CONFESSION DE VOLTAIRE
rétractation avant d'en venir là. > Voltaire demanda une plume^ fit retirer tout le monde, et, seul avec l'abbé, écrivit :
a Je soussigné, déclare qu'étant attaqué depuis quaire mois d'un vomissement de sang, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, et n'ayant pu me trouver à l'église , monsieur le curé de Saint-Sulpice ayant bien voulu ajouter à ses bonnes œuvres celle de m'envoyer M. l'abbé Gaultier, prêtre, je me suis confessé à lui, et que, si Dieu disposede moi, je meurs dans la religion catholique oi^ je suis né, espérant de la miséricorde divine qu'elle daignera pardonner toutes mes fautes, et que si j'avais scandalisé l'Eglise, j'en demande pardon à Dieu et à elle. »
L'abbé Mignot et M. de Villevielle, ayant été rappelés dans la chambre, entendirent la lecture de cette rétractation, qu'ils signèrent avec Voltaire.,
L'abbé ayant fait quelques réflexions sur ce qu'on disait dans le monde, Voltaire, pour le satisfaire, reprit la ptume,et écrivit :
« Monsieur l'abbé Gaultier m'ayant averti qu'on disait, dans un certain monde, que je prolesterais contre tout ce queje ferais à la mort, je déclare que je n'ai jamais tenu ce propos, et que c'est une ancienne plaisanterie, attribuée très faussement, dès longtemps, à plusieurs savants plus éclairés que Voltaire.fi L'abbé Gaultier, neconsullant queson bon sens e( la droiture de ses sentiments religieux, accepta d'autant plus facilement cette rétractation qui contient en substance tout ce qu'on pouvait exiger, que le pénitent avait écrit, sous sa propre dictée, la dernière phrase, relative au pardon qu'il demandait à
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ISa LIVIIË PREMIER.
l'Eglise, s'il l'avaib scandalisée. < Je l'ai fait, disait-il à d'Alemberl, pour avoir la paix. »
L'abbé enchanté confessa le malade, et lui proposa d'aller chercher une hostie pour le communier. Mais Voltaire refusa en faisant observer, écrit d'Alembert à Frédéric, qu'il crachait le sang. « Vous allez, sans doute, dit Voltaire, en parlant de sa rétractation, l'insérer dans les journaux, je ne m'y oppose pas. » « 11 n'est pas encore temps s,, répondit l'abbé. Gaultier trouva ses supérieurs moins ravis que lui de ce qu'il avait obtenu, et le curé de Saint-Sulpice, M. de Tersac, vint se plaindre avec amertume à M. de Villette du zèle indiscret d'un inférieur auprès d'un de ses paroissiens qu'il considérait comme lui appartenant par le fait de sa résidence.
LeitndoToitairt Voltaire, qui avait cru pouvoir se tirer des exigent d. sJSSi^Xiee; ^^ *'" clergé en acceptant les offres d'un prètreaufisi répoDMducaré. estimablc que sincère, se préoccupa des intrigues que dévoilait la démarche du curé de Saint-Sulfûce. < Monsieur le marquis de Villette, écrivit-il à M. de Tersac, le 4 mars, en forme, d'excuse, m'a assuré que,£i j'avais pris la liberté de m'adresser à vousmême, monsieur, pour la démarche nécessaire qne j'ai faite, vous auriez eu la bonté de quitter vos importantes occupations pour venir, et daigner remplir auprès de moi des fonctions que je n'ai jaouùs crues convenables qu'à des subalternes, auprès de passagers qui se trouvent dans votre dépttf tement.
« M. l'abbé Gaultier avait commencé à m'écrire sur le brujtseul de ma maladie ; ïLétait venu ensuite s^offrird» lui-même, et j'étais fondé à. croire que, demâurant sur voire paroisse, il venait d»votre.pprl.
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