ARDRES — ARGENCOURT
connétable de Montmorency se fût laissé gagner par le parti contraire. Cependant lorsqu'il vit Condé, qui avait déployé d'abord tant de vigueur et d'énergie, se laisser endormir par l'habileté de la reine mère, il prit le parti de se retirer chez lui, soit que ses ressources fussent épuisées, soit qu'il augurât mal d'une guerre ainsi conduite. « Quatre gentilshommes, nous raconte Crespin, assavoir les sieurs de Moncy St-Eloi, de Houdencourt, à'Ardres et de La Maison- Blanche, voisins de la mesme ville (Senlis) s'estans retirez d'Orléans en leurs maisons pour se rafraischir, les séditieux les allèrent attaquer et les amenèrent prisonniers, les accusans d'avoir tiré un coup de pistole au village de Fleurines contre une certaine femme sœur du prieur de St-Christofle, regardant par sa fenestre. De Senlis ils furent menez à Paris et décapitez aux halles, après avoir fait confession de foi, et ce le 10 nov. 1562, et leurs testes apportées à Senlis, et mises aux quatre portes de la ville.» Nous trouvons dansBèze qui rapporte le même fait, une circonstance importante passée sous silence par Crespin. C'est que le tribunal de Senlis, jugeant en première instance, avait acquitté les quatre prévenus. Rien ne saurait mieux établir leur innocence; car, à cette époque, l'ombre d'une preuve suffisait souvent pour déterminer un arrêt de mort.
AREAU (Guillaume d"), président ou avocat général au conseil souverain de Béarn, destitué par les catholiques on 1509. selon Bordenave p. -254). If. P.
Raymond ajoute qu'après les troubles, il présida la chambre des comptes de Pau et qu'il cumulait cette charge avec celle d'avocat général au conseil souverain de Béarn. Il mourut en 1571.
AREMBERT (Catherine), v. 1550 [IV, 513 a]. - Cf. [IX, 104 b].
Â.REN (barons d'), vov. Mesplès.
ARÈNES (Barbe d'), 1597 [TX, 554 a].
— Françoise de Saussan, dame d'Arennes, v. 1610 [V, 505 al. — Intrigues pour convertir cette famille, en 1683 : Bull. I, 114. — Un d'Arènes capitaine au service britannique en 16S9 (Agnew II, 181). On a écrit quelquefois Darènes.
ARERAT, capitaine, 1570 [I, 141 b].
Aretius (Felinus), voy. Bucer.
ARGAN (Charles), de Caraman en Languedoc, assisté à Genève, 1700.
ARGAND (M/.rguefite et Marie), Genève, 1645 [VII, 218 a]. — (F. Dorothée) v. 1770 [Mil, 513 b]. — Famille genevoise originaire de Bonne en Faucigny.
ARGELLE ou Arguelle (le capitaine), député des églises de Gascogne, 1573 (Bull. X, 352). Probablement de la même famille quArgehs. — Voy. Arros n" -2.
ARGENCE d'), famille d'origine normande qui resta très-tard attachée au protestantisme. = Armes : De gueules à la fleur-de-lis d'argent.
En 1621, un d'Argence signa le procès-verbal de l'assemblée du Pouzin,qui conféra de pleins pouvoirs au sire de Blacons pour la défense de la Réforme dans le Vivarais V. 140 a. note]. Dans le premier quart du XVIIe siècle, Louis de Polignac. sieur d'Argence. comptait parmi la nobbsse protestante de la Saintonire avec les Chûtelaillon et les Dompierre, auxquels il était allié [V, 380a]: En 1650 vivait Xoé de Chambaud, seigneur d'Arizence et de S. -Léger IV, Vers la fin du siècle , Elisabeth Gourjault [V, 341 a] était femme de Charles d'Àrgence. sieur de La Jarrie.
