‹ La France révolutionnaire, 1789-1889Chapitre 71 sur 112 · ARRESTATION DES AMBASSADEURS FRANÇAIS, A NOVARE, LE 25 JUILLET I · texte numérisé non relu

ARRESTATION DES AMBASSADEURS FRANÇAIS, A NOVARE, LE 25 JUILLET I

Noire armée d'Ilili

numériquement liblt, mil commandée, mal approTiiiaDafe, «vitl été miie en ais,qui l'ïviient rejette dam le comxi de Nice, Les Autrichi<n*,,uliliunl le nonveiu volution avait iniugnré et qni proclamait que la force remplace la civillialtaa,arrjrïUe, nos ambassade ara. Ceux-ci, ai l'on ta croil quelques documemi' coalempoavaieot reçu de Danton une mjsaion terdant i la ddivrance du dauphin et de sa

liberté, en invoquant la vertueuse épouse qui les attendait. La Révolution était sourde, et quand le nombre des prêtres prisonniers ne lui paraissait pas suffisant, elle y joignait des ministres protestants.

(c On était pêle-mêle avec la vermine qui régnait surtout dans les salles de discipline où étaient entrés les premiers arrivés. On était sous la surveillance d'un boiteux nommé Ch..., commandant de la citadelle, homme rude et méchant à l'excès. On s'attendait journellement à être mitraillé. Le canon fut chargé à mitraille sous les yeux des prêtres. La mèche était continuellement allumée, et un canonnicr de faction était là, avec ordre de faire feu pour peu qu'il entendît du bruit. Le quartier où l'on était renfermé était investi de sentinelles de douze en douze pas.

« Le général R..., qui commandait à Besançon, vint trouver les prêtres détenus, et après avoir cherché à aggraver le sort de ces malheureux par des ricaneries, il finit par dire : « Prenez garde à vous ! « f... ! Sachez que vous n'êtes plus avec des contre-révolutionnaires; « si vous remuez, nous avons des canonniers, des canons, de la poudre « et de la mitraille, et ceux que le canon épargnera nos baïonnettes «< ne les épargneront pas. »

w Habituellement tenu sous clet, on ne pouvait respirer un autre air que celui qui entrait par les grillages étroits et épais des fenêtres. La seule ressource qu'on avait contre l'odeur fétide des chambres consistait à fumer de temps en temps. Eh bien 1 cette modique et triste ressource fut encore enlevée. Le général R..., accompagné du commandant Ch... et de l'aide-major Galleron, et escorté de fusiliers, vint tenir un langage plein d'imprécations; il saisit les pipes, les briquets, l'amadou, etc., et menaça de mettre au cachot, les fers aux pieds et aux mains, quiconque conserverait de quoi fumer.

c< Quoique les prisons fussent bien tristes, très malpropres et insalubres, cela n'avait pas suffi au boiteux Ch..., qui avait voulu réduire les prêtres à ne pas même voir le jour. Il avait songé à les faire entrer dans les casemates, lieux infects remplis d'insectes de toute espèce. L'aide -major Galleron fut chargé d'y entrer le premier avec la lanterne pour les reconnaître. Les ayant trouvées dans un état pitoyable, il eut pitié des malheureux prêtres qu'il voyait, la plupart infirmes et accablés de vieillesse. S'imaginant bien que ces lieux seraient

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le tombeau de quelques-uns, il adressa la parole à Ch... et lui déclara qu'il était impossible que ces hommes pussent loger dans ces casemates. Alors le commandant à jambe de bois les fît conduire dans le corps de logis qui est à gauche du corps de garde, dans une espèce de cul-de-sac.

