‹ La France protestanteChapitre 255 sur 303 · V. Dissertatio epislolaris in duo N · texte numérisé non relu

V. Dissertatio epislolaris in duo N

T. loca (I Tim. III, 16 et Jean XIX, 14), insér. dans la Bibliothèque publiée par Kuster sous le nom de Néocorus, 1697. Cette dissert, ayant été attaquée, il la défendit dans une Epistola ad L. Neocorum, même recueil, 1699. Cette lettre fut suivie d'une réplique de son adversaire, à laquelle il opposa une duplique qui se trouve dans la même Bibliothèque.

"VI. Nouvelle allégorique ou Histoire desderniers troubles arrivés auroyaume d'éloquence, dern. édit., Utrecht, 1703, in-12. — C'est la 6me édit. de cette satire de Furetière. Bauldri y a joint une préface et des notes.

VII. Syntagyna Kalendariorum, Traitât. ad Bhen., 1706, in-fol.— Tout ce qui concerne les différents calendriers est rédigé en 28 tableaux, au moyen desquels on peut trouver le jour où les différents événements sont arrivés.

Paquot (Mém. pour l'hist. litt. des Pays-Bas, 6 vol. in-f", 1765-70) affirme que Bauldri avait écrit d'autres ouvrages qui n'ont point vu le jour. Il ignorait si l'on avait publié un discours De antiquo more converlendi hsereticos, multùm dissimili ex qui nunc vigel in Galliis, prononcé par Bauldri, le 14 oct. 1686, lorsqu'il prit possession de sa chaire d'histoire sacrée. Nous n'en avons rencontré aucune trace.

BAUHIN (écrit aussi Bauyn, Bohin, Boin), famille illustre dans les sciences [Haagll, 37].

1. Son chef, Jean Bauhin, était né à Amiens, le 24 août 1511. Il s'était déjà acquis beaucoup de réputation comme chirurgien, et il parait même qu'il remplissait une chaire de médecine, lorsque les persécutions religieuses le forcèrent à s'enlùiren Angleterre, vers l'an 1532. Après y avoir passé

BAUHIN

trois années, il revint à Paris. Mais il n'y jouit pas longtemps du repos. Arrêté comme fauteur d'hérésie et condamné au feu, il ne dut la vie et la liberté qu'à l'intercession de la reine Marguerite de Nacarre qu'il avait guérie, dit-on, d'une grave maladie, et qui, par reconnaissance, le lit son premier médecin et chirurgien. Ce titre cependant, non plus que la faveur de la sœur bien-aimée de François Ier, ne le mirent point à l'abri de nouvelles persécutions. Il dut prendre la fuite. Il se réfugia d'abord dans les Ardennes et ensuite à Anvers, mais il ne trouva que de nouveaux dangers dans cette ville. Heureusement, la femme du gouverneur qu'il avait soignée et guérie, s'intéressa à lui et le prévint que l'ordre avait été donné de le livrer à l'Inquisition. Il parvint alors à se sauver en Allemagne et de là à Bàle, où son attachement à la religion qu'il avait embrassée le détermina à se fixer. Il était dans la 32e année de son âge. Son manque de ressources le força quelque temps à remplir la place de correcteur dans l'imprimerie de Jérôme Froben ; mais il ne tarda pas à être admis dans le Collège de médecine de sa ville d'adoption. Le célèbre Conrad Gessner faisait beaucoup de cas de ses connaissances médicales, comme on le voit par plusieurs passages des lettres qu'il adressa à son tils Jean, où il prie ce dernier de consulter son père sur des cas difficiles. Jean Bauhin mourut le 23 janvier 1582. Sa femme, Jeanne Fontaine, qu'il avait épousée à Paris, ne lui survécut que quelques mois, jusqu'au 30 décembre de la même année. File lui avait donné plusieurs enfants :

trois filles qui se marièrent à Bàle, et les célèbres Jean et Gaspard Bauhin.

Notre habile praticien était très-zélé pour sa religion. Il avait coutume de dire que c'était plus par ses prières que par ses médicaments qu'il contribuait à la guérison de ses malades. Ses fils, surtout Gaspard, héritèrent de sa piété.

