L-tmia ugWH Le 25 aoùt, les troupes entassées dans les na
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de phiiidtipbii, vires purent enfin prendre terre, et une armée de
» Mfti 1777, ' , , ji , ,
18,000 horames, largement pourvue de loules choses, sauf d'un nombre suffisant de chevaux pour la cavalerie et les transports, put se mettre en marche vers la capitale des insurgeais. A cette nouvelle, Washington faisant traverser Philadelphie par son armée pour encourager ses partisans et impressionner ses adversaires, marcha aux Anglais. Il s'avança jusqu'au bord d'un petit cours d'eau le White-Clay-Creek, puis recula derrière un autre cours d'eau, le Red-Clay-Creek, occupant Newport, petit bourg situé à peu de distance du chemin qui conduit de Christiania à Philadelphie. Menacé dans cette position d'être débordé sur sa droite, il recula encore, se couvrant de la rivière ]^andy-Wine et s'établissanl sur des hauteurs, en faisant garder les principaux gués, il résolut d'attendre la bataille. deBranï'-wr™ ^^ ^^ Septembre, les Anglais s'ébranlèrent à la Il Kpumbra ' pointe du jour, ils attaquèrent de front le gué principal, pendant qu'un corps, sous les ordres de lord Cornwallis, remontant le cours de la Brandy-Wine.la traversait à l'endroit où elle se divise en plusieurs branche, puis la redescendait de manière à attaquer la droite des Américains. Le combat s'engagea
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UFAYËTTE BLESSÉ. 109
avec acharnement de part et d'autre, mais les Anglais ayant brisé la régistance de la gauche des Américains, le désordre finit par se mettre dans les rangs de ceux-ci et en un instant la panique gagna au point que l'armée pouvait être entièrement détruite, si la nuit ne fut pas venue. Lafayette, qui avait suivi le général pendant toute la journée, se jeta au devant des fuyards, essayant de les rallier et eut la jambe traversée par une balle. Il se til panser à la hâte, remonta à cheval et continua è, tâcher de réunir les troupes débandées è l'entrée d'un pont qu'il fallait franchir. Transporté à Philadelphie en bateau, il y fut entouré de personnes qu'intéressaient sa jeunesse et sa situation. Il quitta cette ville avec le Congrès, remonta avec lui la Belaware jusqu'à Bristol, d'où il fut conduit à Betlehem, dans un établissement des frères Moraves. « Nos Américains, écrivait-il gaiement à H"* Lafayette, après avoir tenu ferme, ont fini par être mis en déroute ; en tâchant de les rallier, MM. les Anglais m'ont gratifié d'un coup de fusil qui m'a un peu blessé à la jambe... Soyez tranquille sur le soin de ma blessure, tous les docteurs de l'Amérique sont en l'air pour moi. J'ai un ami qui leur a parlé de façon à ce que je sois bien soigné ; c'est le général Washington. Cet homme respeclable dont j'admirais les talents, les vertus, que je vénère à mesure que je te connais davantage, a bien voulu être mon ami intime. Son tendre intérêt pour moi a eu bientôt gagné mon cœur. Je suis établi chez lui, nous vivons comme deux frères bien unis, dans une intimité et une confiance réciproques. Cette amitié me rend te plus, heureux possible. Quand il m'a en-
yoyé son premier chirurgien, il lui a dit de me soigner comme si j'étais son fils parce qu'il m'aimait de même. Ayant appris que je voulais rejoindre l'année de trop bonne heure, il m'a écrit une letU'e pleine de tendresse pour m' engager à me bien guérir. » ummon Cette blessure, comme il arrive dans les épodenem ul'iitn ques de fermentation des esprits oîi tes plus minces i>Vi^ événements prennent de grandes proportions, devint, tirimériqaa. ^^^j. |g ppancc, conime un lien nouveau qui la rattachait à la cause des Américains. « Lorsque Paris, dit le comte de Ségur, retentit du bruit du premier combat où LafayeUe et ses compagnons d'armes avaient fait briller le nom Français, l'approbation fut générale; les personnes mêmes qui avaient le plus blâmé sa téméraire entreprise, l'applaudirent ; la cour s'en montrait presque énorgueillieet toute la jeunesse l'enviait. Ainsi, ujoute-t-il, l'opinion publique se déclarant de plus en plus pour la guerre, la rendait inévitable, et entraînait nécessairement us gimvernement trop faible pour résister à une telle impulsion. »
