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ALBA (Abel) et deux enfants, assistés à Londres

6. ALBA (Daniel d'), Dauphiné,1619 |II, 507]. — (Jeanne d'), ibid. — (Judith d'), 1674 [VIII, 146 b].

7. ALBA (Josué d'), seig1- de Peyrecave, d'Anzens etc , marié avec Anne de Madaillan dontil eut une fille, 8 mars l'iîl (Reg. bapt. de Castres).

ALBALETRIER (Alexandre), du Dauphiné, manufacturier en laine, réfugié à Magdebourg, 1700. — Voy. Arba...

ALBANEL (Jean), ministre à Blois, 1612, 1620 [VI, 104 b, note ; X, 318].— (Paul, fils de feu Paul) de Combovin en Dauphiné, tondeur de draps, recule 23 janvier 1723 habitant de Genève où il était réfugié depuis 39 ans, c'est-à-dire depuis 1684.

ALBEAU (Lancelot d'), martyr, natif de l'Anjou, pasteur à Tours en 1558 et à Valence en 1560. C'était un gentilhomme d'ancienne race. Calvin l'avait envoyé à cette dernière église pour aider le pasteur Gilles de Saulas, excédé de fatigue par suite de l'extension considérable que la Réforme avait prise à Valence et dans les environs. Arrêté par Maugiron, que le duc de Guise, gouverneur du Dauphiné, avait envoyé à Valence pour faire main basse sur les sacramentaires, il fut condamné à mort par une commission du parlement de Grenoble, et décapité. Le conseiller L'Aubepin obtint qu'd serait bâillonné, de peur qu'il no haranguât le peuple.

« Ayant fidèlement presché l'Evangile, dit une pièce du temps {Bull. VIII, 73), il a scellé la doctrine de vérité par son sang et par sa mort. » (Arnaud.)

ALBENAS, famille noble, originaire de Nîmes, en possession de la seigneurie de Gajan, au diocèse d'Uzès. depuis 1524. Elle s'est divisée en plusieurs - branches. — [Haag I, 24-28 ; — (Jean Poldo)I, 25 b; VIII, 161 b; - Marguerite) II, 403; III, 39; - (Louise IX, 147 a; — (Françoise) VI11, 279 b; — Vov. encore : Ilî, 469 a; IV, 259 a: V, 88 a et 245 b; VIII, 214 b et 391 b.j = Armes : De gueules à un demi-vol d'argent posé en bande, accompagné de trois étoiles d'or, 2 et 1.

Jean Ier d'Albenas, seigneur de Gajan, fils aîné de Louis d'Albenas, docteur ès-lois, et de Marguerite de Bordes, premier consul de Nîmes en 1516, et lieutenant du sénéchal de cette ville en 1522, partagea ses biens entre ses deux fils : l'aîné, Jacques Ier, eut sa terre de Gajan, et le cadet, Jean II, hérita de sa charge et de ses propriétés situées à Nîmes. La branche aînée s'est perpétuée jusqu'à nos jours, tandis que la branche cadette s'est éteinte a.\ecLouise d'Albenas, mariée à Henri de Porcelet, marquis d'Ubaye, en 1640.

Nous ignorons à quelle époque cette famille embrassa la Réforme. Un Jean (fils de Jean) d'Albenas « de la cité de Nismes » était réfugié à Genève avant 1557, car il fut reçu habitant de cette ville le 18 janvier de cette année et bourgeois le 25 juin. La première mention qui soit faite de la famille dans l'histoire de Nîmes , comme protestante, concerne Jean Poldo d'Albenas, qui contribua beaucoup à l'introduction de la Réforme dans cette ville, où il était né vers 151-2. Son surnom de Poldo lui vint vraisemblablement de son arrière-grand-père Poldo ou Paul d'Albenas, docteur ès-lois, lieutenant du sénéchal en 1462, et servait à le distinguer d'un autre Jean d'Albenas. seigneur de Colias, lieutenant-clerc en I 55 1 . puis, en 1566, lieutenant-général en la sénéchaussée de Beaucairc. Son père Jacques, est sans doute le môme qui fonda la branche collatérale dont les descendants se réfugièrent en Suisse dans le siècle dernier. Après avoir fait ses étu-

