‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 16 sur 142 · SALVEILLANC& DÛ PUBLIC CONTRE U REINE · texte numérisé non relu

SALVEILLANC& DÛ PUBLIC CONTRE U REINE

quelques jours, se résolut à donner sa démission. Uaurepas averti n'eut pas de peine à la faire agréer au roi, et, le 27 septembre, Montbarrey était ministre • delà guerre. « A cetteépoque. écrit-il dans la joie de son triomphe, un nouvel horizon s'éleva pour ma fortune en tout genre, et jamais position ne fut plus agréable que celle où je me trouvais '. v

Au moment où te dernier ministre, nommé pour iutbaiuc* des réformes naguère admises comme nécessaires, se "V^^, im*" retirail, laissant tousses projets déjà compromis après avoir été à peine ébauchés, le public se montrait moins satisfait que Montbarrey. Dans l'impossibilité d'attaquer en face la souveraine, il saisissait, avec un entrain visible, tout ce qui pouvait l'atteindre dans sa considération, et la malheureuse reine était en butte à cet esprit de dénigrement qui est un des vices des inférieurs contre les supérieurs, sorte de vengeance souvent provoquée par le seul contraste de positions différentes. Les habitants du palais de Versailles ne lui étaient pas plus dévoués que ceux de la capitale. Apprenant que la femme d'un trésorier de la maison du roi s'est servi du nom de la reine pour emprunter de l'argent à des particuliers et a fabriqué et produit des lettres supposées de cette princesse, Mercy croit v que tout ce qui tient à ta gloire de ta reine doit être mis dans te plus grand jour, et propose de faire porter le procès en justice réglée » , mais il trouve l'opposition de Maurepas. Ce premier ministre insiste pour que la

' Mémoiret du priiut ii JTmUbaiTfv, tame II, f. 193 at laîv., 313 et

Hiiï. — Corrttpondanee ucrile nir Louit IVI, MarU-AnloinelIt, la MM-M (o inU«, publiée par Leteiire, tome I, p. 4t, 101.

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.7» ■ LIVHB PRBMtER.

coniiajfisance elle jugementde cette affaire soient ri-

servés à une commission extraordinaire, « Ilsepour^ . rait,ajoute l'ambassadeur en annonçant cette circon»tance à Marie-Thérèse, qu'il craignit que son nevea.le ducd' Aiguillon, nesetrouYâtimpliquédanslesmachinations de cette Yillers, laqueile a eu une grande part à l'élévation de la comtesse du Barry. » Les nouvellisles profitent de la condamnation occulte de cette femme pour écrire : œ M"" de Villers vient d'être renfermée à Sainte-Pélagie,... cela fait uoe vive sensation, parce que les goas instruits ne dqutent pas que cette pauvre femme n'ait été saciiflée. » Une escroquerie punie vient ainsi donner une sorte de probabilité aux cent cinquante mille livres que Necker, d'après le même journaliste, avait prêtés àMarie- Antoinette, ce qui lui fait écrire : < La reine m partout disant : Ce Monsieur Necker est un homme charmant, je n'ai jamais vu un tel ministre. i> Dtftaiet Malheureusement à ces histoires de pure invention "'iTTTfMu venaient s'adjoindre des faits certains qui donnaient une apparence de réalité à des griefs imaginaires et grossissaient, par le mélange du vrai et du faux, le ^«''i"- nombre des actes reprochés à cette princesse.

La reine, à la merci, comme l'écrit le comte deLa Marck.d'unesociété «quin'avait d'égards et déconsidération que pour les personnes qui avaient des rapport&.avecelleK, se résolut de donner la stirvivancede la charge de premier écuyer au comte de Polignac. A la nouvelle d'un pareil prc^et, Mercy s'empr^sa de faire observer « . qu'il était d'usage de ne donner de survivance qu'à la demande de celui qui remplit la place ; qu'en forçant la volonjé du pr^y^riétaiFô,

