BARRI — BARRIERE
où j'estois encore de la présence locale du corps de Jésus-Christ en la saincte Cène, vous ne me conseillastes pas seulement de continuer, mais aussi de fréquenter les sainctes assemblées de Paris et d'aller voir les églises réformées de Genève et d'Allemagne? Ne désiriezvous pas aussi de tout vostre cœur que toute la noblesse de France me ressemblasten zèle et bonne affection, d'autant que j'avois choisi la plus seure et certaine voye? N'est-il pas vray? » Le servile instrument du Pouvoir resta confondu ; mais il n'en opina pas moins à la mort. La même torture morale lui fut encore infligée par divers accusés, entre autres par un orfèvre nommé Le Picard, qui lui « deschiffra de fil en esguille quel il avoit esté toute sa vie », et par le jeune Pierre de Campagnac, homme de lettres, qui lui rappela qu'étant écolier à Poitiers, il avait méchamment tué un de ses compagnons, pour raison de quoi son père l'avait pris en telle haine que jamais depuis il ne l'avait voulu voir. Après tant de sanglantes mortifications, le remords, se faisant jour enfin dans le cœur du misérable, le jeta dans une telle mélancolie qu'elle le conduisit promptement au tombeau.
Pour achever notre esquisse de cette malheureuse échauffourée d'Amboise (voy. aussi col. 461), il nous reste à parler de l'évasion des conjurés qui gémissaient encore dans les prisons de Blois et de Tours. Nous en emprunterons le récit à Régnier de La Planche, dont l'excellente Histoire de V Estât de France sous François II a été notre principal guide dans cette notice. « Quant à ceux qui restoyent à Bloys et à Tours de l'entreprinse d'Amboyse, et des deux amenés du bois de 'Vincennes [l'auteur lui-même en mentionne trois, Robert Stuart, Louis ds Saucelles ou Soubselles, et le bailli de Saint- Aignari], il en alla ainsi. Après que le baillif de Bloys eut longuement secoué la bride à vingt ou trente qu'il détenoit à fin d'avoir argent, et que tous eurent monstre qu'il ne leur estoit possible d'en fournir promptement, tant pour leur lointain pays et pour avoir esté dévalisés, que pour estre si estroictement détenus qu'ils ne pouvoyent mander de
leurs nouvelles à leurs parents : ils furent mis en prison moins estroictepour leur donner moyen de recouvrer deniers, là où ils feircnt en sorte qu'ils eurent moyen de recouvrer force cordes et des tenailles par le moyen des quelles ils rompirent une grille et évadèrent des prisons. — Quelques jours après [1er mai] ceux de Tours feirent presque de mesme, hors mis que le baillif de Sainct Aignan tombant se brisa, et demeura en la place jusques au matin qu'il fut remené. Les autres ayant sceu ce qui estoit advenu à Bloys, escrivirent une plaisante lettre au cardinal de Lorraine, par la quelle ils l'advertissoyent avoir entendu l'évasion de ses prisonniers de Bloys, de quoy ils avoyent receu tel dueil pour l'amour de luy, qu'ils estoyent aussitost sortis des prisons pour les aller chercher, le priant ne se fascher de leur absence; car ils l'asseuroyent de le revenir tous revoir en bref et de les ramener, ensemble tous les autres qui avoyent conspiré sa mort. Et combien que telles lettres fussent pleines de grandes gaudisseries, si estoyent elles couchées en tel style, qu'il sembloit par là qu'on les menaçast de plus grandes tempestes. Aussi en receurent-ils une telle crainte et frayeur (encores qu'ils eussent délibéré de les faire tous mourir) que cela aida bien à faire sortir les autres prisonniers détenus pour la religion par tout le royaume. Quant aux troupes des Provençaux qui avoient esté retenues à Roanne et descouvertes en cherchant de la poudre, ils sortirent par la porte dorée, et ainsi en advint des autres .arrestés çà et là. » Au nombre des prisonniers évadés de Tours se trouvait le sieur de Vaulx, écuyer du prince de Condé, arrêté pour avoir donné un cheval des écuries du prince au jeune Ferrières-Maligny qui réussit à s'échapper.
BARRI AS (Hilaire), galérien, 1720 {Bull. "X, 303).
BARRIER (Martin), massacré en Provence, 1562. — (J.) , brûlé vif à Apt, 1562. — (Abel), d'Aix, étudiant en théologie à Genève, 1584. — (lsaac) de Tours, assisté à Londres avec sa femme et un enfant, 1705.