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des en droit à la célèbre université de Toulouse. Jean Poldo exerça les fonctions d'avocat auprès du parlement de cette ville. En 1551, il était un des douze conseillers du roi au siège présidial de Nîmes et Beaucaire , et il remplit cette charge avec distinction jusqu'à sa mort, arrivée vers l'an 1563. La noblesse de la sénéchaussée de Beaucaire le députa, en 1560, aux Etats-Généraux du royaume qui se tinrent à Orléans.

On doit à Jean Poldo d'Albenas une traduction française des Pronostics de Julien de Tolède ; une autre de l'Histoire des Taborites d'.Eneas Sylvius, et finalement un ouvrage d'antiquités très-remarquable, intitulé : Discours historial de l'antique et illustre cité de Nismes, en la Gaule Narbonoise . avec les portraitz des plus antiques et insignes basiiments du dit lieu; Lvon , 1560, infol.

Jacques d'Albenas, frère cadet de Jean Ier, et premier consul de Nîmes en 1524, avait épousé Jeanne Girard, et fut père de Vital d'Albenas. dit Poldo (probablement le même que Vidal d'Albenas, premier consul de Nimes en 1562 , capitaine huguenot qui figure dans nus malheureuses guerres civiles comme un des lieutenants de l' intrépide baron d'Acier. L'entreprise tentée par Coudé pour s'emparer de la personne de Charles IX, venait d'échouer; il ne restait plus aux protestants qu'à recourir au sort des armes. La ville de Nimes, où ils étaient en grand nombre, fut une des premières qui répondit à l'appel du prince. Dès les premiers jours d'octobre N -tradamus, dans son Histoire et Chronique de Provence, « on vid fondre ces te grande tempeste sur M %• mes. où furent cruellement passés par les tils des épées, et inhumainement esgorgez un grand nombre de Catholiques par ceux de ceste religion si sanglante et dirlbrmée, les quels de rage forcenée jettèrent un religieux Observantin dedans un horrible puits avec quelques autres lions prestres, parce seulement qu'il preschoit une plus saine, ancienne et toute autre doctrine que la leur. » Dom Vaissète complète ce récit, dans son Histoire du Languedoc en disant :

«L'action barbare et odieuse des Pro-

testants de Xismes coûta la vie à beaucoup de leurs coreligionnaires que les Catholiques égorgèrentpar représailles. »

Mais ce ne fut pas tout : Le parlement de Toulouse, ayant fait informer sur ce massacre, rendit, le ^8 mars 1569, une sentence par laquelle il condamna à mort par contumace 10 i personnes de la ville de Xismes. On distingue parmi les plus notables : Guillaume Calvière, premier président au présidial en 1557 : Denis Briïeys, sieur de S. Chapte, lieutenant criminel ; Robert Le Blanc, juge ordinaire, ancien syndic de la province :

plusieurs conseillers; Pierre Valette.

procureur du roi au sénéchal : Pierre Robert, lieutenant du viguier: pra»ieurs capitaines, dont Vital d'Albenas, auquel nous rapportons cet épisode ; François de Parée, sieur de Servas : René de Savoye, sieur de Cipières ; Antoine Briieys, sieur de Sauvignargues ; Honorât de Montcalm, sieur de Saint-Véran : quatre ministres entre lesquels Pierre d'Airebaudouze ; Nicolas Calvière. >ieur de Saint-Cosme, docteur ès-lois, consul en 1559, et plus tard élu trois fois gouverneur de la ville; les deux fils du président (Calvière; le sieur de Mandagout, dit Galareues. et Thomas de Rochemore, baron d'Aigremont. (Haag.)

