‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 107 sur 142 · RÉVOLTE DE TR8UPES AMÉRICAINES · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DE TR8UPES AMÉRICAINES

gouvernement du roi, à la seule condition démettre bas les armes et d'être désormais les fidèles sujets de rAngleterre. Les soldats retinrent les envoyés de Clinton, et les livrèrent aux députés du Congrès après avoir réglé leurs différents avec les représentants de leur pays. Dix jours après cet événement, les troupes du New-Jersey encouragées par ce funeste exemple d'indiscipline, essayèrent d'imiter les Pensylvaniens, mais Washington les fit envelopper par des régiments dévoués et les mutins furent punis avec rigueur. A partir de ce jour le Congrès fît passer d'une manière régulière l'argent destiné à acquitter la solde des soldats.

Placés en face d'un pays où le papier-monnaie ' n'avait plus cours, oiî la ressource des impôts était encore à naître, n'ayant pour exiger les sacrifices des populations que des agents élus par elles et par conséquent peu disposés à presser sur elles, les députés des États-Unis, qui comprenaient à la fois la force et la faiblesse d'un état démocratique, poursuivaient avec passion la réalisation d'un emprunt auprès d'une des puissances de l'Europe. Encore un effort et la lutte finissait, mais pour cet effort il fallait de l'argent. Franklin en France, John Adams en Hollande, John Jay en Espagne, furent chargés d'en solliciter. Franklin devait demander, outre l'appui du gouvernement français, la permission d'ouvrir un emprunt directement avec les capitalistes de ce pays, parmi lesquels les Américains comptaient de nombreux partisans. Le Congrès, dans sa détresse, était disposé à concéder à l'Espagne la navigation exclusive du Mississipi, i donner d'importants pri-

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vilèges commerciaux aux Hollandais, mais les chargés d'affaires américains, même avec l'appui du fils du président du Congrès, le colonel Laurens, envoyé exprès pour cet important objet, ne purent rien obtenir de l'Espagne et de la Hollande. Le gouvernement français, qui s'adressait sans cesse aux capitalistes pour des emprunts, ne permit pas qu'il s'élevât une concurrence contre lui-même, mais il fit don de dix millions et avança les dix millions d'un empnmt tenté en Hollande pour le compte des États-Unis. Pendant ces négociations les représentants de

* l'Amérique avaient résolu, sous la terrible étreinte la nécessité, de mettre Tm au désordre et aux prodigalités de tous genres amenés par la guerre. Le Congrès, qui exerçait à la fois le pouvoir législatif et le pouexécutif, par l'entremise de commissions, n'avait pas lardé à ressentir les vices d'une pareille organisation. La responsabilité de ce qui se faisait planant sur plusieurs têtes, ne reposait en défmitive sur personne. Il fallait la créer pour les finances, comme on l'avait fait pour l'armée, en déléguant de grands pouvoirs à Washington.

• A ce moment l'opinion publique avait été vivement intéressée et remuée par une suite d'articles sur les finances publiés par Gouverneur Morris, ancien député non réélu de la ville de New-York. Morris traitait sévèrement les lois qui avaient été proposées pour donner de la valeur au papier-monnaie. K Si un dollar carré de papier, disait-il, est aussi bon qu'un dollar rond en argent, pourquoi forcer celui qui tient le seconda l'échanger contre le premier? L'excuse de la nécessité n'arrêtera pas

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