EXALTATION OU CLERGÉ. IÎ
decin Tronchin, ne vivait, depuis qu'il étail à Paris, que sur « le capital de ses forces. » Aussi, dès les premiers jours de mai , commença-t-il à souffrir, il ne vint pas à l' Académie le 1 1 , il ne put pas d'avantage s'y rendre lel8;etsesconfrcresrGmireiitla réunion au 25.
Le clergé, outré de l'accueil fait par la population parisienne au grand écrivain, s'était déchaîné contre > lui, avec une violence inouïe, depuis son couronnement au théâtre. Un ancien jésuite, un abbé de Beauregard, prêchant devant le roi à Versailles, avait fait une sortie véhémente contre les philosophes modemesqui attaquaient, suiviintlui, Dieu, le roi, les bonnes mœurs; et, au lieu de répression méritée, obtenaient des couronnes. «Onnous accuse, s'était-il écrié, d'intolérance; ah ! ne sait-on pas que la charité a ses fureurs> et que le zèle a ses vengeances. » Le clergé n'attendait, pour exécuter, autant qu'il le pouvait, les menaces de Beauregard, que l'occasion, si l'on en croit un journal très répandu, dans lequel on dit que, depuis la maladie de Voltaire, il s'élait « tenu plusieurs conciliabules chez l'archevêque de Paris, et que le résultat avait été d'exécuter la menace que l'Église faisait, il y a longtemps, contre ce chef de l'impiété, de lui refuser la sépulture chrétienne. » Pois, le journal ajoute : « on ne désespère pourtant pas encore de vaincre, par le secours de l'autorité, l'opiniâtreté des prêtres, qu'on apaisera d'ailleurs avec beaucoup d'argent ». Réflexion ironique qui peut faire comprendre à quel point le clergé s'éloignait, par un éclat, du but qu'il poursuivait, s'il eiil cédé uniquement à une pensée religieuse.
La famille de Voltaire attristée du scandale qui al-
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de Louis XÏI.
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VolUIre; «a leure i Ully;
178 UVHE PREMIER.
coiuenida lail se produire, s'était adressée à Versailles. Le mi- """pTroîT""' nistre Amelot conseilla de ne pas tenter un procès au Parlement qui pouvait compromettre à la fois la mémoire du mourant et l'honneur de ses parents. Le roi dit qu'il fallait laisser faire les prêtres. Réponses parfaitement naturelles si l'on se reporte à cette époque où le clergé, les magistrats et la noblesse formaient une sorte de corporation compacte en face de la majorité de la nation.
Les Français, les yeux fixés sur l'hôtel de la rue de Beaune, cherchaient vainement à pénétrer ce qui ,ïe^un ^'y passait. La réserve de la famille était extrême, iBj 1778. et le malade abattu ne présentait plus « qu'une machine affaissée et plaintive u. On ne peut pas « fuir sa destinée, disait-il à la Harpe, je suis venu à Paris pour y mourir. » Il eut pourtant un réveil à l'annonce que le Conseil du roi venait de casser l'arrêt qui avait condamné Lally à mort, a Le mourant ressuscité, écrivit immédiatement au fds de cette victime judiciaire, en'apprenant cette grande nouvelle ; Il embrasse bien tendrement M. de Lally; il voit que le roi est le défenseur de la justice; il mourra content, b Puis, il fit attacher à la tapisserie qui touchait son lit un papier sur lequel étaient tracés ces mots : a Le 26 mai, l'assassinat juridique commis ■ par Pasquier, conseiller au Parlement, en la personne de Lally, a été vengé par le Conseil du roi. » Le 29 mai, écrit d'Alembert, « sur quelques mots d'amitié que je lui disais, il me répondit en me serrant la main, vous êtes ma consolation... Son état me fit tant de peine et il avait tant de difficulté à s'exprimer, même par monosyllabes, que je n'eus
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