I." capitaine Vidal d'Albenas , dit Poldo . eut pour femme Jeannette Favier, et fut père de Céphas d'Albenas.

qui épousa Suzanne de Pavée, et fut capitaine et viguier de Nimes. Claude, fils de Céphas, également capitaine et viguier, prit pour femme Marguerite Ricard, dont il eut Claude qui suit.

Claude d'Albenas, conseiller du roi, capitaine et viguier de Nimes. né en 1629 et mort le 6 oct. 1705, est ce d'Albenas qui. en 170i. présida une députation des nouveaux convertis de la ville de Nimes au maréchal de Villars [I, 26]. Selon toute apparence, c'est lui aussi qui , après avoir été destitué comme huguenot en 1682 (Arch. Tr 322), avait apposé sa signature en tète de l'acte d'abjuration que souscrivirent, le 20 novembre une foule de malheureux Nimois. Mais la démarche faite en 1704, par les nouveaux convertis de Nimes mérite d'être racontée dans tous ses détails. Elle témoigne, il faut l'avouer, du peu de sym-

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pathie que les Camisards rencontraient parmi leurs coreligionnaires dans les villes, soit à cause des actes terribles de vengeance qu'on leur imputait, soit plutôt parce que le gouvernement en prenait occasion de peser davantage sur les habitants paisibles. Lorsque le maréchal de Villars vint remplacer, en 1 704 , le maréchal de Montrevel dans le commandement de la province du Languedoc, les protestants de Nîmes, par le conseil du baron à'Aigaillers, dressèrent une requête pour lui demander à marcher sous ses ordres contre les rebelles, espérant les ramener par leur exemple, ou résolus de les combattre afin de témoigner de leur fidélité au gouvernement. Cette supplique, signée par plusieurs gentilshommes et par presque tous les avocats et marchands de la ville de Nîmes, lut présentée, le 22 avril, par d'Albenas à la tête de 7 à 800 personnes de la religion. Mais les offres des nouveaux convertis ne lurent point agréées ; le maréchal leur répondit qu'il espérait ramener les rebelles par la seule douceur. Etcependant Briieys nous apprend, dans son Histoire du Fanatisme, que le jour même, « par le conseil de M. de Basville, il fit l'aire des enlèvements de plusieurs personnes suspectes , qui furent envoyées aux Isles de Sainte-Marguerite. » A quelques jours de là seulement, les principaux d'entre les réformés de Nîmes se rendirent de nouveau en corps auprès de Villars pour lui renouveler l'offre de leurs services. Cettefois encore ce fut d'Albenas qui porta la parole : « Les nouveaux convertis de la ville deNismes, lui dit-il, viennent vous réitérer les assurances de leur plus inviolable fidélité pour le service du Roi... Ils vous ont supplié et vous supplient encore, Monseigneur, de vouloir vous servir de leurs personnes et de leurs biens pour exterminer ces malheureux fanatiques qui ont eu la témérité de s'élever contre l'autorité de Sa Majesté. Il faudrait avoir perdu tout sentiment de religion et d'humanité pour seconder une troupe de scélérats qui joignent à leur révolte L'impiété, les sacrilèges, les meurtres, les incendies et mille autres cruautés dont les démons seuls peuvent être capables.... Nous les avons en horreur;

et notre indignation est d'autant plus grande, qu'ils rendent odieux le nom de nouveau converti, et avec la haine publique attirent sur nous des maux qui ne devraient tomber que sur eux et sur leurs complices.... Nos biens, nos vies nous sont moins chers que notre fidélité; la croire suspecte est le plus grand de tous nos malheurs. » En lisant une pareille pièce , on oublie que les protestants gémissaient sous la législation la plus atroce, que les massacres et les supplices se succédaient sans interruption dans les provinces du Midi ; ou plutôt on se demande si ce n'est pas là le cri de malheureux au désespoir qui s'attachent à leur bourreau pour éviter le coup mortel. « Sur l'invitation d'Aigaillers, dit M. Peyrat dans son Histoire des Pasteurs du désert, toutes les villes adressèrent au maréchal des harangues à la d'Albenas. »

Claude d'Albenas avait épousé, le 30 octobre 1655, Jeanne de Guiraud, qui montra une tout autre fermeté que lui.