2. Jea.n Bauhin, fils aîné duprécédent, naquit à Bàle au mois de février 1541, et mourut à Montbéliard, en 1G131.

Il marcha sur les traces de son père.

1 Le 36 oct. 1612 suivant Durernov.

La médecine et la botanique furent l'objet de ses études de prédilection. Dès

de 18 ans, il entretenait un commerce épistolaire avec le célèbre I ner, optimo suo prscceptori, qui rappelle dans ses lettres ornatissimus et doctissimus juzenis et lui donne le doux nom d'ami, suo charissimo, amico can-

imo suo. Une telle amitié ] geait un glorieux avenir. On voit par cette correspondance qu'après avoir terminé ses coursa l'université de Bàle, en lô'JÛ, Jean Bauhin alla passer quelques mois à Tubingue, où enseignait le savant médecin et botaniste Fuchs. L'an-

v.ivante. il parcourut les Alpes avec

îer, et se rendit à Montpellier pour y suivre les leçons de l'anatomiste Guillaume Rondelet. C'est vraisemblablement à l'université de cette ville qu'il prit ses degrés de docteur, en 15G2. De retour en Suisse, il ne tarda pas à entreprendre un voyage d'instruction dans le nord de l'Italie, pendant lequel il fréquenta quelque temps l'université de Padoue; mais déjà vers la fin de la même année, il était de nouveau à Bàle, s'exerçant dans la pratique de la médecine, sous la direction de son père. Fn

il se rendit à Lyon où il séjourna au moins deux ans. Le magistrat de la cité l'ayant, dit-on, attaché à son service par des honoraires fixes, il eut le dessein de s'y établir, et prit pour femme Denyse Bernhard qui appartenait à une des plus honorables familles de la ville. M. lirédiot du Lut nous apprend dans sa Biographie Lyonnaise, que Bauhin avait en outre « un jardin de plantes médicinales dont il faisait la démonstration », ce qui veut sans doute dire qu'il professait la botanique médicale dans des leçons publiques, — auxquelles assistaient les compagnons apothicaires de la ville, comme on le voit par la dédicace de son Traité des animaux ayant ailes. En même temps il pratiquait la médecine et la chirurgie, et travaillait à une Histoire générale des plantes qui lui avait été demandée.

Cette histoire, heureusement commencée, lui avait déjà valu de précieux encouragements, lorsque les troubles de religion vinrent l'arracher à ses travaux et le forcer à s'éloigner. Il ne

BAUHIN

cessa cependant pas de nourrir le projet d'une histoire générale des plantes, et pendant plus de quarante ans , il y consacra tous les moments que lui laissaient ses autres occupations. Après un court séjour à Genève, il retourna enfin dans sa ville natale où il fut nommé professeur de rhétorique, en 1566. Les devoirs de cette place ne le détournèrent pas de ses études habituelles; il continua d'exercer la médecine et, en 1570, il fut choisi pour premier médecin du jeune comte de Montbéliard et pour médecin de la ville. Il succédait dans cet emploi à Nicolas Vignier, également réfugié français. Le jeune comte de Wurtemberg- Montbéliard n'était encore que dans sa 13e année lorsque Bauhin alla résidera sa petite Cour, au commencement de l'année 1521; aussi notre illustre botaniste fut-il son précepteur autant que son médecin. 11 l'accompagna dans presque tous ses voyages et notamment dans celui qu'il fit en Angleterre en 1592. En 1575, il rendit un service notable au comté en provoquant la réunion en un Collège des médecins, chirurgiens et apothicaires de la ville. Secondé par son jeune maître, il réussit aussi à créer à Montbéliard, 1578, un jardin botanique, le troisième en Europe, par ordre d'ancienneté, mais qui malheureusement fut abandonné à la suite des désordres de la guerre de Trente ans. Bauhin conserva pendant toute sa vie la direction de ce jardin. « C'est encore lui qui encouragea le duc Frédéric à ordonner des fouilles dans les ruines de l'antique Mandurum (Mandeure). Les découvertes répondirent à l'attente de ce prince et à celle des savants. Beaucoup de monuments de la grandeur romaine, tels que bains publics et autres édifices, inscriptions, statues, vases, médailles, parurent au grand jour; ce qui pouvait être transporté fut déposé et mis en ordre dans une salle du château de Montbéliard.

