DES LETTRES DE CACHKT ET DES PRISONS D'ÉTAT
l'origine du droit de punir, du pouvoir judiciaire, des emprisonnements arbitraires et enfin des lettres de cachet, parsemant son récit de réflexions, de citations historiques, d'anecdotes propres à impressionner le public. K La loi, pour être juste, obligatoire, enfin vraiment loi, s'écrie-t-il, doit avoir lo sceau d'un consentement libre et général... Dans tout État où les citoyens ne participent pas au pouvoir de la législation par la délégation d'un corps de représentants librement élus par la plus grande partie de la nation... il n'y a point, il ne saurait y avoir de liberté publique... Si la loi qui rend impossible [chez les Anglais) tout emprisonnement arbitraire, est essentiellement nécessaire pour te maintien de la liberté, elle est à jamais sacrée et irréfragable; car à quoi bon le gouvernement si ce n'est à maintenir cette liberté... Le peuple (en France) est sous )e joug de la loi qui n'est pour, lui qu'un asservissement de plus, puisqu'elle n'est pas la sauvegarde de sa liberté; et que tout homme qui jouit de quelque considéralion, croirait au-dessous de iui de demander la réparation d'une injure à la jusr fica ordinaire, b II parlait de Labourdonnais trou^ vant à la Bastille le germe de la maladie qui devait conduire à une mort prématurée celui qui avait rendu de si grands services à la France et pouvait Iqi en rendre encore, et entrait dans quelques détails sur des prisonniers qu'il avait eu pour compagnons d'infortune. Il mettait en lumière les odieuses causes de détention de quelques-uns d'entre eux, et la frivolité des prétextes invoqués pour certains emprisonnements. Le second volume commençait
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B88 LIVtlE TROISIÈME.
por une description du régime de la prison de Vincennes, attaquant avec vivacité le commandant qui l'avait eu sous sa garde, faisant ressortir les douleurs d'un prisonnier, les excès de pouvoir qu'il avait à subir, les concussions dont il était la victime, puis concluait par ces mots : « Cet îiuvrage ne verra le jour qu'à l'époque de ma liberté ou après ma mort. Alors tout intérêt personnel aura disparu ; mais je croirai devoir aux infortunés que je laisserai dans ces lieux de douleur, dont je ne connais pas un seul, raconter ce qui s'y passe... Les mémoires particuliers ensevelis dans les bureaux sont facilement mis à l'écart... au lieu que l'opinion publique a, tôt ou tard, une grande influence. C'est donc elle qu'il faut s'efforcer de déterminer '. »
Cette opinion publique qu'il invoquait, trop souvent oublieuse des faits qui l'avaient te plus préoccupée, sut à peine que celte année même le procès soulevé par la iaillile des Jésuites, se complétait par une faillite de l'État.
Dujouroùle Parlement avait condamné les Jésuites d»'7~7"n>OT- au paiement de leurs créances a solidairement et 'ta^!!^dB»"* sur tous les biens qu'ils possédaient en général, à iM^Mn l'exception des biens de chaque maison ou collège 'mira?' particulier », il y eut en présence deux intérêts :
* CorTttpondance teeritt tur Louit lYl, Ua,rit-Antoi<MtU, «te., tome I, p. 316, 340, 316, 350. — Mimoirêt ncrett pour ieri:ir i l'hi'i- «.'« (te* fcKM», lonw XIX, p.l5t. Î57, 2S8, Î63,ÎC9, 288; lome XXI, p. 71. 93, 267; tome XXIt, p. 14, 40, 58, 130, 135, 1£0, 191, 193. ~ Àimalei de Linguet, lome X, année 1783. Hèmoires sur la Itaslille, présidée d'une graTure. — Dtt lettru de cachet et det prisotii d'Slat, MBi ion d'inlenr ; Himbourg, 1782, Îb-S, lome 1, p. x, p. 20, 43. 45 et (oif., 48 et »u!>., 50, 56, 58, 65 et Mn., 67 el eujv., m, 218, 246, 249, 359, 26S.
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