‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 25 sur 142 · VOLTAIRE DÉFINIT LA DÉMOCRATIE. ISB · texte numérisé non relu

VOLTAIRE DÉFINIT LA DÉMOCRATIE. ISB

assez d'un gouvernement démocratique. le trouve que ce philosophe avait tort qui disait â un partisan du gouvernement populaire : Commence à l'essayer dans ta maison, tu t'en repentiras bien vite. Avec sa permission, une maison etune ville sont deux choses fort différentes. Ma oiaison est à moi, mes enfants sont à moi, mes domestiques, quand je les paye, sont à moi; mais de quel droit mes concitoyens m'appartiendraient'ils ? Tous ceux qui ont des possessions dans le même territoire, ont droit également au maintien de Tordre dans ce territoire. J'aime à voir des hommes libres faire eux-mêmes les lois BOUS lesquelles ils vivent, comme ils ont fait leurs habitations. C'est un plaisir pour moi que mon maçon, mon charpentier, mon forgeron, qui m'ont aidé à bâtir mon logement, mon voisin l'agriculteur et mon ami le manufacturier, s'élèvent tous au-dessus de leur métier, et connaissent mieux l'intérêt public que le plus insolent chiaoux de Turquie. Aucun laboureur, aucun artisan, dans une démocratie, n'a la vexation et le mépris à redouter; aucun n'est dans le cas de ce chapelier qui présentait sa requête à un duc et pair pourêtre payé de ses fournitures : « Estce que vous n'avez rien reçu, mon ami, sur votre partie. — Je vous demande pardon, Monseigneur, j'ai reçu un soufflet de monseigneur votre intendant. 0 Plus « les lois de convention se rapprochent de la loi naturelle, disait-il une autre fois, et plus la vie est supportable». Puis, jugeant les gouvernements populaires avec son ferme et impartial génie, il écrivait: « Une république n'est point fondée sur la vertu : elle l'est sur l'ambition de chaque citoyen

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qui contient l'ambition des autres, sur l'orgueil qui réprime, sur le désir de dominer qui ne souffre pas qu'un autre domine. De là se forment des lois qui conservent l'égalité autant qu'il est possible : c'est une société où des convives, d'un appétit égal, mangent à la même table. »

Semblables aux Américains, qui, au début de leur lutte contre l'Angleterre, ignoraient le but qu'ils voulaient atteindre, les Français s'étaient attachés à l'écrivain de Femey, comme à l'organe de leurs volontés, comme au prophète de leurs espérances. Peu leur importait que ce prophète eût courtisé les grands, eût courtisé les rois, comme lui reproche de nos jours plus d'un apôtre attardé des privilèges et de l'intolérance; ils comprenaient, comme t'écrit un de ses contemporains, Suard, que ceux qui le représentaient comme le flatteur des rois et le fauteur du despotisme, a ont bien sottement apprécié ses ménagements qu'il n'avait pour la puissance que dans la vue de la fléchir en faveur de la philosophie, et de faire passer sans obstacle des vérités qu'il croyait utiles au genre humain >. Ils l'avaient élu pour leur che^ pour leur représentant, et Paris, le centre intellectuel de la France, allait, en le recevant en face d'un gouvernement aveuglé, mettre en pleine lumière la violence redoutable des passions qui fermentaient dans la nation '.

< Àrthivtt nalùmaiit, 0<4T3, tuait 17TT. Le ninUIre de II mai- «on du roi i Donet de L» Bou1I«ï«, 5 soûl, 12 octobre, 9 déeembte; à Terrin, 30 leplembre, 2 noTCmbrei i Chaierat, 5 décembre, aa comte de Pfrigord, 13 déccmbrej i Daine, 30 octobre. 0<474, année 1778. ' Le tnioittre de ia maiion du roi i H. deCjpierre, 13, 18 et 20 mari, 8, n iTril, 5 «OUI; ï Lambert, pritfit génjnl de la mariehaniate d'OrlèBOi,

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