‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 18 sur 142 · ADRESSE DU CONGRES AHËRICAIN · texte numérisé non relu

ADRESSE DU CONGRES AHËRICAIN

Qael droit (*m-tmi plut qaa mm A celle liberté chérie Dont lout paraiiSM li jtloDxT D'un pl«d léger It ijrraDiiie Vole, parcourant l'uDivera, Ce moDitre, tout dei noms divcri Ëcrue l'Europe auerrie ; El TOui, peuple injiMte cl molin, Sans pape, sann roii, saui reines, •

Tout danaerjet an brnll de* chatnei Qui pè«nl anr le ifenre bumiin I

S«dIi aoriet le fronl d'élre librei k la barbe du monde enliérl L'Europe demande vengeance.

Forcée la liberté tremblante

(loi, loqionra plua

Se Ferait d(

Qu'elle expire, et que son i

Preaqaa ignoré cbei dos a(

Ne aoil plus qu'un mot à le

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Aussi confiant dans son général que Washington l'était dans l'énergie morale de tes concitoyeng, te Congrès des Étals-Unis avait fait suivre le vote de la Constitution d'une adresse aux populations. Il rappelait aux habitants des treize colonies et, on peut le dire, aux nations de l'Europe attentive, ta justice de leurs longues et inutiles supplications^ la nécessité où ils s'étaient trouvé de déclarer leur indépendance et l'approbation unanime qu'avait reçue cette résdution. Opposant aux revers du moment les succès obtenus naguère par leurs soldats, il leur montrait les Anglais chassés de Boston, repoussés devant Gharles-Town, arrêtés ett fcce de Ticonderago. Il

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)eur rappelait les exploits de leurs mfirins, les prises nombreuses qu'ils avaient faites en nner; it leur disait que les vivres étaient abondants, que l'armée allait dans peu reparaître habillée et réorganisée.

S'adressant au palriolisme de tous, et spécialement aux habitants des provinces les plus menacées par l'ennemi, comme la Pensylvanie et le New-Jersey, il adjurait les hommes de cœur et d'intelligence de considérer que l'état présent des affaires ne devait pas être attribué aux fautes des généraux ou au manque de valeur des soldats, mais à la brièveté des engagements. «Ne vous manquez pasà vous-mêmes; ne permettez pas que la riche et populeuse ville de Philadelphie tombe au pouvoir de l'ennemi; ne laissez pas échapper l'occasion d'écraser sa principale armée, maintenant qu'il est loin des vaisseaux qui font une si grande partie de sa force ! La perle de Philadelphie n'entraînerait point la ruine de noire cause; mais pourquoi accorder ce triomphe à l'ennemi ? Arrêtons sa marche, brisons ses eflbrls; prouvons aux amis de l'Amérique les plus éloignés que nous sommes tous animés du même esprit et d'une seule volonté pour défendre, contre des ennemis cruels, ce que l'homme a et doit avoir de plus cher. Pensez qu'il s'agit de conquérir l'étemel repos et la sûreté des États-Unis, et d'attacher à vos noms une gloire immortelle; soutenez-vous, conservez-vous pour le jour de la victoire; renaissez pour une meilleure fortune. »

Washington donna l'ordre au général Lee, établi dans les contrées de l'Hudson supérieur, pour sou-

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DICTATUBË DE WASHINGTON. 93

tenir les troupes américaines engagées du côté du Canada, d'accourir à marches forcées^ et au général Scbuyier de le renforcer avec les troupes de la Pensylvanie et du New-Jersey réunies dans le Canada, essayant de grouper, dans les lieux menacés, des troupes dispersera dans ce vaste champ de~ bataille qui comprenait presque un continent, depuis les rives de l'Hudson jusqu'à celles de la Delaware. Les milices du Uaryland et du New-Jersey quittèrent l'armée de Washington à New^Brunswick, à l'expiration du terme de leur ei^gement, et ce ne fut qu'avec 7,000 hommes qu'il passa la Delaware, le 2 décembre 1 776.

