‹ La France révolutionnaire, 1789-1889Chapitre 52 sur 112 · LÀ REVOLUTION ET LA CHARITÉ [PILLAGE DE SAIKT-LAZARE · texte numérisé non relu

LÀ REVOLUTION ET LA CHARITÉ [PILLAGE DE SAIKT-LAZARE

Dans la nuit du 13 au i3 julllel 17S9, ïcri trois heur» du mitin, la popuUce le prjclpiu >nr l'hOpittl

de Sainl-Laitrc, où I'od Boigniil lei malidu, et où l'oD d^ieoait Ica foDi comme tes condtmatt. Le prétexte

ttiil que cet hApiiBl rrgorgeiit de «ubsiatancei. La raison ftait que tes gens qui dirigeaient la panie popn'

laire do moiivenienl avaient, enfermés M, beiucuiip d'amla, d'amici, et que cet hoaplce ref;argeait de choaca

faciles 1 piller. On se mit doue au pillage aprii a>oir délivra, aiec aeniibililé, lei coquiiia et lei miladea.

Puis on ieta par la feoélte tout le mobilier, le linge autsi bien que les labteaui. On descendit ensuite dans les caves, et on ]r resta. Le Itndemaia on trouva une trentaine de ces paiTioles de la première heure, en compagnie de citoyennes, morts noyés dans des lacs de vin. Ill a'avtUDI pu boucher les tonneaux qu'ils avaient défoncés pour boire plus leitemenl.

C'est ainii que commencèrent le? relations de la Révoluiiart iVtc lea hApilaaa. Elle catta le mobilier, fêta lea malades à la porte et noya dans le vin les êtres sensible*!

F«ANCK «f TOLUT. ^ Livr. 41.

33o LA MORALE

bonheur et profit dans quelqu'une des mares de sang et de boue dont la Terreur avait couvert le sol de la France.

Fut-ce seulement le prêtre que la Révolution persécuta? On sait qu'elle poursuivait, avec une haine égale, l'ouvrier et le paysan qui résistaient à l'impiété. Nous avons indiqué cette étrange fureur qui poussait les Jacobins des bourgades à pourchasser la vieille servante du curé avec autant d'âpre satisfaction que le curé lui-même.

Et l'instituteur, auquel la Révolution fait aujourd'hui une cour si assidue, exploitant en lui la médiocrité intellectuelle et scientifique, comme elle exploite en la populace l'ignorance, l'instituteur fut parmi les plus tracassés, les plus suspects, les plus persécutés. La Révolution montrait là, comme elle montre en tout, que ce n'est pas la science qu'elle aime, mais la tyrannie; elle veut des esclaves, elle cherche ceux que leurs vices, leurs faiblesses ou leurs infirmités lui livrent. Elle les arme du mieux qu'elle peut de haine, d'envie, de science également, si la science augmente leur utilité révolutionnaire. Mais, encore une fois, ce n'est pas comme savants, mais comme dociles et corrompus qu'elle les aime.

Ce qu'elle fit des instituteurs qu*elle soupçonnait d'indépendance et de piété, nous allons le dire.

Les maîtres d'école avaient autrefois, quoi qu'ils en puissent penser aujourd'hui, une bien autre situation que celle qu'ils ont maintenant. On les respectait, on les écoutait, on les consultait ; et comme ils restaient souvent dans le village où ils avaient débuté, ils finissaient parfois, en y vieilliçsant, par y être vénérés presque autant que le curé.

On les recevait dans un concours qu'ils passaient devant tout le village assemblé; et dans cette question qui regardait l'éducation, les mères de famille avaient leur voix comme les hommes. Pour tout le r«tç, elles ne votaient pas ; mais la loi de l'Ancien Régime considérait que les femmes devaient être consultées quand il s'agissait d'élever leurs enfants.

Dix-kttit paysans avaient été condamnés, le 14 octobre 1793, par le tribunal -révolutionnaire de Maîche, à être guillotinés dans les vingtquatre heures. Parmi eux se trouvait l'instituteur de Guyans-Vennes, Nicolas Bus»n.

LA RELIGION 33i

Il était jeune encore. Mais il était justement le type de ces anciens maîtres d'école que je viens de dire. On le connaissait ferme et doux, grave et réfléchi, comme un bon montagnard franc-comtois qu'il était. Il était très intelligent et surtout très pieux. On le respectait donc beaucoup et il avait la plus grande influence sur les gens de son voisinage. C'est cette influence, en même temps que son âme très élevée et son bon cœur, qui l'avaient fait détester des républicains. Aussi quelques-uns d'entre eux avaient-ils juré sa mort. Une première fois on l'avait arrêté, l'accusant de s'être insurgé contre la Convention. On avait reconnu que c'était une fausse accusation', et on l'avait laissé rentrer chez lui.