Plein de fermeté après sa défaite, Washington, usant de sa puissance morale sur ses soldats, pour leur rendre l'espérance, 8*était couvert de la rivière la Schuylkill, abandonnant Philadelphie, aux Anglais plutôt que de compromettre, dans une bataille, les dernière forces de son pays. Le Congrès aus^ résolu que lui, décida qu'il se réunirait à Lancastre et, comme après les revers subis dans le New-Jersey , il investit son général d'un pouvoir dictatorial. EntiW daHowe Le général Howe entra à Philadelphie le 36 aep- ^MtiftA-ni'. tembre, mais il avait en face de lui l'armée amà-icaine
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PRISU DE PHILADELPHIE. tll
concentrée à peu de dislance de Gerinanlown, qui recevait à chaque instant des renforts et engageait des actions sanglantes avec ses troupes. Les Anglais s'occupaient à débarrasser la Delaware de tous les obstacles qui empêchaient la flotte de remonter ce fleuve, quand la nouvelle d'une grande victoire vint surexciter au dernier point t' énerve des Américains.
Burgoyne, ayant pu faire venir pour trente jours de vivres à Ticonderago, avait passé de la rive gauche de l'Hudson sur la rive droite, vers le milieu de septembre. Décidé à atteindre Albany, pour rejoindre le général Clinton qu'il supposait s'avancer vers lui de New- York en remontant ce fleuve^ il marcha contre Gates alors campé à Stillwatcr, environ à trente kilomètres au nord de cette ville. Confiant dans la valeur et la discipline de ses troupes, Burgoyne attaqua les Américains qui lui faisaient face en appuyant leur droite à l'Hudson et leur gauche aux collines. Le combat s'engagea avec une extrême vigueur jusqu'à la nuit dans ce pays coupé de ravins d'où se précipitent une suite de torrents se dirigeant sur l'Hudson. Les Anglais, dont la perte avait été plus forte que celle de leurs adversaires, restèrent maîtres du champ de bataille, mais ne purent s'avancer vers Albany qui était le but de leurs efforts. Burgoyne, adossé à l'Hudson et placé en face d'un ennemi qui s'était retranché avec soin dans des positions inexpugnables, a^it son camp à peu de distance de lui, pressant, par une suite d'émissaires, le général Clinton de remonter l'Hudson pour l'arracher à sa dangereuse position, en prenant l'ennemi entre deux corpsd'armée. Pendant qu'il restait forcément inac-
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Hï LIVRE PREMIER,
tif, l'année américaine grossissait en nombre et le général Lincoln lui amenait, des provinces du Massachussett, de Rhode-Island, de New-Hampshire et du Connecticut, des troupes parfaitement exercées. Dans l'impossibilité de recevoir des vivres et des munitions de Ticonderago, à partir du moment qu'il avait franchi, avec les plus grandes peines, le fleuve de l'Hudson grossi par les pluies, Burgoyne sentit promptement la disette dans son camp. Déçu dans l'espoir du concours que devait lui apporter le général Clinton, d'après les plans arrêtés â Londres, il n'avait plus, le 7 octobre, que cinq jours de vivres. i>«ni)ènuib.uiii« Il résolut, daus cette position désespérée, de faire Bni^oTn». les demicrs efforts pourse frayer un passage en délogéant les Américains de leur camp ou en brisant le blocus établi autourde lui pour parvenir ii se procurer des subsistances dans la campagne. Il se porta sur la gauche des AméricEfins établie sur les montagnes; mais Gates pénétrant son projet lui opposa la plus vive résistance. Le général Arnold entraîna ses troupes avec sa bouillante valeur, et les Anglais furent refoulés dans leur camp. Gates jug'eant Burgoyne perdu résolut de ne plus tenter la fortune et d'attendre que la famine lui livrât son adversaire.