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de Pollgc

PR0DIGAUT£8 B& LA REINE. vt

<t*Ât6it lui donner un désagrément que )« CMMe de Jeseé ne méritait point x. Il ajouta que, le {tremier écuyer étant l'époux d'une Noailleg, ce serait bleseer, par cette décision, tue puissante £uDiUe : c Toutes ces ooDSidérations , écrit Mercy à Marie-Tbérèse, n'ont pu modérer la prédilection et la complaisance de la reine pour sa favorite... Pour garder une apparencç d'égalité dans ses bontés pour ta eomtmse de PoUgnac et celles qu'elle accorde à la princesse de Lamballe, la reine a fait donner, à la demande de cette dernière, le gouvernement du Poitou au duc de Chartres, v Ce que craignait Mercy ne manqua pas d'arriver. Les Noailles firent les plus vives réclamations, le comte de Teasé ofTrit la démission de sa place, que refusa la reine, et il y eut du mécontoitement, des clameurs i Versailles, qui llrebt tenir en dehors delà cour des propos d'autant plus fondés que, par cette c survivance, la dépense de la maison de la reine est très-inutilement, écrit l'ambassadeur, augmentée de plus de 80,000 livres». Les appréciations de Mercy sent des plus justes, car la correspondance des minisbres porte ces mots, à la fois si concluants et si brefs ; le 23 août : « La reine désire que le roi accorde au comte de Polignac la survivance de la charge de son premier écuyer, dont est pourvu le comte de Teasé; » le 10 septembre : « La rdne désire accorder à M. le comte de Polignac un traitement, «m -logement, des écuries, des chevaux, des voitures, des gens de livrée et d'écurie. » I^e roi avait mis bm i la suite de toutes ces questions, formulées en demandes, et, le S9 septembre, 6iait à 45,000 livres la somm^ nâamsaicft pour nonter

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M UVRB PREUIBR.

l'éoiirie du comte. Le 15 août 1777, une ordonnance

s'élevant à ta somme de 41,718 IUtbs, devait couvrir, pour les six premiers mois de Tannée, les paiements à faire pour gages, nourriture, babillement des gens de l'écurie du comte de Pcdignac, pour l'entretien de ses chevaux et équipages et pour son traitement en qualité de premier écuyer de la reine en survivance. Dans le même temps, le contrôleur général de la maison de la reine, M. de La Source, demandait au directeur général des finances de payer 41,476 livres 14 sous 9 deniers pour un d^euner à l'anglaise fait par ordre de cette princesse. Aprèsavoir acheté en Angleterre pour 127,000 livres de chevaux pour le roi, au mois de mai 4776, il fallait, en 1777, une nouvelle ordonnance de 60,000 livres pour de nouveaux chenaux désirés par la reine. Celte dernière somme était payable 5,000 livres par mois, car le Trésor suffisait avec peine aux réclamations des créanciers de toutes sortes qui l'assaillaient, comme l'orfèvre de la cour, Boëttiers de La Tour, auquel il était dû plus de 710,000 livres. « Quoique je sois parfaitement instruit, écrit Amelot à Necker, de la position de cet artiste, et qu'il soit sur le point de manquer si on pe lui accorde pas ou son remboursement ou les intérêts, je n'ai cependant pas voulu, malgré la justice de sa demande, la mettre sous tes yeux du roi, sans savoir auparavant si vous pouvez venir i son secours. 11 lui est dû des sommes assez fortes depuis 1773, et il est véritablement en perte pu* l'attente de son patentent, s Necker ne put remettre que 100,000 livres k Boëttiers, qui fut obligéde quitta*

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MlOPOS IRRËFLËCHIS DE U REINE. 8l

le commerce et de faire une délégation â ses créanciers de ce qui lui était dû. Gela n'empêchait pas do consacrer plus de 3 millions (10 millions de nos jours) à la construction d'écuries pour les chevaux du comte et de ta comtesse d'Artois. Le service de son ftls, à peine âgé d'un an, coûtait une somme annuelle de 200,000 livres; le prix de la layette pour le second enfant qu'il attendait, fut fixé à 49,000 livres, et son entretien à 125,000'.

La légèreté de la reine pour les questions de dé- , pense et de distribution des places de toutes sort^ se retrouvait dans ses paroles, dans sa tenue, dans ses confidences. Enfant gâté qui vit au milieu des vices sans en être atteint, sans en comprendre la nature ; qui, cédant à ses instincts de bienveillance, fait part à ceux qui l'approchent de toutes tes pensées qui traversent son cerveau , de toutes les émotions fugitives qui font battre son cœur. La reine, écrit Mercy, est tellement convaincue « que le roi est trop apathique et timide pour supposer qu'il puisse jamais se livrer aux désordres de

1 f^orreipondanet tnlre le tomlt de Miràbtau «I h eomii de La Marck, loto» l, p. 36 Cl HiiT. Piri», \S5{, ia-S.— CoTTtipondanee lecrile tHtre M»rU-Thiri*e et le tomu de Merty, Iwat II, p. i7G,488; loue III, p !8,10.— Archicei nationalei, 0'148: Provision de gouTernoor et lieuleiiant général da haut st bai Poitun pourleducdeChartrea,5aollllTI6. O'IiO 2c; œ»™ 1878. 0<230, 2 loûi, lî juin, Î9 aeplembre 1776. 0'S3Î, 13 aaûl, 10 leplembre, 29 leptembre 1 776. 0<133, 19 mai, 15 août, 22 sep. Imbre 1777. 0(234. 0<4I8: Lettre du minislre de la maiBOD do roi i Necker, 21 juin 1777. Au marqui» de FoDUoieu, 19 jnin, 4 jnillel 1777. PÎMilon des fandi deslinéï bu due d'Angonltme et 1 u *(eur, 0'419. D^penees ginéralea pour écuriei au comte et i la comteiie d'Artoii, irrtlie OD mars 1776. ftÈglenent diflnitir de la eonïtraclion dea éuiriei de la comtesse d"Arloi8, ieg 27 réïr. et 22 mar» 1778, — Corretfxmdajue inédite «r IjtMÛ SPI, Marie Àntoinelle, la tour et Ut viUe, publiée par Uteure, tome I, p 37, 3S.

