‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 23 sur 142 · LES DEVOIRS DES ROIS PAR FRËDËRIC · texte numérisé non relu

LES DEVOIRS DES ROIS PAR FRËDËRIC

suUer des inconvénieQls assez graves poi» déte^• miner, dès à présent, à les prévenir en faisant cesser cette association. » La loge des francfr-maçons de Chamboulive, petite localité du Limousin, inquiète Amelot, qui voudrait interdire ses réunions, à cause de a l'etTet qu'elle a déjà produit et des inconvénients qu'elle peut occasionner ». Il n'y a pas jusqu'auli paisibles anabaptistes que redoute assez 1:6 gouvernement pour refuser au baron de Lantillacd'en faire venir comme fermiers, parce que c'est t trop contraire aux règles et sujet à trop d'inconvénients > .

Personne, panni les chefs de l'administration, ne semble se douter que « les princes, les souverains, les rois, ne sont pas revêtus de l'autorité suprême pour se plwiger impunément dans la débauche et dans le luxe,... pour entretenir auprès de leurs personnes un (as de fainéants dont l'oisiveté et l'inutilitâ engendrent tous les vices, » comme l'écrit à cette même époque le roi de Prusse.

Traçant les devoirs d'un prince d'une main ferme et avec la précision et les connaissances d'un administrateur, Frédéric affirme que « le prince est à la société qu'il gouverne ce que la tête est au corps, qu'il doit voir, penser et agir pour toute la communauté. «... Si l'on veut que le gouvernement monarchique l'emporte sur le républicain, ajoute-tril, l'arrêt du souverain est prononcé : il doit être actif et intègre, et rassembler toutes ses forces pour foui'nir la carrière qui lui est ouverte, d L'énumératicuoi de ce que doit connaître et décider le souverain, dictée à la fuis à Frédéric par son génie personnel et par celui de l'époque dans laquelle il vit, tranche de suite la

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question qu'il pose. S'il est vrai que le roi doit avoir 9 une connaissance exacte et détaillée de la force et de la faiblesse de son pays, tant pour les ressources pécuniaires que pour la population, les finances, le commerce, les lois et )e génie de la nation »; s'il doit se souvenir <t de l'état du pauvre peuple, se mettre à la place d'un paysan et d'un manufacturier, et se dire : Si j'étais né dans la classe de ces citoyens dont les bras font le capital, que désirerais-je du souverain n? s'il est nécessaire qu'il soit « le premier juge, le premier général, le premier financier, le premier ministre de la société », non pour représenter, mais pour remplir effectivement a. les devoirs que ces noms imposent », parce que < les hommes s'attachent à ce qui leur appartient », et que l'État n'appartenant pas aux ministres, a ils n'ont pas son bien véritablement à cœur » ; si toutes ces conditions longuement énumérées sont indispensables, il est évident qu'un roi ne peut être, aux yeux d'un homme fiensé, qu'une rare exception.

Après l'aveu que bien des princes < ont peu réfléchi sur leur institution et sur les devoirs qui en dérivent » ; qu'ils « ont porté une charge dont ils ont méconnu le poids et l'importance » ; qu'ils se sont ([ fourvoyés faute de connaissance », Frédéric est loin d'attacher une sorte d'infaillibilité à un pouvoir héréditairement transmis ; car il ajoute que les princes les plus éclairés peuvent se tromper, « parce que, dans un pays étendu, le prince ne saurait être partout >, et que s tel est et sera le d^tin des choses d'ici-bas, que jamais on n'atteindra au degré do perfeclion qu'exige le bonheur des peuples; qu'en fiait de

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