SICNÀTTIRR DU CONCORDAT ENTRE LE PREMIER CONSUL ET LE SAINT-SIËGE
Le prtmier consul Bonipsrte Bifin» avec Pie VII le CodcordH le iJ juillel 1801. C« fut Tccuïte la pli« importinte du CddiuIxi, puisqu'elle ealralnaïi U resuantion du culte catholique ea France.
Destruction. Destruction des hommes comme des choses, avec la même insensibilité, qu'il s'agisse de détruire un monument ou une vie humaine, cent monuments ou mille existences! Destruction ayant un caractère typique, particulier, exclusif.
La Révolution n'est pas, en effet, la seule puissance destructrice que la Providence ait envoyée en ce monde. Les chefs de guerre, les conqué-
Fkako RivoLDT. — Livr. 89.
rants, les fondateurs d*einpire, détruisent. Mais ils détruisent par secousses de haine, de colère, de passions furieuses, de fantaisies sanguinaires. La Révolution seule détruit par principe, je veux dire parce que la destruction est son principe, principe générateur, principe moteur, enfin toute sa raison d'être.
C'est pour cela qu'elle est si paisible au milieu des massacres, si insatiable au milieu des ruines : elle agit par principe. Elle extermine au nom de la sagesse, de la logique, du devoir. Plus encore : elle se donne comme la bienfaitrice de ceux dont elle prend les biens, l'honneur, les enfants et la vie.
Elle apporte un nouveau régime à qui l'ancien est inutile et qu'il peut même gêner. Ce nouveau régime, selon elle, amène un changement radical et un progrès tellement considérable, qu'il doit être accepté comme un idéal de bonheur, le dernier mot de l'organisation sociale. On peut donc, au nom de la logique, et on doit, au nom de la sagesse, supprimer tout ce qui pourrait s'opposer à ce changement, gêner cette évolution vers la perfection et la félicité.
Ainsi s'explique comment la Révolution adore les plus grotesques ou les plus répugnants des hommes; défend les plus ineptes ou les plus révoltantes théories ; attaque avec autorité ce que la conscience de l'humanité entière, à toutes les époques, a considéré comme sacré; commet, avec sérénité, ce qui a été regardé jusqu'ici comme criminel, honteux ou monstrueux. Pratiquant avec le même sang-froid l'hypocrisie ou la férocité, elle ne craint pas, elle se réjouit même d'avoir pour berceau l'échafaud, pour nourrice la tyrannie. Elle tient gravement ses assises dans la boue, sans rougir d'avoir pour assesseurs les mâles les plus décriés, les femelles les plus salies de l'espèce humaine. Nous disons mâle et femelle, et nous en rougissons en pensant à nos pères et à nos mères. Mais il faut parler son langage. L'homme n'est plus qu'un animal de première classe. Ce n'est plus qu'un mâle d'une espèce ambitieuse, comme la femme n'est qu'une femelle d'une espèce coquette. Ambition infatigable, coquetterie insatiable, ce sont les deux grandes causes qui ont fait sortir l'humanité de la grenouillère.
Un révolutionnaire l'a dit : « Il suffit qu'il reste en France cinq millions d'habitants, » on doit supprimer le reste. Un autre, un docteur plus franc et plus fort, a résumé la théorie en un mot terrible mais logiqae : « Il suffit
que la race humaine reste. » Il n'est pas besoin de la religion, de la philosophie ancienne, de la morale reconnue, des cris usités de la conscience^ des pratiques habituelles de la raison, des croyances admises, des sentiments usuels, des préjugés conquis jusqu'ici, de tout ce trésor que le déroulement de la civilisation a amené jusqu'au dix-huitième siècle • La Révolution a mieux que tout cela. Ce mieux est tout différent, elle n'a donc besoin de rien de ce qui l'a précédée.
On pourrait garder ces vieilleries, comme on garde les arquebuses à mèches, à titre d'objets de musée. Mais puisque, après tout, ces vieilleries sont encombrantes, il est loisible de s'en débarrasser. Comme un grand nombre d'entre elles résistent, prétendant qu'elles ne sont pas faites pour être mises sous verre, mais pour vivre, comme elles arrêtent ainsi le paisible développement de l'idéal révolutionnaire, le devoir social oblige à les supprimer.
