierre), sieur de Cazalis, condamné à mort, 1569 (col. 660). — (Lucrèce de) femme, 1582, de Fr. Bénéfice, sieur de Chailus [II, 170 a].

2. BARRE (Jean) et sa femme, Marie Patrines ; Castres vers 1620. — (Jean, fils d'Arnaud, et François) inscrits au rôle des « Gages des ministres de Puylaurens » en 1630. — (.•••), ancien de S.-Pargoire, assiste au synode prov. du Bas-Languedoc, 1669. — (Françoise), femme de François Anton, de St.-Mé* diers, condamnée à être rasée et enfermée le restant de ses jours à la tour de Constance, pour avoir assisté à une assemblée religieuse de protestants tenue au quartier appelé Fontèze, terroir d'Arpalhargues.le 22nov. 1750, par sentence de l'intendant du Languedoc, 21 déc, suivant. — (...) pasteur dans les Basses- Cévennes en 1774 (Pradel).

3. BARRE (Jacques) étudiant en théologie en 1763 [X, 458], pasteur à Anduze,

• Avocat de Taris.

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