BurgojnauMDd Dix jours après ses calculs se réalisaient et Burine i!r>^, goyne se rendait prisonnier avec son armée après "^ " ■ avoir vainement cherché à franchir l'Hudson dont Gates gardait avec soin tous les abords.
Le colonel Wiiikinson, parti au moment oii l'armée anglaise déposait ses armes, accourut au Congrès, et s'adressant à l'assemblée au milieu de la vive émotion que causait sa présence lui dit : « Toute l'armùe
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Vm ARHËE ANGLAISE PRISONNIÈRE. iH
britannique a mis bas les armes i Saraloga ; la nôtre, pleine de vigueur et d'audace, attend vos ordres; c'est à votre sagesse i décider oiî la patrie peut encore avoir besoin de ses services. »
Kn un instant l'Amérique apprit qu'une armée anglaise était prisonnière, et l'Europe sut bientôt, comme l'écrit le comte de Ségur sous l'impression des événements, que des soldats avaient été forcés de déposer leurs armes aux pieds de cultivateurs pauvres mais iiers, inexpérimentés mais vaillants, dont ils avaient jusque-là tant dédaigné la simplicité^ l'indiscipline, le dénuement et l'ignorance des évolutions militaires. La nouvelle se répandit même à Paris que l'armée de Howe avait aussi capitulé, ce qui, d'après un journal, enivrait « de joie les partisans très nom^ breux des Américains. Us voudraient que notre gouvernement saisît cette circonstance où la nation anglaise est bumiliée et où ses ministres ont perdu la têle, pour lui déclarer la guerre et, par ce moyen, consommer à jamais la révolution si heureusement conduite parles braves Américains '. »
Si les Français, jetant un regard au delà des mers, applaudissaient aux vengeurs de leur patrie bumiliée et aux défenseurs des idées de liberté et de progrès
■ Mémoires, eorreipondancei et manuteriu du général Lttiijetle,
loine I, |., 15 el sui»., H el suiv., 19 el suiv., !3 et suiï., 88, 101, 103, 105, 129. — Bittoire delà guern de l'indépendance dtiÊlati-Vnit, par Buiu. taiD« II, p. à&l Cl suiv.; tome lli, p. 22 el tuiv., 33 et luiv., 37 et Kuiv., 4*; et suif., 6'2 el suiv., 08 et suiv., 71 et suiv., 30 el suiv., 102 et «uiv., 123 el suiv., m et suiï., 133 tt luiv., 137 et suit., 143 et suiï., 153. — Mémoirei ou touvttUrt et anetdotis, par le camte de iUgur, tome I, p. 128, 176, Paris, 1824, in-8. — Correspondance ttcrèu sur Louis XVI, Marie-AntoinetU, la cour et la ville, publiée pir Leseure, tamel, p. 120,131.
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qui les enllamaient, ils étaient loin de trouver eo Europe tes satisfactions qu'ils réclamaient.