Peu de jours après, le 1 2 décembre, le Congrès quittait Philadelphie, décidant sa réunion à Baltimore, i dans le Maryland. Jetant de cette ville un regard sur les dangers qui menaçaient la patrie et résolu à tout , prix de lui dcnaner une armée, il décréta qu'il avait la plus entière confiance dans la sagesse, l'énergie et la loyauté de son général, et donna pouvoir à Washington de lever le plus prcnuptement possible, dans un État ou dans tous les États, seize tntailions d'infanterie, pour augmenter le nombre de ceux dont il avait déjà prescrit l'organisation, trois mille hommes de cavalerie, trois régiments d'artillerie, un corps d'ingénieurs; de fixer la solde des soldats, de choisir les officiers, de convoquer et de faire marcher les milices, d'établir des magasins de vivres, de réquisitionner ce qui serait utile à l'armée, et d'ordonner l'arrestation et la détention de tout Américain qui refuserait des lallets de crédit. C'était la dictature la plus absolue remise cnlreles mains d'un homme pen-

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»i LIVRE PREMIER.

dant Bix mois, si te Congrès ne revenait. pas sur «a décision. Noble confiance que rien ne devait altérer, ni l'ambition d'un chef dont la candeur morale du caractère se montra toujours au-dessus de tonle atteinte, ni la défiance d'an peuple qui, au milieu des revers, n'accusa jamais ses généraux de trahison.

HoycniBouioigre Le OoDgrès était moins heureux dans les moyens pJkc^agr«>. employés pour obtenir l'argent nécessaire à la lutte qu'il . Bontânait. Il avait décidé un emprunt de 5 millions ■ de dollars Cil millions de francs) à un intérêt de 4 p. 100, garanti par les £tata>Unip H remboursable au bout de trois ans. L'emprunt se rraaplissant avec peine, le taux de l'inténêt fut augmenté. Une loterie fut tentée, mais «es essais divers échouèrent en grande partie ; . mit parce que, dans l'immense perturbation que la guerre entraînait, toute richesse fut effondrée, soit que l'avenir fût trop incertain pour décider des citoyens. à risquer leur fortune privée dans l'espéranoe de l'augmenter. Les billets de crédit, dont on voulait restreindre le nombre, ne purent pas, non seslemênt être diminués, mais durent être multipliés. Dffim l'esDiploi de pareilles mesures, le Congrès rencontra de suite l'obstacle qu'oppose l'intérêt pereonnet et légitime de chaque individu. Les billets furent refasés souvent, soit pour étnndre une dette, soit pour pa^er une niarchandise, et le seul numéraire dont pouvait disposer l'État,, menaça de disparaître feute d'être accepté dans tes transactions privées. Le'Congipèd tenta • de vainere, par ta^ force, l'oppoffltion d^ eiloyens. Ufl comité de sûreté fut établi en Pensylvanie pour i

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MESURES FINANCIÈRES DU CONGRES. m

nechtffiher et punir ceux qui refuseraieQt les billells de crédit ou ne les accepteraient pas sur le même pied que la monnaie métallique. L'Américain piis en faute, perdait, pour la première fois, la valeur de sa créance ou de l'objet mis en vente, et était ffappé d'une amende fixée d'après le taux plus ou mMns usuraire de ses prétentions. La seconde fois, il pouvait être banni ou emprisonné. Le mal qu'on essayait d'étouQer en Pensylvanie s'étaot pronfflocé dans les autres Étals, le Congrès étendit cette lâgislatioD epéciale . sur toutes les provinces, chargeant chaque assemblée pacticulière de vHller à s<hi exécution, en prenaat les mesures qu'elles jugeraient les plus convenables pour atteindre leur but. i

De ces réglementations contraires à la maivbe na^ turdle des choses, il en résulta immédiatement une hausse dans le prix des denrées, proportionndle à la baisse du papier, une provocation à ta mauvaise f« d'tme foule de citoyens qui se hâtèrent de se débarrasser de leurs dettes avec une monnaie dépr>éciée, et une série de ruines particulières» Le Congrès, qui avait cédé, dans ses décisions, à la prepsion des événements, ohfMTcha, autantqu'il le pouvait, à en anein-' drir la portée eu invitant les assemblées pnovisciales à se rendre caution du rachat des billets, espérant, diminuer leur -dépréciation par l'adjonctioa de kur garantie à la sienne propre. Il demanda aussi à oe& assemblées de (percevoir les impôts que leur paya pourrait fournir, s'ieng^eant à tenir: oompte des avanoes que chacune d'elle aurait fai^ daqs l'intérêt de la cause oemniune, tc^s du règlMnent définitif'^' la dette publique des Étals-Unis.