Vers 1686, elle émigra du royaume, accompagnée de sa fille Jeanne, alors âgée de 21 ans, de Mme de Guiraud, sa mère, et d'autres dames de sa famille, et réussit à atteindre Genève ; deux de ses fils parvinrent également à quitter la France. De son mariage avec Claude d'Albenas étaient issus sept enfants : 1° Céphas, né le 22 déc. 1662, étudiant à Genève, 1682, et marié le 15 janv. 1705 à Catherine Bourelly de Roque -Servières. — 2° Jeanne, née en 1664. Elle mourutàGenève le 31 janv. 1730, léguant à sa sœur, mariée à Nîmes, une somme de trois mille livres, à condition que celle-ci « sortit de France et se retirât dans un autre pays. pour suivre la sainte religion réformée. »

— 3° Henri, qui continua la descendance.

— 4° Antoine, né le 8 octobre 1672, marié à Jeanne de Langlade-Clarensac.

Selon l'Armoriai du Languedoc de la Roque, cette dernière se nommait Gahricl/e, et son mariage eut lieu le (.l mai 1700. — 5° Charles, né le 19 avril lliTi. Emigré après la Révocation, il entra au service d'Angleterre, où il parvint au grade de lieutenant-colonel, et mourut à Genève le 29 août 1 73 i 11 avait épouse dans celle ville, le 2î juillet 1742, J«MWte- Elisabeth de Ki(anl, de Montpellier,

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ALBERT

dont il n'eut pas d'enfants; un premier mariage l'avait rendu père d'une fille. Ci.ermonde, née à Genève en mars L704L — 6° Anne-Jeanne, femme de M. Vory, avocat du roi au présidial de Nimes,mortele23 avril 1767. — 7° François , capitaine , mort en Irlande en

Né le "> mai 1668, Henri d'Albenas quitta la France après la Révocation. de même que son frère Charles, et entra comme lui au service d'Angleterre. Après après avoir été dans ce pays capitaine de cavalerie, il vint terminer ses jours à Genève, où il mourut le 28 janvier 1 7:ï<». Sa femme, Suzanne Negret, qu'il avait épousée dans cette ville le 15 décembre 1701, lui donna, outre deux enfants morts jeunes, trois (ils et deux filles, tous nés à Cenève : 1° Jeanne, née le 7 octobre 170i. mariée en premières noces à Ferdinand-Henri-Darid de Saussure, et en secondes à Jean-Louis de ('rniisaz, juge à Lausanne. — v)0 Charles, qui suit. — o" Jean-Antoine, né le 3 mai 1711, capitaine en Piémont, puis établi dans le, paya île Vaud. Marié à une demoiselle Plantain, il eut d'elle un fils, Chaules-Antoine, né à Lausanne en 17i7.— 1° Henri, né le ? juin 17131 lieutenant en Piémont dans le régiment de Portes. — 5° Slsa.nne, née le 22 août 1710 et morte en 17'.»1, femme de Rodolphe de Crousaz , seigneur de M>zery.

Charles d'Albenas, né le 10 février 1709; embrassa comme ses frères la carrière des armes et servit eu Piémont, où il devint lieutenant-colonel. Fixé dans le pays de Yaud, il y épousa, en 17ir>, Louise-Marie-Claudine Mauor, dame de Sullens, dont il eut un lils, Cephas- Luakles-Lolis-IIenri. Ce dernier, héritier par sa mère, de la seigneurie de Sullens, naquit le 16 novembre 1747 ; il fut capitaine au service de France et mourut à Paris le 28 juin 1805, laissant un fils, Jean-Baptiste- Aiiraham-Louis.

de son mariage avec Anne-Sophie île Briasac, qu'il avait épousée en 1708.