Cette fois-ci,^les sans-culottes étaient satisfaits. En quelques minutes il avait été interrogé et condamne. « Que pensez -vous de Nicolas Busson? » Un témoin avait répondu : « Je pense que c'est un individu dangereux pour la République. » Cela avait suffi, Pierre-Nicolas Busson avait été condamné à être guillotiné, avons-nous dit, avec dixsept compagnons, paysans comme lui et aussi innocents que lui.

II avait quatre petits enfants — l'aîné avait neuf ans — et il en attendait un cinquième, qui naquit, en effet, trois mois plus tard. Il était aussi bon père que bon Français et bon chrétien. La plupart de ses compagnons avaient, eux aussi, une femme et des enfants qu'ils aimaient bien. Quoiqu'ils fussent fiers de mourir innocents pour Dieu et pour l'honneur du pays, que ses martyrs et ses soldats empêchaient seuls d'être déshonoré aux yeux du monde civilisé, pourtant ces braves gens avaient le cœur gros. La prière seule pouvait les consoler. Ils se mirent à prier, en compagnie du maître d'école.

On vint leur annoncer qu'ils seraient exécutés avant la fin du jour. Un de ces mauvais prêtres qui, par peur ou ambition, avaient prêté serment à la Révolution, un de ces prêtres jureurs ou constitutionnels^ se présenta. Tous refusèrent le secours de son ministère. Ils avaient d'ailleurs, avant d'aller en prison, reçu les sacrements des mains d'un prêtre fidèle. L'autre, le prêtre jureur, ne pouvant pas les avilir, voulut au moins, en bon révolutionnaire, essayer de les déshonorer, et il écrivit sur ses registres, destinés à être montrés aux sans-culottes de la contrée, qu'ils avaient reçu les sacrements de sa main. Mais qu'importait l'opinion de ces misérables à ces braves

33i r.A MORALE

gens qui allaient comparaître devant Celui pour qui ils mouraient!

On leur permit d'écrire quelques mots à leur famille. Nous avons la lettre, touchante en sa simplicité, que Nicolas Busson écrivit à sa femme : « Très chère épouse, je t'écris, la main tremblante et à une heure seulement de la mort. Prie pour moi. Ne te chagrine pas^ et prends garde à Tenfant qui va bientôt venir au monde. Embrasse tous mes pauvres petits. Mais surtout je t'en recommande l'éducation, car elle est maintenant tout à ta charge.

« Je vous embrasse tous et je fais, comme innocent, le sacrifice de ma vie.

<c Busson, le dernier jour de sa vie. »

On les avait renfermés dans une maison-forte qui avait été confisquée sur un gentilhomme du pays, M. de Malseigne. Elle donnait sur la place de Maîche. Un peu plus loin se trouvait le château du marquis de Maîche, également volé, et où les juges s'étaient logés. Ils étaient à ce moment à l'une des fenêtres du château, afin de ne rien perdre du triste spectacle qu'allait leur fournir l'exécution de ces dixhuit innocents qu'ils avaient condamnés. On avait, en effet, dressé l'échafaud sur la pla^e même, à gauche de l'église.

Quatre heures allaient sonner. C'était l'heure du supplice. Busson avait écrit quelques mots encore pour recommander ses pauvres petits à son beau-frère, Jean-François-Xavier Gaume, de Fuans. Il connaissait le ferme caractère, l'âme élevée et la foi généreuse de ce tuteur qu'il donnait à ses enfants.

Ils sortirent de la prison. La foule considérable qui remplissait la place troubla un instant nos paysans martyrs. On avait rassemblé, en effet, toute la canaille sans-culotte qui pullulait entre le Doubs et le Dessoubre, et elle accabla les victimes d'injures, de railleries impies, de plaisanteries obscènes. Les honnêtes gens étaient renfermés chez eux, et ceux qui se trouvaient parmi les spectateurs se taisaient, comme toujours, hélas !

La vue de l'échafaud causa également quelque émotion aux condamnés. Mais, à ce moment, la cloche de l'église sonna pour annoncer l'heure du supplice. C'était à peu près à cette heure-là qu'autrefois cette même cloche sonnait l'Angelus. Ils s'agenouillèrent tous et récitèrent la Salutation angélique. Quand ils se relevé-

rent, ils ne regardèrent pas l'échafaud, mais l'église, qui était à côté. D'ailleurs, Nicolas Busson était là, et ses paroles, qui connaissaient le chemin de leur esprit et de leur cceur, y vinrent relever leur courage et réchauffer leurs âmes. Ils se mirent en marche avec une gravité ferme et recueillie, lui priant avec eux, trouvant les paroles qui consolent et parfois même un de ces paisibles sourires qui chassent t'angoisse plus aisément que la plus chaude éloquence. Il leur parlait de Celui pour qui ils mouraient, qu'ils allaient voir dans sa splendeur.

