‹ La France révolutionnaire, 1789-1889Chapitre 93 sur 112 · DES JACOBINS DANS LA NUIT DU ÎJ AU 28 JUILLET I · texte numérisé non relu

DES JACOBINS DANS LA NUIT DU ÎJ AU 28 JUILLET I

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Vair filé^ et tout ce qu'il y aura de plus caché en elle, ce sera ses doigts de pieds vêtus de bagues. A côté d'elle, voici la matrone de ce temps, elle a une tunique <c mais bien ouverte par le haut des deux côtés, et relevée soit sur les côtés, soit sur le devant ».

Ce qui domine dans l'histoire de la mode républicaine, c'est « l'invasion de la nudité ». Le christianisme, qui a le culte des âmes, avait voilé le corps, la Révolution qui, tout en se prétendant chose nouvelle, retournait lourdement au paganisme, découvrit la chair humaine. C'était l'objet de la religion. Les femmes, sachant que la chair est imparfaite, maladive, d'une beauté vite disparue, et que l'empire des sens est fragile, incertain, disparaissant plus vite encore, les femmes comprirent que le Christianisme était non seulement pur, mais sage. En les voilant, il éternisait leur puissance qui n'était plus restreinte au temps de la jeunesse, ni concentrée entre les mains des belles courtisanes.

La Révolution ne pouvant avoir d'autre idéal que là beauté plastique, d'ailleurs étourdie, à vues étroites, et antipsychologique par excellence, comme elle se montra en tout, mit donc le nu « à l'ordre du jour ». Les gants commencèrent par disparaître, puis le fichu, puis la robe. On se promène avec la robe-chemise plaquée sur le corps, fort échancrée du haut et sans manches. Au bal, plus de mystère. Le haut de la robe a disparu et le bas est fendu jusqu'aux hanches. On avait dépassé le paganisme, on en revenait au pagne. La femme fut cruellement punie de cet abandon à la Révolution. Non seulement, elle tomba dans le mépris, mais dans le grotesque. Il lui fallut s'abandonner davantage, à mesure qu'elle se déshabillait plus, et la corruption de la période directoriale est une des vérités banales de l'histoire. Il lui fallut aussi exhiber ses misères. Cette mode était telle, qu'on voyait des bossues montrer leurs épaules, des bancales aller nu-jambes et des pieds-bots porter le cothurne.

IV. — Pour bien connaître le caractère moral de la Révolution, quittons la période où elle extravague. Venons au moment où sa rage est apaisée. Elle n'est plus en Constituante ni en Terreur. Elle est autant maîtresse du temps et des hommes qu'elle le sera jamais. Elle récolte ce qu'elle a semé.

Voyons la société révolutionnaire de l'an IV à Tan IX.

Ce qui frappe surtout les contemporains, c'est que l'esprit public a disparu. Les revers comme les succès de notre armée n'excitent plus d'émotion. Les mouvements de la politique intérieure n'offrent pas plus d'intérêt. Le cerveau a été tenu en un travail si continuel qu'il est finalement tombé en léthargie. On a tué le patriotisme comme la sensibilité; à force de surexciter l'enthousiasme par des choses folles, fausses, vaines, ou basses ou exagérées, on a amené l'indifférence.

Il en était de la vérité comme de l'esprit public. A force d'avoir entendu grands mots et mensonges, on ne croyait plus à rien. On augmentait vainement l'énergie et le nombre des affirmations, les auditeurs restaient sceptiques. On en venait aux serments. Mais il en était des serments comme des assignats; il en fallait un monceau pour représenter une petite valeur, et bientôt on n'en voulut plus pour rien.

Dans l'ordre moral, il en allait autrement ; la pente était exactement contraire. Le peuple, disent les rapports officiels, « n'a plus que tous les vices de la crédulité ».

