WASHINGTON ET LE CONGRÈS
Les Lee de la Virginie, ses ennemis personnels, les Adams du Massacliussetts, qui ayant vu avec peine le choix du Congrès s'attacher à un général inoins connu que quelques-uns de leur province, reprochaient de plus à Washington l'extrême modération de ses opinions patriotiques, touss'unirent, poussant en avant, comme porte-voix de leur parti, le général Gonway, un de ces intrigants prêts à servir toutes les causes, pourvu qu'elles contribuent à leur élévation personnelle. Gonway, ancien major d'un régiment irlandais en France, ne cessait de faire la critique de l'armée américaine, dont les soldats et les ofiiciers ignoraient disait-il , jusqu'aux plus simples manœuvres, et vantant Gates, le victorieux, déclamait contre l'insuffisance de Washington.
L'assemblée de Pensylvanie, qui oubliait la tiédeur fb™»!* qu'elle avait montrée dans les moments solennels où vgiiej-Farge. Washington sollicitait avec insistance des secours pour ses troupes et des régiments à opposer aux Anglais, ne pardonnait pas l'abandon de sa capitale. Apprenant que le général en chef, constant dans sa tactique, avait refusé d'attaquer Philadelphie et se disposait à prendre ses quartiers d'hiver sur des plateaux qui dominent une vallée profonde appelée Valley-Forge, au nord de la Schuylkill, à seize mille de Philadelphie. (25 kilomètres), tes députés de la Pensylvanie attaquèrent cette résolution et firent des plaintes au Congrès. Cette démarche, qui devait ameuter contre Washington tous les intrigants et les ambitieux, ne changea pas des desseins dictés pard'impérieuses nécessités. L'armée américaine privée de chaussures, manquant de vêtements suffisants
ib,GoogIe
S'29 UVRB DEl]:tiËUË.
et qui comptait trois mille malades dans ses rangs, ne pouvait pas s'exposer, sans courir la chance de périr, aux rigueurs d'un hiver qui forçait les Anglais de s'y dérober en rentrant à Philadelphie. Washington réclamait avec persistance contre un pareil dénuement et cherchait à obtenir des secours du Congrès, pour ne pas user du droit qui lui avait été concédé de prendre, chez tous les citoyens, les objets indispensables aux soldats. A peine avait-il pourvu au plus nécessaire en installant ses troupes dans des barraques en planches enduites de chaux, qu'il s'aperçut d'un manque prochain de vivres au moment d'ordonner une expédition contre les Anglais. Il lui fallut conjurer la famine en envoyant des solriitts s'emparer, dans les Ëtals du Maryland et de la ' Delaware, de grains et de bétail que les cultivateurs cachaient dans des lieux solitaires, plus disposés à les vendre aux Anglais qu'à les hvrer à des Américains incapables de les leur payer. Il sollicita en outre le Congrès de revenir à la liberté des transactions et d'abolir les lois fixant le prix des denrées, lois qui avaient amené leur disparition et rendu impossibles, pour les entrepreneurs des vivres, la réalisation de leurs engagements.
Pendant que Washington luttait contre les maladies qui décimaient son armée, contre le manque de remèdes, de linge nécessaire à la conservation de la santé des hommes encore valides et au rétablissement de ceux qui étaient alités, pendant qu'il cherchait à obvier au désordre qui s'était glissé partout, à l'insubordination des chefs et des subalternes, et lâchait de retenir une fouie d'officiers
:dbvGoogIe