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82 LIVRE PaËMIEB.

la galuiterie... qu'il lui est arrivé de dire 4 quelques gens de ses entours qu'elle ne seraitni en peine ni bien fâchée que le roi prit quelque inclination momentanée et passagère, attendu qu'il pourrait acquérir par là plus de ressort et d'énergie. » Mercy lui représenta en vain € qu'il n'y avait point à badiner sur ce chapitre, qu'il était même inôoiment dangereux d'en parler avec celte sorte d'indifférence indépendamment des gloses <A des mauvais usages que pourraient en faire ceux auxquels s'adressent de semblables propos, o La reine renonça à cc'genre àe coaversation mais n'en resta pas moins pei^ufldëe «; qu'ayant pris un ascendant décidé sur SMi époux, elle aura toujours les moyens de le maîtriser. »

Cette situation d'esprit s'alliant chez elle à une honnêteté et à.une vertu plus naturelle que raisonnée, comme l'avait observé son frère Joseph, la livrait sans défense possible aux ioterprétations les plus malveillantes. Elle se croyait tout permis du moment qu'elle ne commettait pas d'actes répréhensibles. Le public apprenait, par les nouvellistes, que la reine avait été interpellée au bal de l'Opéra par un masque qui était venu se placer au-dessous de sa loge, l'appelant Antoinette, la gourmandant de n'être pas couchée auprès de son mari qui ronflait en ce moment: « Il a, soutenu la conversation, écrit le journaliste, que tout le monde entendait, sur ce ton de liberté; il y a mis tant de gaieté et d'intérêt, que Sa Majestépour mieux causer avec lui se baissait et lui faisait presque toucher sa gorge. Après plus d'une demi-heure de propos, elle l'a quitté, en convenant

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LA reine; calomniée. D.1

qu'elle ne s'était jamais tant amusée, et sur ce qu'il lui reprochait de s'en aller, elle lui a promis de revenir, ce qu'elle a fait. Le second entretien a été aussi long et aussi public, et cette farce a fini par l'honneur qu'a eu l'inconnu de baiser la main de la reine, familiarité qu'il a prise sans qu'elle s'en soit oflensëe. »

La différence des tiahiludes qui oxislaient entre le roi qui aimait il se coucher de bonne heure et la reine qui veillait tard, laissait douter de l'accord des deux époux. On dit, écrit-on en 17T7, dans une feuille du jour, que a M. d'Artois a donné ici dernièrement, dans son appartement, un souper précédé d'un jeu d'enfer et suivi d'un petit bal,. .. que la reine a osé, après le coucher du roi, venir dans cette orgie et y rester jusqu'à cinq heures du matin,... que son époux s'aperçut,... lorsqu'elle vint dans sa chambre,... qu'elle n'avait point dormi et l'avait repoussé fort durement. » Quelque temps après le même journaliste, revenant sur le même sujet, afïîrme que a le grand ménage va toujours très froidement ; on ne s'échauffe que par des mowvemenis d'humeur. » L'mdifférence sur les propos qui pouvaient être tenus, le défaut d'empire sur elle^nême, laissant paraître sur le visage de la reine les impressions les plus fugitives, donnaient lieu â des suppositions outrageantes parmi un monde qui, au dire de Mercy, « ne contenait pas une seule personne qui, par ses qualités ou par un vrai zèle, cherchât à se rendre utile » à Marie-Antoinette. Quand le chevalier de Luxembourg, dont Mercy a éloigné la reine â cause de son ambition et de sa mauvaise lête^ se de-

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14 UVRG PREMIER.

met de sa charge de capitaine des gardes, le public apprend cette nouvelle avec ce commentaire : c Ce chevalier de Luxembourg est un des plus beaux hommes de la cour, et vous devinerez que sa disgrâce a le même motif que celle de M. de Dillon il y a deux ans. » Si le comte deFersenestpréseotéàVeraillesà l'âge de vingt-quatre ans, la bienveillance émue que lui témoigne la reine est en un instant traduite comme une pensée coupable, et lorsque ce jeune homme annonce son départ pour l'Amérique, la duchesse de Filz-James s'écrie : a Quoi, Monsieur, vous abandonnez ainsi votre conquête ! o Dès cette année, 1777, la reine est déjà en butte aux calomnies d'un comte de Tilly qui compte le nombre de ses amants . tout en affirmant, dans ses licencieux mémoires c que sa froideur pour les jeunes gens était un trait dislinctif de son caractère, » ou d'un duc de Lauzun qui écrit avec sa fatuité effrontée : La reine a sortait rarement sans moi, ne me permettant pas de quitter la cour,... me faisait toujours place près d'elle au jeu, me parlait sans cesse. >