vraisemblablement la même dame qui fut enfermée comme tidèle protestante, en i 7 *2 ~> . aux Hospitalières de Poitiers. M"e d'Argence de Lesigny, sa fille. mise d'abord à l'Union chrétienne de Poitiers, et qui « empêchait par son opiniâtreté la conversion de sa mèrp, » l'ut transféré? en 1727 au Calvaire de Chinon, puis aux Nouvelles-Catholiques de Tours, et parvint en 1730 à se réfugier en Hollande (Tt, 32
ARGENCOURT (d'), habile officier du génie, qui fut chargé par Rohan de diriger sous les ordres de Calonge, les travaux de défense pendant le siège célèbre de Montpellier, en 1622. Il se rallia dès lors au gouvernement et abandonna la religion réformée. Nommé ingénieur général, il fut chargé, en 1625, de construire la citadelle de S.- Martin dans l'île de Ré. En 163u, il dirigea les travaux de la citadelle élevés sur les ruines de l'ancien château d'Oléron, et Richelieu l'invita à tracer le plan des fortifications de Brouage. Enfin les Mémoires du cardinal nous ap-
ARGENCOURT — ARGOUD
prennent qu'en 1037, lorsque les Espagnols débarquèrent sur les côtes de France et tentèrent de s'emparer de Leucate, Argencourt, placé sous les ordres du duc d'Hallvin, avec le grade de maréchal de camp, contribua, à la tète des enfants perdus, par son courage autant que par son expérience, à la prise du camp ennemi, après avoir forcé le château de Rochefort à se rendre, le 25 septembre [Haag I, 122. — II, 149 h; VI, 175 b].
Le vrai nom d' Argencourt était Pierre de Conti, seigneur d' Argencourt. Il était issu d'une famille française réfugiée à Genève, et né du mariage de Jean, seigneur d' Argencourt , 24 octobre 1575, avec Perrette, fille d'Yves de Baudan, demeurant à Alais. Bouffard-Madiane, dit, en racontant dans ses mémoires (manuscrits) la fin de la première guerre du duc de Rohan (1622) : « Argencourt, qui estoit capable de servir en ces négociations, fut aussy régalé de promesses et s'en prévalut plus que tous les autres par la protection du duc de Montmorency qui luy fist changer de religion. » (Pradel.)
1. ARGENSON (René d'), sieur d'Avoines ou d'Avesnes, riche et honorable gentilhomme du Maine, se retirant après souper de la maison de Thibaut Bouju, sieur de Verdigny (dépouillé lui-même de sa charge de juge criminel pour cause de religion), fut attaqué en chemin, massacré , dépouillé , et son cadavre abandonné en proie aux chiens et aux oiseaux, le 9 avril 15G5 [Haag X, OOj. Il avait contribué à la. prise de la ville du Mans au nom du prince du Condé }e 1er avril 1562 [VI, 253 a].
Mémoires de Condé V, 281.
2. Voy. encore : Guillaume et Judith d'Argenson, 1606 [II, 514]; — Esther, v. 1600 [III, 350 b] ; — Georges, 1562 [III, 94 a, 499 a].
3. Une demoiselle Perrine d'Argenson fille de Patrice d'Argenson, sieur d'Avesnes et de Montrevault, avait jadis épousé Jean Ghollet, sieur de La Cholletière et de Dangeau, et une fille née de ce mariage, Marie Chollet, devint en 14791a femme de Geoffroy deCourcillon, aïeul des Courcillon-Dangeau qui furent longtemps des protestants zélés. — Une
Jeanne d'Argenson fut mariée en 1495 à Jehan Levasseur, sieur de Cougnée ou Coigners, dont les descendants marquèrent comme protestants parmi la noblesse du Maine [VJI, 54 b]. — Louise d' Argenson, fille de François d'Argenson, sieur d'Avesnes, et de Jeanne de Cochefilet, épousa en \b61Jacquesde La Barre, sieur de Groslieu en Beauce, mort en 1587 gentilhomme du roi de Navarre. — François Houssemayne du Boulay, réfugié ea Prusse après la révocation de l'édit de Nantes, y épousa une protestante, nommée Mne d'Argenson.
Argent (d'), voy. Dargent.
ARGEftTEUIL (G. b'), à Bourges, 1720, prêtre converti. Vov. Chariot.
ARGENTIER (Brancasse), fils de feu Claude, « du mandement du bourg d'Oisans, » mercier, reçu bourgeois de Genève, 9 avril 1576.
ARGENTIÈRE ou L'Argentier , capitaine, 1562 [IV, 132 aj. — Autre, député à un svnode, 1672 [VIII, 302 b].