« Chacun vit de l'heure présente. » C'est le mot qui résume l'histoire intime de l'époque révolutionnaire. Mais chacun existe facticement. On n'a plus, pour ainsi dire, que la figuration de la vie; on ne va au fond de rien, on n'existe qu'en courant, en rêvant, en jouissant hâtivement.

Tout se passe par procès-verbaux, dit Français, de Nantes, les enterrements ne sont plus une fête funèbre ; le cadavre passe dans la rue sans pompe ; un greffier qui l'escorte représente toute la douleur de la famille.

Le cadavre, fût-il celui d'un riche, n'est plus, nous dit La Revellière, un des maîtres du jour, « que les restes d'un animal dont on se débarrasse le plus promptement possible ». Le mépris de l'homme lîiort, quel qu'il fût, était logique à une époque où, d'une part, on fauchait l'humanité comme un pré ; où, d'autre part, l'homme n'était plus qu'une charpente sans âme ; la charpente était méprisable dès lors qu'elle était disloquée et pourrie. On avait commencé par violer les tombeaux. Dieu sait avec quels lazzis et quelles insultes ! pour y trouver du salpêtre et y récolter les bijoux enterrés, ou

pour Jeter au vent les cendres des aristocrates. Tout le soin des funérailles est confié à des mercenaires. La piété filiale n*a pas le temps ou plutôt le courage ou le désir de suivre le cercueil paternel. Les journaux du temps nous montrent les porteurs buvant chopine, tandis que le cercueil attend à la porte des cabarets. Les enfants du voisinage vont jouer à saute-mouton sur la bière, que les porteurs viennent reprendre quand ils sont ivres.

Le mariage, la naissance, ne sont plus qu'un procès-verbal. Les fêtes nationales elles-mêmes n'ont bientôt plus lieu ; mais on en fait le procès-verbal. Enfin, le serment n'existe plus; les magistrats ne le prêtent pas, mais on en dresse procès-verbal. 11 n'y a plus que la simagrée des choses les plus graves ou les plus nécessaires. L'encre tient lieu de tout.

Les fonctions publiques qu'on avait recherchées si avidement, on les fuyait : en l'an VI, nous voyons telle commune où, sur sept conseillers municipaux nommés, un seul accepte, et c'est un pur imbécile. La Révolution, après s'être fait honneur du trésor de videur morale, de fortune publique, de puissance civilisatrice, de générosité, d'intelligence, rassemblé par l'Ancien Régime, l'a gaspillé et épuisé. Il n'y a plus de proiesseurs, d'avocats, de médecins, que de très vieux. Il a fallu absolument, en pleine Terreur , garder dans Paris six mille aristocrates notoires pour faire marcher l'administration. Dans les municipalités provinciales, où l'on a élu des patriotes purs, il n'y a quelquefois pas un seul individu capable de lire ou de comprendre les décrets.

Les rapports officiels de l'an IX nous représentent tous les édifices publics, même les corps de garde, tombant en ruine. Toute rivière est devenue marécage ; les digues s^nt rompues •, les terrains desséchés repris par les eaux. Il n'y a plus de droit de propriété. Le paysan mène paître ses bestiaux sur toute terre, dévaste tout, dévore tout. Le loup a repris possession de la terre française comme au temps des grandes invasions des Barbares. On en avait détruit, en l'an 1797, cinq mille trois cent cinquante et un. Malgré cela, le Directoire déclare officiellement que « l'espèce humaine est devenue la proie de cet animal féroce ».

La Révolution apaisée présente le même spectacle que la Révolu-

tion enfiévrée : la division de la société en deux groupes très distincts. Comme on avait vu, de 1792 à lygS, l'exaltation furieuse chez les dominateurs, le silence morne chez les autres, on voyait en Tan VIII « le luxe le plus insolent, et des troupes de malheureux cherchant leur existence dans les ruisseaux ». Encore le luxe monopolisé en de rares mains, entre les grossières et insolentes mains des Jacobins parvenus et de gens non encore décrassés, est-il une pure affaire d'ostentation. Il n'a rien de cette utilité industrielle, commerciale et civilisatrice qui est sa raison d'être. Il ne sert qu'à récompenser le vice. Il est d'ailleurs singulièrement restreint.