Les jésuites, depuis leur extinction par Gément XIV, n'avaient pas cessé d'être une sorte d'épouvanlail pour les magistrats leurs anciens adversaires et pour une foule d'ennemis qu'ils s'étaient attirés dans le temps de leur puissance. Des brochures et des livres faits, soit en leur faveur, soit contre eux, apparaissaient chaque jour. Tantôt l'auteur, mettant en garde le public contre leurs menées, affirmait qu'ils ne se regardaient pas comme supprimés, qu'ils avaient voulu renaître sous le nom de Frères de la Croix, et cherchaient à s'installer dans le séminaire des aumôniers projeté par le ministre de la guerre, Saint-Germain. Tantôt un de leur partisans écrivant sur l'Apocalypse, prouvait, par des extraits de cette œuvre, leur établissement, leur mission pour prêdier et défendre la foi, la conversion du nouveau monde par leurs travaux apostoliques, les persécutions qu'ils doivent éprouver, leur destruction causée par l'athéisme et par un système de politique antichrétienne qui tend à ramener le principe de l'infidélité, l'époque de celte destruction, enfm leur rétablissement entre le mois de mars et le mois de juillet 1777. Le Plan de l'Apocalypse était condamné à être brûlé et lacéré, et l'avocat général Séguier promettait au Parlement de veiller sur les démarches faites par cette société redoutée. Le Parlement, prétendant que les jésuites s'étaient donné comme une sorte de rendez-vous â Paris et à Lyon fmit par obtenir un éffit où le roi aflirmant « l'anéantissement et l'extinction absolue » de la société dans tous les Étals ca-
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L'INQUISITION RËTABLIB EN ESPAGNE. Ilit
Iholiques an ftàat de m laisser « pluB tucan espoir
qu'elle puisse jamais être rëlaUie », croyait devoir prendre les précautions que sa sagesse exigeait a pour éviter tout ce qui pourrait troubler l'ordre fit la tranquillité dans le royaume ». L'édit défendait aux anciens pères de se réunir pour vivre pltMeors ensemble « sons quelque prétexte que ce poissa être », de posséder aucun bénéfice i charge d'Iaie dans les villes. Ils ne pouvaient pas être supérieurs de séminaires, régenls de collèges, ni exercer des fonctions « relative à l'éducation publique i . L'édit avait, suivant l'usage, la prétention d'interdire tout ouvrage sur la société sopprimée, écrit, soit contre, eile, soit en sa faveur, en « imposant, comme il le dit, un silenee absolu sur tout ce qni peut concerner ladite société >. Le Parlement ne fut pas satisfait et voulut à la fois multiplier'et aggraver les rigueurs de la nouvelle légidation ; mais le roi s'y refusa, et n'aceepla que la défense faite aux anciens jésuites d'entrer en fonction des bénéfices ou des vicariats qu'ils obtiendraient avant d'avoir au préalable prà l'engagement de a; maintenir et professer les libertés de l'Ëglise gallicane, et notamment les quatre artiolesde la déclaration du cl^gé de France en 1683. »
Ces concessions à des magistrats ambitieux et livrés aux rivalités que suscitait l'opinion janséniste, furent immédiatement effacées auprès du public par la conduite du roi d'Espagne. Charles III, l'ennemi implacable de l'ordre, qui avait exigé sa destruction, qui avait forcé la France de soutenir à Rome son impérieuseYolontéiVenaitde rétablir l'inquisition. < Vous savez, écrit d'Alcnborl dans son indigna-
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f(S LIVRE raSUIER.