ARGENTL1EU (Frédéric de Hangest, sieur d'), capitaine, tué en 1577 [VI, 284 b ; VII, 291 a]. — (Jean), 1578 [VI, 291 b). Voy. Hangest [V, 429 aj.
ARGENTRÉ (Jeanne d'), épouse dé Samuel d'Andigné, sieur de La Gotrays, fait baptiser conjointement avec son mari à Vitré, en 1596, leur fille Anne. — Cf. Andigné.
ARGER (trois frères), avec trois autres compagnons, tous des Cévennes, assistés en passant par Genève pour se réfugier plus loin, 1701. — « David Argerius, » de Montpellier, étudiant à Genève, 1627. — (la veuve de Daniel), réfugiée à Manheim, 1700.
ARGEUSES (Elisabeth d'), 1590 [VII, 55 b].
ARG1S (Gilles); Orléans, 1568 [VI, 531 b]. — (Sara), veuve de Pierre Combaud, avocat à la cour de Bordeaux (Reg, de Pons).
ARGON (Etienne), massacré à Forcalquier en Provence, 1562 [X, 4691.
ARGONDIÈRES (Jacq. Ponat, sieur d'), v.1630 [VIII, 287a]. —Voy. Ponat,
1. ARGOUD (Antoine d'), [Haag, I, 122), gentilhomme de Vienne en Dauphiné, converti au protestantisme par Jean Figon, ministre de grande réputation que l'on avait fait venir de Nèu-
ail
AKtiOlL)
ARLANDE
chàtel, en 1 562, et » qui avait corrompu, dit Chorier, beaucoup d'esprits dans cette ville, et leur avait inspiré la hardiesse de faire ouvertement l'exercice de la nouvelle religion dans leurs maisons. » Les maisons où s'assemblaient les protestants pour la célébration de leur culte, étaient celles de d'Argoud, de Gabet et de quelques autres. Ces réunions, quelque inoffensives qu'elles fussent, furent proscrites en 15G6, Figon reçut l'ordre de vider la ville dans les huit jours: Gabet échappa par la fuite à un châtiment plus sévère, et d'Argoud fut condamné à une forte amende. Ces rigueurs n'eurent, naturellement, d'autre effet que d'affermir les coupables dans leur foi. D'Argoud, qui devait être déjà avancé en âge, puisqu'il se trouve mentionné dans un acte de 1513, mourut sans doute peu de temps après; mais ses descendants persévérèrent dans la profession de la religion réformée, au moins jusqu'après l'avènement au trône de Henri IV. Nous lisons en effet, dans les procès-verbaux manuscrits de l'assemblée politique de Loudun, qu'en 15%, un d'Argoud, député en cour par les églises de la Provence pour se plaindre des persécutions de toute espèce dont elles avaient à souffrir, se présenta devant cette assemblée afin de solliciter son intervention en leur faveur auprès du roi et de ses ministres. A.. Liïre du Red. est inscrit comme étudiant à l'acad. de Genève en 1587 : «Jacobus Argodusdelpbinas. » C'est à cette famille qu'appartenait le comte d' Argout qui fut gouverneur de la Banque de France sous le règne de Louis-Philippe et dont le nom a été donné à l'une des rues de Paris voisines de cet établissement.
2. ARGOUD ou Argaid, Argod, Argoz (Etienne), « espinglier, » de Montrigaud en Dauphiné, reçu habitant de Genève, 15 sept. 1572. Son fils Jean- François (1504-lGG'O, membre du grand conseil en 1634. — -t>'go. procureur à Lyon, proscrit en 1568 (ci-dessus, col.
ARGAUQS (R-vchel, fille de Jean des;, sr de Dampierre, et de Madelaine de Crux, présentée au baptême à Pons en Saintonge par Jacq. des Argauds,
sr de La Chaussée, et Rachel de Crue.
àP» de Xantheuil (Tt, 285).
ARGOUGES (Françoise d'); Tours,
v. mO [VII, 204 a].
ARGOUL (d'); Lvonnais, 1579 [II,
ARGRIER ; Bertrand), condamné,
1569, à Bordeaux [II, 416 al.
ARGUES (Martin de, pasteur de
Bourges, 1556 (Bull. VIII, 73].
ARGY (d'), famille berrichonne [V,
438]. — Suzanne d'Argy, fille de noble
Jean d'Argy, née à Loudun, 1566. —
Voy. Haut-Teneuil.