« En exceptant Paris, on peut douter qu'il y ait deux cents voitures particulières dans toute la République. Dijon, qui comptait autrefois quatre-vingts de ces voitures, est réduite aujourd'hui à deux cabriolets. Rouen avait autrefois trois cents voitures. Il n'y en a plus qu'âme seule, etc. » C'est un rapport officiel de 1798 qui parle ainsi.

Un juré appelé au procès de Babeuf ^n l'an V*(i797), ^^ "^^^ racontant son voyage, nous renseigne sur l'état de la France. Il vient de Bayonne, il n'a pas pu arriver à Bordeaux. La route est aux mains des voleurs. Personne ne la leur dispute. On lui a conseillé de passer par la route de Toulouse, qui offrait de temps en temps quelques chances de sécurité. Il arrive à Toulouse à grand'peine. Là il trouve une diligence qui se dirige également de temps en temps vers Paris, il y entre. Il arrive à la capitale au bout de seize jours. Il y a cent quarante lieues. On n'avait pas perdu de temps. La diligence était tenue de faire à peu près huit lieues en vingt-quatre heures. Il fallait que les voyageurs eussent des soins tendres pour les chevaux. Si l'un d'eux venait à éprouver quelque légère indisposition, la diligence s'arrêtait, et s'il tombait malade, la diligence ï'imijait et les voyageurs également. Il n'y en avait pas d'autres. La réquisition avait pris le reste. On faisait le trajet avec les chevaux qu'on avait pris au départ, et le conducteur répétait fort souvent aux voyageurs qu'ils devaient bénir l'Etre suprême des bienfaits dont il les avait comblés en leur envoyant ce somptueux attelage. Il avait raison.

Nous voyons, en effet, le marquis de Paroy quitter Bordeaux pour Paris, un peu avant cette époque, mars 1796. Il n'y a pas à espérer que la diligence se décidera à partir avant plusieurs semaines. Il prend

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donc la poste. Il monte dans la brouette officielle avec le courrier de la poste qui représente le maximum de vélocité sous la République en Tan IV. Tous les chevaux ont été retenus pour lui. Aussi commença-t-on à attacher la voiture des dépêches à une charrette, et cette charrette à des bœufs. Les chemins étaient si mauvais qu'on ne pouvait utiliser les chevaux. Ce fut au bout de trois jours, en arrivant à Angoulême, qu'on retrouva l'espèce chevaline. « Si jamais je désire du mal à un ennemi, je l'inviterai à faire ce voyage. C'est un vrai supplice. Je sentais ma cervelle flotter dans ma tête. Tout mon corps était .moulu. A chaque poste, je voulais dAcendre et discontinuer ma route. Enfin, ne pouvant plus rester, je m'arrêtai à Beaugency, à six lieues d'Orléans. On fut obligé de m'arracher de la voiture. Deux hommes me transportèrent dans une auberge à moitié mourant. » Le courrier emporta les bagages et ne les lui rendit pas.

Ces bœufs qui mènent la poste et ce courrier qui dévalise les voyageurs, c'étaient deux des bienfaits que la civilisation devait à la Révolution.

Encore en 1800, les rapports officiels ont des mots d'une exprès* sion lamentable pour indiquer l'état du sol français. Ils parlent des efforts qu'il faut pour restituer à la France les départements que l'état des routes en a séparés.

Les voyageurs qui visitent la France, et je dis les plus sympathiques à la Révolution, résument leur impression dans ces mots: « luxe destructeur, profonde immoralité, plaisirs brutaux ». Dans la bonne compagnie, telle que la Révolution l'a faite, c'est « un orgueil boursouflé, une grossièreté dégoûtante ».

