‹ La France révolutionnaire, 1789-1889Chapitre 59 sur 112 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La Révolution a toujours aimé à parler de principes ; elle s'empanache de grands mots, elle déploie de nobles enseignes. Mais ces principes sont creux; elle ne leur a laissé que l'enveloppe. Elle croit échapper à la responsabilité du crime parce qu'elle le nomme vertu, et qu'elle décore ses orateurs, ses dupes, ses entremetteurs, ses ministres et ses coupe-jarrets des plus beaux sobriquets du

monde.

Cest ainsi qu'étant la convoitise et la haine, elle se proclama la justice. Cette justice, elle commença par lui arracher l'âme qui est l'équité ; elle lui enleva en même temps l'indépendance ; et l'on eut la Justice ordinaire de la Révolution.

Le peuple, ayant ouï dire qu'il est souverain, que la justice n'a rien de divin, qu'elle tient son essence uniquement de lui, constata, en même temps, qu'elle était amovible au gré des caprices gouvernementaux; qu'elle était tremblante, impuissante. Il crut donc pouvoir

parfois prendre la place de ses commettants, et Ton eut la Justice populaire.

Mais voyant que cette justice du peuple était fantaisiste, et qu'elle laissait passer mille aspects révoltants à travers sa robe magistrale fort en guenille, les démagogues comprirent la nécessité de diriger euxmêmes les coups. Comme ils étaient aussi furieux que la populace, celle-ci reconnaissant, dans cette nouvelle justice, le pillage et l'assassinat qu'elle aimait, laissa faire, et l'on eut la Justice révolutionnaire et la Justice conventionnelle.

Enfin, comme rien n'était trop violent ni trop désordonné pour plaire à la Révolution, après tout cela, on eut la justice soldatesque^ c'est-à-dire ce qui se passait dans les villes prises d'assaut. On nomma justice le sac et le carnage, le viol, le pillage et l'assassinat; parce que cela se commettait contre des ennemis de la Révolution, par des soldats de la Révolution, et au nom du peuple souverain, sous le masque du droit populaire.

§ I. — LA JUSTJCE ORDINAIRE.

La magistrature, qui avait si naïvement travaillé à déblayer les voies de la Révolution, subit le sort promis à tout ce qui était sage, digne, élevé. Les magistrats furent maltraités presque autant que les nobles de haubert; leurs domaines ne furent guère plus respectés de la populace que les couvents.

La France arrive ainsi, dès 89, à une situation que l'on résumait ofiSciellement avec une effrayante simplicité : « Les tribunaux sont muets. »

Ce n'était pas sans résistance qu'ils avaient été condamnés au mutisme. Les Parlements ne s'étaient pas laissé supprimer sans protestation. Toutefois il semble qu'on eût dû attendre de plus grands efforts de corps aussi fiers et aussi ambitieux, d'hommes dont la plupart étaient dignes de respect, intelligents, habiles et droits, et possédant, grâce à leur caractère et aux services rendus, une grande force sociale.

C'était l'arrêt du Parlement de Paris du 5 décembre 1788 qui avait rendu la Révolution inévitable, en demandant au Roi de ne plus permettre aucun délai pour la tenue des États généraux, de déclarer et

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LES DIX PLAIES DE LJl FKàNCE RÉVOLUTIONNAIRE

(Coll. du marquis de Biencourt. )

consacrer leur retour périodique. C'étaient les Pariements, par leurs préoccupations ambitieuses, par leurs haines de sectaire contre la cour romaine, par la persévérance de leurs tentatives d'empiétement contre le pouvoir royal, par leur esprit de révolte, et les tendances républî-

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Culte de Mant.

Réquiailiou.

I!i présentent l'eacenaquePoD ne doit qu'aux dieui.

Jeunes vierges, pleurei, vou» D'aurez plua d'époux. L'impitoyable Mars tes a percés de coups.

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