ÀRIAL ou Ariail, capitaine [III,
ARIEL (Nie), barbier de Senlis, tué
à Lvon lors de la S.-Barthélemy [VI,
ARIFFATou Arifat (Nicolas de La Baume, sieur d".,v. 1600 |VI, 435 a]. — {Paul 1684 [VI, 435 b, note!.
ARIFONT Guillaume), marchand à Nîmes, reçu habitant de Genève, 3 novemb. 1572.
ARJON (André), d'Orléans, reçuhab.
de Genève, 17 mai !
ARLANDE ou Arlamde. famille noble du Languedoc [Haag I, 123. — Voy.
\ 1. .n7 b : IX. 255 a]. Loris d'Arlande, seigneur de Mirebel en Vivarais. qui vivait vers 15C)0, eut pour fils Gabriel Arlande , époux de Marguerite de Massuguier. laquelle le rendit père de Louis Arlande. Ce dernier se maria, le 7 avril 1586, avec Marthe ou Mariede Borne et en eut Louis Arlande, qui prit pour femme, le 21 avril 1624, Françoise de Beaumont, et laissa deux fils survivants, Jacques, sr de Mirebel, et Antoine, sr de Vendrias. C'est probablement le même Louis qui avec un troisième fils, également nommé Louis, et un autre d'Arlande, Jacques-Alexandre, furent tous trois confirmés, le 7 nov. 1615, par l'assemblée de Grenoble, comme commandants de la place deMirebel [II, 403b; IX. 102 al. Jacques, fils aîné de Louis et de Françoise de Beaumont, eut neuf enfants de sa femme, Jeanne de Beaumont, qu'il avait épousée en 1656. Nous connaissons les noms de sept d'entre eux : Rostan-François , Antoine-Constantin, Anne, Jacques, David, Marguerite et Antoine [IV, 181 b]. Ce der-
ARLANDE — ARLAUD
nier, né en 1667, se laissa séduire par le gardien des capucins de Villeneuvede-Berg, qui l'attira dans son couvent en 1678, et l'y retint sous prétexte qu'il s'était converti. La veuve de Jacques prouva que son fils n'avait pas onze ans ; le dossier de l'enquête [Archiv. M, 665) ne nous apprend pas si on lui rendit justice. A ces renseignements nous ajouterons que Jacques d'Arlande, ancien de l'église de Villeneuve-de-Berg, fut député |X, 367] par la province du Vivarais au 29e synode national, qui s'assembla à Loudun en 1659. Ce synode le chargea d'aller avec le pasteur David Eustache, porter aux pieds de S. M. ses très-humbles devoirs, ses soumissions et remerciments, en lui confiant en même temps pour le roi, la reine mère et le cardinal Mazarin, des lettres où l'on désirerait plus de sincérité et un peu moins de servilité. Quand on connaît la conduite que le gouvernement de Louis XIV tenait déjà à l'égard des protestants, on reste stupéfait à la lecture de phrases telles que celle-ci : « Les faveurs que "V. M. répand journellement sur nous augmentent de plus en plus les obligations que nous lui avons, parmi lesquelles nous pouvons compter comme la plus singulière, cette assurance que V. M.