Nous pouvons résumer en quelque traits toute l'histoire de la civilisation révolutionnaire : Le grand ressort de la société chrétienne, c'est Vhonneur^ qui implique le sacrifice de soi ; l'unique but de la société révolutionnaire, c'est le bien-être^ qui nécessite le sacrifice des autres. Au temps de leur puissance, quand ils croient n'avoir plus besoin d'hypocrisie, les démagogues l'avouent aisément. « Je vais avoir l'honneur... », dit un accusé. — « Il n'y a plus d'honneur! » s'écrie le président Dobsent. La grande voix du peuple se joignit à ce cri du cœur.

« Dans une représentation des Fourberies de Scapin^ l'acteur dit :

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— Monsieur Géronte, j'ai Thonneur... Le parterre cria : — Il n'y a plus de Monsieur. L'acteur reprit : — Citoyen Géronte, j'ai l'iionneur...

— Aussitôt mille voix firent entendre ces mots, qui annoncent la démoralisation de tout un peuple : — A bas l'honneur ! à bas. // ri y a plus d'honneur^ il n'y en a plus ! » C'était la Révolution qui faisait sa confession publique.

Ses représentants les plus autorisés la faisaient parfois à leurs confidents. Chiappe, député de la Corse, un des plus courageux et des plus respectables parmi les conventionnels , disait pourtant à ses deux collègues , Peyre et Maisse , envoyés comme lui auprès de l'armée d'Italie : « Nous autres qui avons été envoyés en mission, sommes presque tous des malheureux. Après que ha Convention sera finie, la République fera justice de tous et elle aura raison. Seulement ce qui est malheureux, c'est que le peu d'honnêtes gens qui existent sera enveloppé dans la proscription. » Cette phrase, dite par l'un des plus honnêtes conventionnels, est pleine de dessous et de révélation. Je n'en veux retenir que « le peu d* honnêtes gens qui existent».

Comment la France révolutionnaire eût-elle pu en avoir davantage ! Nous avons vu avec quel soin persévérant elle avait détruit toutes les sources de la morale publique et privée. Pour renverser l'ancienne société il lui fallait mettre la flamme dans toutes les passions humaines. Pour durer, il lui était nécessaire de satisfaire à toutes leurs exigences, si désordonnées qu'elles fussent.

Les hommes dont elle n'avait pu faire des agents, elle en faisait ' des complices, en leur mettant en mains le produit de ses vols et de ses confiscations. D'après un décret de septembre qS — dès le début, comme on voit — tout individu muni d'un certificat de civisme recevait, pour cinq cents livres de terres confisquées; cinq cents livres remboursables en vingt ans, sans intérêts ! Il y avait cent décrets de cette sorte.

Le pillard, encouragé par les lois révolutionnaires, ne trouvait, dans sa conscience déchristianisée, aucune voix qui le blâmât. « Le brigandage, dit Barbé-Marbois, est aujourd'hui une profession que l'on prend et que l'on quitte » comme tout autre métier. La République, qui avait fait prospérer les loups dans les campagnes , les faisait pulluler, sous peau humaine, dans la société. Les départe-

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ments des Bo uches-du -Rhône , du Var, de Vaucluse , des Hautes et Basses-Alpes et tant d'autres , étaient sous la main de bandes d'honnêtes détrousseurs qui avaient des agences auxquelles les voyageurs payaient un droit de passage. Les brigands délivraient] les passe-ports. Au-dessus de la Loire, on était moins méthodique. Les

PORTRAIT DE HENRI DE LA ROCHEJAQUELSIN On le lurnommc le Héroi it ta Vendit. It mltat bled « >urnoin el tous 1» plai Doblc>:titniaDi U n'y « pu de phyiionomie plus iiitisaante et plus ittrayanle. Si biographie eit blea connue.. Sa paiid'i' charmaDie Imc, ardente, aincèrc el ferme, se peint dini !■ phrase qu'il dïl en ealraai en cimpteK.'! avait vingt ans, lea payaaa* vieaneal le cliercher : • Met aniit, dit-Il, le ne laii iju'uo enfint, i>iai> l< <k montrerai digne de voua «namanJer. le n'ai qu'un mot i vous dire : Si j'avance, suivel-mol. Si i< rKu», luez-moî. Si )t meuri, Tengei-moi. ■