LE TEMPLE DES VERTUS RÉVOLUTIONNAIRES Tite de pltct dt l'tpoqne.

Quud Sobcspicrrc, 1c i8 florttX aa II, c'cil-i-dirc It 7 mars 94, voulut bien accorder d« Mtnt de paue à PElre tuprtme. il comprit en mirât lemp» rullliti de composer uo Olympe pour ce dieu maxime. Il lui octrojik une petite cour révolutionnaire ■ On nommi cela des Venub. On décréta que chaque décade on célébrerait des fêtes en l'honneur de ces idolei-ll et de quelques autrei euiiléa, parmi lisqueltei le irou- «lient le MaUteur, noi Areux, la Nature, l'AgricuIlnre, la Pudeur, la Frugalité, la Haine des iriilres, la Liberté dn Monde, l'Age viril, etc. Il y en avait trente-ati. Lei église; de Paris reiltreul, longtemps encore aprta la mon de Robespierre, allribuéei à ces lerlui. Nous avons nommé les principaux de ces temples de Tenus révolution aiires eu l'an III. Toutefois il n'est pas facile de découvrir pourquoi Sa inl-Ni colas -des- CbampieM le temple ie l'Hymen; Siint-Gervais, le temple de la Jeunesse; Saint-Laurent, le temple de la Vieillesse, etc.

«t avec les récompenses de son Paradis, Il ne leur fallait plus qu'un moment de courage pour avoir la récompense que leur innocence et leur fermeté avaient méritée. Et Dieu n'était-it pas aussi puissant que bon t N'était-il pas le père des orphelins, des orphelins surtout dont les parents mouraient pour l'honneur de son nom, pour la défense de sa vérité et parce qu'ils étaient ses amis fidèles !

Avec la méchanceté qui est propre aux Jacobins, les juges révolutionnaires condamnaient à mourir le dernier celui qui était le plus ver-

tueux, c'est-à-dire celui qu'ils détestaient le plus. Ils voulaient ainsi le faire mourir à plusieurs reprises, décupler ses angoisses par la vue du sang, du cadavre de ses amis, et peut-être le déshonorer et lui enlever le courage à Taspect des souffrances et des appréhensions d'autrui.

Le grand courage et la foi chaleureuse de Nicolas Busson ne âé* chirent pas. Il en tourna exactement au contraire de ce que les sansculottes avaient espéré. Jusqu'à la fin, il encouragea ses compagnons, continuant la prière qu'ils avaient commencée. Il était là, au pied de l'échafaud, tendant la tête vers celui dont le tour était venu d'y monter, lui donnant une parole d'encouragement ou de tendresse, lui fixant, pour la minute suivante, un rendez-vous dans l'éternel bonheur. Et quand les dix-sept furent morts, il monta tranquillement les degrés de l'échafaud. Il murmurait les prières qu'il avait tant de fois entendu réciter, les prières de l'agonie. Il les avait dites pour ses compagnons; maintenant sa propre agonie commençait et il pouvait penser à lui : « Seigneur, que le démon et ses ministres se reconnaissent vaincus ! Que Dieu se lève ! que ses ennemis soient dissipés l Que les méchants pâlissent devant Dieu, comme la cire fond devant le feu ! Que les justes soient dans la joie devant le Seigneur et que les démons nous laissent libre le chemin du ciel I »

Il jeta un regard doux et triste dans la direction de Guyans- Vennes, où il savait que, dans une maison bien désolée, une jeune femme et quatre petits enfants pleuraient, sanglotaient et priaient. Il leva les yeux vers la croix que les sans-culottes n'avaient pu abattre au haut du clocher. Il remua les lèvres en regardant les têtes de ses compagnons de supplice, comme s'il leur eût promis qu'il allait les rejoindre. Il dit à haute voix : « Que notre demeure soit aujourd'hui dans la paix, Seigneur. » Il s'agenouilla, et sa tête tomba.

Les paysans, dans toute la montagne, regardèrent Nicolas Busson comme un martyr. C'est ainsi qu'on le vénéra et qu'on l'aima dans sa famille.

« Père si bon, disait, comme en une prière, son fils aîné, vous nous aimiez si bien sur la terre, aimez-nous plus tendrement encore dans le ciel. Obtenez-nous de mourir comme vous pour Jésus-Christ, pour la foi, pour l'Église. » Souvenez-vous^ disait souvent la mère à

ses enfants, que votre Dieu est mort sur une croix et votre père sur réchafaud.

