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da TimillM-
Btt Livre troisiëhe.
A peine rentrés au camp, après une pwte de êota mille hommes et de trois cent vingt-huit pièces ite canon , les personnages qui avaient acclamé les batteries flottantes, qui avaient poussé leur confiance dans le succès jusqu'à la négligence des plus simples règles de Tart militaire, se prirent à récriminer contre d'Arçon et son invention, et l'accusèrent d'avoir fait manquer en Europe la campagne militaire de l'année 1782. Il faut prendre Gibraltar en Amérique, dirent les courtisans de Versailles, en répétant un mot qui fit fortune à ce momait. « Oui, répondit d'Arçon, dans un mémoire où il racontait les faits avec la préci^on et la clarté d'un homme snr de lui-même et le patriotisme d'un citoyen indigné, oui, si l'opinion d'imprenabilité attachée à eelte place n'était absurde et ridicule. L'auteur du projet des batteries flottantes ne voudrait pas discuter un
explique rtchèYcmcat de la Aeilruelioii àm bitUrÎM flotUntu ptr It déawaqatmeal, TCn Im lii ham du lOir, dei bKttcriei pUtei de la pUee qui lancèrent plui da troii mille bouleti ronges, batlerie* dont ne parle pas Crillon. Moreno, en donainl ce détiil, noua appread qu'on laissa, tai Iw batteries qn'on se pnt pis brûler av«e dea elieniis« louffrée», aM qnantilt luIDsanle de pondre pour qu'elle* Raniassent ea l'air en lempi convenable. Ce sont donc les Espagnols qui prirent les mesure* nteexui]^ pour la deitrnclion dea batterie* Boltmles, detlractioa que lei Anglnf ramplétirenl. L'allaque lur trcis pointa lUSfrenta, contrairement au obierralions pleine* de sens de d'Aryen, eatpDsitiTe.HoreDO nous apprend que les trenle-iix chaloupes cauoniArei et le» trente bombarde*, qd devaient ac^ *Pua l'^de de* batterie* flottantes, ne purent fanctiouner à cause de la violence du vent; il dit que d'autrei obstacle* puissant* empêchèrent *uui qu'en ne fit avancer les vaisseaux de la flotte. Que rettait^l du projet d'tcriser la place sous le feu des cent cinquante-quatre casao* dea batteries Dotiantas, des trente bombardes, des lnute-*ix chaloupes cannonière* et des quatre-vingts mortier* de l'alta^M de terre ? Il n'y eut en réalité d'engagées contre Gibraltar que le* quatre-vingts mortiers de terre et le* batteries flollanles disperaées. On ne peut a'enpécher, i la lecture de ces documenta, de comprendre qu'on se Ironveeo faced'nndi- *a*tre amené par la légèreté d'un nouveau Soubite.
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SIËGE DE GIBRALTAR, St3
-instant avec des gens qui n'ont eu que des yeux et des oreilles, mais il s'aiïligera toute sa vie d'avoir vu se réunir tout ce que la mésintelligence, l'envie et l'ignorance peuvent inoculer de plus odieux et de plus funeste, pour priver deux nations de la gloire et des avantages d*un succès annoncé avec l'espoir de ta certitude; il s'afQigera d'avoir vu anéantir l'armement le plus formidable qui ait jamais paru, et dont l'immensité même, en garantissant la réussite, réduisait réellement à peu de chose; le mérite du projet. Il s'indignera de l'abandon volontaire de moyens puissants, tandis que tout paraissait devenu facile sous les auspices d'un prince (le comte d'Artois) qui débutait dans la carrière des armes et qui, avec la force de n'être pas étonné de notre revers, a su en distinguer les causes physiques et morales et saura sans doute en tirer tous les avantages qui sortent de la grande leçon du malheur. j>
a Ce n'est pas le cheval de bois qui cette fois a niprii du puuic
J 1 ■> pour laiche»
pris Troyes, écrivit un spectateur de ce grand de- dïTeoirepriM; sastre à un nouvelliste français, c'est Troyes qui a dépu^dg brûlé le cheval de bois. Nous sommes depuis ce "*"" temps sans danger mais sans honneur. Nous passons le temps dans l'inaction et dans l'ennui. Les princes voulaient quitter; le roi d'Espagne les a fait inviter à rester jusqu'au combat naval auquel on s'attend, non pour s'embarquer, mais pour animer les combattants de leurs regards, s'ils peuvent en être aperçus dans le lointain. M. le duc de. Grillon fait bonne contenance..., il sait qu'avec la foi on peut transporter des montagnes et est fermement persuadé que, tôt ou tard, les murs de Gibraltar, comioe
su LIVRE TROISIËHE.
