PREMIÈRE PÉRIODR DR LU RÉVOLUTION
son fétiche parce qu'il ne le guérit pas, mais l'injuriant à genoux. L'opinion, chez les théoriciens les plus hardis, pourvu qu'ils eussent gardé quelque patriotisme réfléchi, en était restée aux appréhensions de Jean-Jacques : on n'avait pas d'exemple d'une république de vingtcinq millions d'habitants. La forme républicaine , pour les rares Français qui la croyaient théoriquement plus parfaite que la formule monarchique, ne semblait donc être applicable qu'aux petites agglomérations d'hommes; et c'était la croyance générale que le caractère français, léger, mobile, sensé et fier, était tout particulièrement réfractatre à la vertu républicaine.
LE GOUVERNEMENT i6i
Après la fuite à Varennes, les impressions changèrent. Les démocrates, ayant vu que les affaires avaient marché sans trop de trouble, pendant quelques jours, en l'absence du Roi, en conclurent qu'ils n'avaient plus besoin de royauté.
Les Parisiens perdirent donc même bientôt le dernier sentiment qu'ils avaient pour la royauté, le sentiment qu'on a pour une bête enchaînée qui garde la maison; et je dis bête, car désormais ce fut