nous a donnée par la bouche de M. son commissaire, de son affection paternelle pour tous ses sujets de la religion réformée, et que le dessein de S. M. est de nous continuer les effets de sa bonté accoutumée, comme aussi le privilège qu'elle nous a accordé de nous assembler dans cette ville,, ce qui étant des marques d'une bonté toute particulière, les expressions nous manquent, et nous n'avons pas de termes assez emphatiques pour en témoigner notre gratitude, et combien fortement nous nous sentons engagés, par cette nouvelle faveur, à dévouer et consacrer nos vies et nos fortunes pour le service de"V. M. » Les deux députés s'acquittèrent de leur mission à la satisfaction du synode, qui les remercia de leurs soins et de leurs peines. Le seigneur de Mirebel fut encore commis, avec les pasteurs Homel et Janvier, et avec Timothëe Baruel, appelé ailleurs Bervil, docteur en droit civil, avocat et ancien de l'église de Privas, pour visiter
l'université de Die et porter remède aux abus qui s'y étaient introduits. Les élèves de cette université laissaient croître leurs cheveux, portaient de grandes manches pendantes, des gants à franges, des rubans, fréquentaient les tavernes, recherchaient la compagnie des femmes, avaien t l'épée au côté, et leur style sentait plus le roman que la parole de Dieu. — Telles étaient les plaintes générales des députés des provinces. Le synode de Loudun ne se contenta pas d'exhorter les professeurs et les directeurs des universités, comme aussi les consistoires et les églises, àuser de toute leur autorité pour réprimer de semblables excès, en leur enjoignant d'excommunier les réfractaires et de rayer leurs noms de la matricule des étudiants ; il chargea, comme nous l'avons dit, des ministres et des anciens d'une inspection des universités, avec ordre de faire savoir à tous les étudiants en théologie qu'ils eussent à lire publiquement les saintes Ecritures avant le prêche. Les autres députés furent Isaac de Guitton et Isaac du Bordieu, pasteurs, avec Paul Thouvois , seigneur de Champs, avocat au parlement et ancien de l'église d'Orléans, pour l'université de Saumur; Adrien Charnier et Jérémie Viguier, avec de Pontperdu et Jacob Maisojinais, avocat au parlement et ancien de l'église de Bordeaux, pour celle de Mon tau ban; Isaac du Bordieu et Etienne Broche, seigneur de Méjannes, pasteurs, avec Edouard de Carlot, baron de S.-Jean de Gardonenque, et de Pontperdu, pour celle de Nîmes. Il fui ordonné en outre que les synodes provinciaux, dans le ressort desquels se trouvaient ces universités, députeraient chaque année des pasteurs pour en faire la visite. — D'après un travail généalogique, daté de 1702 et signé Pierre Vernes, la famille Vernes, de Genève, originaire du Vivarais, posséda, au XVIe siècle, la seigneurie d'Arlande. — Yoy.
Galiffe, Notices généal. IV, 5'i4.
ARLANDY et sa femme, réfugiés et assistés à Genève, 1684. — (Jean), naturalisé anglais, 5 janv. 1688.
I . ARLAUD, famille originaire de Maringues en Auvergne, réfugiée et admise à la bourgeoisie à Genève le 26 déc. 1617. Cette famille, qui s'est
3io
ARLAUD
ARMAND
perpétuée jusqu'à nos jours, a produit plusieurs artistes de mérite, principalement : Jacques-Antoine Artaud, excellent peintre en miniature, né à Genève le 6 mai 1668. Son père, Henri IV.
206 b}, le destinait au pastorat: mais son goût pour les arts du dessin l'emporta sur les études théologiques, et en 1688 , il fut envoyé à Paris pour y continuer son éducation artistique. Ses commencements furent pénibles. Mais, à force de persévérance, il finit par se faire connaître et apprécier. Le duc d'Orléans, bon connaisseur en fait d'art, voulut même prendre des leçons de lui et le logea dans son château de S.-Cloud.
Dès lors, il n'eut plus de rivaux. Il est vrai que ses portraits étaient, dit-on, d'une ressemblance parfaite, son pinceau d'une délicatesse extrême, ses tons de couleur vrais et vigoureux et. ce qui faisait encore son principal mérite, c'est qu'il saisissait admirablement et d'un coup d'œil le caractère des personnes qui posaient devant lui. Après avoir eu tous les succès dans son art, après s'être concilié, en Italie et en Angleterre aussi bien qu'en France, les plus hautes amitiés , celle de Newton par exemple , il voulut terminer sa carrière dans sa patrie. Ses dernières années se passèrent à Genève, où il mourut en 1743. (Haag.) On conserve au Musée de Genève, outre quelques-unes de ses œuvres, un trèsbeau portraitde lui, peint par Laraillière. — J. Ant. [VII, 191 a]. — Abraham VII. 218 a|.
•2. ARLAUD (Guillaume), d'Uzès, manufacturier de bas, réfugié avec sa femme, un enfant et un apprenti, à Magdebourg, 1698. — (Claude) avec sa femme et ses deux enfants, assistés en passant à Genève pour chercher un refuge, 1703. — (Claude, fils de Paul . du Dauphiné, reçu habitant de Genève, 26 janvier 1717. — (Phibppe, fils de feu Claude), d'Orange, tisserand, id. 19 oct.