La Providence n'oublia pas celui dont la foi avait si fermement compté sur elle. Tandis que les faux témoins, les juges iniques, les sans-culottes pillards tombaient dans la haine et le mépris publics, la famille du vaillant maître d'école et celle du noble paysan qui se fit le père des cinq orphelins prospérèrent. Le fils qui faisait une si belle et si tendre prière à la mémoire de son père assassiné devint le pieux et vénéré abbé Busson..

La race des persécuteurs continua de travailler pour la Révolution. Elle travaille un peu partout, dans les conseils municipaux où on laïcise, et dans les bagnes où on est définitivement laïcisé.

La Paix des Politiques. — Après le Neuf Thermidor, les éléments les moins impurs du parti libéral et du parti jacobin se réunirent spontanément. Ils formèrent un tiers parti qu'on vit régner jusqu'à l'Empire. On peut le nommer le parti des politiques de la Révolution. Qu'on les appelle les Thermidoriens, les Directeurs, les hommes du Consulat, ils ne cherchèrent pas écraser la Révolution, mais à lui trouver une manière décente de vivre. Aussi ne donnèrent-ils jamais la liberté à l'Église ; ils savaient trop bien que c'était la ruine de leur idole. Mais ils lui promirent la paix. Nous allons voir comment ils tinrent leur promesse et ce que fut cette paix.

Le premier qui après la Terreur osa, dans la Convention (21 décembre 1794), parler de la liberté de conscience, fut Grégoire, le rêveur que nous connaissons, qui commença par vouloir christianiser la Révolution, et qui ne dédaigna pas de trafiquer des biens d'église. Deux mois après^ Boissy-d'Anglas prononça un discours plus énergique encore, et la Convention vota la fameuse loi sur la liberté des cultes.

Liberté est ici un mot exagéré. La loi prohibait tout signe extérieur, inscription ou convocation ; elle défendit à toute commune d'acquérir bu de louer des locaux pour l'exercice du culte, à tous les citoyens de faire des donations ou d'établir des taxes pour l'entretien du culte; néanmoins, il était défendu de troubler les chrétiens dans le lieu où ils se cachaient pour prier.

C'était la loi. Comment était-elle appliquée? Le prêtre rentrait,

336 LA MORALb:

en vertu de la loi du 3 nivôse an III, après avoir prêté serment de . soumission. On tui donnait une église, ou bien on lui permettait d'en louer une. Mais les patriotes, habitués à persécuter les prêtres, trouvent sa présence insolente; et comme la^iberté c'est l'obéissance à leurs ordres, et que la paix n'existe que quand on ne contredit pas les plus ineptes, les plus exigeantes de leurs affirmations, ils accusent le prêtre de « semer le trouble et la division ». Ils lui déclarent donc

LA LECTURE DU JOURNAL (CARICATURE DE l'ÉPOQUE)

une guerre ouverte et y ont intéressé la troupe. Nous verrons à quel point la Révolution avait dépravé le soldat. La troupe ne demandait pas mieux que de donner sur le catottin. Les soldats s'en vont donc tout casser dans l'église rendue au curé, et lui promettent de lui casser ks^reins s'il y remet les pieds. Que faire? Il dit la messe dans une maison particulière- Qu'arrive-t-il ? Le }uge de paix lance un mandat d'arrêt. Contre les patriotes? Non. Contre la troupe? Non. Contre le curé, pour avoir dit ta messe hors de l'église. On arrête également, comme complice, le paysan chez qui il loge, une jeune lUle qui fa.it réciter te catéchisme, et un autre paysan qui tui a prêté son écurie pour cette œuvre pie. Et on condamne tout ce monde-là à trois mois de prison.

C'est là la liberté des cultes.

Pourtant il y avait grand progrès. Le juge de paix qui condamne ces braves gens déclare qu'il Ta fait parce que, depuis deux ans que le prêtre est rentré, il a entraîné les trois quarts et demi des femmes et beaucoup d'hommes, et que cela est d'une insolence criante. Il en est partout de même. A cette date, Grégoire déclare à la tribune que

louis xvi amené a la barre de la convention, le 20 décembre [792 (gravure du temps)