tion, que l'inquisition, que le roi d'Espagne a r en honneur et en vigueur plus que jamais, vient de faire une belle procession;... que le peuple, prosterne dans les mes pendant cette belle cérémonie, criait en se frappant ta poitrine : Viva la fede Bios ! qu'ensuite on a publié les bulles de Paul tV el de Pie V, ces deux marauds de papes qni ont fait tant brûler d'hérétiques, et qui déclarent que tout te monde sera soumis à Vinqumtwn, s<mx ecBcepler le aottveraitt... Voilà... le fruit des lumières que tant d'écrits ont répandues ! voilà le fruit de l'expulsion de CCS gueux de jésuites, remplacés par des gueux plus insolents, i Deux dominicains, écrit Frédéric «vec dédain, s qui ont le roi d'Espagne à leurs pieds, disposent de tout le royaume; leur faux zèle sanguinaire a rétabli, dans toute sa splendeur, cette inquisition que M. d'Aranda avait si sagement abolie... Les superstitieux l'emportent sur les philosophes, parce que le gros des hommes n'a l'esprit ni cultivé, ni juste... Le peuple sait qu'avec des présents on apaise ceux qu'on a offensés; il croit qu'il en est de même à l'égard de la Divinité, et qu'en lui donnant à flairer la fumée qui s'élève d'un bûcher où l'on brûle un hérétique, c'est un moyen infail- Hble de lui plaire. Ajoutez à cela des cérémonies, des déclamations de moines,... vous trouverez qu'il n'est pas surprenant que les Espagnols aveuglés aient encore de l'attacbeiuent pour ce culte digne des anthropophages. »
\jis nouvellistes n'étaient pas moins méprisants pour le monarque espagnol que son royal confrère, el ils parlaient des exploits de ce qu'ils appelaient
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CONDAMNATION DOl.IVADÈS. 117
<r l'inl^rae igquisilion ». Le bruit courut bientôt qu'uD brillant Péruvien, qui avait enchanté la société littéraire et philosophique de Paris, avait été arrêté. «. Si M. Olivadès, écrit Voltaire à d'Alembert, le 4 janvier 1Î77, qui est un philosophe très instruit et très aimable, est dans les prisons de l'inquisition, avec l'agrément de Sa Majesté Catholique, il sera difficile de me consoler. Il a passé, il y a longtemps, huit jours aux Délices- Gela m'attendrit pour lui : mais ne nous pressons pas de gémir, il n'y a peutêtre pas un mot de vrai dans ce qu'on nous a dit. »
Les doutes cessèrent bientôt, et la France apprit c« l'histoire de ce Péruvi^, devenu juge à Lima, où il comi avait eu à lutter contre les jésuites, puis employé ^ par le comte d'Aranda^ au moment où il déiruisait cette société puissante et tenait tête aux émeutes de Madrid. Les journalistes rappelèrent les services qu'il avait rendu dans le défrichement de la Sierra- Morena, où Olivadès appela des colons allemands et suisses, sans s'inquiéter de leur religion; ils faisaient ressortir avec ostentation le bien qu'il avait réalisé, ses querelles avec un couvent de mwncs qu'il dût déplacer dans ses opérations, et, le présentant comme victime de la machination des prêtres, ils racontaient le jugement ridicule et odieux qui Iç frappait.
Olivadès se vit reprocher deux cent quaranteactes entachés d'excès et de libertinage, parmi lesquels se trouvait ce passage d'une de ses lettres à Voltaire. ' a II serait à désirer que l'Espagne eut quarante personnes comme vous. » Comparaissant une torche à la main devant leaducsde Grenade, d'Bixar. d'Âbrantès,
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lés comtes Ae Mora, de la Gorogne, de trois conseillers de Castille, deux des finances, deux du conseil des Indes, deux des ordres royaux, un du département de la guerre, de l'abbé de Saint-Martin avec deux de ses moines, du prieur de l'Escurial; de l'abbé de Saint-Bazille, de deux tt-initaires, de deux religieux de la Merci, du prêtre Gantenas, capucin, de plusieurs prêtres décorés et de plusieurs chevalierB de l'ordre royal de Charles III, il se vit condamné à la confiscation de tous ses biens, â huit ans de clôture dans un couvent, pendant tes premières années desquelles il devait jeûner le vendredi si sa santé le lui permettait, ce qui du reste était remis à la décision d'un directeur éclairé qu'on devait lui nommer pour le fortifier dans la pratique de ses exercices religieux. 11 était prescrit â Olivadès de faire régulièrement ses prières du matin et du soir, de lire le Livre deâ pécheurs du révérend Père Louis de Grenade, de réciter tous les jours à genoux le rosaire ainsi qu'un Credo. Il fut privé de ses titres, de ses charges, déclaré incapable d'en posséder désormais. Défense lui était faite d'user à l'avenir de vêtements de soie, de velours, de tissus d'or et d'argent, et d'ornements de pierreries. Il ne pouvait ni monter à cheval ni porter des armes, et son vêtement devait être dé* sormais d'un drap jaune des plus communs;
Les narrateurs de ce jugement grotesque ajoutaient :
<t On lui iîl faire, en qualité d'hérétique, Une abjuration solennelle ; il fut absous de l'excommtinication et récoticilié suivant toutes les formalités prescrites par les saints canons; à Telfet 'de quoi èc
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CONDAHMATION O'OUVADÉS- II»
pr^nlèrent qnalre prêtres en Burplie ayant chacun une poignée de verges à la main, dont ils le frappèrent sur les épaules suivant la cérrmonie d'usage, pendant qu'on récitait le psaume Miserere. Il fit sa profession de foi, et fut interrogé sur plus de trente articles de croyance.