« Le spectacle de ces malheureux prêtres détenus excitait une triste curiosité. On venait les voir de la ville. Leurs parents ou leurs paroissiens venaient aussi de quinze et de vingt lieues pour les voir et leur offrir des secours. Il fallait dire tout haut, en présence du commandant, ce qu'on avait à se dire mutuellement, et la conversation devait être très courte. « Allons, f.....! dis ce que tu veux dire et dépêchece toi », telle était l'invitation que le commandant adressait à ceux qui étaient arrivés de si loin. « Comment cela va-t-il ? » disait l'étranger. « Bien, assez bien ! » et l'on se séparait les larmes aux yeux et les verroux se refermaient. »

C'est à deux révolutionnaires bien renseignés que nous demanderons le résumé de cette histoire des prisons révolutionnaires, dont les épisodes rempliraient cent volumes. L'un, c'est le journaliste Prudhomme, que nous connaissons. La Terreur lui avait ouvert les yeux. L'autre, Nougaret, appartenait à cette classe de républicains incorrigibles, oisons plumés qui hurlent pendant qu'on leur arrache l'aile et qui vénèrent comme divine la main du cuisinier qui les ensanglante. On les nommait alors, avec un naturalisme dont je demande pardon au lecteur, et qui peint avec une grossière vigueur leur inepte idolâtrie, les porte-coton de la République. Leur espèce a prospéré et ils sont nombreux aujourd'hui. Tous deux, le révolutionnaire revenu au bon sens et le libéral figé, arrivent aux mêmes conclusions.

« Comment peindre, écrit Nougaret, des horreurs inouïes, jusqu'alors sans exemple, même dans l'histoire des Néron, des Caligula, des Pierre le Cruel, des Louis XI, etc.. Les prisons n'étaient plus que des lieux de désolation et de famine... Les grâces n'y furent pas plus épargnées que le mérite, les arts et les sciences, par ces^furieux démagogues. » Et il nous donne en quatre volumes le développement de cette phrase.

« Un demi-million d'hommes furent enfermés dans ces prisons, dit Prudhomme. Le régime affreux sous lequel ils gémissaient tendait à

leur faire désirer la mort par les privations des choses mêmes nécessaires à l'existence et par les traitements les plus barbares... On visait surtout à se défaire des femmes enceintes, pour détruire la population. Le Comité de Salut public avait calculé sur la mort d*un tiers

des Français...

« A Paris, sous les yeux de la Convention, par les ordres de ses comités, Ton établit trente-quatre maisons d'arrêt, chaque comité révolutionnaire avait en outre son cachot; la Commune avait aussi sa chambre d'arrêt : quatre cents individus furent reçus dans une salle humide de la Mairie. Le Comité de Salut public et celui de Sûreté générale eurent chacun leur geôle, et l'on a compté jusqu'à dix-huit cents détenus dans les différentes maisons d'arrêt de Paris. Ainsi le calcul est aisé à faire dans toute la France : 40,000 comités révolutionnaires, 44,000 chambres d'arrêt; 4,000 municipalités pouvaient décerner des mandats d'arrêts, 556 districts jouissaient des mêmes prérogatives, ainsi que 84 administrations départementales, ce qui pouvait produire, y compris Paris, 48,784 prisons dans 26,896 lieues carrées que comporte la France. L'on frémira en songeant que plusieurs fois l'on eut envie de renouveler les horribles journées de Septembre 1792, plan exécrable qui aurait pu exterminer dans le même instant 1,000,000 de détenus. »

La Révolution a, du reste, donné l'histoire de son idéal de prison dans celle du Temple. Elle a montré ce qu'était pour elle un prisonnier par la manière dont elle a traité un prisonnier de neuf ans, c'està-dire un être qui n'a commis d'autre crime que d'être prisonnier. C'est le sort de ce prisonnier qui résumera VHistoire de la Prison sous la Révolution,

Ce prisonnier, c'est le fils de Louis XVL

Nous avons raconté ces derniers mois de la vie du Dauphin dans VHistoire de la Révolution racontée aux enfants. Mais l'histoire est instructive et bien faite pour permettre de pénétrer plus avant dans la connaissance de la Révolution.

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