Le 3 «Mccmbrc, la CooTcmioD dtcrttc que 1c Soi Kra ]\tgt. Le 1 1 , eUe adopte l'iclc d'ace utïlion, rid par LïDdet. Le Koi comparait une premïire fois. Le a6, il tit de aauveaa imcDé devant la Conventii De Sèze pronoDce le diicoun qui l'a readu immoitcl. 11 proait aon aculement l'abiarditt de> accuiitii partéci contre Louit XVI, mail l'impoiiibilili, pour la Conveniian, de le Juger. Il a'y a pas àc loi •'applique t la aitoation: ai on le {uge camme Roi, il est iaiiotablei si on le panrtuti comme piriïcut iJ n'a comniis aucun crime. Lci conveaiionneli n'ont aucun pouvoir pour le juger; ils ne peuvent être jugea, puïaqu'ili lont >ea accuaaieun, et, uaurpant cette double foDclion, ili ne peuvent élre que aes an tïni. Le Boi preud eninile la parole. Elle esl tellement eonvaincf ule , que le prtiidcDt se liite de liai toQlprc. 11 quille la ulle. Le vaillant Lanjuinaia prend la parole. Il démontre que lea conventionnels s dans la simation de conipirateura uaurpant la qualili de iuges. La ittace se termine au milieu d'un tumi qui change la Convention en une ifunioa de tous furieux. Ces prétendus fuges, avec leurs clameurs féro< leurs cria de haine, leurs makdictioni démoniaques contre celui qu'ils se préparent i juger, aembl coatrainti. par une puissance supérieure, de prouver à l' histoire qu'en effet ils ne sont que des assasiias

FRAI4CK RivoLUT. — Lïvr. 43*

c'est par une tyrannie excessive que la Convention, dirigée par quelques scélérats, a voulu, pendant quatorze mois, faire croire que la grande majorité du pays n'était pas chrétienne.

^ Aussi voyons-nous les rapports de la police parisienne, pendant les premiers mois de 1796, constater que les exercices religieux sont fort suivis. Beaucoup de boutiques se ferment les jours de fête. Le peuple se plaint du retard qu'on met à restituer au culte des églises, comme Notre-Dame et Saint-Sulpice.

Notre-Dame est encore, en effet, le Temple de l'Etre suprême. Saint-Sulpice. — Temple de la Victoire.

Saint-Philippe-du-Roule. — Temple de la Concorde. Saint-Roch. — Temple du Génie.

Saint-Eustache. — Temple de l'Agriculture. Saint-Germain-l'Auxerrois. — Temple de la Reconnaissance. Saint-Laurent. — Temple de la Vieillesse. Saint-Méry. — Temple du Commerce.

Sainte-Marguerite. — Temple de la Liberté et de l'Égalité. Saint-Gervais. — Temple de la Jeunesse.

Saint-Thomas-d'Aquin. — Temple de la Paix. Saint-Jacques-du-Haut-Pas. — Temple de la Bienfaisance. Saint-Médard. — Temple du Travail.

Saint-Etienne-du-Mont. — Temple de la Piété filiale. Pour Saint-Nicolas-des-Champs, on avait trouvé qu'il devait être nommé le Temple de PHymen. Nous verrons bientôt, en efiet, que THymen avait besoin des honneurs célestes pour mériter quelque crédit en ce monde révolutionnaire.

On ne tarde pas à s'efforcer de Umiter le plus possible les bienfaits de la soi-disant Liberté. Beaucoup de directoires départementaux décidèrent que rien n'était changé à la situation des prêtres insermentés. La Convention déclare, le 1" mai, que la peine de mort existe toujours contre les déportés qui rentreront. Heureusement la nouvelle victoire remportée, le i" prairial, sur les jacobins parisiens, vint annuler momentanément l'influence des Montagnards. Dès le 11 prairial (3o mai 1795) parut une loi qui rouvrait au culte toutes les églises qui n'avaient pas été vendues.

Il est vrai que le même décret exigeait un serment de soumission

aux lois de la République. Ce serment ne fut pas condamné par l'Église; beaucoup de prêtres crurent pouvoir le prêter, en protestant qu'ils réservaient ce qui touchait au spirituel. — Le lo septembre, on condamne à la prison les prêtres qui ne l'avaient pas prêté.

Le 29 septembre ( 7 vendémiaire an IV), la loi sur la police des cultes reprit quelques-unes des faveurs que la loi de mai avait accordées ; elle précisa la formule du serment et n'admit plus "de restriction quant au spirituel; elle ne demandait plus une obéissance passive, mais une promesse de fidélité ; elle prohibait toute distribution des actes du Pape ou de son légat, le port d'un costume ou d'un signe religieux même caché, tout blâme contre les acheteurs de biens nationaux, contre la République. Amende et prison contre tous ceux qui ne prêteraient pas ce serment; bannissement ou prison à erpétuité contre ceux qui le rétracteraient.

Ce nouveau serment parut illicite à a plupart des évêques. Les soumissionnaires furent mal reçus dans beaucoup de départements, et notamment dans l'Ouest; toutefois, ce nouveau serment ne fut pas non plus condamné officiellement.

