‹ La France révolutionnaire, 1789-1889Chapitre 46 sur 112 · DEVOUEMENT DE MADEMOISELLE DE SOHBREUIL · texte numérisé non relu

DEVOUEMENT DE MADEMOISELLE DE SOHBREUIL

M. de Sombrtuil, martchi] ix camp, gouverneur dei lavaltdci, on il iTiil dijl failli êlre iRorgf loraqac, l< 14 jnilUl,li popalace *int j piller Its armei, Eorermé à l'Abbaye, aprèa le 10 aoAt, comme arislocrate lUiouf an Roi. Le â leptembre, lei axaisini gagii, doublia pat qaciqaes-UDi de) membrei les plni mépriiCa du comiJi civil de liucIioTi de> Qualre-Nationi, yitablirent un aimnlacre de tribunal. Quand qnelquea-ana de* jugea étiicDt liiiéi de juger, Ils allaient tntr, et quand ils ilalenl faliguti de tuer, ils rEvenaieut juger. Au moment on ili allaient condamner M. de Sombrenil, >a fille Ici lupplia avec tant dVIoqnence qu'elle parvint à loucher mtme le> caura des mastacrtan pour la Révolution. — ■ Si tu veux boite un verre de aaug d'aristocrate t la aanlt de la Nation, ton pire lera uové, < lai dit-on. Elle iccepla. cl Ma pire fut laavé... pour peu de tenipa.

Jecroiaqu'ilji diDi cette veraion ua point légendaire. Le a révolution oalre* ont à leur charge des monstmoaiMi plai grande* encore que celle-ci, malt il> n'ont pe* celle-ci, du moins pa* telle qu'on la racoDte: — Voici, telle que je l'ai pu dtcouvrir, la v<rit£ : ■ Si lu veux trinquer avec non* t la aanlC de la Nation, devant les magialral* du peuple, loo père *eTa aauvé. ■ El ila lui tendirent un verre plein de vin. C* verra. avait aervi àdisali£rer te tribunal; comme le tribunal, qui allait de lempa en temps aalilfaire la ■railbilllfi civique en tgor^eant quelque* aristocrate*, se trouvait un peu jchaulff , Il ae rafralchisaait, et ces Maîtres Jacques du jacobinisme *ai«iiaaienl les verres de leurs mains ensanglanites. Ils dfcoraieni ainsi la buvette de leur tribunal ; et c'est dans un de ces verres dfgoflianis ei enduit* du lang de ses parents et de ses amia, que la pauvre fille dut boire. C'était horrible. Mais ce fut loui. Du moins, nous croyons savoir que M** de Sombreuil ne dit jamais qu'il y eui|du sang dan* le verre qu'on lui présenta. Il en <tait couvert, mala non rempli

au visage, me mettoient au col une chaîne grosse comme le bras, une autre autour du corps, et me tirant dehors, en tenant chacun un bout de la chaîne, ils me faisoient traverser les rues. » Puis tantôt on l'attachait aux roues de la voiture, tantôt on le hissait dans un fourgon où on le liait avec trois grosses chaînes par le cou, les bras et les pieds.

Dans les prisons civiquement tenues, on fait Tappel deux fois par jour. Cétait pour donner aux gardes nationaux, deux fois par jour, l'agrément de bourrer les prisonniers à coups de crosse. Dans les geôles débonnaires, on se contentait de cracher dans leur soupe et de voler le meilleur de la nourriture qu'on leur apportait du dehors.

Pendant ce temps, de chaque coin de la France citoyenne sortaient les plus grossières injures contre ces persécutés. A la Législative, les prêtres étaient des vermines; c'était un poison qu'il fallait vomir de son sein. On devine ce qui pouvait se dire et ce qu'on pouvait proposer dans les clubs, si l'on discourait ainsi au Parlement.

Le. 6 avril 1792, un décret proclama la suppression définitive des religieuses qui, vouées à la charité, des religieux qui, chargés de l'enseignement, avaient été les uns et les autres tolérés jusqu'ici. Les maisons étaient confisquées, devaient être vendues. Le port du costume ecclésiastique était interdit.

Les Jacobins et les Girondins dévoilaient de plus en plus leurs desseins. Au nom des premiers, le boucher Legendre demandait qu'on embarquât tous les prêtres sur la mer, qui saurait les engloutir. L'avocat Vergniaud, au nom des seconds, demandait qu'on hâtât les mesures de déportation. La volonté persécutrice était la même des deux côtés; seulement, le boucher voulait l'assassinat, l'avocat conseillait une mort plus lente.

L'emprisonnement, l'internement des prêtres fidèles au chef-lieu du département, n'avaient pas amené plus de défections que la misère. « On n'aura raison du clergé qu'en l'écrasant, » s'écria le député Lejosne. Un décret du 29 mai décida, entre autres choses, que tout prêtre non assermenté devrait être déporté quand vingt électeurs réclameraient cette mesure.

Le Roi mit le veto à l'exécution de cette loi. Ce fut le prétexte principal de l'affaire du 10 août et l'une des causes suprêmes de la

chute du trône. Le Roi Tavait prévu. Dumouriez Ten avait averti; mais Louis XVI ne voulut pas que le sort de chacun des soixante-dix mille prêtres fidèles pût être aux mains de vingt coquins.

Il semblait que la haine des philosophistes eût pu s'arrêter, momentanément du moins : beaucoup de prêtres chassés, traqués, réfugiés dans les villes, y sont devenus jardiniers, porteurs d'eau, commissionnaires, débardeurs. . Pourquoi les disciples de Voltaire ne se tiendraient-ils pas pour satisfaits ? Le 4 août, on a exécuté le décret qui confisque tous les couvents; en un seul jour, on a jeté sur le pavé cinquante mille femmes. N'y a-t-il pas de quoi faire prendre patience aux disciples de Rousseau ! Ces résultats ne sontrils pas suffisants? La Révolution n'en jugeait pas ainsi.

Jusqu'ici la liberté des cultes a été la liberté de croire à tout, excepté à la foi catholique. A partir du 10 août 1792, la liberté des cultes va être uniquement la liberté de croire à rien, excepté à la vertu républicaine; à la vertu de M"® Roland d'abord, puis d'Hébert, puis de Danton, puis de Robespierre, puis de Barras!

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