ceux de Jéricho, tomberont au bniit de ses trompettes guerrières, v Amère ironie que semblait justifier le mot du comte d'Artois lorsque, dans un accès de gaieté, il disait à la reine, en faisant allusion à la sobriété ordinaire des seigneurs espagnols et aux indigestions que ses dîners avaient causé : «■ La batterie qui a fait le plus de mal dans le siège a été ma batterie de cuisine. »
Le public, peu au courant du reste de ces détails, ne se berçait pas de Tespoir de les connaître, car un journal annonçant l'existence d'un mémoire de d'Arçon, écrivait : < Bien des gens doutent que le gouvernement permette la publicité de cette production qui en nécessiterait beaucoup d'autres, et lèverait le voile sur bien des infamies qui intéresseraient de grands personnages, ayant intérêt de les cacher » '. La malveillance de la nation que provoquait aussi bien le silence commandé que la polémique permise, trouvait à ce même moment l'occa-
' Tabltau de la Gratide-BrtUiffnt , df t'irlandê tt dn poutttUmi anglaûet, par Burl. Paris, an VIII, in-8, tome VII, p. 391 et tuir. — Hùtoire de la guerre de V Indépendance, pir Botte, tome III, p. âSt et mil., 594 et luiT.; tome IV, ^.2Zl.~ Biiloriiofthêreignof George III b; Edwird fiiinei, toma I, p. 333. — Miwtoini de Lafayelte, tome If, p. 4 el luJT., p. 37. — Mértunrei uerett pour eervir à, Vhittoire du UUret, tome XXI, p. 58, 137, 209, 246. — CoTreijmndante tttrite inédUe twrLovU IVl, Karie'Antoinette, la cour el la ville, publiée par Leieure, tome I, f.iâi.— Àrehitet du mmùlérede la inan'n«. Campagnei. Carton 1783. Gibraltar. Htmoim poor lerTir an liige de Gibraltar, par d'Ar^an. Rapport eapagool de dom Horeoo. Rapport de lord Elliot, eonkmandtnl de Gibraltar. Rapport du marquis de Crilloo. Détail des déaaitrei airiréa au camp de Gibraltar, nou ligné. Extrait d'one lellre, non lipnéa, écrite devant Gibraltar, an camp de Buena-Viata, le 14 leptembre 17S!. Lettre de Guichen ao miaislre, éerile k bord du Terrible, dani la rade d'Algtairas, 17 septembre 1782. — Archioei naltonatet. K IGt : Lettre de VergenDcs au roi sur l'attaque de Gibraltar, 9 mar* 1782.
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Faillite du pbiisce: de guëhënée. sis SLon de se faire jour à propos d'une affaire de grand seigneur qu'il était impossible de taire.
On annonçait depuis quelques années la faillite du prince de Rohan-Guéménée, grand chambellan, époux de la gouvernante des enfanU de France. Mais une pareille nouvelle trouvait une foule d'incrédules, et le prince ouvrant continuellement de nouveaux emprunts payait ainsi les inlérêts des premiers, quand enûn le public crut à la vérité de ces bruits, et l'on apprit tout à coup qu'il faisait une banqueroute de 35 à 30 millions. La désolation fut extrême parmi la foule de ses créanciers que l'on portait jusqu'à trois mille. Un arrêt du Conseil interdit aussitôt toute poursuite contre le prince, pendant trois mois, sur le motif que le roi voulait prendre connaissance d'une affaire a qui concernait une maison et des personnages dont les services sont singulièrement méritants de Sa Majesté et de l'Ëlat. » Cette immixtion de Louis XVI dans les affaires d'un particulier ne pouvait qu'exciter la passion qui couvait dans les âmes contre l'esprit de caste, et compromettre la royauté dans la revanche que tenterait le public contre ces grands seigneurs si enclins à s'emparer de la fortune d'autrui et à s'en faire gloire.