Bauhin qui, dès 1 594, avait la direction des fouilles, obtint aussi celle du musée naissant; mais ce musée fut dispersé en partie sous le règne du duc Léopold- Ebérard, et les derniers débris en ont été vendus aux enchères dans le milieu du X\?III« siècle.

Le duc, non content de l'avoir nommé son premier médecin, le décora d'une chaîne et d'une médaille en or à son effigie et l'investit, à titre de fief féminin (1595), d'un domaine considérable situé à Forstwyr et Markholsheim, dans son comté d'Horbourg, en Haute-Alsace. Sa femme lui donna cinq filles :

Eve- Christine et Marie qui moururent dans.l'adolescence; Madeleine qui épousa l'apothicaire Thiébaud Noblot; Elisabeth qui devint la femme du docteur Charles Loris, de Montbéliard ; leur fils Daniel fut premier médecin du prince Louis-Frédéric ; enfin Geneviève, née à Montbéliard en 1579, seule survécut à son père, et se maria avec Jean- Henri Cherler vers 1598; après la mort de son mari, vers 1620, elle se remaria avec le docteur Jean Steck, à Berne.

Bauhin avait eu une seconde femme, Anne Grégoire, veuve du procureur général Ferry Chambert, tous deux originaires et réfugiés de Besançon; il l'épousa à près de 60 ans (20 oct., 1598), et n'en eut pas d'enfants.

Jean Bauhin est auteur de plusieurs ouvrages de médecine et de botanique ; le plus important, son Histoire générale des plantes, lui a valu le surnom de Père de la botanique. On l'appelle aussi le Pline allemand. On a de lui :

I. Histoire notable de la rage des loups , advenue l'an 1590, avec les remèdes pour empescher la rage qui survient après la morsure des loups, chiens et autres bestes enragées. Montbéliard, 1591, pet. in-8°. Ouvrage publié, en môme temps, en latin.

IL De plantis à Divis Sanctisve nomen habenlibus. Basil., 1591, in-8°.

III. De plantis absynthii nomen habenlibus, Montisb., 1593 et 1599, pet. in-8° ; avec le portrait de l'auteur, représenté à l'âge de 50 ans.

IV. Traicté des animaulx aians aisles qui nuisent par leurs piqueures ou morsures, avec les remèdes; Oultre plus, une histoire de quelques mousches ou papillons non vulgaires, apparus l'an 1590, qu'on a estimé fort venimeuses.

Montb., 1593, petit in-8°, avec une planche en taille-douce.

"V. Historia novi et Admirabilis fontis balneique Bollensis in ducatu

BAUHIN

Wirtembergico. Montisb., 1598, in-4»; trad. en allem. par David Fœrter, Stuttgard, 1602, in-4».

Bauhin avait composé cet ouvrage à la demande du duc Frédéric, qui l'avait chargé, 1596, d'étudier les eaux de la source minérale de Boll, et de publier tarésultatde ses recherches. On trouve dans ce livre les figures sur bois de 2 1 1 coquillages fossiles, de 60 espèces de pommes, 39 variétés de poires, 8 espèces de champignons et 16 différents insectes. Il est surtout précieux pour les botanistes et les cultivateurs. C'est le premier essai qui ait été fait en ce genre et il a servi de modèle.

VI. Histoire des merveilleux effets qu'une salutaire fontaine située au village de Lougres (comté deMontbéliard), a produits pour la guèrison de plusieurs maladies en l'an 1601. Montbél., 1601, pet. in-8\ — On lit à la suite une Description poétiquedes vertus et propriétés admirables de la saine fontaine, par François de Lancluse, réfugié français.

Cet opuscule de Bauhin fut trad. en allem. par Zach. Dolder. Montbéliard, 1602, in-8».

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