c Dès que les deux secrétaires eurent fini de lire la procédure, au moment où l'on prononça ces mots : Nw» h déclarons alt&nt et eomamcu d'hérésie, le sieur Olivadès tomba en syncope de dessus Ea sellette-, il ne perdit cependant pas connaissance; on lui donna de l'eau et du vin, ce qui le rétablit et le mit en état d'entendre sa sentence, à la suite de laquelle il fît sa profession de foi baigné de iarmes et poussant des gémissements qui firent bien augurer de son repentir. Ses erreurs sont en grand nombre et des plus extravagantes, provenant de ce qu'il n'a pas voulu croire au sixième commandement {Votts ne commettrez point d'adultère), ni à l'existence d'un enfer destiné à en punie les violements : choses qui lui firent concevoir une haine implacable contre le clergé séculier et régulier, ce qui a été en lui le fruit de ses rapports avec Voltaire et Rousseau. »
Le malheur d'Olivarès, qui s'était vu reprocher L'nim une traduction en espagnol de Y Histoare pbiUmphiqus de l'abbé Raynai, quoiqu'elle n'eût jamais été imprimée, rappelait l'affront fait à l'amiral Solano dénoncé par son aumônier pour avoir lu cet ouvrage. Ce chef d'escadre a été obligé a pour obtenir L'absolution d'un si grand péché, d'en demander à genoux pardon i Dieu et à la sainte inquisition^ après avoir vu brûler solennellement le livre en sa présenue... Grand
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I3U LIVRE PREHIER.
Oiea. s'écrie Grimm à la suite de cette aneodote, et il n'y a que les Pyrénées entre nous et les suppôts barbares d'une religion si douce ! o Puis il met en noie à la suite de la page : e 11 n'y a plus de Pyrénées, v Réflexion trôs naturelle, si l'on se reporte à la lutte ardente qui n'a pas cessé entre l'opinion publique et le clergé.
11 ne se passait pas de jour sans qu'un livre ne traitât, soit d'une manière directe, soit incidemment, de la situation des protestants en France. Dans une brochure où il s'agissait de l'exécution de la corvée en Bretagne, l'auteur, parlant de la nécessité de rappeler les protestants, attaquait à la fois les prêtres et les institutions religieuses, puis se livrait à une digression pleine de vigueur, de bon sens et de philosophie, au dire d'un journal fort en vogue, contreVÂpoîogiedumanacredela Saint-Barthélémy, par l'abbé Caveyrac.