Jean-Bapliste-Abrabam-Louis s'unit en premières noces à une demoiselle Nordinij, et efl secondes a une demoiselle Rosset. et eut de cette dernière Auc,i>te -Lon.— Samuel, qui est mort à Lau-

sanne en mars 1870, laissant un fils et une fille L

La branche aînée de la famille, bien que restée en France, demeura, dit-on.

fidèle au protestantisme. Elle s'était établie à Sommières (Gard) en 1608. Jean- Josepii d'Albenas, né le 10 mars 1701 à Sommières, de François- Alexandrin d'ALisENAS, seigneur de Cajan, et de Charlotte-Philiberte de Montlaur, prit part à la guerre de l'indépendance de l'Amérique sous le général Lafayette. A son retour en France, il remplit diverses fonctions publiques. On lui doit quelques écrits de peu d'importance; «or les Maisons de jeu, 1814; sur Ylndernnifé. t s L s , et un Essai histnr. et poétique de la gloire et des travaux de Xapoléon Ier, depuis le 18 brumaire an vin jusqu'à la paix de Tilsitt; Paris.

ih-8*. Il mourut à Paris le 82 sept. 18?4. Ses deux lils. Loris-Ei/in-.NE, né à Sommières en 1 7 s 7 , et Prosper, ont suivi avec honneur la carrière des armes. Mis à la retraite après le licenciement de l'armée de la Loire, l'aîné consa< > loisirs à la culture des lettres. On cite avec éloge ses Ephi-mèrides militaires ou Anniversaires de la valeur franraist -depuis [l'.)i jusqu'en HHS; Paris. 'lMS-2<). 12 vol. in-8°. Quoique cette publication ait parti comme étant l'œuvre d'une société de gens de lettres et de militaires, le bibliographe Quérard prétend que le lieutenant-colonel d'Albenas eu a été le seul rédacteur.

ALBKRGK- Marie , v. 1 7011 [Y. "il fui]. — kaaaè) de Bé/.iers. marchand chapelier, réfugié a Genève, \< enne) de Bé/.iers, id., 1890.

ALBERIC (J. . -alenen, 1305 [X,

my

ALBERON, v. lf.sr, [IV, 181 a].

ALBKRT le capitaine . i:,r,-> Vlll, 407 a]. — (David), ancien de Brutnçon, député au synode de Charenton, 1044 'X. 30"2 . — Albert, ancien à S. -Félix, 1070 LYII. 293a]. — Plusieurs Albert du Yal-de-Queyras et de Pont-en-Royans.

réfugiés a Genève; de lO'.iô à 1712. — Pierre), galérien, en 1686 [II.

X, 408]. — (Louis), de Bretagne, id., en

1 Ces renseiguduentt mit la branche de Claude uvlbeoas passée eu Suisse nous sont donné» par M. Th.

OUflHitt.

ALBERT — ALBIAG

1687 [X, 410]. — (Jacob), id., en 1689 [X, 412]. — (Mathieu), dit Peruset, 1686, jeté à la voirie [X, 433].

ALBERT (Marguerite d'), dame de Saint- André, 1588 fi, 192 a].

ALBERTAS (Aimare d'), baronne de Sénas, 1573 [V, 255 a].

ALBERTI (La femme du « Rentier » ), massacrée à Aix, avec son mari, 1562 [X, 469, 471];iCrespin, 678 c. — Aubertin Alberti « de Lospel au comté de Nice, » réfugié à Genève et reçu habitant vers 1602.

ALBERTON (Pierre, fils de Jean), « de Valence en Dauphiné, faiseur de boistes et estuis de monstres, reçu habitant de Genève, 4 sept. 1697. » — Jaques, fils de feu Pierre), né à Lyon, h monteur de boetes,» id., 8 août 1764.

ALBI ou Alby (Anne-Dorothée d').

1665 [IV, 377 a].— (Jeanne), [VI, 243 b].

1. ALBIAG (Accasse d'), ou Dalbiac, dit du Plessis, poète français du XVIe siècle, né à Paris [Haag I, 28].

On ne sait presque rien de sa vie.