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9« LIVRE PRËHIGR.

Le général Uowe, eonvaincu de l'impuissance des Américaios et persuadé que la guerre était arrivée à son terme, avait dispersé ses troupes dans les cantonnements qu'il jugeait les plus convenables à leur bien-être. Les régiments anglais occupaient le New- Jersey et étaient échelonnés sur la rive gauche de la Oetawire, depuis Trenlon à Burlington, quand Washington, toujours vigilant et toujours résolu de saisir les occasions de relever le moral de ses soldats, apa'çut le moyen de faire subir un échec à ses imprudents enneoiis et de leur montrer que toute l'ariDée américaine n'était pas anéantie. Il divisa son armée, presque exclusivement composée des milices de la Pensylvanie et de la Géorgie^ en trois corps, dont le prraoier, sous ses ordres directs, devait passer de la rive droite de la Delaware sur la gauche, au-desws de Trenton, le second corps traverser le fleuve au-dessous de cette ville, et le troisième attaquer, dans Burlington, tes troupes ennemies qui y étaient cantonnées. Ces disposittons-arrétées, les soldats se mirent en marche excités par les discours des ofSciers, qui leur faisaient sentir la nécessité de réparer les hontes de leurs défaites et de remporter une victoire à laquelle était attaché le sort de la patrie. Les trois colonnes arrivèrent au fleuve à la chute du jour. Washington comptait pouvoir le franchir dans la nuit même, qui était celle de Noël ; mais la rigueur du froid et les glaçons charriés par la Delaware le retardèrent. L'artillerie n'aborda la rive opposée qu'à quatre heures du matin. Washington descendit le fleuve pendant que lecorpsdébarqué audessous de Trenton le rtanontait. Un brouillard épais

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WASHINGTON SAUVb: PHlLADKLPHIIi:. 97

et une grêle mêlée de pluie, retardèrent la marche de ces corps de manière que t'attaque de Truiton ne commença qu'à huit heures, en plein jour. Le combat s'engagea avec fureur contre les troupes allemandes, dont un colonel fut tue au début de l'action. Les trois régiments hessois de Ralle, d'Anspach et de Knyphausen cernés, durent mettre bas tes armes en abandonnant six pièces d'artillerie que Washington ramena avec ses prisonniers en repassant le fleuve. Il n'avait pas, à cause des retards apportés dans ses mouvemenls, pu obtenir les résultats sur lesquels il comptait, mais il avait vaincu ces Allemands qui inspiraient une sorte de terreur superstitieuse aux Américains, et pouvait faire défiler dans les rues de Philadelphie, les Hessois avec leurs canons et leurs drapeaux. La joie du peuple fut immense et les Américains passèrent du découragement à l'exb'ême confiance. De toutes parts ils coururent aux armes et l'armée prête à se dissoudre augmenta de suite son effectif. Washington, profitant de est élan, passa sur la rive gauche de la Delaware et s'établit à Trenton.

Les Anglais, surpris de voir renaître un ennemi qu'ils croyaient abattu, réunirent toutes leurs forces et marchèrent à l'attaque; mais Washington ne voulant pas affronter une bataille, se retira derrière l'^sompink, petite rivière qui se jette dans la Delaware, au nord de Trenton et là, dans un poste très bien étudié, les passages de t'Assompink parfaitement surveillés, il brava leurs efforts. Mais jugeant qu'il ne pourrait pas toujours éviter une lutte avec Gornwallis qui appelait à lui toutes ses forces, il se

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Ofl LlVltK PREMIER.