L'église constitutionnellie n'avait pas perdu de temps pendant ces deux dernières années* Sous l'impulsion de Grégoire, qui prenait des allures de patriarche, elle publiait des encycliques qui constituaient une sorte de code de l'église gallicane (c'est le nom qu'elle se donnait). Elle poussait le Directoire à renvoyer les prêtres fidèles hors de France, Celui-ci, après les avoir menacés de l'atteinte des lois sanguinaires toujours persistantes, les engagea, en effet, à émigrer en Italie, où il leur offrait un revenu de quinze francs par mois, à condition qu'ils prêteraient avant de partir un serment d'attachement à la République.

Uéglise gallicane songea enfin à réunir un concile national. Commencé le i5 août 1797, il dura trois mois, tînt des séances solennelles, et porta six décrets, dont un dé pacification (du 27 septembre 1797). Il y avait vingt-neuf évêques, six chargés de pouvoirs, quarante et un prêtres et cinq théologiens. Le Concile se sépara un peu vite, en voyant la révolution du 18 fructidor an V (4 septembre 1797)* II avait pourtant pris soin de déclarer que « l'église gallicane n'admet au rang de ses pasteurs que ceux qui auront manifesté leur fidélité à la République ».

La Terreur nous avait montré le révolutionnaire préparant la victoire sur la civilisation chrétiejine, le j8 fructidor nous le montre dans ce . qu'il croit le triomphe. Plus répugnant que le premier^ sans aucun de ces traits vigoureusement barbares qui donnèrent aux jacobins une laideur saisissante, sans-culotte empanaché et doré sur toutes les coutures, raffiné, libertin, sournois, encouardi^ représentant parfaitement la Révolution au moment où elle a pris droit de bourgeoisie dans l'humanité, ce républicain du Directoire ne connaissait pour but à Texistence de rhomme que la jouissance. Il ne pouvait donner pour visée à la société que le bien-être, et ce maximum de bien-être qui est la volupté; il remplace le travail par Tagiotage,- la morale par la science.

Les railleries du temps Tont peint en trois mots. Il y avait alors pour ministre de Tlntérîeur un personnage qui n'était ni méchant ni sot. On le considérait, avec juste raison, comme le meilleur de la troupe ; mais il se nommait Cochon. On disait de lui qu'il était les armes parlantes du Directoire^ et le meilleur morceau du Luxembourg.

Pour le Conseil des Cinq Cents qui gouvernait la France avec les cinq hommes d'Etat rangés sous ces armes parlantes, voici le résumé de Topinion publique sur son compte :

Dans le jardin des Tuileries

Est un bûcher fort apparent,

Où cinq cents bûches bien chéries

Sont à vendre dans ce moment.

Le vendeur dit à qui Faborde :

« Cinq cents bûches pour un Louis ;

Bien entendu, mes chers amis,

Qu'on ne les livre qu'à... la corde. »

Nous ne dirons rien du Conseil des Anciens qui complétait le gouvernement, et dont le plus mince défaut était d'être, comme tous les instruments de la Révolution, aussi terrible pour le mal qu'impuissant pour le bien.

Mais cette docilité ne suffît pas encore. La Révolution ne veut pas seulement un peuple soumis et des députés serviles. Il lui faut un peuple esclave, des députés avilis; et les gouvernants ne sont pas même des commis, ce sont des commis-voyageurs. Jusqu'à l'arrivée

de Bonaparte au pouvoir, l'histoire de la Révolution n'est qu'une succession de coups de main. Brigandage politique, démontrant qu'il n'y a plus en France ni un homme ni une idée politique. L'effronterie suffit et tient lieu de tout courage. La nation, hébétée, se laisse conduire par des proclamations; et ce qui remplace, pour elle, la fierté, rhonneur, l'indépendance, la raison, la conscience, la liberté, la religion, ce sont les phrases, devenues banales, d'une rhétorique usée, rapiécée, dont les emphatiques mensonges ne trompent plus personne et que tout le monde feint d'admirer, pour dissimuler la lâcheté de lui obéir.

La Constitution de l'an III est la loi de l'État. Sous prétexte que c'est une Constitution admirable et quasi divine, la Convention en détruit les parties essentielles. Les conventionnels assurent que sa grande vertu c'est d'affermir à jamais la liberté électorale, et... ils nomment eux-mêmes les députés qui doivent leur succéder, ou plutôt ils se nomment eux-mêmes, en jurant qu'on n'est jamais mieux remplacé que par soi-même.

Cela se passe en l'an IV. En l'an V, le Directoire continue de proclamer que la liberté électorale est la grande conquête de la Révolution, et il conclut en annonçant au pays qu'il écartera tous les députés qui ne lui conviendront pas. En effet, il en écarta près de deux cents.