Cela se nomme la raison d'État, mieux encore, la raison d'Humanité. Au fond, c'est tout simplement l'application de l'abominable et dangereux proverbe : La fin justifie les moyens. Proverbe antique, sans doute, mais que la Révolution a interprété à outrance. Car ses moyens ont été excessifs en tout, et sa fin n'était qu'une hypothèse. Or, prendre un père et lui couper le cou pour faire le bonheur de son fils, c'est un procédé assez rude et qui ne paraît pas admissible comme représentant un degré avancé de civilisation. Mais torturer un père rien que dans le vague espoir de faire le bonheur du fils!
C'est ce qu'a fait la Révolution. Voyons au moins si elle a réussi. Nous avons pu apprécier ses moyens, voyons la fin. Le père a été réellement torturé, le fils est-il heureux ?
Nous ne connaissons pas seulement les moyens, nous avons vu un peu plus. Nous avons vu à la fin du dix-huitième siècle les résultats prochains et immédiats : C'est le trouble dans tous les cerveaux, la démoralisation dans toutes les âmes, le culte des monstres ou des monstruosités, la glorification des coquins, le règne toujours imminent des imbéciles, la persécution des honnêtes gens, l'oppression des faibles, partout le malaise, la débauche, la ruine, l'assassinat. Mais il fallait, disait-on, qu'il en fût ainsi pour sauver et régénérer l'humanité. Cela était néces.saire pour que nous, les fils de ces victimes, nous fussions des êtres grands, heureux, admirables, des types nouveaux et exquis.
7o8 LE RÉGIME MODERNE
Rappelons-nous les promesses que nous a faites la Révolution pour expliquer et excuser tout, et voyons comment elles les a tenues.
Regardons où nous en sommes après cent ans d'application de ce régime moderne dont Tinauguration a coûté si cher.
I. — Comparer deux hommes en mettant en balance tous les défauts de Tun et toutes les qualités de l'autre, ce n'est pas évidemment prouver qu'on veut être exactement renseigné. C'est ce que font les apologistes de la Révolution. Ils prennent les erreurs et les vices de l'Ancien Régime, ils vont même les chercher jusque dans les profondeurs du Moyen Age, et ils les mettent en présence des qualités ou des bienfaits qui sont ou paraissent être le fait de la Révolution.
Apprécier la fortune de deux hommes en comptant comme également acquis à tous deux ce que l'un possède réellement et ce qui a été emprunté par l'autre, ce n'est pas non plus un moyen de connaître exactement la solvabilité des gens. C'est ce que font encore les apologistes de la Révolution. Ils mettent à l'acquit de celle-ci, comme des dons personnels, comme des bienfaits tenant à son essence, les quelques progrès par où le dix-neuvième siècle l'emporte sur les précédents.
Il faudrait d'abord, pour juger sainement, chercher ce que possédaient les siècles précédents, puis ce que le dix-neuvième siècle a perdu.
Il faudrait surtout constater que ces progrès sont bien le fait de la Révolution.
Ce qui coupe la France en deux, ce qui paralyse tous les efforts que nous pouvons faire pour la ramener à l'unité, à l'ordre définitif et au bon sens, c'est l'ignorance, soigneusement entretenue dans l'opinion publique. On ne peut espérer nulle paix sociale aussi longtemps qu'on croira devoir attribuer exclusivement à la Révolution la fraternité, la liberté, l'égalité, le développement de la science, de l'industrie et du bien-être, tout ce qui paraît être la caractéristique du régime moderne. On ne peut espérer la paix sociale, car les chrétiens savent que cette attribution est fausse; et les chrétiens possèdent la résistance à jamais invincible. Évidemment à force de montrer la vérité, ils arriveront à la faire connaitrç. Le temps n'est pas loin où il sera difficile de nier les crimes, les hontes, les mensonges et les sottises des révolutionnaires. Mais la masse sera toujours prête à pardonner les plus
effroyables vices ou débauches à la Révolution parce que c'est une bienfaitrice! une mère!
Oui, cela est faux. Tous ces bienfaits, qui semblent jaillir des principes de 89, nous ont été apportés par un développement lent mais continu de la civilisation française.
Je laisse de côté la Fraternité qui n'a rien à voir, nous le prou-