« Madame de Guéménée, disaient les nouvellistes, s'est trouvée, par l'examen, avoir participé beaucoup à la banqueroute de son mari, avoir fait même des infamies dans sa place. Elle touchait l'argent pour payer les fournisseurs de son déparlement ; elle gardait cet argent et leur donnait des contrats de renies viagères... On découvre chaque jour de nouvelles infamies du prince de Guéménée... Il avait des rc-
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1146 LIVRE TROlSiËHE:.
cruteurs d'argent à Brest et dans tous les ports de France pour séduire les pauvres matelots. j> Le même journaliste prétendait que le grand aumônier, plus fier qu'abattu d'un événement qui aurait humilié une famille bourgeoise, avait dit s qu'il n'y a qu'un roi ou un Rohan qui puisse faire une pareille banqueroute. » On avait cru, dit un autre nouvelliste, en parlant du prince de Guéménée, a que la princesse, son épouse, vendrait ses diamants parce qu'elle les avait mis en gage, dans une circonstance pareille, pour le duc de Lauzun, mais on ne considérait pas que ce joli seigneur était quelque chose de plus qu'un cousin et un mari. »
La libéralité du roi qui aurait, affirmait-on, pris à sa charge lesrentesviagères constituas parle prince de tiuéménée, ne pouvait qu'irriter le public qui suivait, avec un intérêt passionné, ce qui arrivait à la cour.
Qimpinitua Quoloue fut la suffisance des recettes du budget
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rfuuaiéniioiidei pour couvfir los dépcuscs et même pour amortir les leîrfwtlt dettes, pour peu que le gouvernement voulût s'y "^«î^i^^rtf prêter, il y avait pour la nation une sorte d'outrage à li iMnuDBc in e[ comme un défi ieté à son bon sens dans la distribulion de ses revenus entre les mains de personnes qu'elle n'estimait ni pour leur intelligence, ni pour les services qu'elles étaient appelées à rendre. 1! était impossible, dans un siècle littéraire et scientifique à la fois, de ne pas comparer la pension de 600 livres accordée à un collaborateur de BufTon, la gratification de 1,200 livres donnée ù Messier, de l'Académie des sciences, à la suite d'une chute terrible, pour qu'il puisse se faire soigner, avec les
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DËSORDItES ET FAVEURS. SiT
3,000 livres de pension dont jouissait le sieur Vernon, pour avoir appris à monter à cheval à Madame Elisabeth, avec le traitement de 4,000 livres du professeur de billard Mafôon, avecles 9,980 livres de retraite de M. de Genouilly, écuyer commandant de l'écurie de la reine, qui conservait en outre un cocher, trois domestiques et la nourriture de quatre chevaux payés par le roi, avec tes 10,000 livres accordées à chacune des premières femmes de chambre de Madame Elisabeth comme indemnité des bougies dont elles avaient coutume de s'emparer après qu'elles avaient été allumées.
Que signifiait l'édit du mois de mai 1782 annon- tcanon,i«
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çanl que les dépenses de la musique du rui, avaient tU|i«iiMi été diminuées de 240,248 livres, si les fonctions sup- "'"'" **' primées étaient rétablies en détail, si la comtesse de Vilfort, nommée sous-gouvernante des enfants de France en survivance, louchait son traitement comme si elle était déjà en litre, s'il en était de .même de madame de Billy, première femme de chambre de Madame, fiUe du roi, nommée pour remplir pareille place pour l'enfant à nallre, s'il en élait de même pour la comtesse de Neuville, femme de chambre de Madame Elisabeth, nommée encore pour l'enfant â naître, pour la dame Gauchez, femme de chambre surnuméraire nommée aussi pour l'enfant à naître. A peine la duchesse de Polignac est-elle choisie comme gouvernante des enfants de France à la place de madame de Guéméuée, qu'elle demande qu'on ajoute à son traitement de 31,200 livresles 12,000 livres de pension dont jouissait madame de Guéménéc, et madame de Guéménée, qui touche une pension de
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iiis Livre îboisiémë.