L'auteur, dans un Dialogue sur l'état dvU des protestants en France, faisait soutenir la nécessité de leur réhabilitation, dans l'intérêt de l'Église et de l'État, par un curé, contreun magistrat, ce qui amenait un membre du Conseil à démontrer que le danger qu'ils présentaient dans le xv* siècle n'existait plus dans le xviii*. La brochure se vend sourdement, ajoute le nouvelliste qui en donne l'analyse « pour ne pas trop scandaliser Nos Seigneurs du cierge, contre lesquels elle est spécialement dirigée ».
i.c8Fr4[i^i»«ua Les ministres sentaient frémir les populations. «imiu^rliion La Francc, privée d'institutions permettant au
i*B«iempniadiijiB pgupJe d'inftucr sur la direction de ses propres lesAngid». affaires, ne pouvait pas avoir des hommes de
LE DROIT D'INSUBRBCTION. m
loi lui donnant ouvertement ie conseil d'en appeler à la force, comme le fait Blackstone quand il écrit que, « pour venger leurs droils et les revendiquer lorsqu'ils seront attaqués ou violés v , les Anglais devront s'adresser d'abord aux tribunaux de justice pour réclamer la protection des lois; de là présenter leurs requêtes au roi ou au Parlement pour obtenir le redressement des griefs;... enfin... prendre les armes pour leur propre défense. » Mais, si, comme le disait Turgot au roi, « la société française était une société composée de différents ordres mal unis et d'un peuple dont les membres n'avaient entre eux que très peu de liens sociaux », elle n'était pas pour cela dénuée du sentiment de conservation, et elle comprenait, d' une manière instinctiveet confuse, qu'à défaut de tribunaux pour assurer les droits de chacun, il y avait la résistance matérielle.
Les embarras du gouvernement croiraient dans toutes les affaires où était engagé le protestantisme, soit par suite des exigences du clergé, soit par suite de la révolte des esprits. Si l'archevêque de Paris refusait de marier des négociants qu'il prétendait n'être pas catholiques et persistait, contre les injonctions du Parlement et les observations du grandaumônier, à exiger qu'on lui prouvât son erreur par une attestation de l'ambassadeur de Hollande, les autres prélats avaient des préoccupations d'un tout autre genre.
L'abbé de Talsy et l'évêque de Chartres, dénonçaient les habitants des paroisses de Josne et de Guillonville qui avaient ouvert une école, établi un temple dans une maison de Neuville, refusant de se
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soumettre à leur juridiction. Ce qui ge passait dans l'Orléanais arrivait aussi dans la Gascogne et le Béarn, où l'évêque de Dax demandait de réprimer l'audace des religionnaires. En Picardie, les habitants de Templeux - le - Guérard et d'Hargicourt avaient établi leur service religieux dans une grange où un ministre faisait publiquement ses fonctions; il en était de même pour les habitants de Nauroy, en Champagne, qui se réunissaient dans la maison des enfants de Louis Bas. Dans la Saintonge, les protestants faisaient bâtir un temple h Saint-Fort de Cosnac. Le gouvernement donna Tordre d'arrêter le pasteur qui résidait à Hargicourt, fit emprisonner les enfants de Louis Bas, le mattred'école de Guillonvillo ; mais, quand il se trouva devant une population protestante plus nombreuse, il fut très embarrassé. Dans sa lettre à l'intendant d'Orléans, le ministre écrit « que le mal ne ferait que s'accroître par l'espérance de l'impunité, si on ne cherchait pas à en imposer (aux religionnaires de Jones et de Guitlonville) ; il lui prescrit de faire comparaître, devant le subdélégué, les deux principaux religionnaires de ces paroisses et « de leur défendre, de la part de Sa Majesté, de continuer leurs assemblées et de leur enjoindre de fermer leur école, sous peined'être sévèrement punis ». Pour la Saintonge, il prévoit que ses ordres seront plus difficiles  exécuter, car, en décidant la démolition du temple de Saint-Fort de Cosnac il dit : « Si vous prévoyez qu'elle puisse exciter quelque émeute qu'il soit ensuite trop difTicile d'apaiser, vous voudrez bien la différer jusqu'à ceque^supTavisquevous m'en donnerez, j'aye pu prendre de nouveau ies ordres île Sa
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