FIN DU PROCÈS DES JÉSUITES. S7I
resUtuer, sous le prétexte qu'elles appartenaient à des Pères génois. La Congrégation romaine de la propagande , s'inquiétant peu des créanciers des Pères, avait signalé au pape, le 25 novembre 1775, la résolution prise par l'ambassadeur de France de s'emparer des biens, meubles et immeubles, qui étaient dans les mains des Jésuites, «r On ne peut regarder, dit-elle à Pie VI, ces biens comme dévolus à I» couronne de France puisqu'ils sont situés dans les domaines du Grand Seigneur, et qu'en général ce sont des bienfaits provenant de la dévotion des naturels desdttes îles de l'Archipel, et autres pays du Levant, ces biens doivent, en bonne justice, revenir à Votre Sainteté à laquelle il appartient, après avoir pourvu à ce que l'objet des legs pieux soit reni' pli, de disposer desdits biens à l'avantage de notre sainte religion, pour contribuer â réparer la grande perte que l'on a faite de tant d'ouvriers employés à la cuilure de ces misions (les Jésuites). » Les ministres repoussèrent les prétentions de Rome en réduisant le pouvoir du Pape à un pouvoir exclusiventent spirituel, et en affirmant « que les Jésuites euX" mêmes, avant l'abolition de leur société, n'avaient snr les biens existants en Turquie qu'une possession ée jouiasance..,, qu'ils étaient Français et assujettis à leur prince naturel et d'origine, même dans leurs biens matériels..., que la Propagande ne peut avoir des prétentions légiiimes sur les biens dont les Jésuites avaient la possession en Turquie pour la d«fleerle d^ missions françaises..., cette prétention portant allante' aux droits incontestables de Sa Majesté sur des objets purem«)t temporels, dont ses
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an LIVRE TROISIÈME.
sujets avaient la jouissance en vertu de capitulations faites avec le souverain du pays. »
A ce même moment le gouvernement de Versailles était en instance à Rome pour substituer, dans les établissements français, les Lazaristes aux Jésuites, et te cardinal de Bernis, plus d'une fois rebuté dans la poursuite de la négociation dont il était chargé, s'était plaint de ce qu'il appelle a. l'esprit étroit et envahi de cupidité et d'orgueil de certains membres du clergé romain. » Le consentement de Rome, qui ne pouvait être refusé à la cour de Versailles, ne devait pas rendre meilleure la situation des créanciers de l'ancienne Compagnie de Jésus. L'intérêt politique pour la France de maintenir ses missions dans le Levant, substitua son gouvernement à l'ordre détruit, et les arguments invoqués contre les prétentions de Rome, le furent immédiatement contrôles divers particuliers qui avaient trafiqué avec les Jésuites. Un rapport fait au ministre, le 3 décembre 1779, sur la situation des Jésuites dans le Levant, aHirma que les revenus des anci^s Pères avaient pour origine les dons faits par les iîdèles et ceux des rois de France, tels que Henri IV, Louis Xlll et Louis XIV. « De telles donations, disait le rapporteur, n'ont pas été... exécutées en considération des personnes ou de l'institut des Jésuites, mais en vue de procurer le plus grand avantage aux Levantins et de concilier leurs sentiments avec celui des Fran< çais... on ne saurait livrer â la disposition des syndics de l'union des créanciers le fruit des anciennes largesses et des legs pieux et particuliers des rois de France et de leurâ sujets... Les Jésuites n'étaient
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