‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 125 sur 142 · SIÈGE DE GIBRALTAR. SS · texte numérisé non relu

SIÈGE DE GIBRALTAR. SS

le reste m'appartient'. » Prévoyant un désastre; d'Arçon crut devoir en appeler au comte d'Artois, ce qui lui attira une scène de colère du général en chef qui le traita ironiquement de forte tête. D'Arçon insistant pour que l'attaque fut concentrée sur un seul point, le duc de Grillon, rejetant cet avis plein de bon sens, s'écria : n Vous avez des entrailles de père pour vos batteries, vous ne songez qu'à elles, si l'ennemi veut s'en emparer je les ferai brûler à sa barbe. »

L'attaque fixée, au 7 septembre, quoique rien ne fut prêt et que trois des plus grandes batteries ne fussent pas encore armées, n'ayant pu avoir liea i cause d'une tempête, fut résolue pour le 13. L'ami- .rai espagnol, Bonavenlure Moreno, commandant des batteries flottantes, avait reçu l'ordre de prendre position ce jour-là, et Grillon avertit d'Arçon qu'il avait pouvoir du roi d'Espagne de le renvoyer iiiw médiatement en cas où il désobéirait.

Rien n'avait été concerté avec l'escadre francoespagnole, commandée par Guichen et Cordova qui étaient arrivas de la veille. Obligé d'être brave ou prudent, comme il l'écrit, d'Arçon préféra être brave, a Toutes les mesures se trouvaieat rompues. Lei moyens les plus essestiels oubliés. Le concert si nécessaire, cette unité d'aetion sans laquelle rien n'«st pM^ble à la guerre, entre tom les acteurs du drame, ne furent pas même essayés. »

Le 13 septembre tes batteries flottantes levèrent

< Cette réponu, que donne d'Arcon d»m ttt mimsàrtt, cM en pleine coatrtdictioD ivec m que dil le due de Crillon dini la tDDTenition qu'il prftMid noir eue avee le nùoigire eepagnol Florida BlmM. Enlre le* néndrei de d'Arfon et le rédt de Crillon, le douie n'eit pi* poMible p«mMt4e«tew (tiantif.

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l'ancre ', et se divisèrent de manière à attaquer à la

fois les deux môles et le camp établi à la pointe d'Europe. La Pastora, commandée par l'amiral Moreno, et la Tolln-Ptetra, montée par d'Arçon et le prince de Nassau, s'avancèrent vers le vieux et le nouveau môle à 140 toiEes de distance [371 mètres) portant des coups terribles à la place. Les huit autres batteries ne purent s'approcher à la distance convenue et commencèrent leur feu trop tard. Les trente-six chaloupes canonnières et les trente bombardes qui devaient agir sous l'abri des batteries flottantes, pour aider a l'attaque avec les quatre-vingts mortiers des batteries établies sur terre, ne se présentèrent pas. Les quatre cents bouches à feu, y compris l'artillerie de la flotte qui devaient foudroyer ta ville , se réduisirent aux soixante pièces des batteries flottantes qui ne tardèrent pas à être exposées à toute l'artillerie de la place. Le feu, commencé i sept heures du matin, continua jusqu'à midi avec violence. Les baltOTies flottantes étaient encore entières , quand à midi un boulet rouge, s'enfonça dans lesbordages de la Tolla-Pietra. a; Vers deux heures, dit lord Etliot dans son rapport, on remarqua qu'il sortait de ta fumée d'une grande batterie flottante portant le pavillon d'amiral ; le feu des alliés diminua sen»blement. » L'amiral de Guichen, s'apercevant de

< Il y avait dix lutierteB OottanlM : L* PiMloni porUil 34 ciDont; la ToUa-Pielra, 23 ; la Paula, 23 ; la Roiario, 21 ; la San Crùtoforo. 19 ; le Prùue-Charla, 10; le San-Juan. 9; la Paula (le nou en répiii dans le nuniucril), 9; la Santa-Anna, 9 ; la Dolorea, 7. Ce* dix baLtariu donnent bien ISl bouche* A fcn qpi correapuDdent an nonibn de eanoni ■onoDCJ par d'ATÇûu, il n'y a qu'une répétition de nom faite par «mur.

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cette circonstance fil, à six heures du soir, proposer divers moyens au quartier général d'assurer la retraite des batteries, a La réponse fut que tout était bien, qu'on n'avait besoin de rien. » Cette retraite facile à exécuter, et prévue par d'Arçon, ne fut pas même tentée. Des chaloupes apportèrent l'ordre d'abandonner les batteries et d'y mettre le feu en les couvrant d'enveloppes souffrées. Cet ordre parut tellement inouï que plusieurs commandants renvoyèrent les brûleurs et s'éloignèrent euxmêmes de la place, en se faisant tourner à force de rames par une chaloupe, mais de nouveaux ordres vinrent prescrire de brûler et non de retirer. Dans le même moment les batteries espagnoles éteignaient leur feu faute de munitions. Il ne fut bientôt plus question que de sauver les malheureux matelots qui se trouvaient sur les batteries. Don Louis de Cordova et Guichen rivalisèrent de zèle avec ElHot dans cette œuvre d'humanité. Le 14 septembre, à huit heures du matin, il ne restait plus vestige de ces formidables machines qui, soutenues et appuyéesj eussent fait crouler ce rempart de la puissance anglaise que Guichen appelait un rocher farci de canons. La légèreté, la fatuité, l'orgueil d'un grand seigneur, avaient imposé une sorte de Rosbach maritime â la fois, à son ancienne et à sa nouvelle patrie '.

< Le due de Grillon, aprèi avoir été an sert ice de ta France, aa pairie, avait paisé au service de l'Eipagne apria la guerre de «ept ta», parée qu'on Iniinit préféré H. de BeaaTeaupourlegouvemenientileliPiearilie. Ses méiDoirea militaires, écrita pour aa justiBcBticD,aoat empreints d'une étrange conBance en lui-même et contradiienl les afflrmalioni de d'Arcon dani des faits qui n'ont pai pn Cire inTenléi par le colonel frantiis. Lea secasalions de d'Arçon sur te manvaia vouloir et l'ineapaciti de Grillon sont comptètemeat juibflfes par le rapport de t'aminl espagnol Horeno, qui

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