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CHAPITRE IV

L'ÉCONOMIE POLITIdUE

Si. — LES FINANCES

La Révolution déclare que le bien-être matériel est le seul idéal de toute société. Cette proclamation de principe est, sans aucun doute, rindice d*une philosophie politique inférieure à celle qui donne la première place, dans ses préoccupations, à la morale. Toutefois cette recherche du bien-être est un élément, bien qu^ncomplet, de civilisation. Cet idéal, tout inférieur qu*il soit, la Révolution Ta-t-elle atteint?

Que fit-elle des finances, sans la bonne organisation desquelles il n'est pas de gouvernement ?

En 89, d'après le rapport de Necker, le déficit (en y comprenant l'intérêt de la dette) est de 56,i5o,ooo francs. Ce déficit était le prétexte de la Révolution. Les États généraux étaient convoqués pour le faire disparaître. Après quelques années de Tadministration révolutionnaire, ce déficit de 56 millions était devenu un déficit de 40 milliards.

Nous pouvons très bien suivre, malgré les mensonges des budgets républicains, les degrés de la décadence. En 89, les dépenses sont de 531,464,000 francs; en 96, de 998 millions.

Le i*"" janvier 91, les rapports officiels établissent la dette publique à 2 milliards 62 millions; le 28 février 1793, le rapport de Chabot accuse 8 milliards 62 millions. Comment en arrivait-on là ?

Les constituants, envoyés principalement pour restaurer les finances, étaient les plus extraordinaires comptables qu'on pût souhaiter. Ils lais-

paient croire que la liberté allait abolir l'impôt, ou plutôt qu'il serait payé désormais par les gens de bonne volonté. Ils étaient hommes à espérer qu'ils en trouveraient beaucoup. On devine que cette candeur fut mal récompensée. Nous prenons la riche Touraine : au commencement de la Révolution, l'enthousiasme est chaleureux. Tout le monde est prêt à payer les dettes de la Patrie. Dons volontaires, avances d'impôts. Tout le

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