‹ La France révolutionnaire, 1789-1889Chapitre 26 sur 112 · PORTRAIT DE VERGNIAUD · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE VERGNIAUD

Cm le plu* illualtc de celte troupe des plat bril'init et de> plui dingereux rhdeurs que l'hialoirc ait [linti* montrât. Od les coddiIi tous le nom de GirondiDS. Cette colkclioo de reapleadissadli mtl^iteurt, Verggtiad les reprtienle ud peu ea griud tai'n en vrai. Le jugement qu'on doit porter inr lui se trouve d'uni eiictitude curieusement ptrfiite quand on l'applique au parti girondin tout entier. Hardi pour la deXTUclioD, courageai pour l'attaque, ardent démagogue, farieusemenl amoureux de popularité, poussant i loDie loi persécutrice, à toute tyrannie d'impiété aussi longtemps qu'il l'igit d'arriier au pouvoir, il montra — el c'est l'histoire encore du parti girondin — quelque volonté de libéralisme et d'amour de l'ordre quand il crut être maître du pouvoir. Mais plus ambïtieui que capable de gouverner, plus brillant qu'intelligent, plus idéologue que réfléchi, ayant plus de désirs que de tempérament et moina de vigueur de caractère que d'élan d'imagioalion, il ne sut pas défendre ce qu'il avait conquis el il tomba ions les coups, de gens moins estimables encore que lui et incomparablement moins bien doués. Toujours comme son parti, Il commit deux llcheléa ; i) vola la mort du Roi malgré sa promesse, son intérêt et l'on peut dire sa volonté j et dans les journées du 3i mai, des i" et i juin, ou il s'agissait de disputer aux Montagnards et lu Terreur le gouvernemenl de la France, quand Lanjuinais leur tenait télé avec un héroïsme admirable, Vergniaud. comme ftappé par une malédiction mystérieuse, oc sut trouver pour défendre la liberté doat il se proclamait le représentant, la France dont il se dirait le sauveur el sa propre liberté comme la vie, aucun de ces mots enflammés i l'aide desquels il avait poussé la populace, jadis son armée, 1 ratsaul de la royauté.

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La douce paix est ramenée ; Sous la loi d'un chaste hyménée Accourez, citoyens, cette auguste journée A rompu nos antiques fers.

Fontanes produit un poème séculaire en ii6 vers ampoulés qui promettent naturellement TAge d*or :

Nos cités, nos ports s'agrandissent, Et tous les siècles applaudissent A ce beau jour que j'ai chanté, L'enfant croit pour la Liberté.

Cela est bien, en effet, la prophétie des bienfaits dont la Terreur allait combler la France !

Mais qui est-ce que Raboteau ? il a fait une ode où il parle des crimes des grands^ et il est de l'académie de la Rochelle.

Veut-on un exemple des quatrains qui coururent alors ? Voici celui d'Augustin Ximénès :

Triomphes des Romains 1 Tous ces foudres de guerre Insultaient, sur un char, aux malheurs de la terre, L'orgueil, en vous fondant, les transmit jusqu'à nous, La France en prépare un qui vous surpasse tous.

L'auteur était convaincu que cela était du pur Corneille. En voici un autre, dans le genre vif, que les bons bourgeois regrettaient de ne pouvoir attribuer à Voltaire :

Au quatorze juillet, grand'féte à célébrer! Mais ce brav'jour passé, le lendemain que faire : Que faire ? Nous irons sans deuil, sans frais, lever De l'aristocratie un extrait mortuaire.

N'est-ce pas du dernier piquant ?

La chanson va de pair avec les odes et les quatrains. Voilà Piis qui fait sur l'air: On doit soixante mille francs^ sept couplets nigauds pour plaire aux francs-maçons. Un Miramond, « soldat de la garde nationale », donne dans le ton troubadour et il chante La Fayette sur l'air : Du noir au blanc. M. Déduit, « auteur patriote », utilise l'air du Coitidu feu pour raconter le zèle des travailleurs du Champ-de- Mars. A l'auteur dramatique Ronsin, c'est le Vaudeville de Figaro qu'il faut. Un fédéré de Senlis aime mieux Ce mouchoir^ belle Rai-

esclave. Le jour de Pâques qui suivit, Louis XVI fut forcé d'assister à Saînt-Germain-rAuxerrois à la messe du curé schismatique : l'âme du Roi était esclave comme son corps. La constitution avait garanti à tous le droit d'aller et de venir et la liberté de conscience, excepté au représentant de l'autorité. L'autorité était la seule serve qui restât désormais sur la terre de la France régénérée.

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Toutefois, cette défiance contre la royauté était plutôt factice que réelle; c'était une fiction légale de la Révolution. Elle était surtout plus parisienne que française. A Paris même et jusqu'à la fin de juin 1791, la haine et le mépris pour l'autorité présentaient un caractère curieux. Il y avait quelque chose qui rappelait le sauvage injuriant

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