En l'an VI, nouvelles élections, nouvelle adoration de la liberté électorale, nouvelle expulsion de deux cents élus.

En l'an VII, le Directoire manque d'effronterie, et c'est lui qu'on ampute.

Enfin, voici l'an VIII ; nouveau coup d'État. La minorité du Directoire et la majorité du Conseil des Anciens appellent Bonaparte à leur aide, et la majorité du Directoire et du Conseil des Cinq Cents saute par la fenêtre. Ainsi finit le premier acte de la Révolution.

La conduite du Directoire fut comme sa philosophie, basse et sournoise. On ne guillotine plus, on emprisonne; on n'assassine plus, on fait assassiner. La Terreur supprimait brutalement ceux qui lui déplaisaient; après le i8 fructidor, on déporta les prétendus coupables dans les îles- de Ré, d'Oléron, de Saint-Michel. Quand les prisons furent pleines, on entassa les malheureux dans des bâtiments qui les allaient jeter au delà de l'Equateur.

Que devenaiônt-ils là?

Une loi du 5 septembre 1797 donnait au Directoire le droit de déporter sans jugement tous les prêtres qui paraissaient dangereux. Les navires qui les transportaient rappelaient ces pontons de Rochefort, que nous connaissons. Plusieurs prêtres moururent étouffes pendans la traversée.

On débarqua les survivants, d'abord à Conamana. Ils n'avaient à boire que de Teau vitriolique. Au bout d*un mois, plus de la moitié étaient moits.

On évacua ceux qui restaient sur SinnamAfjr. « Nous vîmes arriver ces débris humains, des vieillards, des malades exténués, portant chacun son paquet, se traînant à peine... Tous périrent à l'exception d'un seul. »

Outre les chargements que tran^E)ortèrent la Décade^ la Charente^ la Bayonnaise en 1798, on continuait en 1799. Mais ces dernières victimes, le 18 brumaire les sauva.

Beaucoup de ces déportés n'avaient commis d'autres crimes que d'avoir dit la messe ; on leur adjoignait des laïques coupables d'y avoir assisté, ou simplement qui paraissaient manquer d'attachement à la République.

Les Politiques eurent leur religion révolutionnaire, comme l'avaient eue les Philosophîstes et les Terroristes. La Théophilanthropie ^ avec La Réveillère, le Directeur bossu, pour grand-prêtre, remplaça l'église Constitutionnelle et le culte de la Raison. Cette religion tourna aisément au ridicule. Elle avait pour objet l'être suprême de Robespierre, seulement avec une grimace moins franche. Cet être suprême versait de Veau vitriolique au lieu d'exercer sur la place de la Révolution. On peut consulter, pour connaître la théologie de ce culte, les Discours décadaires à V usage des théophilanthropes ^ par Poultier (du Nord), ci-devant moine, ex-commandant de la garde nationale, et Conventionnel. Ce garde national a découvert quelque chose d'extraordinaire, qu'il donne comme le résumé de toute histoire, de toute science, de toute philosophie, et il veut bien nous l'apprendre : c'est que les Rois ont inventé les prêtres. Et pourquoi faire ? Pour éloigner l'homme de la Divinité. C'est une découverte admirable ! On peut lire aussi : Épîtres et Évangiles des Républicains^ à l'usage des jeunes sans-culottes. Ils nous annoncent que, grâce à la Révolution, l'homme deviendra Dieu. Comme

le progrès vers la Divinité représenté par le bossu La Réveillère ne paraissait pas considérable, et quelles danses saintes amenaient plus de drôlesses que de souscriptions, au bout de six ans, les théophilanthropes disparurent sous les huées des Dames de la Halle ; elles avaient inventé, pour les dépeindre, un joyeux calembour ; tas de Jilous en troupe^ auquel il faut pardonner son naïf abandon, à cause de son amour pour la vérité»

Nous avon5 constaté le quadruple effort dç la Révolution :

Confiscation des biens du clergé; qui est un effort d'essence philosophique et qui avait pour but la ruine de TÉglise;

Constitution civile; qui est d'essence parlementaire et qui devait amener l'esclavage du clergé;

Persécution sanglante; qui est d'essence républicaine et qui était destinée à anéantir le clergé;

Enfin la paix révolutionnaire, qui est d'essence césarienne, qui fut d'abord la persécution, puis la domesticité masquée.

Le clergé français fut ruiné, massacré; pourtant c'est lui qui a triomphé. C'est son héroïsme de la fin du dix-huitième siècle qui protège encore aujourd'hui l'Église contre la persécution révolutionnaire. Les pseudo-libéraux qui, depuis soixante ans, sont les promoteurs des basses œuvres de la Révolution, ont appris qu'ils ne triompheraient point du catholicisme par ruse. Ils savent qu'arjrivés à un certain point d'exigence, ils trouveront une résistance qu'il faudrait attaquer par la persécution franche. Or ce n'est pas leur fait; ils sont pour la persécution diplomatique.

