‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 32 sur 142 · VOLTAIRE AU THÉÂTRE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

VOLTAIRE AU THÉÂTRE FRANÇAIS

Aux yeux de P«ri< enehinU,

RtçoiB en ce jour ud hoiainage

Que coaflrinerï d'fige en âge

La tèvère postérité.

Non, lu n'as pu buoin d'alleindre su noiriirsge Pour jouir de l'honnear de l'immorlalUé.

Voltaire, recoi* '■ couroane

Que l'on vient t« pré&enler ;

Il est beau de It mériter Qusnd c'est Is France qui li donne.

Le public soulevé d'aise fit répéter une seconde fois à W Vestris le compliment adressé au dieu de la fête, et des milliers de copies, faites à l'instant même, fureDtdistribuéesparmi les spectateurs. Quand chacun des acteurs, à la suite de ce compliment, vint déposer autour du buste les guirlandes qu'il tenait en main, une des actrices. H"* Fanier, entraînée par son exaltation, le baisa et tous tes acteurs suivirent les uns après les autres son exemple.

« Le moment, continue, Grimm, où M. de Voltaire est sorti du spectacle a paru plus touchant encore que celui de son entrée; il semblait succomber sous le faix de l'âge et des lauriers dont on venait de charger sa tête. Il paraissait vivement attendri ; ses yeux étincelaient encore à travers la pâleur de son visage, mais on croyait voir qu'il ne respirait plus que par le sentiment de la gloire. Toutes les femmes s'étaient rangées sur son pacage dans les corridors et sur l'escalier ; elles le porfaient pour ainsi dire dans leurs bras; c'est ainsi qu'il est arrivé jusqu'à la portière de son carrosse. On l'a retenu le plus longtemps qu'il a été possible à la porte de la comédie. Le peuple criait: Des flambeaux, Des flambeaux, que tout le monde puisse le voir !

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deienae celle d'un er chugemer

174 LIVRE PREMliR.

Quand il a été dans sa voiture, la foule s'est pressée autour de lui, on est monté sur te marchepied, on s'est accroché aux portières pour lui baiser les mains... On a supplié le cocher d'aller au pas afin de pouvoir le suivre, et une partie du peuple l'a accompagné ainsi en criant des : Vive Voltaire, jusqu'au pont Royal. »

Le lendemain de cette soirée étrange et solennelle, le poëte écrivait à la présidente de Meynières, a après trente ans d'absence et soixante ans de persécution, j'ai trouvé un public et même un parterre devenu philosophe, et surtout compatissant pour la vieillesse mourante. »

Griiinm a compris comme lui la cause de ce triomphe inouï, car il écrit à la même date, a L'en- "gr^r thousiasme avec lequel on vient de faire l'apothéose ' de M. de Voltaire de son vivant, est la juste récompense, non seulement des merveilles qu'a produites son génie, mats aussi de l'heureuse révolution qu'il a su faire dans tes mœurs et dans l'esprit de son siècle, en combattant les préjugés de tous les ordres et de tousses rangs, en donnant aux lettres plus de considération et de dignité, à l'opinioa même un empire plus libre et plus indépendant de toute autre puissance que celle du génie et de la raison ' . »

) Voltairt, ton retour et ta mort, psr Gastive Deanainatorw, p: 232 cl «Hiïr. Î34, Î45, 252, 255. 267, 279 el auiv. - Comspondanoe iillé' raire, par Lthariie, tnme II, p.2t2,2IS. — MiMoirei secrett pOTirierôir dlaiépubliqutdei httres,u,a>eX\, p. 13», 133. 135, 137, 139, 147, 148, 158, 162, 167, ni. 175, 188, 188, 190. 200, 205. - Œuvrei de Turgot, lome II, p. 67li, 699. — Mémoirei ou touvenin et anecdolet, par le cixnle (le Sigai; toma 1, p. 193 M ui>., 'IfXL — Corretpanàance ucritt

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