36,690 livres comme ayant été près de Madame Elisabeth, l'augmente de24,000 livres de retraite parce qu'elle a été forcée de se retirer. Tout devient ua prétexte de dépenses et de gratifications. Le roi assure au prince de Beauveau 50,000 livres de pension jusqu'à ce qu'il lui ait donné un gouvernement et le prince de Beauveau succède à M. de Marsan en Provence, malgré l'ordonnance du 8 mars 1776 qui spécifiait que les gouvernements de première classe était réservés aux princes du sang et aux maréchaux de France. Le roi reconnaît qu'il viole la loi, mais déclare que c'est pour cette fois seulement qu'il y serait dérogé. Le roi, qui a supprimé quatre cent-six charges par son édit d'août 1780, ne les rétablit pas en 178'2, mais se hâte de rendre aux anciens litu* laires les privilèges dont ils jouissaient comme commensaux du roi, c'ést-à-dire qu'ils seront exempts du logement des gens de guerre, de droits sur les vins provenant de leurs vignes, de tutelles, de curatelles, de corvées personnelles, du paiement du droit de franc-fiefs et qu'ils auront la possibilité de choisir un tribunal spécial pour juger leurs procès, enfin qu'ils seront séparés des autres citoyens, tant pour la satisfaction de leurs intérêts matériels que pour ceux deleur vanité. L'éditqui annonce la suppression d'un contrôleur ordinaire de la cuisine bouche porte son remplacement parla création d'une charge de contrôleur ordinaire et de quatre contrôleurs de la maison du roi servant par quartier.
coaiiDoïKaD dH Le contfôleur général continuait tes emprunts sous en 'tm w"Ï783. toutos Ics formcs, tantôt en créant des offices héréditaires de receveurs particuliers, tnntôt en vendant
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LKS EMPRUNTS EN 1182 ET 1783. Bit»
les bâiiments de l'arsenal à la ville de Marseille qui était autorisée à trouver cliez les banquiers de Gênes 8,600,000 livres pour le payement de celte acquisition, tantôt en faisant emprunter, pour le compte du gouvernement, 9 millions par les Etats de Languedoc, en faisant émettre, par la ville de Paris, 600,000 li-. vres de rentes dont le capital serait versé au Trésor, tantôt en créant, par édit, 7 millions de rentes viagères au dix pour cent'au mois de janvier 1782, et 10 millions de renies perpétuelles au cinq pour cent le 31 décembre, tantôt en faisant un emprunt de 34 millions sous forme de loterie, cherchant de l'argent partout, même en faisant le commerce pour son propre compte. Le roi, disait un arrêt du 2 février 1783 « étant informé que les ports de son royaume ne se trouvent pas suffisamment pourvus des marchandises de l'Inde et de la Chine... Sa Majesté a résolu de profiter des premiers instants de la paix pour procurer à son royaume... divers objets que fournit le commerce de la Chine... Sa Majesté a considéré que, si dans les circonstances actuelles, on s'en rapportait... aux spéculations des particuliers, on ne pourrait pas être assuré que leurs entreprises fussent effectuées assez promptement pour espérer des retours dès l'année 1784; et qu'il serait plus avantageux... d'en charger un armateur qui dirigerait cette opération pour le compte de Sa Majesté. » Le roi faisait choix d'un M. Grandplos-Meslç qu'il autorisait à emprunter, pour le compte de Sa Majesté, jusqu'à concurrence d'une somme de 3 millions. Le produit des cargaisons de retour devait servir à rembourser cet emprunt, et les bénéfices réalisés
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SSO LIVRE TROrSIËUE.
être consacrés à l'encouragement du commerce de l'Asie, et l'acquittement des dettes de l'ancienne Compagnie des Indes. Le roi partait invariablement dans ses édiis de la nécessité de préparer des ressources en cas de prolongation de la guerre, de l'attention qu'il portait aux recettes et aux dépenses de l'étal, de l'augmentation future de ses revenus, de l'amortissement des dettes au retour de la paix.