3. ARLOD ou Arlot (Jaqeet), [X, 471], «homme vieux et impotent et griefvement malade en son lict, pris et jette des fenestres de sa maison en bas, et l'assommèrent de ses potences [béquilles] dont il se soustenoit; » à Castellane, 1562 (Crespin). — Mathieu Arlo, de
Valdrome, assisté en passant à Genève, 4685. — 'André, fils de feu Etienne), d'Alex en Dauphiné, tondeur de drap, reçu hab. de Genève. 15 nov. 1717. — Marie Arliod , « de Poïlaval , » assistée à Genève. 1692.
ARLAUSAC, Montauban, 1626 [IV, 467 a].
ARLES (d'), seisneur de Lisv. 1567 [VII, 359 a].
ARMAGNAC (Jean d'), valet de chambre du roi, 1611 ; souverneurdu château de Loudun. 1617 (VI, 204 b; VII, 283 a].
ARMAN Julian). d'Issoire, orfèvre, reçu habitant de Genève, 1er déc. 1572.
— (François), de Mens en Dauphiné.
cordonnier, réfugié à Schwedt (Prusse),
1698. — (la femme de Daniel), du Vivants, et son fils « qui ont demeuré six mois en prison et dont le mari est encore aux galères, » assistés à Genève,
1699. — (Jeanne, Judith, Jean, François , etc.), du Dauphiné (onze personnes), réfugiés à Berlin, Magdebourg.
Neuhaldensleben et Schwedt, 1700.
1. ARMAND .Jean, tîls defeu Claude), de Zays [d'Uzès] en Provence, orfèvre, reçu habitant de Genève le 20 juin 1550.
— (Pierre), son frère, esperonnier, id.
le même jour.
2. ARMAND et Jean Armant, proscrits àLvon en 1568 v'ci-dess. col. 278 et 280).
3. ARMAND (Gdill.) ; Provence, 1 5 \ 1 [VII, 319, a]. — (Autre Guill.) massacré à Cabrières, 1562 [X, 470]. — Guillemette, massacrée a Gordes [X, 471]. — Paul, 1686 [V, 45 b]. — Geoffro> X.
220] . — (J.), du Lantraedoc, calérien, 1686 [X, 4081. — (Aldebert), de Marvejols, vers 1720 [IX, 427 a].
4. ARMAND (la délaissée d'Isaac), d'Orpière en Dauphiné, avec trois enfants, 1692; — (la délaissée d'Isaac), de Nîmes, allant en Allemagne avec deux enfants, 1693 ; — (la veuve de François), de Die, et ses deux fils allant rejoindre ses parents en Suisse, 1695; — (Jean) avec sa femme et deux enfants, de Lamothe-Chalençon, 1697; — (la femme de Michel), de*Die, 1699; — (Jean), de Die, « revenant d'Allemagne en pauvre état et demandant à y retourner, » 1 700 ;
— (Jeanne , de Die, arrivée malade; 1700; — (Anne), d Orpierre, 1700-1702;
ARMAND
— (Philippe), de Vanterol en Dauphiné, 1702; — (Jean), d'Orange, 1703; — (Isaac) et sa femme, d'Orange, 1703; — (la veuve) et cinq enfants , d'Orange, 1703 ; — (Jean -Louis), de Bourdeaux, 1703; — (Pierre), de Tolignon, 1703; — (David), de Beaumont, en Dauphiné, 1704; — (Louise), de Die, 1710; tous réfugiés et assistés à Genève, aux dates indiquées. — (Antoine), du Vigan, chirurgien, avec sa femme et trois fils, reçu à Lausanne^ 21 nov. 1701. — (Joseph), de Die, reçu hab. do Genève, 18 fév. 1713.
— (Pierre, fils de Jacques), d'Arnayon en Dauphiné, chapelier, id. 19déc. 175-2.
5, ARMAND (François), sa femme et deux enfants ; — (Elisabeth) et trois enfants ; — (Catherine) ; assistés à Londres, 1721.