émancipés de la Révolution se nommaient Chauffeurs. L'Oise, l'Eureet-Loir , l'Eure, la Seine-Inférieure, le Calvados et l'Aisne étaient leur domaine. On envoyait contre eux des patrouilles qui revenaient toujours bredouilles... Elles se composaient de Chauffeurs. Tout «

qui n'était pas échaudé ou ne voulait pas l'être, en faisait partie.

Daas les villes, l'organisation sociale se résumait ainsi : « Point de

prêtres, point de culte ! » La Révolution avait triomphé. Le même docu-

TRANSLATION DES RESTES DE ].-J. ROUSSEAU AU PANTHÉON, LE I I OCTOBRE 1/94

Dt* ]« Il noTcmbtc 1790, U CoottituiDlc Ivail Hcttté qn'un monumeiit lera.t Htvt en l*honucur de Soaueiu. On « cherché 1c nombrt de chancM qut c« grand-pérs de ta Bévalution iviii de ae pis ixtt galllotini pu » petite-Glle t'ÎL eUt vicu sous ton rigae. On n'en i trouvé qu'une, c'est qu'il émigril. El'e 4fli commencé pir le Iriiter comme elle Ittîu un autre de us gnnds-péres vénérés, Riynal, qu'elle déclin officîellemeai être un vieui ridoteur, et le Père Ducheane u'cût pas tardé à découvrir qu'il n'élitl

ment officiel qui constatait ce merveilleux résultat ajoutait : « Plus de garde nationale, — plus de volontaires, — plus de gendarmerie, — plus d'octroi, — plus de pain aux hospices, — plus de réverbères. — Toutes les nuits, les boutiques volées et enfoncées. » Les Révolutionnaires avaient poussé cette démoralisation aussi loin qu'ils pouvaient. Ils n'imaginaient pas qu'ils en porteraient un jour la peine. Les massacres du Midi tournèrent contre eux le couteau dont ils avaient fait l'unique représentant de la civilisation. Ils avaient appris aux plus paisibles populations à s'en servir. Dans la douce Champagne, pour ne pas citer d^autres exemples, « un terroriste est recherché, poussé, pire qu'un chien enragé. On tua de ces scélérats sans forme de procès et on le déclara aux autorités. Rien ne peut arrêter la fureur du peuple contre eux. » ,

C'était le peuple qu'ils avaient formé. C'étaient les autorités qu'ils avaient instruites. La langue elle-même, la bonne, sage et fière langue française, ils l'avaient démoralisée. On connaît cette anecdote. Un honnête homme voit son nom dans un journal, — c'est sous le Directoire, au moment où la République moissonnait ce qu'elle avait semé. — On dit de lui qu'il est un scélérat. Il va trouver le journaliste et le bâtonne. Celui-ci meurtri, mais étonné, lui demande ce qui lui prend. « Citoyen, dit l'honnête homme, tu m'as appelé scélérat. — Comment, dit l'instituteur des peuples, c'est pour cela que vous vous fâchez ! d'où sortez-vous ? Cela veut dire simplement que nous ne sommes pas de la même opinion. »

C'est encore à un révolutionnaire de la première heure que nous demanderons le résumé de l'histoire morale de la Révolution. « Forcer les hommes à préférer la nouvelle situation à l'ancienne ce serait leur dire : Nous vous ordonnons de préférer l'iniquité aux sentiments religieux, le crime à la vertu ; le brigandage à l'honneur ; le mensonge à la bonne foi ; la dévastation et le pillage au respect et au maintien des propriétés. »

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