Dans un libelle catholique (Passèrent parisien [par Antoine Gathalan], Lyon, 1556, in -12, on lui impute d'avoir été moine à l'abbaye de S.-Denis. Ge qu'on connaît le mieux en ce qui le concerne, ce sont ses livres, dont la date géographique annonce qu'il s'était réfugié en Suisse :

I. Le Livre de Job traduit en poésie françoise selon la vérité hébraïque, par A. Du Plessis, parisien. Au roy d'Angleterre Eduard, sixième de ce nom.

1552, in-8° (de l'imp. de Jean Gérard, à Genève). — Réimpr., 1553, pet. in-8°de 157 et 2 p.

II. Les Proverbes de Salomon, ensemble l'Ecclesiaste, mis en cantiques et rime Françoise, selon la vérité hébraïque, par A. D. du Plessis. Mis en musique par F. Gindron. Lausanne, Jean Rivcry, 1556, pet. in-8° de 96 ft*. en tout, avec deux dédicaces aux seigneurs de Berne, l'une en prose, de F. Gindron, l'autre en vers, de d'Albiac.

III. Divers cantiques esleus et extraits entre les plus notables du vieil et nouveau Testament. Partie traduits selon l'IIebrieu, et réduits quasi mot à mot : partie réduits en métaphrases, pour esclarcir aucunnes phrases Hébraïques peu

convenables ou mal entendibles en nostre langue vulgaire, sans toutesfois esloigner le sens, comme verra le lecteur de bon jugement. Par Accasse Dalbiac, dit du Plessis. (Genève) Jean Grespin, 1558, in-8° de 110 et 2 p.

Avec une dédicace à Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et une préface en vers «à tous chrestiens. » — Ges cantiques sont au nombre de 34, dont deux seulement tirés du Nouveau Testament, les autres de l'Ancien. — Réimpr.

Lyon, Jean Cariot, 1560 (Divers cantiques extraits du vieil et nouveau testament et mis en rime françoise, par etc. Ensemble les Cantiques de Mat. Gordier et autres autheurs nommez en leur lieu), pet. in- 12 de 188 et 3 p.

Il paraît que, peu de temps après cette dernière publication, d'Albiac rentra en France. Le célèbre édit de janvier 1563 venait d'être rendu, et un grand nombre de réfugiés avaient été leurrés par l'espoir de retrouver dans leur patrie liberté et protection. Notre poète se rendait à Angers auprès de son frère, le ministre Du Plessis, lorsqu'il fut surpris à Tours par une échauffourée. La première guerre de religion venait de commencer.

Les religionnaires de Tours d'abord maîtres de la ville n'ayant aucun espoir de secours, résolurent (juillet 1562), de se jeter dans Poitiers. « Les uns se rendirent et posèrent les armes; les autres rompus et deffaicts se sauvèrent comme ils peurent, et se retirèrent à Poitiers tenue par ceux de la Religion; quelques autres furent entièrement desvalisez et menez par troupes à Chastelleraut, comme povres brebis à la boucherie.»

Au nombre de ces derniers était Jean de Tournay , vieillard plus que septuagénaire, ancien moine augustin, et un des douze ministres députés à la conférence de Poissy. qui fut noyé de sang-froid.

Quant à ceux qui s'étaient rendus sur la promesse d'avoir la vie sauve, le marquis de Villars leur donna une escorte de quelques chevaux avec un sauf-conduit pour les reconduire à Tours; mais la plupart furent égorgés en chemin.

Deux à trois cents seulement parvinrent jusqu'aux faubourgs delà ville. Aussitôt on sonna le tocsin et les massacres commencèrent. On traîna à la rivière

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jusqu'aux enfants, dit Crespin. «de sorte qu'en moins de cinq ou six jours les bords de la rivière baissant à Angers estoyent couverts de corps dont les bestes mesmes s'espouvantoyent. »

Le ministre Michel Herbaut. ancien prieur des Augustins, ayant été arrêté près de Tours, fut amené devant Chavicny qui lui commanda de se tenir prêt à prêcher pour le lendemain. Herbaut obéit; mais son sermon n'ayant pas été goûté par les assistants, il fut jeté en prison et deux jours après condamné à être brûlé vif. Il est vrai de dire que cette sentence fut adoucie ; on accorda au malheureux ministre d'être pendu.

