NAISSANCE D'UN DAUPHIN
six jours après sa naissance, une Histoire du Théâtre français. La mode se mit de la partie en substituant à la croix d'or que les femmes portaient au cou des médaillons représentant le dauphin et en intercalant, au centre de la rosette de leurs souliers, son image surmontée des mots en lettres d'or : Vive le roi, vive la reine, vive monseigneur le dauphin. Des Te Deum furent chantés dans toutes les provinces, des félicitations arrivèrent de tous les parlements, de fous les corps de métiers. Le chapitre de !a cathédrale de Mende fonda une messe annuelle en commémoration de ce grand événement, et les francsmaçons de Sens, sollicitèrent du ministre la permission d'exprimer leur joie en commandant un Te Deum. Les élus des États généraux de Bourgogne décidèrent qu'il serait frappé cent médailles d'argent et quatre d'or et que douze filles seraient dotées et mariées pour célébrer le bonheur de la France.
Le duc d'Harcourt fut nommé à la fois gouver- ust neur^ surintendant, premier gentilhomme et grandmaître de la garde-robe du dauphin. 11 eut au-dessous de lui deuxsous-gouverneurs.deux instituteurs et l'enfant dut être soigné et servi par deux médecins, deux chirurgiens, trois valets de chambre, quatre garçons de chambre, un valet de chambre baigneur, un valet de chambre tapissier. Ses vêlements étaient du ressort d'un premier valet, de deux valets et de deux garçons de garde-robe, d'un garçon tailleur, de deux portes-meubles, d'une blanchisseuse, d'une empeseuse et de deux garçons des garçons de la chambre. L'administration de sa maison, immédiatement organisée, consis-
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tait en un commissaire et secrétaire du cabinet, en un argentier et un secrétaire de la garde-robe. Les officiers de la chambre du roi, tels qu'huissiers de la chambre et valets de chambre pouvaient encore aider au service de l'enfant, auquel le roi se refusa d'ajouter ses serviteurs personnels désignés sous le nom de porte-manteaux, ses valets de chambre, ses tapissiers, barbiers et horlogers, malgré la « douleur et l'humiliation » qu'ils affirmaient ressentir de se voir privés de « leurs espérances les plus flatteuses autorisées par l'usage leplus constant. » Mon Le vieux Maurepas était mort au milieu de cette
itnoTOnibreiTM. sorte dc déchaînement d'cnlhousiasme. Il avait successivement éloigné du prince les deux ministres qui, à des degrés divers, avaient compris les désirs et les passions de la foule- La nation ne Poublia pas et lorsqu'elle sut les regrets que sa perte causait au roi, elle y répondit par ces vers :
0 Fripee I Applandii-toi, (riuni|ibe de ton sorl Un dauphin vient de nsllre, et Haurepna est mort.
Les journaux accentuant les rancunes de l'opinion publique contre ce vieillard égoïste et aveugle, publiaient quelques jours après cette épithaphe pour son tombeau :
Huit moi! plutâl il mauraîl adoré Huit mois plus tard il eit mort abhorré.
Peu de temps avant la fin de ce vieillard, Necker, aperçu dans le salon du Louvre, avait fait oublier tous les tableaux. Txs visiteurs s'étaient tournés de son côté et une voix s'écriant : Voilà le restaurateur des finances! Vive M. Necker! les arclamations, les