FIN DU PROCES DBS JÉSUITES
L'intérêt public qui exigeait le maintien des établlBsements confiés à l'ordre.
L'intérêt des particuliers réclamant le paiement des dettes d'une ^ société dont le bilan réel rassurait tows les intéressés. »
Les biens dcs'Jésuites étaient de trois sortes :
1 " Les maisons professes et les noviciats où résidaient les chefs et se formaient les élèves ;
2" Les collèges dirigés par les Jésuites;
3° Les missions.
Les malsons professes avaient été déclarées, en principe, incapables d'acquérir et les noviciats se trouvaient en trop petit nombre pour offrir aux créanciers, comme dit un rapport de l'époque, « un gage suffisant à l'immensité de leurs créances, s
Les collèges étaient en très grand nombre, et les Jésuites tes avaient enrichi de biens considé< râbles.
Les missions composaient la part principale de la fortune des Jésuites, car elles réunissaient à la fois les occasions et les moyens d'acquérir des biens.
Un arrêté royal de 1762 avait abandonné sans réserve aux créanciers les maisons professes ei les noviciats. Un arrêté du 3 juin 1763 excepta du gage des créanciers, dans tes missions, les biens qui concernaient tes cures, vicaireries, séminaires et écoles publiques.
Les biens des collèges ne provenant pas tons de donations, ni de fondalions, des lettres patentes du 23 novembre 1 763 fixèrent la contribution que chacun d'eux devrait payer, « en cas d'insuffisance des autres biens de la société ». Ce fut en vain que
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les créftnciers réclamèrent coatre cee re&trictions que la loi n'aurait pas permise entre particuliers; ils dorent d'autant plus se soumettre, que la plupart des fonctionnaires soutenaient les intérêts des Jésuites, soit à cause de leurs habitudes profession' nelles, soit pour ne pas blesser un clergé puissant et dévoué à l'Ordre, soit parce que frappés des bonnes œuvres réalisées par les Pères, ils oubliassent facilement la source de l'argent qui leur permettait de les accomplir. Le consul d'Alep, M. de Perdriau, vantait la soumission montrée par les Jésuites lors de la destructi<Hi de leur ordre, leur conduite régulière, et énumérait le grand nombre d'enfants qu'ils instruisaient çt catéchisaient. Le consul de Smyrne, M. de Rostaines, mandait les mêmes cb(»es, et au moment de la mort de Louis XV les Pères, soutenus par les agents diplomatiques de la France, étaient restés dans la situation où ils se trouvaient avant l'abolition de leur ordre, malgré les prescriptions de Versailles, et, en 1781, desservaient les missions du Levant comme par le passé.
Le syndicat formé par les créanciers voyait contester, sous une foule de prétextes, le bénéfice des décisions particulières rendues en sa faveur. S'il faisait saisir à Rouen des effets d'une valeur de 9Û0>6pO livres appartenant aux Jésuites* les détenteurs de ces valeurs réclamaient leur restitution, disant qu'elles étaient la propriété des jésuites espagnols. Le roi d'Espagne exigeait qu'elles fussent rendues, et le roi de France contraignait l'union des créanciers de s'en dessaisir. Il en était de même des rentes sur l'hâteWe-ville de Paris quon la força de
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