6. ARMAND (Jacques), pasteur de l'église wallonne de Hanau en 1762, et de l'église réformée française de Francfort-s.-Mein, 1764-65 [Haâg I, 124; III, 330 a]. Il est auteur d'un petit recueil de Sermons, dédié au comte Pierre deGolofkin, chambellan du duc de Deux- Ponts, renfermant quatre sermons, le premier sur Jean III, 19 (Francf. 1762, in-8°); le 2e sur Cant. II, 4, prononcé à l'occasion de la paix qui mit un terme à la guerre de Sept ans (2e édit., Francf. et Leipz., 1763); le 3e sur Luc XII, 43, prononcé à Bockenheim à l'occasion du 50e anniversaire de l'installation d'Ant. Mathieu, pasteur de l'église française de Francfort (Francf. et Leipz., 1765), et lé 4e sur Ps. LXXXII, 6, 7, prononcé également à Bockenheim à l'occasion de là mort de l'empereur François Ier (Francf. 1765). Parmi des pages d'une véritable éloquence, on y rencontre fréquemment des allusions au sort des protestants en France, mais nulle part avec plus d'àpropos que dans le second de ces sermons qui eut pour auditeurs un grand nombre d'officiers et de soldats français rentrant dans leur patrie après les campagnes d'Allemagne. « Vous avez, s'écrie Armand, des concitoyens, qui sont nos frères dans la foi, mais qui sont souvent inquiétés au sujet de leur créance. L'ignorance où l'on est de notre culte, fait qu'on les noircit souvent sans fondement. Eh bien, messieurs, de retour chez vos Compatriotes* dissipez et éclai-
rez \;ette ignorance. Racontez-leur ce que vous avez vu dans ces provinces où on professe la même foi. Dites-leur que cette hérésie qu'on leur reproche, consiste à adorer l'Eternel en esprit et en vérité, à méditer ses divins oracles, et à lui adresser nos prières en langue intelligible et entendue du peuple; à être jaloux des droits de Dieu, et à ne point partager notre confiance et nos hommages entre le créateur et la créature, quelque sainte qu'elle puisse être. Dites-leur que cette hérésie consiste à aimer tous les hommes de quelque religion qu'ils soient ; à n'employer que des voies de douceur pour l'instruction et la conversion des âmes-.'-à être fidèle à son prince, sans permettre qu'un pontife étranger empiète sur ses droits; à ne point souffrir d'hommes inutiles, qui s'engraissent du travail des peuples, qui dévorent en pure perte la substance des Etats, et servent de gouffre aux générations futures. Dites-leur... en un mot, ce que vous avez vu. Employez le crédit que votre naissance et vos emplois vous donnent auprès des chefs de l'Etat, à délivrer des captifs malheureux qui, quand il serait vrai qu'ils fussent dans l'erreur, sont toujours respectables de ne vouloir point devenir hypocrites. Réprimez le zèle indiscret de ceux de vos lévites qui croient honorer Dieu en tourmentant les hommes. Soyez des docteurs de charité auprès des docteurs de votre foi ; et si vous trouvez que j'ai dit vrai dans mon discours, dites-leur à votre tour : Ministres des autels, nous annonçons une doctrine ancienne et nouvelle; l'esprit de l'Evangile, c'est la Charité ! » — Suivant le bibliographe R. Watt ces sermons auraient été trad. en anglais, 1768, in-8°.
7. ARMAND (J.-T.). pasteur à La Haye, 1766, puis (1775) chapelain de l'ambassade de Hollande à Paris [VIL 284 a]. — Peut-être le même que le précédent. Voy. aussi [X, 152].
