‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 33 sur 142 · FIN D'UN GOUVERNEMENT TSÉOCRATIQUE · texte numérisé non relu

FIN D'UN GOUVERNEMENT TSÉOCRATIQUE

Que Bîgnifîe devant la démonstration de ce siècle qui s'atîirme avec cette violence, l'attitude hostile du clergé et du roi qui demeure solitaire à Versailles s'isolant de son peuple, si ce n'est la tin d'un gouvernement théocratique, si ce n'est une preuve à la fois d'impuissance et d'aveuglement ?

Un gouvernement n'existe et n'a été établi que pour la gestion des intérêts généraux d'une nation. Une nation comme tout particulier, lorsqu'il s'agit de ses propres affaires, a le droit de dire comment elle entend qu'eH^ soient menées. Que pouvaient faire les Français que la suite des temps avaient livrés h un clergé, à nne noblesse et à des magistrats tous unis par le même intérêt, si ce n'est de protester en toute occasion de leur volonté, si ce n'est d'en appeler autant qu'ils le pouvaient à l'esprit de justice et de bon sens des gouvernants ?

Voltaire, qui décidait son retour à Femey toutes les fois qu'il se sentait malade, oubliait vite ses sages résolutions dès que la santé revenait et se livriiif, avec la fougue de son caractère, à la fois au travail et au charme qu'exerçait sur lui ses relations avec ses amis et le sympathique accueil du public. Le 7 avril, il allait visiter la loge maçonnique des Neuf sceurs, oi^ il était harangué par l'astronome Lalande, qui se faisait l'interprète de tous les frères en lui disant : « Quel citoyen a mieux que vous servi sa patrie en l'éclairant sur ses devoirs et sur ses vert-

tntre MarU-Thérête tt k comU de Mercy, lomi: TU, p. ISl.— Œuorei dt Tollain, loiue LIX, p. bSi. -^Corrttpoitdance litUraire, philosapltique «IcnlJque, par Grimm et Diderot, 1812, in-S, tome iV, p. 177 et >ui*MlS3. —■ Œuvret de d'Àtembert, tome V, p. 403 et eaii, — L«>(rM ini/tiw dt VoUaire, pnblié«s psr ilt Ci^wl, loœe 11, p. bbS.

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tabl^ intérêts, en rendant le fanatisme odieux et la superstition ridicule, en rappelant le goût à ses véritables règles, rhistoii:« à Bon véritable but, les lois à leur première intégrité...? Vous avez été le créateur d'une peuplade entière qui vous adore... Voos avez élevé un temple à l'Éternel ; mais ce qui valait mieux encore, on a vu près de ce temple un asile pour des hommes proscrits, mais utiles, qu'un zèle aveugle aurait peut-être repoussé. » ■

Le soir du même jour il allait assister, chez M"* de MontessoTi, à un spectacle où paraissaient, comme acteurs, la maîtresse de la maison et le duc d'Orléans, son époux. Quelques jours après, le 27 avril, il faisait décider par l'Académie française, après un discours d'une véhémence et d'une éloquence entraînante, la réforme du diclionnaire ; et prenait pour lui une part considérable du travail. Voltaire Lo 29 avril, assistant à la rentrée publique de

i l'Académie des l'Académie dcs sciences, dont il ne faisait pas partie, ^^' ses membres le forçaient de s'asseoir au milieu d'eux, et Franklin, présent comme associé étranger, se précipitait dans tes bras du poëte aux applaudissements d'un public exalté par la vue de ces deux illustres vieillards. L'éloge de Trudaine, fait par Gondorcet, rappelait les justes bienfaits accordés par Turgot au pays de Gex, auxquels s'était associé Trudaine et proclamait, â la satisfaction de l'auditoire, que grâce à Voltaire et à Trudaine, il était arrivé à ce petit pays perdu dans les montagnes « des jours heureux qu'ils n'espérait plus. :»

Cette vie agitée etpieine d'émotions, ne pouvait être que fatale à un vieillard qui, d 'aprèsl'expression du mé-

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