Le lendemain de son entrée dans la ville le duc de Montpensier avait fait publier à son de trompe : Que chacun après tre confessé eût à faire ses Pâques et à se trouver le lendemain à la procession générale du S. -Sacrement, sous peine de la vie. Beaucoup de religionnaires intimidés se mêlèrent à la procession ; mais leur soumission, loin de leur l'aire trouver grâce, ne servit qu'à les désigner plus sûrement au fanatisme sanguinaire de la populace. Un certain nombre d'entre eux furent noyés, les autres jetés en prison. Quant aux maisons de «eux qui étaient absents ou qui avaient été massacrés, comme elles n'avaient point été « tapissées » conformément à l'ordonnance du gouvernement, pour faire honneur à la procession, les gens de la justice leur tirent le procès et les condamnèrent à être saccagées, puis vendues au plus oirrant, ce qui fut exécuté. Quelques jours après, des moines dressèrent une confession de foi, et il fut également crié par la ville : Que quiconque refuserait de la signer ou approuver par-devant bon témoin serait mis à mort. Quelques femmes, entre autres, demeurèrent constantes en leur foi. De ce nombre fut la femme du poète qui fait le sujet de cette notice. Il est probable que lui-même avait péri, car il n'en est plus fait mention dans l'histoire depuis cette époque. « Une honnorable damoiselle, raconte Crespin, de la maison Du TU en Flandres, femme d'un honnorable personnage nommé Acace d'Albiac de Paris, frère de Du Plessis, ministre d'Angers, estant partie de Lausanne en

Suisse avec son mari, et surprise par les troubles à Tours, après avoir constamment refusé de soussigner cette confession, fut traînée avec infinis outrages jusqu'à la rivière, ayant receu en chemin un grand coup d'espée sur le visage, et finalement avec son hostesse, femme d'un nommé Du Mortier, et une honorable vefve nommée La Chapesière, jettée en l'eau si basse que n'y pouvant estre noyée avecques ses compagnes, elles y furent assommées à urands coups d'avirons jusques à leur faire sortir la cervelle à la veuè d'un chacun. » La ville de Tours ne fut pas le seul théâtre de ces scènes d'horreur, toute la province fut couverte de meurtres.

C'est alors que périrent le ministre de S.-Christophe nommé Longer il le, homme intègre et fort âgé; le ministre de Ligueil, Provençal de nation, «plein de grande pitié et de fort paisible esprit, " auquel on creva les yeux et qu'on jeta encore vivant sur un tas de bois où il fut brûlé; le nommé Ferrand, autrement dit le seigneur Dusson, qui de retour de Lausanne depuis quelques années, avait été envoyé a l'Isle-Bouchard pour y répandre les doctrines de la Réforme. Il avait été appréhendé avec le seigneur des Perrouses ; et ils étaient conduits tous deux par-devant le gouverneur de la province, qui faisait sa résidence ordinaire à Champigny, lorsque le tocsin du château appelant les tueurs au dehors, ils furent massacrés par la commune et jetés dans une mape.

2. L'Anjou ne fut pas moins éprouvé que laTouraine. Le frère de notre poète, Charles i/Albuc, sieur Du Plessis, pasteur à Angers, fut une des premières victimes. [Haag l, 30 a; — II, 419 a]; Bull. II,

Charles d'Albiac parait avoir joui d'une grande réputation d'éloquence.

« L'Eglise de Blois, dit Béze, en ayant entendu parler comme ayant le langage plus friant que d'autres, le demanda à celle de Tours [au service de laquelle il était d'abord attaché a\ecJacq. Rouille.

juill. 1558], qui consentit à le lui prêter pour trois mois. » A l'époque de l'assemblée des états provinciaux de l'Anjou pour l'élection des députés aux Etats Généraux (15ÔU), Du Plessis. de retour

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à Angers, et un avocat du roi, nommé François Grimaudet, déployèrent tant d'activité et de zèle que les religionnaires l'emportèrent, en faisant élire les sieurs de La Barbée et de Vallier-Bresay. Mais ces élections lurent cassées par le duc de Montpensier.