Ces emprunts entraînaient des augmentations d'impôts qui avaient soulevé des tempêtes dans les Ëtals de Bretagne. Les députés de la noblesse résolus, comme nous l'avons déjà dit, à ne plus accepter ta destruction ciïective de leurs droits par une interprétation arbitraire du gouvernement, et â user de la seule force dont ils pouvaient disposer, refusèrent systématiqjiement, pendant plusieurs mois, de donner leur adhésion aux contributions demandées à la province. Les ministres essayèrent vainement, pendant toute l'année 1782, de leur opposer les députés du tiers, et ceux de l'église qui étaient plus hésitants dans leur résistance, menacèrent vainement du mécontentement du roi; la noblesse ne plia qu'à la Un et lés ministres furent sur le point de déployer toute la prérogative royale pour faire payer, sur différents droits, l'augmentation qu'avait décidé Fleury, peu de temps après son arrivée au contrôle, et la levée d'un troisième vingtième ordonnée au mois de juillet. Le parlement de Rennes dut recevoir des lettres de jussion pour l'enregistrement des édils, il fallut user du même moyen vis-à-vis de c-elui de Besançon, de la cour des comptes d'Aix, du parlement de Tou-
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OPPOSITIONS AUX IMPOTS NOUVEAUX. bot
louse, de la cour des aides de Montpellier, et ce ne fut qu'après plusieurs remontrances et sous la menace de l'y contraindre, que le parlement de Bourgogne se décida à imiter ceux de Paris, de Houen, de Melz, de Flandre, en enregistrant purement et simplement les deux édits financiers.
Au moment de ces résistances légales les populations souffraient de la cherté du blé dans plusieurs parties de la France, il y avait eu des émeutes il Angoulême, à Saint-Dizier, en Bretagne, dans les environs d'Orléans, dans le Languedoc, h Bédarrieux. Le parlement de Besançon, pour empêcher le transport de cette denrée, invoquait l'état de misère des habitants de la Franche-Comté. La moindre variation dans le prix du blé semblait justifier une pareille mesure aux yeux des populations par suite de la constante immixtion du gouvernement dans les operations des boulangers et des marchands de grains, par sa singulière prétention de régler parfois jusqu'au prix du beurre de Gournay en Normandie, par la défense qu'il faisait de tuer, dans certains cas, les agneaux et les veaux femelles, par l'interdiction aux eulliva'teurs de se servir de la faulx pour opérer letirs récoltes, sous prétexte que cette manière d'agir faisait perdre du grain. Il n'était pas jusqu'aux permissions données parfois aux habibants des contrées comprises dans le ressort des capitaineries, c'est-à-dire des chasses royales, de couper leurs sainfoins et leurs luzernes avant le terme de la fête de Saint-Jean, qui ne servissent à faire pénétrer dans les populations ta croyance que la cherté ou la disette étaient le résultat d'une décision administrative.
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SNS LIVIIE TROISIËUE.
Rtcoitcs dca Les masses populaires avaient appris, du reste, qu.m°eni chaquc jouF davantage, à peu compler sur le gou- "ÎMpi«!»in" vernement pour l'amélioration de leur situation. Le 'd'eT^ôhii!' règlement que Louis XVI avait fait avec son ministre Turgol, pour empêcher les ravages des bêtes fauves dans les campagnes, n'avait amené aucune amélioration, il ne se passait pas de jour sans que les populations ne fissent entendre leurs réclamalions contre la destruction de leurs récoltes. Le produit des terres de Chauny avait diminué de moitié, depuis 1738, par suite du gibier conservé pour le duc de Villequier, et les cultivateurs des environs de Fotitainebleau , de Compiègne, de Rambouillet, de Saint-Germain étaient souvent au désespoir de voir sacrifier leurs récoltes au respect qu'on leur imposait pour ce que le ministre appelait « les plaisirs des princes. » Les habitants de Bois-le-Roi avaient vainement demandé la perinission de clore de murs leurs champs pour tes mettre à l'abri des ravages des fauves; les habitants de Rectoses n'obtenaient pas la permission d'établir des gardes de jour et de nuit pour éloigner, au moyen de chiens, les animaux sauvages qui brisaient les palissades entourant leurs propriétés, et les vassaux de M. Dupré de Saint-Maur exposaient au ministre que les clôtures qu'ils avaient eu la permission d'établir, devenaient inutiles par la nécessité d'ouvrir leurs portes à chaque chasse faite par le roi. Les habitants de plusieurs communes avoisinant Compiègne, étaient forc^ de demander la permission de ce qu'ils appelaient cchauder leurs terres pour pouvoir conserver leurs
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