Tout au plus diront-ils dans les moments de colère que leur inspirera l'appréhension de leur prochaine défaite : « Le drôle — c'est le christianisme — le drôle n'est pas mort. » C'est l'honnête Parny qui les consolera avec la Guerre des Dieux. Ils assureront bien, comme leurs ancêtres les journalistes voltairiens de la Décade philosophique aux gages de Barras, que « le Pape est le ridicule et dangereux comédien qui se fait appeler Sainteté par l'imbécile catholique ». Mais quand oti en viendra au Cbqteau, ils jureront qu'ils ne connaissent rien à cet instrument-là. .Ils n'ont d'autre intention que d'insulter, de déshonorer les gens et d'en hériter.

La tyrannie sanguinaire ne va bien qu'aux hommes des couches révolutionnaires, aux Jacobins, Sans-Culottes, G listes,' Anarchistes de tout pelage.

Parmi ces derniers même, ceux qui sont seulement ami corrompus, qui ne sont ni tout à fait'ineptes, ni tout à fai

PORTRAIT DE FAUCHBT

L> >ic de CUndt Fuicbti te divÏM en deun période! «hci diitinctu. II se montre, i nalr* cndîtbK. Ca*i*t noua indique commenl m* mour* peu cléricil» et ■on ambition putient 1 cette piitlon pour les nouvellei doctiinei. Nommf évéque constitntionne dtpalé 1 U Légiiletloe, Il poarsui*l[ avec acharnement le> pritrei fidtlei et les ministi

Ce grand anmftnier de> vaicqueura de la Batlitle, qu'il accampagnait labre en main loi agraire, ci pcnfiiiMur de la Reine, qui atupéGail, par la rage rfralulionnaire de ac Cui-mtmCB, parut previue compleiemeut chaagf en arrivant àla CoDvenlioD. Il s'oppo meai du Roi. Il tourna contre 1» Jacobiaa la violence qu'il avait déployée contre aittli ÉVec le> Girondina au 3i mai, condamne 1 mon, en même temps qu'eux, le dtfeodu cou ragenae ment la foi cbrttienne contre lea larcaimei de ae> compaitnona i fera )'<ebalaad avec calme, en priant, Miayanl, 1 ce qu'il parut, d'effacer p*r la jour* le* crlmet que la Rtvolution lui avait

ceux-là ont constaté que le clergé français est sorti de la fournaise révolutionnaire plus pur, plus pieux, plus discipliné, c'est-à-dire plus

assassinat' DE BASSfVILLE, A ROMS, LE l3 JANVIER IJQ3

Hugoade Biaïiville, fils d'an idaturlcr d'Ablxvillc, préceplear, lulcur diMeiingu £roliquei, ol un bon •pécimcD du diplomilt jévolullonnaire. SecrélBÎre d'imbaiiadc 1 Niplei, il i pour gnnde prtcccopKtion d'aller au iMllre San Carlo, «DâuDirorme de garde aalioaal, • pour nirgucr la Reine >. A Rame, il nulle lout, il iniulle tout. Il traite lesleineal le cardinal lecrfiaire d'Élat, lui donne des coaicils taauiaini, des ordres mcmc II demaDde qu'on traite rigoureusement les grandes damei fmigrtes, • dont Tgapect nmnle ta vue >. Jl «I Curieui contre • ,lei demoiaellei Capet >, — les laniea du Roi. Il cr£e dea clubs, fait descendre dans les caves à charbon les statues des raia de France, encourage !e chant de la Marsàllaiie, exhibe des drapeaux républicains. Enfin il empire tellement la population romaine, qu'elle aa scùltaCi, tient coiier les vitres de l'ambauade, poursuit l'ambaiildeur qui élalail au Corsa des cocardes Irisolorei, le relance chez un individu nommé Moulte, • le chef des piirloles •. Bref, sans qu'on connaiite biao les dtuiU de l'aïaaaûaal, cec étrange diplomate reçoit d'un Transiévirin un coup de couteau qai Im asve II

Fbanck BivoLUT. — Livr. 44.

fort. Il a prouvé aux Philosophes de 1790 qu'il aimait mieux être martyr qu'esclave; aux Jacobins de l'an II que sa vigueur renaissait dans son sang. Il l'avait prouvé à leurs prédécesseurs depuis dix-huit cents ans, et leurs successeurs ne sont pas encore aujourd'hui parvenus à l'oublier complètement.

Page 1