BARTHE
réimpr. de Montpellier) ; Pierre Barthe fut aussi pasteur de Castres en 1561; Raymond de Barthe (qui signait de Barta ; notaires de Caraman) était pasteur de Caraman en 1586 et 1501 ; 4° Jean Barthe, pasteur à Castelnau de Brassac en 1586 (not. de Vabre). — Une très-nombreuse famille Barthe vivait à Castres au com. XVIe siècle, dont nous citerons : Jean, marié à Olympe Vianès, régent au collège de la ville, 1620 ; autre Jean, marié à Suzanne Austry à la même date ; Samson marié à Suzanne Sol, 1620-27 ; Antoine marié à Elizabeth Escaffd, 1622; lsaac marié à Judith de Galan, 1623; autre Jean, chirurgien, marié à Judith de Guérin, 1624; autre Jean, marié à Marguerite de Gros, 1657-67 (Pradel).
2. BARTHE (Jean) de Yaleri, ministre à Senegas, 1572. — Raymond Barthe de Durfort, peut-être le même que R. de Barta ci-dessus, était ministre à Puylaurens en 1565; à Revel, 1572 ; à Pamiers, 1575-77. — (Jean) , ministre à La Force en 1650, puis à Calignac en Condomois au moment de la Révocation, se réfugia en Hollande et fut des 178 pasteurs français qui signèrent la confession de foi des églises wallonnes au synode de Rotterdam en avril 1686.
11 se retira à Heerenveren en Frise et il y jouit jusqu'à sa mort de la pension que les Etats de la province avaient assignée à une vingtaine de pasteurs réfugiés dans les villes frisonnes.
3. BARTHE (Daniel) appelé aussi Daniel de Barthe et Barthe l'aîné, fut en effet l'aîné de trois frères, tous trois pasteurs dans la même contrée. Leurfamille était de la ville de Rochechouart. Daniel exerça les fonctions pastorales à Limoges, après le ministre François Movjoux, depuis 1620 jusqu'en 1654, mais avec un troupeau si peu nombreux et une opposition catholique si ardente, que souvent le culte réformé y était comme éteint. En l'année 1618 un chroniqueur du pays (« Récit de tout ce qui s'est passé etc. » ; Biblioth. de Lim.) écrivait: « Le calvinisme est éteint à Limoges et leur temple appelé le Four, est achevé de raser ». Aussi Daniel Barthe put-il partager son ministère de Limoges avec Rochechouart qui le de-
mandait ; il eut seulement à lutter contre la difficulté administrative résultant de ce que la dernière de ces villes était dans la province ecclésiastique de Poitou et la première dans la basse Guyenne . Du reste les religionnaires de Rochechouart n'étaient pas plus heureux que ceux de Limoges, car une note de la main de Daniel Barthe et signée de lui sur le registre consistorial l donne un récit de la suppression du lieu de culte qui y existait dans la maison commune et que l'évèque de Limoges vintdétruire avec solennité à la tète d'une troupe de gentilshommes, le lundi 13 août 1630.
Le culte qui ne pouvait plus être public se réfugia dans les maisons particulières.
Daniel Barthe avait épousé Anne sœur de Pierre Fontaneau, de Rochechouart ; il en eut au moins deux filles, dont la première, Marie, fut baptisée, 10 avril 1622, ayant pour parrain Pierre Barthe son oncle et pour marraine Marie Maisondieu son aïeule. Il a publié : I. Le loisir spirituel ou Recueil de quelques sermons prononcés en l'église de Limoges; 1633, in-12. — IL Les larmes dujidel ou sermon fait au jusne célébré à Sainte-Foypar le synode de la basse Guyenne, le mardi 16 décembre 1636 pour la prospérité du Roi et de ses armes.
Lorsque Daniel Barthe mourut, vers 1654, les protestants de Rochechouart [Haag I, 273] ne voulant pas rester sans ministre, d'autant qu'on leur avait contesté le droit d'exercice, ils jugèrent prudent d'inviter un pasteur du voisinage à venir remplir les fonctions du ministère sacré. La marquise de Pompadour à qui appartenait cette seigneurie, en ayant été avertie, tint conseil avec le curé et les consuls, et par leur avis elle arma ses domestiques avec tous les bons catholiques de l'endroit, à la tète desquels elle alla assaillir l'église pour en chasser les protestants. Le consistoire députa l'avocat Daniel de La Chaumettc porter plainte au roi contre ces violences et défendre en même temps
« Ce registre, années )59G ,1 I6r>6, existe à la Bibl. de Limoge* (t c'est grâce à lui que les éléments du présent article ont ou nous être fournis par M. E. Le Sivoobecx, pr de Limoges.