‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 22 sur 142 · LE GOUVERNEMENT ET LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT ET LES PROTESTANTS

par les bureaux de trois ans en trois ans. « Les motifs, écrit-il à l'intendant Saint-Priest, sur lesquels l'auteur du mémoire appuie la proposition d'abroger cette loi n'ont peut-être pas le mérite de la nouveauté... Il n'est pas étonnant que l'on ne s'y soit pas arrêté dans le temps que les défenses ont été faites. L'on avait alors intérêt d'empêcher que les protestants propriétaires ne se défissent d'une propriété qui était un garant de leur résidence dans le royaume. Mais aujourd'hui que les circonstances ont changé, s'il est vrai que l'effet de la loi soit d'empêcher des protestants d'acquérir des fonds, l'on ne peut se dissimuler que cet effet ne soit contraire aux vues que l'on s'est proposées en la portant ' . j>

' Ârehivts nationattt: 0<473, innée 1777. Leminiilrc de li mtiion du roi auMmtedePérigord, !3m*n;iTcrrii, 5et lOoctotini; «ubtran iIb Honlmorencj; ï Heulin-Dalilo», 1 nOTembre; Il Oigij, !3 jinvier, S décembre; i de C^pierre, 21 décembre; à Douel de La Boullaje, !5dtcembre. Oi4T4, siiDèe177S.Aa comle da PArigurd, 14 jinTier;à Douci de U BoullajE, 19 Février; au comta de Pèrigord, 15 avril, 9 juin, 0>475, innée 1779. Au comte de Péri gord, U janvier, 13 mari, 13 mit;âSaint- PrieBt, 13 mars, 21 aoùl; t de Cypierre, 16 teplembre ; à Dugsy,30 octQbre ; h Bordcntve, 13 mai; i Saint-Priest, 28 juillet; à Saint-Sauvenr.U oetobre; au garde de* «ceaui (Miromesnil), 6 novembre ; k Lenoir, 2 avril. 0< 150, année 1778, 14 février, déclaration interditant aux prolntinu de «mdM leur* biODi lani pcrniuisn. — Corrapondaïue Uttiraire, pkiloiophiqitt et critique, par Grimm el Diderot, tome ITI, p, 376; lome IV, p. 154; lome V, p. 250, 340 et tuiv. Parii, 1S12, in-8. — jKiHotm tecreit pour tenir à fhitloire lit lu ripubUque dei lettret, lome IX, p. 275; lome X, p 61, 75, 77, 104; loue XII, p. 8!, 97 el «uiï., Î03, 209 et aulv, — Commentaire «ur Ut luit angiaûa, par Blackstone, lame 1, p. 214. Bruxcllea, 1774, in-S. — Corretpondanee tecTète inédite «ur Louit XVI, Ifurù-AntotnelK, Ja cour et ta vilie, publiée par Lescure, lome 1, p. 1 1, 30, 36, 56, 57, lOS, 113, tl6, 242. — BeeueU général <Ut aneitniuâ lois /VanfotM*, par Isamberl el Jourdan, lomi: XXV, p. 1 et suiv., 36 el laiv. — Œwrei de Voitaire, tome LXX, p. 202, 209, 227.

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126 UVRË PREMIER.

Les populations catholiques, aussi blessées dans leurs intérêts matériels et dans leur dignité que pouvaient l'être les religionnaires, n'hésitaient pas plus qu'eux à accepter, dansl'occasion, la lutte armée. Le droit à l'insurrection, comme on l'appela plus tard, tendait naturellement à s'affirmer, par suite de l'absence totale de prévoyance des gouvernants, oubliant, sous l'empire de leurs préjugés, les principes de justice et de bon sens proclamés par les Anglais et les Américains, et mis avec éclat en lumière par une nombreuse pléiade d'écrivains français.

lb gouramsmeBt La cherté dcs blés, qui commença à se faire sentir «.™i»^<^^on vers le milieu de 1777, et allait s'accentuant de suhïituuce». pl"s en plus pendant les deux années suivantes, mit ie I7T7 i 17TB, immédiatement Neckcr CD présencB de ccltc questioo des subsistances qu'il avait traitée naguère comme un rhéteur. Il n'a pas encore de parti pris depuis le jour oiî il dénonça les marchands de grains. Il n'a pas médité la lumineuse argumentation de Turgot, démontrant que, lorsque le gouvernement se charge de pourvoir à la subsistance des peuples en faisant le commerce des grains, il fait seul et mal ce commerce ; qu'il lui est impossible d'empêcher le prix des blés de s'élever quand les récoites sont mauvaises, et que les sacrifices faits par l'administration pour procurer un bas prix des grains, non seulement n'ont pas de limites, mais sont une aumône faite aux riches autant qu'aux pauvres ' .