décida à abandonner les rives de la Delaware. 11 exposa, dans un conseil de guerre^ qu'il fallait prendre l'offensive, se porter dans le New-Jersey et, en menaçant les magasins que les Aillais avaient établis à New-Brunswick et leurs communications avec New- York, les forcer à quitter les abords de Philadelphie. Il exposa que si les Anglais persistaient à entrer dans Philadelphie, il valait mieux perdre cette ville momenlanément que de risquer la ruine de l'armée. Les généraux ayant approuvé les vues de leur chef, .les Américains firent descendre, p^^ant la nuit, leurs bagages sur la Delaware, jusqu'à Burlington, et vers une heure du matin, ayant rallumé les feux de leur camp et laissé des gardes aux ponts des gués, ils défilèrent en silence marchant ai) nord sur Princeton. Its étaient à peu de distance de cette ville quand ils rencontrèrent trois régiments anglais arrivant de New-Brunswick. L'attaque fut des plus violentes, et les milices américaines repoussées se retiraient avec désordre, quand Washington se portant à lew secours avec un corps d'élite, écrasa les ennenuig et les força en partie à rétourner en arrière. Cpmwallis ne voyant fAas, au jour, l'armée de Washington, devina de suite la résolution qui avait été prise^ et craignant que les bagages et les munitions rassemblés à New-Brunswick ne devinssent la proie de ses adversaires, marcha à la hâte suf Princeton. Washington menacé de nouveau par une armée parfaitement disciplinée et abondamment pourvue de toutes chcmes, ne l'attendit pas avec ses soldats harassés de fatigue, tombant de sommeil et grelottant de froid, par suite de vêtements insufiôsants. Il

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ËNtHOUStASUË OUë PftOVOQUb: WASHINGTON. &0

quitta à la bâte PriucetoD, donna des ordres pour rompre tous les ponts d'une petite rivière qui coule entre cette ville et New-Brunswick, et se portant au nord et sur sa gauche, gagna tes montagnes en traversant la rivière de Raritan, et alla prendre posiUon à Pluckemin. Quelques jours après, il remonta plus an nord à Morris-Towo dans le Haut Jersey, d'où il fit des excursions jusqu'au Raritan, pénétrant dans le comté d'Esaex, s'emparant de Neward, d'Elisabeth- TowD, de Woodbridge, et dcMninant les rives de la mer qui séparent le continent de Slate Island.

ËD présence de Philadelphie délivrée, de cette armée de Washington que l'on croyait anéantie et qui reparaissait triomphante, il y eut un cri d'admiration pour le général qui avait obtenu de pareils résultats par sa constance et sa noble audace. Chacun te proclama le sauveur de la patrie, et le Congrès, revenu à Philadelphie, décréta que le général qui avait rendu de semblables services ne serait pas astreint à suivre les décisions des conseils de guerre qu'il jugerait à propos de réunir, et qu'en toute circonstance il pourrait exécuter ses propres résolutions. Etablie entre New-Brunswick et Amboy, l'armée anglaise fut durant tout l'hiver exposée, dès qu'elle voulut sortir de ses cantonnements, aux attaques de Washington, et aux vengeances des populations qui, transportées de colère, tendaient des embûches- aux détachements qui se hasardaient dans les campagnes et massacraient sans pitié les soldais heœois dont les excès couvraient de ruines le New- Jersey. L'hiver se passa en diverses expéditions plus ou moins heureuses tentées, tantôt par les Améri-

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cains, tantôt par les Anglais pour détruire des dépôts de munitions établis sur les bords de l'Hudson ou dans le Connecticut, jusque dans l'tle Longue, où les Américains anéantirent, par un coup d'«udace, presqu'en face de New- York, des magasins de vivres et une certaine quantité de vaisseaux, et ramenèrent des prisonniers anglais sur le continent. Vers la Bn du mois de mai, les soldats arrivèrent chaque jour en plus grand nombre dans le camp de Washington. Quels étaient les desseins du gênerai Howe ? Allaitil continuer sa campagne dans le New-Jersey, se rapprocher de la Delaware et se rendre maître de Philadelphie, en passant sur un pont qu'il avait établi sur ce fleuve î Allait-il au contraire remonter l'Hudson en se portant dans le nord de l'État de New-York, pour coopérer, avec Tarmée du Canada, à la prise de Ticoiiderago et revenir avec toutes les forces anglaises réunies? Washington, voulant être prêt à tous les événements, prescrivit aux milices des provinces septentrionales de s'établir en partie à Ticonderago et en partie â Peeks-Hill, à peu de distance au nord de New-York, faisant occuper le New-Jersey par celles du centre et du sud de manière à pouvoir diriger les troupes réunies à Peeks-Hill sur tes points qui lui paraîtraient les plus menacés, soit du côté d'Albany, soit du côté de Philadelphie. Un camp fut établi sur les bords de la Delaware, par ordre du Congrès, et Washington quitta Morris-Town el alla à Midiebroock, à peu de distance de New-Brunswick, sur la gauche du Rarilan, dans une contrée montagneuse. Son armée, à ce moment, s'élevait à quinze mille hommes, parmi lesquels se trouvaient malheu-

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