8. ARMANT (Geneviève), 23 ans, vivait, en 1781, enfermée aux Nouvelles- Catholiques de Rouen depuis six années.
— (Marie-Elisabeth) , 15 ans, id. depuis trois années,
9. ARMAND DE CHATEAU VIEUX (Claude), né en 1542 [Haag 1, 124. — LU, 79]. Il eut de sa femme Jeanne
ARMAND
d'Issautier, de Sisteron, deux fils. Le cadet, Guillaume, capitaine de cent hommes d'armes, servit avec distinction sous les ordres de Lesdiguières. Marié avec Marguerite de Bernardi, il devint la souche de deux branches de cette famille établies dans la Bourgogne et le comtat Venaissin, mais qui ne paraissent pas avoir persisté longtemps dans la profession de la religion protestante. L'ainé, André, né le il avril 1595, épousa, en 1 G 1 3 , Antoinette de Bardel, fille de Georges de Bardel, seigneur de Theus et de Morout, dont il eut aussi plusieurs enfants. Son fils aine, Georges se réfugia à Genève. Le second. Claude, suivit la carrière des armes et fut tué en 1681. Le troisième, Alexandre, mourut sans postérité. Le quatrième, André, fut l'auteur d'une branche éteinte depuis longtemps et sur laquelle les généalogistes ne fournissent aucun renseignement. Le cinquième enfin, Gaspard* fonda les branches du Dauphiné et de Ghaumont en Bassigny, qui renoncèrent à la foi de leurs pères. Le seul de ses cinq fils dont les descendants appartiennent bien positivement à la France protestante, est Georges, né le 28 avril 1620 et mort en 1680. De son mariage avec Marie Chevalier naquirent André, époux de Claudine de Calvière, tille de François, baron de St.-Gôme, et Gaspard, né en 1677 à Mison en Provence, qui servit dans les troupes anglaises avec le grade de capitaine de drasons, et mérita l'estime de Marlborough qui le choisit pour veiller sur son fils lorsqu'il l'envoya voyager sur le continent. Il mourut à Genève en 1733, laissant de son mariage avec Catherine Desmons, quil avait épousée en 1725, un fils nommé Jacques, lequel obtint gratuitement la bourgeoisie en 1769 et s'allia avec la famille des Buisson, également réfugiée à Genève, en prenant pour femme, le 26 février 1769, Madeleine, fille de Léonard Buisson, ancien syndic de la république; = Armes : De gueules à la fasce échiquetée d'argent et de sable* de deux traits, accompagnée en chef d'un crois* sant d'argent et en pointe d'un bœuf passant, d'or.
10. AR>IAND(DANTEL),étudiantau séminaire protestant de Lausanne en 1764,
fut placé en 1773 comme pasteur dans le quartier de la Drôme (églises de Saillans, Sainte-Croix, Aucellou, etc. par le synode du Dauphiné. A l'époque de la Révolution, il renonça à ses fonctions et fut nommé commissaire des vivres à Valence. Adonné dès lors à l'agriculture, il publia vers 1791 des Notes sur l'éducation des vers à soie , et après de nouvelles observations, un Traité sur les vers à soie, Nyons, 1798, in-12, 101 p. Le premier consul le nomma juge de paix du canton de Nyons, charge dont il fut dépouillé parla Restauration. Nous pensons qu'il est également l'auteur de l'écrit suivant : Discours sur les devoirs qur nous devons au Roi et aux magistrats qui le représentent . prononcé dans le Bas - Dauphiné ; 1787, in-12. — Armand-Delille, fils du précédent, né en successivement pasteur à Valence et à Nimes, et mort dans cette dernière ville en 1815 à l'âge de 31 ans. ■ Quoique jeune encore, dit l'éditeur de ses sermons, M. Armand-Delille avait mûri pour le ciel. Sa vie fut, comme sa doctrine, une prédication évangélique. » On connaît de lui un Discours sur le rétablissement de la religion, prononcé le 15 août 1806 (à Valence); Valence (1806), in-12; un Sermon pour le jour de la dédicace du temple de Loriot : Valence fl907)j in-*p: un Choix de Sermons de feu M. Armand Del ille. pasteur à JYisvies, publiés par J.-*T. Gardes, dm des pasfrurs de la même église. Nimes 1 1 2 vol. in-12. (Arnaud.
11. ARMAND (Daniel d'), sieur de Saléon [I. 125 a], av. au pari, de Grenoble et nommé conseiller à la chambre de ledit de cette ville en 1599. 11 avait servi dans l'armée de Lesdiguières, qui le dépécha secrètement à Du Poèt, assiégé dans le château de Montélimar, pour lui dire « qu'il devait se prévaloir de la confusion qu'il prévoyait bien que la multitude des chefs (catholiques1 causerait parmi les assiégeants, se servir de grenades et du canon, et faire une rude sortie sur eux pour les chasser de la ville. » L'ordre de Lesdiguières fut exécuté de point en point et la place reprise. D'Armand exerça sa charge 27 ans et s'en démit en faveur de son fils, qui suit. — (Pierre d'\ nommé conseiller à la