S 2. — LA. JUSTICE POPULAIRE
Cette justice populaire, qui donna dans les massacres de septembre sa définition parfaite, paraît exceptionnellement horrible. Elle est pourtant conforme aux principes, elle est la fille légitime de la souveraineté du peuple.
Le peuple, source de tout droit, est le suprême justicier. Il délègue sa prérogative à qui lui plaît, au nom de son infaillibilité. Mais quand les circonstances sont graves, son instinct, qui ne peut se tromper, sur
tout dans ces circonstances, lui révèle qu'il faut agir immédiatement et vigoureusement. Il reprend cette prérogative et l'eïerce direaement. Répétons que ,1e peuple, c'est tout groupe qui, n'étant pas combattu par un autre, agit suivant le sens de la Révolution. Dans ces conditions, toute bande est la nation, et en strict droit révolutionnaire, elle dbit être tenue pour infaillible dans son inspiration.
Cela est si vrai que les Girondins, la grande bourgeoisie de la Révolution, commencèrent par applaudir à ces massacres ou par hésiter dans leurs jugements. Gorsas, Louvet, Dulaure, Carra, Condorcet,
MANUEL ASSAILtl PAR ONE TROUPE DE JACOBINS, A MONTaRCIS,