A Angers, les choses se passèrent à peu près comme à Tours. Les protestants s'y maintinrent les maîtres jusqu'au 5 mai (1562). Mais à cette époque, Puygaillard, avec l'assistance des habitants catholiques, s'en empara « en moins de rien. » Le duc de Montpensier et Ghavigny l'y suivirent. Pressé par le danger, le ministre Du Plessis voulut fuir par-dessus les murailles de la ville : mais il fut reconnu et égorgé. Les juges sommés d'expédier en toute diligence le procès des malheureux protestants dont on avait comblé les prisons, se mirent aussitôt à l'œuvre.

On nous a conservé les noms de quelques-unes des victimes de ces assassinats juridiques. Mathurin Bouju, receveur des tailles, avait été incarcéré un des premiers. Il va sans dire qu'avant toute autre formalité, son domicile avait été saccagé , et sa caisse déclarée de bonne prise par le gouverneur. Le sieur de Beauregard, diacre de l'Eglise, avait même été tué dans sa maison en résistant aux assaillants. Son procès donc étant commencé, et Bouju ayant récusé le président, Ghavigny, lieutenant du duc de Montpensier, le somma de convenir d'un autre juge, d'autant, ajoutat— il, qu'il avait beau choisir, qu'il n'en mourrait pas moins. Bouju désigna le conseiller François de Pincé, sieur de La Boue, « qui lui avoit esté de tout temps ami famillier ; » mais comme Pincé déclinait ce dangereux devoir, Ghavigny le menaça, s'il ne s'exécutait au plus vite, de le faire pendre lui-même aux créneaux de sa maison. Pincé eut alors la faiblesse de condamner son ami, qui fut mis à mort avec un de ses fidèles serviteurs, nommé Robert Crozille.

Jean de Nodreux, sieur du Gormier, eut la tête tranchée ; outre le crime d'hérésie dont il était coupable, il y avait pour sa condamnation un motif plus puissant encore : sa fortune était très-considérable, et elle échut au moine Birhelieu.

Pierre Gohin, sieur de Malabry, garde de la Monnoye, et un des anciens de l'église, eut le même sort; ce notable commerçant était en telle estime dans le pays, que le grand doyen de Saint- Maurice lui avait donné refuge dans sa maison contre les poursuites de ses assassins ; c'est chez ce vénérable ecclésiastique qu'il fut trouvé et arrêté. François Melct, sieur de Pincé, et Jacques Eveillart, sieur de La Ganerie, tous deux avocats, furent également exécutés; seulement ce dernier, en sa qualité d'ancien et de surveillant de l'église, reçut de plus la question extraordinaire.

Quant à leur confrère, Guillaume Perraui , il ne racheta sa vie qu'en accordant à un valet la main de sa fille unique. Les mêmes meurtres se renouvelèrent dans toute la province : à Gran. où le baron du lieu, le sire de La ïrémoille, permit à Puygaillard de transporter le théâtre de ses cruautés; à Baugé, où l'un des ministres, Jean Le Bailli, fut tué; en un mot, tout le pays fut inondé de sang, et les exécutions y continuèrent, même après la publication de la paix d'Amboise, en 1569.

B; ALBIAC(d'). Ministre dans leVivarais, 1620 [VI, 408 a]; — (Simon,, min. à Sr-Vincent de Vivarais, 1671. à Vallon, 1669, 1671, à Marcols etc. 1669-73 [VI. 33 6, 34 a; VIII, 306 6; IX, 376 a]. Un Simon d'Albiac était pasteur à Aardenbourg en Hollande, 1693-1703. — Pierre Albiac fut admis au saint ministère en 1681 et donné pour pasteur à Montclus.

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