Dès le premier jour, l'administration indécise, tend à reprendre ses anciens errements, ceux de

' Voir La France tmtt louii ivi, 1, Tnrgol, p. 159 ei soiv.

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ESPRIT INSURRECtlONNEL DES FRANÇAIS. IS9

Terrai et de ses prédécesseurs, à propos de troubles qui ont eu lieu sur quelques marchés du Béarn et de la Guyenne. « Je ne peux que m'en rapporter aux moyens que M. Necker croira devoir prendre », écrit Amelot à l'intendant Terrai ; puis il félicite les F>tats de Bigorre d'avoir décidé un approvisionnement de cinq cents sacs de blés par mois» qui seraient toujours livrés à 16 livres, à quelque prix qu'ils s'élevassent dans le commerce. « Je suis persuad<!, dit-il, que ce plan, bien dirigé,- ne peut être que très utile au pays. » En Guyenne, dans le marqiiisat de Séverac, des paysans avaient enlevé les blés des fermiers du prieuré. A Grenoble, le sang avait coolé dans une émeute. Dans le Languedoc et dans l'Âuvergne, la présence des marchands produisait une vraie fermentation parmi la population des campagnes. « Il est assez étonnant, disait le ministre, surpris des émeutes arrivées à Toulouse, que ces mouvements se fassent sentir dans un moment où le blé, malgré la légère augmentelion survenue, est encore moins cher qu'il ne l'a été précédemment. ■ Le ministre constate, comme dans ce que l'on a appelé la guerre des Farines, que les révoltes, dans plusieurs lieux, n'ont pas eu de cause apparente, « puisque leprix du pain n'annonçait ni augmentation ni disette », et que, dans certains cantons de l'intendance d'Orléans, « quelques propriétaires se plaignaient de n'avoir pas le débit de leurs récoltes ». Le gouvernement sollicita l'Espagne de permettre l'entrée en France de blés de l'Aragon, et obtint de ce pays vingt mille cahices de grains(49,282 hectolitres) ■ fortulilesauxprovincesfrontières, commeleBigorre, II. 9

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lao LIVRE PHEHIER.

({ui souffraient d'une véritable famine. D'autres nar tions vinrent combler les vides existant dans les AearéesalimeDtairesd'unemanièrefortinégaleeQFrance, si l'on en juge par les mercuriales de l'époque ' .

La mauvaise humeur des populations ne pouvait que croître sous l'impression de ces souffrances, et pousser aux réustances contre un gouvernement rebelle à leurs aspirations. Des paroissesdes environs d'Orléans refusèrent nettement de faire leurs corvées sur la route conduisant au Mans, en s'appuyant sur la déclaration qui avait aboli cet impôt, et 11 fallut emprisonner les syndics des villages de Tripleville et de Binas, de Saint-Laurenl-des-Bois et de Sainl- Georges-sur-Lure, pour triompher de ces résistances. Les émeutes se multipliaient sous divers prétendes, à Bagnères, à Béziers, dans l'intendance de La Rochelle. Enfermé dans son ignorance, depuis la chute de Turgot, le gouvernement ne cherchait un remède à ces explosions du malaise des esprits que dans l'isolement des citoyens les uns des autres. 11 se préoccupe d'un cercle ouvert à Marseille, où s'assemblent, le soir, des négociants. On dit, écrit le ministre, « que le plus grand nombre des associés sont des protestants... Je vous prie de m'envoyer des éclaircissements un peu détaillés... et de me marquer... s'il n'est pas à craindre qu'il pût en ré-

■ Le prix du blé fut, en 1778, ea Hormaiidie, de 3 liTre* 18 loai le boiite», toil Î9 rr. 75 e. rh«ctolitre ; en 1773, il l'èlevB i 4 Uvrei 5 loiu, 3a tt. 37 e. l'hectolilre {Bitloire de Bayent. p«r Plnqnet, p. 309). A Cbarire*, le wUer lit blé te rendait 19 IJTreg 19 loui, *ait 12 fr. 19 «. l'beclo* litre en 1778, et l'année suivante, en n79, Il ne vaUit plui que 16 li*Tet 9 inui, ee qui t»\l 10 fr. 50 c, l'hcclnlirre (RiiloiVe de Chorirw, pir Dvjin, tome U, p. 375. Cbertra, i7tie, in-8).

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