‹ La France révolutionnaire, 1789-1889Chapitre 84 sur 112 · PORTRAIT DE JI · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE JI

CVit le liquiit parvenu, c[ parvenu par la Rivolulioii, c'eit-l-Jire qu'il joint la f<!rocil£ i la fourberie de* Criipiat claislquei, cl qu'il esi non leulemeni lana conscience, mais laoi humanité. Du re«te il «t UrocE ian> être méchant, et parce qu'il vil k une époque ou la cruauté est profitable. Mail il est aut». prêt k taire le bien que le mil. Il conduit la réaction Thermidorienne comme il a conduit letmistacrc» de Septembre, autsi indifférent aun bienfaiti de l'uni de grand seigneur, soigneusemeut élevé par celu

miniiiire, copiste pour député, prote du Mouifcar, journaliste, inventeur du club pour les de Miller municipal de Paris, secrétaire de la Commune, conventionnel, niemhre des Cinq-Cen de la Réiolution, deux fols maître de la France aprii le lo Ao&i et le 9 Thermidor, il tomba t même de M** Tallien. et Snit ;on illustre orriire en gtrant (on mal le côniulat d'Alicante.

souvent les yeux rouges, la figure hâve. Ils attendaient fiévreusement et tout à la fois redoutaient le moment où leur tour d'être introduits arriverait. Ils avaient déjà été si souvent éconduits brutalement? Peut-être cette fois seraient-ils plus heureux! Mais Tanxiété l'emportait.

Ces deux comités gouvernaient et administraient la France. Celui de Sûreté avait la police, qui était l'œuvre importante alors et qui résumait toute l'administration. Le comité de Salut public avait tout le travail politique, les affaires extérieures, les relations avec la Convention, les subsistances, la fabrique des armes, la levée et l'organisation des troupes de terre et de mer.

Nous avons des membres de ces deux Comités un portrait typique et contemporain, une photographie d'ensemble : « Leur teint et leur physionomie étaient flétris, sans doute, par le genre de travaux pénibles et nocturnes auxquels ils se livraient. L'habitude et la nécessité du secret leur avait imprimé sur le visage un sombre caractère de dissimulation. Leurs yeux caves, ensanglantés, avaient quelque chose de sinistre. Le long exercice du pouvoir avait laissé sur leur front et dans leurs manières je ne sais quoi d'altier et de dédaigneux. Les membres du comité de Sûreté générale avaient quelque chose des anciens lieutenants de police, et ceux du comité de Salut public quelque chose des anciens ministres d'Etat. »

Leur travail était considérable, surtout au comité de Salut public. Quand, après le 9 Thermidor, la France, soulevée d'horreur, forcera la Convention à demander à ces intendants de la Terreur compte de leur gestion, ils répondront qu'ils n'avaient pas le temps de songer à la justice ni à l'humanité. Quand on demandera aux moins cruels d'entre eux la raison de leur complicité avec des êtres qu'ils déclarât mépriser, dans des actes qu'ils reconnaissent haïssables, ils répondront, les uns qu'ils n'osaient pas ne pas se pavaner de férocité^ — c'était l'uniforme du lieu , — les autres qu'ils avaient besoin de n'être arrêtes par aucun de ces détails pour pouvoir mener à fin leur besogne journalière.

Ils étaient en permanence, c'est-à-dire qu'un membre devait toujours être présent. Mais il était d'usage qu'ils se réunissent tous vers huit heures du matin, et allassent ensuite travailler chacun dans leurs

divisions respectives, jusqu'à une heure. Ils se rendaient alors à la Convention, qui cessait ses séances, ordinairement, vers quatre heures. Les commissaires se réunissaient de nouveau à dix heures et se reposaient au milieu de la nuit. Le travail était grand, non seulement pour entretenir l'incendie qu'ils avaient allumé, mais pour empêcher qu'il ne les brûlât eux-mêmes. Ils portaient la peine de l'extravagante situation où le jacobinisme avait mis le pays ; il fallait, du même effort, rendre la Convention esclave et reine, la France serve et glorieuse.

D'où leur était venu leur pouvoir ? Ici encore la situation était absolument incompréhensible. Ils tenaient leur pouvoir uniquement de la Convention qui les redoutait, qui les détestait, qui n'avait qu'un signe à faire pour les ramener dans la situation normale et qui n'osait pas le faire. Légalement, en effet, les commissaires devaient être renouvelés chaque mois. Depuis le 12 décembre 1793 les Conventionnels n'avaient pas eu le courage d'exécuter la loi, bien qu'ils fussent traités par les deux Comités de gouvernement, comme des écoliers ineptes par des maîtres brutaux. Jamais les plus plats courtisans ne s'agenouillèrent devant un roi magnifique, divinisé par le génie, par la gloire, par la foi , comme les députés le firent devant ces commissaires. Ils tremblaient rien qu'en approchant du lieu des séances des Comités. Ils l'avoueront dans leurs écrits, à la tribune même, avec une incompréhensible effronterie. L'un des hommes les plus clairvoyants d'alors résumera cette situation en un mot d'une rare profondeur. Au moment même où ces despotes abattus passent en jugement, au moment où ils vont être condamnés par la Convention, les Conventionnels, leurs juges, tremblant toujours de leur écrasante servitude, « croyaient encore Jire leur devoir sur leurs fronts n.

Quels étaient donc ces domestiques que leurs maîtres redoutaient comme les dieux du moment, et vénéraient comme des rois glorieux, tout en les condamnant avec mépris ? C'étaient les premiers nés, les grands hommes, les hommes d'État, les Hommes de la Révolution.

En tête, voici Robespierre. Il est de beaucoup le plus puissant <le tous, parce qu'il faisait trembler les autres despotes. D'où tenaitil sa puissance ? On le comprend à la fin de sa carrière. C'était

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