Mercy, dans des illusions, qu'on pourrait taxer de palcrnelles, avait écrit au mois de juin 1 777, après le départ de Joseph : a Je me persuade avec certitude que l'empereur a fait des impressions réelles dans l'âme de la reine sur plusieurs points qui lui sont essentiels... J'ose espérer que l'avenir en fera voir le fruit. Dès à présent elle est décidée â cesser peu à peu de fréquenter la princesse de Guémenéc, à s'abstenir du gros jeu, à s'occuper quelques heures de la journée chez elle,... â être avec le roi plus assidùinent que par le passé. > Il ne se passe pas un mois

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PASSION DE LA BEINE POUR LE JEU. 8î

snns que ces espérances commencent à s'affaiblir. La reine, écrit-il le 15 juillet, « a choisi l'hisloirc d'Angleterre pour l'objet de ses lectures, et elle y emploie fort régulièrement une heure et plus dans la joui^ née. Elle n'a pas encore varié non plus dans la résolution sage de ne pas jouer hors de chez elle ; mais quant à ce dernier article il n'existe qu'on demi- bien, parce que le pharaon, qui se tient les soirs chez la reine, est trop considérable... La semaine dernière Sa Majesté avait gagné cinquante louis : M. le comte

d'Artois en avait perdu dix sept cents Ce gros

jeu semble aller toujours en augmentant, et il est très certain que le roi le supporte avec peine, quoiqu'il ne se permette pas de le témoigner à la reine. » Au mois de septembre, Hercy constate que « la chance a tourné, que Sa Majesté perd assez pour être fort gênée dans ses autres dépenses. Les dettes contractées se paient mal,,., il n'y a plus de fonds pour les dons de bienfaisance, et le pire de tout cela, ajoute-l-il, c'est le mauvais exemple, le regret qu'il cause au roi, et l'effet fôcheux qu'il produit dans le public... Les parties sont devenues parfois tumultueuses et indécentes. Une scène assez vive a eu lieu un soir entre le duc de Fronsac et la comtesse de Grammont. De pareils scandales ne manquent pas de faire naitre des propos. » Au mois d'octobre la cour est devenue un véritable tripot ; l'ambassadeur, découragé, ne compte plus sur un amendement sérieux. Depuis que la reine, mande-t-il â Vienne, a renoncé à l'exercice du cheval et aux promenades trop fréquentes, « Sa Hajestén'a imaginé d'auU-e dédommagement à ce (sacrifice que celui de se Uvrer

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m Livnti: pmmii^r.

dtvantage à son goût pour les jeux de hasard... Ce dangereux asusement forme presque l'objet unique de ses occupations. Le temps de la journée qui ne ^ut être employé à jouer est desHné à délibérer sur les arraugements du jeu de la soirée. Les usages de ce pays n'admettent pas que des gens de qualité tiennent la banque au pharaon. Lq duc de Fronsac et le marquis d'Ossun, en vue de plaire à la reine, s'étaient déterminés à tenir cette banque; quelques contestations indécentes les ont obligés à se retirer. Le c(HUte de Merle tes a remplacés ; mais il n'est point assez riche pour s'exposer seul aux événements d'un jeu qui, par son énormité, pourrait le ruiner dans une soirée, i( a fallu songer à se procurer des associés. La reine est intervenue pour en faciliter les moyens; Sa Majesté s'intéresse qu^quefois dans la banque contre. laquelle elle joue. M. le comte d'Artois en use de même, et par ces sortes d'expédients on parvient à soutenir à la cour un jeu qui n'a plus de bornes... Plusieurs personnes de la cour s'y dérangent ; cela donne de l'inquiétude dans les familles et excite beaucoup de scandales et de murmures dans le public de Paris... Il s'introduit à la cour un mélange de personnes qui, par le moyen du jeu, se procurent, avec la plus grande facilité^ un accès auprès de ta reine, et savent s'en prévaloir pour extorquer des grâces. Depuis deux mois Sa Majesté a beMicoup exigé des ministres, surtout de celui de la finance et de la guerre : elle a fuit donner un nombre d^empldis dans les fermes, et il y a de grandes réclamatims de la part de gens qui prétendent avoir essuyé des injustices par ^et des volontés de la reine. . . Mes re-

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